07/05/2015

Communes : maintenant, au boulot !

 

Commentaire publié dans GHI - 06.05.15

 

De longues semaines de campagne, interminables. Un système à deux tours, où la tension, nécessairement, se relâche entre les deux échéances, parce que les gens, en toute légitimité, commencent à en avoir marre. Pour les exécutifs, une élection majoritaire qui favorise les alliances, même saugrenues. Tout cela, dimanche 10 mai, en fin d’après-midi à Uni Mail, sera tranché, pour cinq ans. Depuis le 19 avril, nous connaissons déjà la composition des Conseils municipaux (délibératifs). Ce dimanche, nous aurons celle des Conseils administratifs (exécutifs). Enfin, l’'affaire sera bouclée ! Pendant cinq ans (nouvelle Constitution), plus de campagne pour les communes. Plus de stands. Les réseaux sociaux vont se dégonfler. Ce sera, pour prendre une comparaison qui parle ces jours aux Genevois, la fin de la grande crue : nous pourrons penser à autre chose. Et les élus, impérativement, devront se mettre au boulot.

 

Car enfin, pourquoi élisons-nous des représentants, dans les communes ou ailleurs ? Pour qu’'ils passent leur temps à communiquer entre eux, comme dans un club, dans les apéros mondains ou sur les réseaux sociaux ? Non, bien sûr : nous les élisons pour qu’'ils travaillent. En fonction de la bannière sous laquelle ils sont été élus, en étant fidèles à leurs engagements, à leurs idées, et non en se précipitant, dès le départ, dans des alliances avec leurs adversaires. Le fameux consensus helvétique ne consiste pas, contrairement à l’'image que voudraient en donner certains, à faire immédiatement la paix avec l’'autre camp. Mais à défendre fermement ses positions, se battre pour sa vision, quitte, à la fin, à négocier des solutions de compromis. En clair, si on élit des gens sous une étiquette de parti, ça n’est pas pour qu’'ils se jettent, toutes affaires cessantes, dans les bras de ceux qu’'ils venaient de combattre pendant  la campagne. Le consensus suisse ne doit être synonyme ni de lâcheté, ni d'’illisibilité.

 

Cinq ans de travail, donc, au service des communes. Nous l’'avons déjà dit ici : cet engagement est méritoire et force le respect, parce que les thèmes traités dans les Conseils municipaux sont souvent très concrets, prosaïques, et ne bénéficient pas d’'une grande publicité. On va s’'échiner sur des ronds-points, des canalisations, des plans directeurs, au mieux sur des projets de logements. Beaucoup, hélas perdront courage, démissionneront en cours de législature : la proportion de ces départs est impressionnante. Ils feront peut-être la joie des « viennent ensuite », mais l’'image donnée par ces désaffections n’'est pas bonne pour la chose publique.

 

Quant à nous, citoyens, soutenons la Commune. Elle est le premier échelon de proximité avec la population. Et gardons un œœil très sévère sur la tendance de l’'actuel Conseil d’'État, où règne un esprit de géomètre, arpenteur de cadastre, à trop les régenter, sous prétexte que le Canton est « autorité de surveillance ». Corriger les abus, oui, mais remplacer le pouvoir des communes par un jacobinisme cantonal étriqué, avec des fonctionnaires en guise de préfets, c’'est ne rien comprendre à l’'affection des citoyens pour ce premier lieu de pouvoir, si proche d’'eux, si loin des parfums d'’arrogance, et des extases de géomètres, face à la mathématique révélation de la Lumière.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Excellent article, comme à votre habitude.
Il explique très bien notamment mon cas particulier.

"Beaucoup, hélas perdront courage, démissionneront en cours de législature : la proportion de ces départs est impressionnante."

C'est tellement navrant de constater cela :

"Le fameux consensus helvétique ne résulte pas, contrairement à l'’image que voudraient en donner certains, à faire immédiatement la paix avec l’'autre camp."

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 07/05/2015

Monsieur Décaillet on est obligé de rire en lisant votre titre auquel vous auriez pu ajouter et que ça saute sinon 6 mois de gnouf/rire
Cependant l'Armée c'est une chose et le civil en est une autre .Il semble que la distinction se fait plus en plus maigre entre les deux
Et c'est tellement facile pour celui qui regarde de loin ce qui se passe au niveau communal sans être directement concerné excepté par des taxes en tous sens et genres
Sans compter que de nombreux médias en rajouteront de nombreuses couches parfois personnelles de la part de certains journalistes ce qui déontologiquement parlant ne devrait pas être et que peurs et chantages seules armes favorites des manipulateurs , mèneront tout le monde dans le mur
Car le peuple n'est pas idiot ,il fini toujours par renvoyer l'ascenseur aux abuseurs en tous genres
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 07/05/2015

Dans les espaces de discussion peu "républicains", les choses sont dites de façon abrupte (souvent choquante pour les gens bien mis) mais réaliste. Sur Genève, je lis ceci...

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25 Ancien1
12/05/2015 at 23:321+
Gauche s’unissant à la droite, fin de temps. Stauffer est toujours au conseil de l’état Le problème est qu’à Genève il n’y a pas des Suisses de souche (1), donc les étrangers ont voté.Un autre problème, le Mcg a perdu la force et est tombé dans une inertie dépassé par les événements. or la région a été détruite, aucune région au monde a subi tant des changements, d’une région propre, organisé etc à une région pourrie. Des milliers des personnes du monde entier cherchant de l’argent du Eldorado déchu de Genève.

C’est bien probable que l’Europe entière devienne un endroit pourri comme la région de Genève. Les villes frontalières sont complètement détruites et défigurées maintenant. Violence, saleté, manque de respect etc. C’était une région paisible, maintenant la succursale de l’enfer. la solution va être Dieu tout brûler. C’est une espèce de Babylone moderne.
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4 Kevin BigBrother
12/05/2015 at 21:517+
Je suis allé quelques fois à Genève quand j’étais minot, avec mes parents. C’était au début des années 90. Ça avait de la gueule. Sur les photos on voit clairement l’état de propreté de la ville. J’y suis retourné en 2005. No comment. Une ville déchue.
Et Lausanne est pire encore.
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41 Ancien1
13/05/2015 at 0:262+
Ca a été complètement envahie, ainsi comme Ferney Voltaire, Gex, Saint Genis etc.Incroyable, une vague. Et les anciens sont morts ou sont partis. Qui a connu comme c’était il y a 5 ans a du mal a digérer tout ça et reste aux bords du pétage de plombs.
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... ici:

http://www.fdesouche.com/597147-geneve-le-front-republicain-met-k-o-lextreme-droite

http://autreregard.blog.tdg.ch/archive/2014/01/24/geneve-plainpalais-janvier-2014-70-d-etrangers-252230.html

Et c'est triste, parce que c'était une belle ville, c'était une belle région, il y a encore peu, avant la mondialisation et les effets qu'elle entraîne.


(1) dans un entretien récent au magasine Fémina, le comédien genevois Laurent Deshusses (qu'on ne saurait soupçonner de mal penser) disait que "bientôt, pour voir des Genevois de souche, il faudra aller au Museum d'histoire naturelle". En fait, il y aura bientôt autant de Genevois de souche à Genève que de Valaisans de souche au FC Sion.

Écrit par : Paul Bär | 13/05/2015

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