20/10/2015

Guignol's Band

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Sur le vif - Mardi 20.10.15 - 19.35h

 

Ce qui époustoufle, dans le Sons et Lumières que vient de donner l’Entente en vue du second tour de la course aux Etats, à Genève, c’est la totale surdité entre les uns et les autres. Oui, l’Entente est sourde. Beethovenienne. Hélas, sans la capacité de nous livrer les derniers Quatuors à Cordes du génial musicien : il les avait conçus en ne les « entendant » que dans la profondeur de son silence intérieur.

 

Le problème numéro un de l’Entente ne réside pas dans les choix des uns et des autres, ces derniers relèvent du droit au suicide, que toute âme plus ou moins humaniste voudra bien tolérer. Non, l’immensité du pataquès procède d’une hallucinante impréparation. Car enfin, en Suisse, le calendrier des élections fédérales est connu des décennies à l’avance. Un mordu de l’agenda, si ça l’amuse, peut parfaitement prévoir la date du dimanche électoral d’octobre 2035.

 

Le président du PLR genevois, celui du PDC, devaient, j’imagine, subodorer quelque peu l’existence d’une échéance électorale nationale le dimanche 18 octobre, puis celle d’un deuxième tour le dimanche 8 novembre. Ces choses-là, y compris dans leur aspect tactique, celui du petit jeu entre partis, peuvent un peu s’anticiper, non ? Or, à quoi venons-nous d’assister ? A une tragicomédie de l’impéritie. A un super Brico-Loisirs de l’improvisation de l’ultime minute. A un dialogue de sourds.

 

Les partis font ce qu’ils veulent. Ils ont le droit de s’allier avec qui ils veulent. Tout au plus pourraient-ils nous épargner les couplets si peu crédibles sur la « morale » et les « valeurs », il y a quand même un moment où trop prendre les gens pour des demeurés commence à présenter un danger de crédibilité.

 

Les puissants esprits de l'Entente genevoise n’ont rien vu venir, ils sont pourtant là pour cela, un peu, non ? Ils n’ont rien anticipé. Ils ont géré un lendemain et un surlendemain d’élections fédérales comme un enfant de chœur dépassé par les palpitations de voir surgir une créature féminine au sortir de la sacristie. Ils ont été totalement dépassés par les événements. Ils avaient pourtant des mois, des années, pour voir venir une échéance parfaitement prévisible.

 

A partir de là, longue vie au duo de gauche au Conseil des Etats. Et vivement 2035.

 

 

Pascal Décaillet

 

 

19:35 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

On l'a déjà dit, mais il faudra le répéter jusqu'à la nausée.

Nous pensions qu'avec l'UMP en France, on avait trouvé la droite la plus bête du monde, mais en Suisse romande, selon ce que j'ai pu lire à droite et à gauche, le PLR/PDC est en train de jouer dans la cour des grands avec la droite française.

C'est vraiment pathétique!

Écrit par : G. Vuilliomenet | 20/10/2015

L'entente est une riche aristocrate qui vient de se rendre compte que derrière les murs de son château les gueux ont pris le pouvoir. Elle préfère perdre ce qui lui reste encore de ce qu'elle croit être de la noblesse plutôt que de s'allier aux fiers guerriers qui lui tendaient encore la main. Demain l'entente ne sera plus que l'ombre d'elle même enveloppée dans un linceul d'orgueil mal placé.

Écrit par : norbert maendly | 20/10/2015

Gouverner c'est prévoir, mais visiblement ni au PDC, ni au PLR, cet adage n'est pas connu ...

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 20/10/2015

Dans cette législature, sur le terrain de l'économie, notamment exportatrice, le PS et PDC a été plus favorable que l'UDC.
Oui le PLR est à droite comme l'UDC, mais la complexité du monde rend les choses moins certaines.

Il n'y a plus seulement un choix gauche droite, mais aussi le choix des lien de la Suisse avec l'UE, et d'autres économies du monde. Le PLR est dans ce cas plus proche du PDC, voir du PS, et très éloignée de l'UDC.

Fini le simple rapport "gauche / droite", il y a maintenant la vision des rapports économiques entre la Suisse et le reste du monde.

Le PLR en tant que parti de l'économie ne sera jamais pour une Suisse fermé. Et l'UDC en tant que parti nationaliste, n'admettra jamais une Suisse ouverte.
Question économie, pour un PLR, un PS est la solution la moins pire, les autres thèmes étant moins important.

Le changement d'attitude du PLR envers l'UDC semble plus être de la politique que des vision communes.

L'intransigeance idéologique de l'UDC favorise la gauche en Romandie.

Écrit par : Glob | 20/10/2015

Cela n'est que le résultat d'une déception, voire d'une rage du PLR qui était tellement annoncé comme le grand vainqueur de ces élections. Ce n'est pas le cas; c'est l'UDC qui fait un carton!

Alors plutôt que de se poser les bonnes questions, on préfère le dénigrement par la magouille (la revoilà comme en 2007) afin d'essayer de refaire un peu du "terrain-manquant" à la Chambre des Etats.
Partout en Suisse romande c'est le même schéma; les gauchistes peuvent déjà les remercier!
Heureusement que nous avons cette fois encore les Suisses-Allemands qui vont faire preuve du bon sens, manquant nettement à la Romandie!

Écrit par : Corélande | 21/10/2015

Ahahahahaha! Je crois que vous n'êtes plus allé à la messe depuis longtemps car aujourd'hui ce sont les créatures féminines squattent les sacristies! Cela dit, c'est l'UDC qui est sortie majoritairement des urnes et là aussi, nos PLR/PDC/PS sont dans la "tragédie de l'impéritie", dont je ne sais pas où elle nous mènera d'ici 20135! J'espère que ce ne sera pas au pire.

Écrit par : Raymonde | 21/10/2015

Pour l'électeur PLR/PDC le choix paraît être devenu cornélien. Toutefois s'il y regarde de plus près le choix n'est pas aussi difficile qu'il l'imagine. Qu'il mesure simplement les risques par rapport à ce qu'il recherche.


A) Soit il donne ses voix à l'UDC/MCG, des partis auxquels il s'oppose sur la question européenne, c'est-à-dire une question qu'il n'appartient plus au parlement de trancher mais seulement au peuple. En votant UDC/MCG un PLR n’accroît guère son risque sur cette question.


B) Soit il refuse sa voix à l'UDC/MCG mais permet à la gauche de remporter l'élection et de renforcer son opposition au Conseil des Etats, sur des questions qui se décident en dehors du peuple. En laissant la gauche emporter ces deux sièges, le risque pour un PLR/PDC de perdre la capacité de faire valoir ses vues au parlement s’accroît considérablement.


L'adage a toujours dit qu'entre deux risques il faut toujours choisir le moindre.

Écrit par : analyse | 21/10/2015

Je suis partagé. D'un côté j'aurais envie d'aider Genecand à être élu. Mais d'un autre côté, je suis tellement dégoûté par l'attitude prétentieuse et stupide de l'entente, que je souhaite presque leur défaite. J'aimerais, non pas seulement que ça leur serve de leçon, ils sont incorrigibles! j'aimerais que ça les élimine de l'échiquier politique, pour que le bloc MCG-UDC occupte tout l'espace à droite.

On ne peut plus faire aucune confiance à ces partis "bourgeois". Franchement les socialistes sont préférables. Car en votant socialiste on sait qu'on vote pour la gauche, et pour la mort de la Suisse. C'est honnête. Mais avec le PDC et le PLR (à la Maudet) on s'imagine qu'on vote à droite mais ces partis nous trahissent, travaillent à un "accord cadre" qui relève de la haute trahison, et penchent à gauche. Donc ils ne sont pas seulement mauvais, ils sont nocifs. Il faut les éliminer.

Je suis un électeur libéral par tradition de famille. Mais désormais je pense que c'est un devoir de sanctionner sévèrement le PLR (on ne parle même pas du PDC qui est une catastrophe) parce qu'on en a marre d'être trahis par les siens.

Écrit par : curieux | 21/10/2015

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