16/05/2015

Ces ministres qui s'emploient à éteindre la France

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Sur le vif - Samedi 16.05.15 - 18.51h

 

Lorsque j’étais enfant, jusqu’à l’âge de onze ans, donc la fin de mon école primaire en 1969, le président de la République française s’appelait Charles de Gaulle, et le ministre de la Culture André Malraux. Et puis, plus tard, dès 1981, j’ai vécu une autre époque bénie : à l’Élysée François Mitterrand, à la Culture Jack Lang. Deux hommes que j’ai eu l’honneur d’interviewer. De Gaulle, Malraux. Mitterrand, Lang. Il y a, comme ça, dans l’Histoire politique, des moments plus beaux que d’autres, comme habités par la Grâce. Passagère, furtive, à peine perçue, déjà partie. Mais la Grâce. Pas celle de Blaise Pascal, ni de Bernanos. Non, pas la Grâce théologique. Juste la conjonction de deux personnes. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », comme dans la beauté saisissante de la relation entre Montaigne et La Boétie.

 

En pensant à ces hommes-là, je me dis que la France d’aujourd’hui est à plaindre. Je n’ai rien, vous le savez, contre François Hollande, j’aurais voté pour lui contre Sarkozy, sans hésitation. Mais cet homme, qui n’habite pas si mal la fonction présidentielle (ce qui nous change des fautes de goût orléanistes de son prédécesseur), il faut lui donner un cours Berlitz pour choisir ses ministres. Jamais vu un président aussi mal entouré !

 

Valls, un criseux, qui passe ses journées à engueuler tout le monde, moraliser, faire la leçon aux penseurs et aux philosophes, leur brandir la Table de ce qui est convenable, ou interdit. L’un des plus mauvais locataires de Matignon depuis les débuts de la Cinquième République. A la Culture, depuis le début du quinquennat (2012), deux ministres clairement sous la barre de ce qu’on peut attendre d’une telle fonction. D’abord (2012-2014), la catastrophique Aurélie Philippetti, orientant toutes ses interventions sur la dimension sociale (essentielle, certes, mais il existe d’autres ministères pour cela), mais affichant une totale inaptitude à un discours sur l’essentiel de sa mission : la culture. On ne lui demandait pas, à cette dame, de transférer tous les jours les cendres de Jean Moulin au Panthéon, ni de rendre hommage aux morts des Glières. Non, on aurait juste attendu quelque embryon d’éveil sémantique ou rhétorique sur la nature de la connaissance, la sensibilité de l’art. Juste cela, mais hélas rien. Quant à Mme Fleur Pellerin (en poste depuis 2014), rien, si ce n’est un virginal rougissement face à la nudité d’un acteur, qui avait surgi, comme cela, entre le néant et le néant, quelque part dans le champ du spectacle.

 

Par charité, je renoncerai, cette fois, à vous dire ce que m’inspire l’actuelle ministre de l’Éducation nationale, Mme Najat Vallaud-Belkacem, sans doute une personne de qualité, mais désolé, pas dans cette fonction-là. A moins (mais j’y reviendrai, c’est promis), qu’elle n’ait reçu de l’ennemi la mission secrète de démanteler un ministère prestigieux, amiral, central, qui fut celui de Guizot et de Jules Ferry.

 

Bref, un Premier ministre qui pique des crises, et se permet, dans une Assemblée Nationale où il n’est là que comme invité, de faire en tremblant de rage la leçon à une élue. Une école sans capitaine. Une culture aussi diaphane qu’anonyme. Je n’ai pris là que deux ministères. Mais vous reconnaîtrez qu’en termes de rang de la France, ils ne sont pas les moindres. Hélas, il n’y a plus ni rang, ni fierté nationale. Le peuple de France, profondément attaché à la grandeur et au rayonnement de son pays dans le monde, est le premier à en souffrir. L’Éducation nationale, c’est pour lui. La Culture, c’est pour lui. Tout cela devrait être, et n’est plus.

 

M. Hollande, je continue à vous respecter. Mais certains de vos ministres, à commencer par le premier d’entre eux, ne sont pas dignes de la place qu’on attend de votre pays, celle d’un phare. Aujourd’hui, le phare est éteint, le gardien endormi. Jean Moulin sommeille au Panthéon, « avec Victor Hugo et les Soldats de l’An II ». Mais tant qu’on est vivant, Monsieur le Président, l’éveil s’impose. L’inquiétude. La vivacité de se battre.  A quand une Diane française ? A quand un Aragon pour réveiller les morts ?

 

Pascal Décaillet

 

 

18:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bonsoir Monsieur,

Lorsque vous écrivez "M. Hollande, je continue à vous respecter", je dois avouer que je suis décontenancée.

Que respectez-vous exactement chez/dans M. Hollande ?

l'amateur malcasqué de scooter ou le pathétique livreur de croissants?
le petit chihuahua de l'otan ou le dealer qui encaisse d'avance et ne livre pas?
le "moiprésident" dont chaque promesse n'a été que du vent ou l'opportuniste visitant Castro "pour placer la marchandise made in France" ?

Franchement, Monsieur, je ne sais pas si vous avez des intérêts avec M. Hollande, mais il n'est pas très respectable!

Au lieu de commercer avec le Qatar ou l'Arabie, il serait temps qu'il cède aux suppliques de ses citoyennes et citoyens!

Et surtout qu'il respecte l'engagement de livrer des navires payés d'avance ou de les rembourser vite fait, principal et intérêt, foi d'animal!

Au jeu de go qui se joue mondialement, il y a grande richesse combinatoire et profondeur stratégique.

M. Hollande n'a ni l'une, ni l'autre.

K. Dispa

Écrit par : Keren Dispa | 16/05/2015

L'individu libre, relié volontairement au sacré, voilà l'avenir. La France, sa gloire, ça appartient au passé.

Écrit par : Rémi Mogenet | 17/05/2015

Monsieur Décaillet, j'avoue ne pas comprendre. Vous êtes pourtant un observateur avisé et expérimenté de la vie politique et il suffit toujours que quelqu'un "fasse président" (et dans le cas Hollande, il ne "fait" même pas beaucoup "président") pour que vous preniez immédiatement l'ombre pour la proie !

Parce qu'Hollande, c'est qui comme président ? C'est un candidat-président qui déclare "mépriser la finance" et qui, deux semaines plus tard, part donner ses gages à la City. C'est un président qui nomme une indépendantiste guyanaise à la justice, une agente du Maroc à l'éducation, une asiatique avouant ne lire aucun livre à la culture, un employé de Goldman-Sachs à l'économie, un président qui continue dans la voie perpétuelle de la repentance mémorielle (initiée par la catastrophe Chirac), de la soumission à l'empire étasunien (initiée par la catastrophe Sarkozy), bref un "président" qui engage son pays toujours plus avant dans la déconstruction sociétale et organique et la sujétion stratégique.

Et vous pensez encore qu'il y a quelque chose à sauver de ce marasme, de cette chute?
Soit le président Hollande n'est pas responsable de tout cela et il est un incapable qui doit partir. Soit il est responsable, il est doit être dégagé. Ce qu'il faut à la France, maintenant, c'est un Bonaparte.

Et pour l'Europe, que l'empereur qui dort sous la montagne se réveille.
Autrement, on est mort.

Écrit par : Paul Bär | 17/05/2015

On ne peut plus comprendre le monde d'aujourd'hui avec les catégories d'hier.

Regardez ici..

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Ils-n-auront-pas-mon-suicide-757754

... ce que nous dit l'ethnocentriste afrocentrée nommée par le président Hollande (1) au ministère de la justice d'un pays d'Europe:

++++++++++++++++
Je vis ! Et que les racistes le sachent, je vis et je vivrai. Et je tiendrai. Il me suffit qu’ils le sachent. Qu’ils multiplient leur violence par un million, je tiendrai encore. Par dix millions, je tiendrai encore. Le monde n’est pas à eux. Les enfants qui me ressemblent ont toute légitimité au monde. Il faudra qu’ils s’y habituent. La lucidité les conduira à voir que les gens qui me ressemblent sont plus nombreux. Et qu’il vaut mieux ne pas trop défier ce monde-là.
++++++++++++++++

Des menaces.
Des menaces pour "quand on sera assez nombreux et alors ..."

Et cela finira de la sorte (cela a d'ailleurs déjà commencé, même dans des coins reculés comme l'Irlande):

https://youtu.be/ucQ4ilzv83A

Et non, Monsieur Décaillet, le futur ne sera pas très "républicain".
Et si ces propos ne vous paraissent pas très distingués, lisez ce que disait sur le sujet l'excellent et très distingué Marc Bonnant dans son dernier entretien à l'Illustré.




(1) et qui doit tenir à son poste, car elle doit avoir, en bonne place depuis son ministère, des "biscuits" sur l'affaire Cahuzac.

Écrit par : Paul Bär | 17/05/2015

Je ne m'en lasse jamais:

https://www.youtube.com/watch?v=o6pcBGpag2o

Valable encore aujourd'hui.

Écrit par : Paul Bär | 17/05/2015

Bonjour
André Malraux oui mais alors Jack Lang ....Non!
Ne mélangeons pas torchons et serviettes!
La déchéance de notre pays est arrivé avec les socialistes aux pouvoirs

Écrit par : pierryvou | 17/05/2015

@ Paul Bär

Langage français, son évolution... significative.

Vous n'irez plus à la piscine mais en "milieu aquatique profond standardisé"!

Offrirez-vous un ballon à un enfant?
Que non! Il s'agira d'un "référentiel bondissant"!

Bonaparte au pouvoir ou, pour "réparer" la France, Molière en scène?!

Un contre-pouvoir est attendu.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17/05/2015

"M. Hollande, je continue à vous respecter."
Il faut vraiment être plus que Chrétien pour écrire cela. D'autant plus que si les choses continuent à ce train, il n'en restera pas beaucoup dans ce pays qui oseront se réclamer de cette religion.

Écrit par : Mère-Grand | 17/05/2015

Les cathédrales échapperont-elles au massacre?

Écrit par : Mère-Grand | 17/05/2015

Je ne retiens qu'une seule chose de François Hollande: La laïcité. Il lui semble le garant pour la paix entre les religions. Il n'a pas tort.
Et, nous pouvons saluer l'ex-ministre Vincent Peillon pour le texte de la Charte de la laïcité à l'école.

La République est laïque.

1. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi, sur l'ensemble de son territoire, de tous les citoyens. Elle respecte toutes les croyances.
etc. etc

L'école est laïque.

6. La laïcité de l'école offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l'apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix.
etc. etc

Écrit par : Noëlle Ribordy | 17/05/2015

Comment peut-on avoir du respect pour un homme qui promeut le mariage pour tous, sauf pour lui et la mère de ses enfants ?

Pauvre Ségolène, il lui en a fait voir ...

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 17/05/2015

Madame Ribordy, j'adore votre genre d'humour.



Parce que Vincent Peillon, franchement:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=RjN3XCjZYNQ

http://www.yabiladi.com/articles/details/23327/france-ministre-l-education-veut-renforcer.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/01/04/01016-20130104ARTFIG00557-wauquiez-peillon-cherche-a-faire-culpabiliser-les-chretiens.php

https://www.youtube.com/watch?v=V2J_6vRFsUI

Ce qui s'explique aisément en décodant sa fiche Wiki, tout est là, toujours les mêmes, toujours les mêmes manoeuvres de coulisse, toujours les mêmes objectifs :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Peillon



P.S. "Les cathédrales échapperont-elles au massacre?"

Ah noter qu'on s'attaque beaucoup aux églises, ces temps-ci en France, mais que ces attaques sont toujours qualifiés de "dégradations" par les relais systémistes, tandis que la moindre petite griffe sur la porte d'une synagogue ou d'une mosquée relève forcément de la "profanation". Ce doit être cela ce que l'on appelle désormais la "laïcité" en France.

Écrit par : Paul Bär | 17/05/2015

Paul Bär,

Votre ironie un brin sexiste atténue vos arguments.

Laurent Vauqiez est UMP et croyant. Sa réponse au journaliste est simplement de la politique politicienne et il devrait être humble devant les millions d'enfants abusés sexuellement par les prêtres.

Quant à la "religion laïque" que préconise Vincent Peillon, elle n'est pas si absurde. Ne faut-il pas trouver une solution à ces querelles religieuses entre les multiples croyances qui pourrissent la vie des gens?

Écrit par : Noëlle Ribordy | 17/05/2015

"Jamais vu un président aussi mal entouré !"

Jamais vu un président aussi nul! Et ses ministres sont à sa hauteur.

"Comment peut-on avoir du respect pour un homme qui promeut le mariage pour tous, sauf pour lui et la mère de ses enfants ?"

Ben... Victor-Liviu DUMITRESCU, vous oubliez ses maîtresses?

Écrit par : Patoucha | 18/05/2015

"Les cathédrales échapperont-elles au massacre?"
Espérons qu'elles ne seront pas, un jour, considérées aussi inutiles pour l'humanité et même insultantes pour certains Musulmans que les Bouddhas, certaines Mosquées et les Monuments de l'Antiquité de triste mémoire et d'un funeste présent.

Écrit par : Mère-Grand | 18/05/2015

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