02/03/2016

MAH : la paix des braves s'impose !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.03.16

 

Depuis des semaines, le non était prévisible. A vrai dire, dès le soir de notre débat, sur Léman Bleu, le jeudi 4 février, dans la Salle des Armures du Musée. Quand on anime un débat, on est soi-même au centre des énergies, dans le feu croisé des antagonismes. Instinctivement, physiquement même, on peut dire qui a gagné. Et là, c’était clair, Robert Cramer avait marqué des points, Sami Kanaan avait été mis en sérieuse difficulté, notamment lorsqu'il s’était trouvé dans l’impossibilité de donner des chiffres. Ce débat avait été certes dur, mais correct et respectueux, contrastant ainsi avec la tonalité générale de la campagne, faite de dérapages et d’attaques personnelles.

 

Le non était prévisible, et il a fini par gagner. A plus de 54%. Au soir du verdict, les perdants, Charlotte de Senarclens pour les Amis du Musée, Sami Kanaan pour la Ville, ont accepté la défaite avec classe. On sentait bien sûr leur immense déception, mais aussi, je crois, le soulagement de tourner la page après le fracas d’un combat particulièrement difficile. Du côté des vainqueurs, Robert Cramer a eu l’intelligence d’éviter le triomphalisme, il a même tendu une main pour renouer le dialogue. Il y avait eu tant d’excès, dans cette campagne, de part et d’autre, tant de clans, de factions, de spadassins, de flèches au curare, que ce moment du dimanche soir, 28 février, faisait du bien. Nous tous, que nous fussions partisans ou adversaires du projet de rénovation, nous avions besoin de cela. D’un peu de politesse, de courtoisie. D’appel à la construction. C’était important.

 

D’autres écriront, plus tard, l’Histoire de cette campagne folle. C’est un sujet en or pour des mémoires ou des thèses des temps futurs, pour des historiens, des linguistes, des sémiologues, ceux qui décryptent les signes. Il y aura beaucoup à dire sur le langage des affiches, le dit et le non-dit, l’explicite et le sous-entendu, le clair et l’allusif. Une chose est sûre : c’était une campagne puissante. Parce que les Genevois aiment ce Musée. Ils aiment leur patrimoine. Il y a, dans cette résurrection montrée de notre passé, comme les vertus d’une sainte relique auprès des gens simples, la foi du charbonnier. C’est notre Musée, notre passé. Et peut-être ce trésor-là n’a-t-il pas de prix. Nul mécène, même bien intentionné, ne pourrait y fourrer son nez. Comprenant cela, les opposants ont saisi quelque chose d’incroyablement identitaire, alors qu’en face, on n’affichait qu’une « convention ». En termes d’imaginaire, la bataille était inégale.

 

Bref, c’est tranché. On priera chacun de bien vouloir ranger ses armes, à commencer par les spadassins, les personnes interposées, les commis de basses œuvres des deux camps. Laissons les Fossés de Caylus, tendons-nous vraiment la main. Il faudra tout recommencer, c’est vrai. Il faudra construire une confiance. J’affirme ici que Sami Kanaan peut et doit être l’homme autour duquel cette nouvelle ère s’articulera. Parce qu’il est un homme honnête et loyal. Ces qualités-là, au milieu de la tourmente, sont précieuses.

 

Pascal Décaillet

 

12:39 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ok d'accord, mais de là à saluer la main tendue de Cramer, faut pas pousser mémé dans les orties. Il n'a d'autre choix maintenant que de prouver qu'il est possible de faire autrement. On va donc le laisser faire et voir venir.
Dans une ou deux décennies...
Je n'avais pas droit à la parole en tant que citoyen de la commune de Vernier.
D'autres, qui ne mettent jamais les pieds dans un musée ont eu plus de chance sur ce coup. Mais je me joins à Pascal Hollenweg qui propose, un brin provocateur, de raser ces deux mastodontes que plus personne ne remarque dans le paysage tant ils font partie des meubles. Aussi poussiéreux que les armures qui les habitent.
Je suis né ici, et je passe presque tous les jours devant par l'axe incontournable du boulevard Helvétique. Pour moi, ils peuvent disparaitre. Depuis tout gamin je les ai trouvé paradoxalement insignifiants.

Écrit par : Pierre Jenni | 02/03/2016

Pour ma part j'irai à berne, à Zurich, à Bâle ou à ... Lausanne, dans des villes où le dynamisme fait plaisir à voir. Les "nein-sager" genevois ont gagné (mais quoi, en fait ?). Genève a surtout perdu toute image face aux mécènes réels et potentiels.
Alors, rendez-vous en 2035 pour une nouvelle votation avec ,probablement d'autres raisons de ne rien innover, de ne rien faire. triste et dommage. Mais comment a-t-on pu réaliser le nouveau musée d'ethnographie ? je me le demande encore !

Écrit par : uranus2011 | 02/03/2016

Tous les hommes sont honnêtes et loyal mais il y a ceux qui dépensent leur argent et ceux qui dépense l'argent des autres.

Écrit par : norbert maendly | 02/03/2016

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