23/11/2016

Foutez-nous la paix avec les années trente !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 23.11.16

 

Vous avez remarqué ? Dans une conversation, dès que quelqu’un se met à défendre le suffrage universel, il y a toujours, quelque part, un petit malin pour dire : « Hitler aussi a été élu par le peuple ». En général, ça jette un froid glacial, et ça met un terme au sujet. Et c’est bien dommage : faut-il, sous prétexte du 30 janvier 1933, renoncer à la souveraineté populaire ? Faut-il, parce qu’il y a eu le nazisme et le fascisme, s’interdire aujourd’hui, 80 ans plus tard, toute remise en question de la démocratie représentative ? Ou toute conception du monde syndical autrement que dans l’allégeance à la lutte des classes ? Faut-il, au motif que l’idée de nation, salvatrice en soi, a été dévoyée au profit du nationalisme, y renoncer ? En bref, faut-il continuer à se laisser impressionner par cette perpétuelle référence aux années trente, brandie, la plupart du temps, par des gens n’ayant qu’une connaissance très approximative de l’Histoire ? A toutes ces questions, la réponse est non.

 

La phrase « Hitler aussi a été élu par le peuple » est en général prononcée par le perdant d’une votation, par exemple d’une initiative, le dimanche soir du scrutin. C’est une manière de nous dire que le peuple n’a pas toujours raison, ce qui est d’ailleurs exact : il ne s’agit pas, dans notre système suisse, qu’il ait « raison », mais qu’il décide en ultime instance. Nous ne sommes pas dans une géométrie morale, mais dans une définition du souverain. Nous tous, citoyennes et citoyens, qui votons quatre fois par an, sur une multitude de sujets, nous sommes parfois dans le camp des vainqueurs, parfois dans l’autre : sachons perdre. Sans insulter le système, convoquer les ultimes semaines de la République de Weimar, nous prendre pour Thomas Mann (photo), le génial écrivain antinazi, ou Heinrich, son frère, ou Klaus, ou Erika. Ou Brecht. Ou Stefan Zweig. Il y a d’autres choses à faire, dans la rhétorique politique, que cet obsessionnel retour aux années trente.

 

Il se trouve que je suis un passionné de ces années-là. Les grands écrivains de l’antinazisme, je les ai lus. Je leur ai même consacré un chapitre de ma Série Allemagne, en 144 épisodes. Qu’on les lise, assurément. Qu’on les monte, sur les planches. Qu’on rende hommage à leur lucidité, leur courage. Mais de grâce, qu’on évite l’outrecuidance de se prendre pour eux, sous le seul prétexte qu’on défendrait la démocratie représentative contre le suffrage universel, l’ouverture des frontières contre leur régulation, le cosmopolitisme mondialiste contre l’attachement à la nation. Nous ne sommes plus au début des années trente. Les enjeux n’ont strictement rien à voir. Et il doit être parfaitement possible, dans nos pays, de plaider pour un conservatisme patriote, social, attaché aux valeurs du pays, sans se faire traiter immédiatement de nazi ou de fasciste. Ceux qui nous brandissent ces anathèmes, nous mentent. Ils pervertissent l’Histoire. Ils en dévoient le sens profond. Toute ma vie, je lutterai contre leur discours. Avec des arguments, des références. Sans jamais leur céder le moindre millimètre.

 

Pascal Décaillet

 

13:50 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bonjour,
J'apprécie cet article rédigé à la sauce Décaillet, bravo !
Cordialement

Écrit par : Patrick | 23/11/2016

Evidemment non aussi, pour le premier paragraphe.

Il n'en demeure pas moins... L'histoire n'a de sens que celui que l'on veut bien lui donner. La lecture des faits historiques ne saurait être unique, au prétexte que vous les connaissez...

Et puis, l'adage dit que l'histoire a tendance à se répéter. L'élection de Donald Trump (car c'est vraisemblablement à cela que vous faites référence) est le reflet d'un système qui n'est pas tout à fait démocratique, et qui permet à celui qui a le moins de voix d'être nommé à la présidence des Etats-Unis sur le mode du suffrage censitaire (Collège des grands électeurs), qui est une tradition du XIXe siècle. Cette habitude a depuis longtemps été éliminée des constitutions des pays européens, à tout le moins.

Et enfin, que dire, car il est trop facile de l'ignorer, des ces extrémistes qui saluent la victoire de Trump du salut hitlérien? Cela, vous le passez un peu trop vite sous silence.

Écrit par : Déblogueur | 23/11/2016

@ Déblogueur:

Peut-on imputer à Trump les saluts de quelques dizaines ou centaines d'individus? Je ne le ferai pas. La simplification idéologique autour de l'élection de Trump sert non seulement à refuser la défaite d'un camp politique, mais à refuser aussi la mise en question d'un développement de société dans ses racines et non seulement dans quelques applications. C'est pourquoi l'acharnement à moraliser et à cataloguer dans des catégories effrayantes ne signifie pas grand chose pour moi.

Le monde de 2016 n'est pas celui des années 1930. Les raisons de la montée du nazisme ne se retrouvent pas, ni dans l'humiliation d'un pays et d'un peuple comme ce fut le cas entre 1919 et 1923, ni dans les personnalités politiques en place en Europe et aux USA, ni dans la haine de race habituelle à l'époque (l'antisémitisme était presque banal), ni dans les raison d'invoquer la nation plutôt que l'internationalisme. Celui-ci est un attribut qu'un peuple décide ou non de s'octroyer selon certaines conditions, il n'est pas le centre d'où part le regard. La nation n'est pas périphérique au monde (qui n'a pas de centre, pas d'identité, donc pas de point de référence pour négocier avec les autres), c'est le monde qui est périphérique à la nation.

Le risque de totalitarisme que je vois dans le monde actuel selon ces critères est l'islam politique des Frères musulmans.

Gamin j'ai voyagé avec mes parents sans problèmes pour passer les frontières. Les échanges commerciaux existaient déjà sans marché unique. Prendre le monde comme référence c'est perdre justement toute référence puisqu'une référence ne vaut que si elle n'est "tout". J'aime l'analogie avec le corps: l'autre n'est pas mon corps, donc pas moi, et c'est à partir de cela que je peux négocier avec l'autre et éventuellement l'apprécier, le respecter et l'aimer. Si mon corps n'est plus ma référence alors je suis l'autre et l'autre est moi. J'appelle cela le confusionnisme.

J'apprécie un monde plutôt ouvert, et je pense que ce n'est pas incompatible avec une délimitation des espaces, des pouvoirs et des identités.

Écrit par : hommelibre | 23/11/2016

@ Hommelibre -

Je n'impute rien à Trump, sinon que son élection a permis à ces individus de se sentir libres de manifester leur racisme et leur extrémisme... Et puis, je vous renvoie aux propos de Brigitte Gabriel (que l'on ne saurait taxer d'être favorable au parti Démocrate) sur le poids des minorités, en l'occurrence musulmanes, dans les attentats du 11 septembre 2001. Elle démontre parfaitement que ce sont les minorités radicales qui, une fois libérées de leurs inhibitions, rendent les majorités insignifiantes.

Regardez, cela vaut la peine https://www.youtube.com/watch?v=Ry3NzkAOo3s.

C'est bien ce qui s'est passé aussi dans les années trente (pas seulement en Allemagne, mais aussi en Italie, en Autriche et en Espagne) et l'on peut comprendre la crainte de certains aujourd'hui, que l'histoire ne se répète - évidemment ni de la même façon, ni, espérons-le, dans les mêmes proportions... Mais, qui sait?

Écrit par : Déblogueur | 23/11/2016

Très bon billet ,BRAVO

Écrit par : lovejoie | 23/11/2016

Aucun pays n'a connu l'humiliation du traité de Versailles comme dut l'avaler l'Allemagne, peu on du subir une crise financière et économique comme dut la supporter l'Allemagne à la fin des années 20.( victime d'une paix carthaginoise, comme l'a justement expliqué J. Keynes dès 1919). La montée du fascisme a , de plus, été largement permise par les rivalités et l'apathie des partis traditionnels. Il n'y a dans la situation actuelle aucun, oui aucun élément qui puisse ne tirer qu'une faible analogie avec ce qu'était la situation de l'époque. Mais c 'est tellement facile de dénigrer plutôt que d'argumenter et d'analyser.

Écrit par : uranus2011 | 23/11/2016

Pour comprendre pourquoi les "années 30" sont l'inévitable repoussoir de toute question morale, lire Le Pacte des Idoles: http://www.raphaelbaeriswyl.ch/pdf/Le-Pacte-des-Idoles.pdf . A paraître, en format papier, avec d'autres essais girardiens, courant 2017.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 23/11/2016

Vaut-il la peine de rappeler le début de la célèbre phrase de Churchill à propos de la démocratie "La démocratie est le pire système de gouvernement", tempérée aussitôt par la sa fin "à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire" ?
On peut évidemment en conclure que c'est un bon système, mais cet adjectif a le désavantage de sous-entendre qu'il n'a pas de défauts, du moins pas de défauts majeurs ou même qu'il met ceux qui le pratiquent à l'abri des erreurs et des violences.
Ce n'est manifestement pas le cas et ce n'est d'ailleurs pas le système qui produit ces erreurs et ces violences, mais les êtres humains qui l'ont choisi. Aucun système ne peut nous mettre à l'abri de ce que nous avons, à tort, tendance à considérer comme des anomalies, alors que la nature du vivant les contient en germe et que, pour l'instant du moins et cela malgré quelques progrès dans nos civilisations, nous faisons partie de la nature.
Vouloir abandonner ce système est donc une grave erreur intellectuelle, inspiré par un désir, compréhensible et louable, de trouver une manière idéale de gouverner la société, alors que, pour paraphraser la sage conclusion de Churchill "rien de meilleur n'a jamais été expérimenté dans l'histoire".

Écrit par : Mère-Grand | 23/11/2016

Merci Raphaël. Bonne et nécessaire piqûre de rappel.

Un excellent article aussi que je viens de lire, sur le désordre émotif de notre époque en relation avec l'élection de Donald Trump:

www.renartleveille.com/lelection-de-donald-trump-a-lere-de-lemotivite/

Écrit par : hommelibre | 23/11/2016

"système qui n'est pas tout à fait démocratique, et qui permet à celui qui a le moins de voix d'être nommé à la présidence des Etats-Unis sur le mode du suffrage censitaire"
Que de malhonnêteté ! Les USA sont une confédération d'états. Il me semble que nous connaissons cela en Suisse. Si l'on respectait les principes de ce Déblogueur, on devrait tous parler le züritusch en Schweiz.

Écrit par : Géo | 23/11/2016

Déblogueur,

Le risque n'est jamais absent d'aucune société, l'Histoire contient toujours ce tragique comme M. Decaillet aime à le rappeler. Nous sommes aujourd'hui rendus à réaliser que l'Histoire n'est pas finie.

Les musulmans sont décrits souvent de manière négative et j'en conviens. Quand j'avais 20 ans cela n'était pas le cas. Leur minorité politique radicale y contribue largement. Le risque d'un basculement à cause de minorités est-il élevé ou non? Tout dépend des critères que l'on utilise. La critique de l'islam comme de tout mouvement de pensée, religieux ou non, me paraît légitime. La condamnation morale pour "islamophobie" est par contre selon moi un vrai danger, politique et philosophique. C'est même une oppression. Empêcher la parole par la culpabilisation peut faire exploser un jour cette parole et là cela devient en effet dangereux.

Nous n'en sommes pas là, à nouveau il faut un ensemble de circonstances objectives pour qu'un basculement s'opère. Le rejet épidermique ou argumenté ne confine pas actuellement, à mon avis, à cette extrémité. Aujourd'hui les injonctions "fraternisantes" ont pris un tour trop émotionnel, pas assez rationnel, cela ne contribue pas à affaiblir ce risque, et je pense même que c'est le contraire.

Quand Zemmour lançait des chiffres ethniques sur la criminalité, on le condamne plutôt que d'étudier rationnellement la chose. En interdisant les statistiques ethniques la France n'a fait que mettre le niveau potentiel de l'emballement très haut. En Suisse nous en avons, et je ne crois pas que les Suisses en font une généralité.

Écrit par : hommelibre | 23/11/2016

uranus2011 a écrit: "Il n'y a dans la situation actuelle aucun, oui aucun élément qui puisse ne tirer qu'une faible analogie avec ce qu'était la situation de l'époque."
Humm, un affaiblissement de la gauche, une trahison de ceux qui étaient sensés défendre des idées et des valeurs de gauche... una alliance des droites...
https://www.herodote.net/30_janvier_1933-evenement-19330130.php

Écrit par : Charles | 23/11/2016

@ uranus2011 - on aurait envie de vous dire, comme Pascal Décaillet, "foutez-nous la paix avec le traité de Versailles!"... Mais la seconde partie de votre commentaire, qui met en exergue la faiblesse et l'apathie des partis traditionnels allemands de l'époque, donne à penser que cette situation d'alors n'est en rien différente de celle d'aujourd'hui. La faiblesse des uns désinhibe les autres et, d'un coup, les vannes du populisme à tendance fascisante sont ouvertes. C'est bien malheuresement ce que l'on voit aux Etats-Unis depuis l'élection de Trump, même si ceux qui beuglent aujourd'hui sont très minoritaires en nombre... Mais il convient de ne jamais sous-estimer le potentiel de ces minorités qui, lorsqu'elles deviennent très agissantes, peuvent renverser des ordres établis en un tour de main.

Écrit par : Déblogueur | 24/11/2016

@Déblogueur

Ca a l'air de vous choquer que des allumés fasse le salut à la romaine parce qu'ils se sentent encouragés par l'élection de Trump. Vous y allez fort. Trump n'y est pour rien. Vous pourrez toujours trouver des allumés parmi les upporters de n'importe quel homme politique. Un homme politique n'est responsable que de ses propres fais et gestes, pas de ce que que font ou disent certains individus qui ont peut-être voté pour lui.

Et puis en quoi le salut à la romaine est-il plus choquant que d'autres gestes, qui eux sont parfaitement tolérés?

Par exemple, je vous signale que même dans les réunions du Parti socialiste suisse, parti gouvernemental, il y a des gens qui chantent l'Internationale, et même pire, qui lèvent le poing! Et ce ne sont pas des excentriques non représentatifs. Ce sont des militants approuvé par le parti. C'est même la majorité des militants. Et ce les dirigeants font de même.

Pourtant cet hymne (l'Internationale) et ce geste (le poing levé) sont associés à des régimes encore plus meurtriers que ceux où l'on saluait le bras tendu.

Alors vous comprenez bien que vos phobies n'ont pas de sens, elles nous font hausser les épaules... C'est tout.

Écrit par : Nuance... | 24/11/2016

@ "Nuance" - ce qu'il y a de saisissant, à la lecture de votre commentaire, est que vous ne voyez que le "salut à la romaine". Soit, si l'on peut considérer éventuellement ce geste comme n'étant pas associé avec le salut pratiqué par les fascistes italiens et espagnols, ainsi que par les nazis, avez-vous écouté les discours tenus par les extrémistes étasuniens? Car finalement, ce sont leurs propos qui sont effrayants, bien au-delà de leurs gesticulations. Et oui, ces discours sont choquants, profondément.

Quant au parallèle que vous tirez avec les socialistes chantant l'Internationale en levant le poing, il pourrait être complété par une lecture approfondie de la Marseillaise dont le refrain dit "qu'un sang impur abreuve nos sillons"...

Tout cela pour dire que l'on pourra toujours trouver un défaut aux valeurs ou aux idées de l'autre. Les mots proférés, par contre, sont difficiles à contester.

Pour votre élévation: http://www.theatlantic.com/politics/archive/2016/11/richard-spencer-speech-npi/508379/

Écrit par : Déblogueur | 24/11/2016

Non, non non et non, Hitler n'a jamais été élu par le peuple.

On entend tout le temps cette phrase et non sans raison puisqu'elle est répandue par les milieux universitaires eux-mêmes, mais elle est totalement fausse !

C'est même le contraire qui s'est passé, ce sont les partis politiques allemands qui ont mis Hitler au pouvoir, et non le peuple.

"Aux élections présidentielles de 1932 pas moins de 64 % des allemands avaient refusé à Hitler l’accès à la plus haute fonction du pays, aux dernières élections législatives de cette année-là les nazis perdaient encore 34 sièges au parlement… !"

Quand donc dans ce pays enseignera-t-on la vérité ? Combien d'années faudra-t-il encore pour que les gens comprennent pourquoi cette affirmation fausse est propagée dans les couloirs mêmes de l'Université ?


Ne pas lire "Le Mythe de la Démocratie guerrière" devient ici un crime contre la culture démocratique de notre pays. Parce que ce livre contient les preuves et l'explication des raisons de ce mensonge entretenu, de cette manipulation des consciences qui dure depuis plus de 70 ans...!

https://lc.cx/ZFVo

Écrit par : Piccand Michel | 24/11/2016

@Déblogueur

Effectivement le salut bras tendu a été en usage dans le régime fasciste italien ainsi que dans le troisième Reich du Führer et Reichskanzkler Adolf Hitler. Il n'en reste pas moins que les régimes qui pratiquaient le poing levé ont tué encore plus de gens que ceux de Mussolini et Hitler réunis. C'est un fait indiscutable et ce constat ne constitue pas une apologie d'Hitler.

Donc je ne vois pas pourquoi un salut devrait être interdit et un autre pas. La jurisprudence du TF à ce sujet, qui n'a pas fait plaisir à tout le monde, fait honneur à notre cour suprême.

Les propos de ce suprémaciste blanc Richard Spencer dont vous nous parlez, sont autorisés par le 1er amendement à la Constitution des Etats Unis d'Amérique, dont malheureusement nous n'avons pas l'équivalent en Europe. C'est dommage que nous ne l'ayons pas car les lois antiracistes que nous subissons sont la cause directe du climat actuel, disons "dieudonniste", caractérisé par la diffusion virale de propos tendancieux, juste calibrés pour ne pas tomber sous le coup de la loi, propos qui n'auraient pas été tenus si n'existaient pas ce qu'Annie Kriegel appelait: "une insupportable police... de la pensée."

Les propos de Spencer sont choquants, mais au même titre que ceux de certains multiculturalistes politiquement corrects, qui visent de manière explicite, ou implicite ce qui est pire, à l'extermination de la population européenne par submersion migratoire et métissage. L'appel caractérisé à la haine de l'homme blanc n'est jamais critiqué. Il ne fait jamais l'objet de poursuites comme les autres appels à la haine. Pourquoi? L'assistance active aux réseaux de passeurs esclavagistes, trafiquants de chair humaine, ne fait pas l'objet de la répression exemplaire que ces actes méritent. Pourquoi? Ce sont des actes criminels au même titre que ceux des régimes racistes du passé comme celui d'Hitler

A tout prendre je trouve les propos multiculturalistes plus dangereux et plus répréhensibles que ceux de Richard Spencer.

Écrit par : Nuance... | 24/11/2016

@Déblogueur

"Et enfin, que dire, car il est trop facile de l'ignorer, des ces extrémistes qui saluent la victoire de Trump du salut hitlérien? Cela, vous le passez un peu trop vite sous silence."

Que dire alors du TF qui a jugé que le salut hitlérien n'est pas punissable, alors que Trump a condamné ces extrémistes et s'en est désolidarisé publiquement!?

"Faire le salut nazi n'est pas toujours punissable, juge le Tribunal fédéral"
www.rts.ch/.../5866992-faire-le-salut-nazi-n-est-pas-toujours-punissable-juge-le-tribu...
21 mai 2014 - La justice suisse autorise le salut nazi ... C'est ce que considère le Tribunal fédéral (TF) qui annule la condamnation d'un participant aux ...

"C'est bien ce qui s'est passé aussi dans les années trente (pas seulement en Allemagne, mais aussi en Italie, en Autriche et en Espagne) et l'on peut comprendre la crainte de certains aujourd'hui, que l'histoire ne se répète - évidemment ni de la même façon, ni, espérons-le, dans les mêmes proportions... Mais, qui sait?"

Se poser la question c'est y répondre!
Nous y sommes dans les années trente mais la cible est Israël.... et des commentateurs ne s'en privent pas. La RdG a banni le blog de David Frenkel parce que ses billets étaient, entre autres, orientés vers Israël.... Instrumentalisation du conflit Israélo-arabes de "Palestine" oblige!

En fait, Déblogueur, QUI auriez-vous voulu voir élu? Merci pour la réponse!

@Piccand Michel

"Non, non non et non, Hitler n'a jamais été élu par le peuple."

Tout-à-fait d'accord avec vous! Mais il n'en reste pas moins qu'Hitler, lors de ses discours antisémites, était suivi par une grande majorité d'allemands et....

http://www.phdn.org/histgen/hitler/declarations.html

Attitude du monde extérieur
"Les Alliés et la Solution finale"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah

Avec tout ça PERSONNE n'était au courant!?

J'espère ne pas avoir "débordé" le cadre du billet!

Écrit par : Patoucha | 24/11/2016

@Pascal Décaillet

"Foutez-nous la paix avec les années trente !"

Quand je fais référence aux années trente c'est contre la résurgence de l'antisémitisme.

Écrit par : Patoucha | 24/11/2016

@Déblogueur

Je voudrais attirer votre attention, cher Déblogueur, sur cet article que j'ai trouvé dans le magazine américain de la mouvance de gauche intellectuelle juive: TABLET MAGAZINE.

Je lis régulièrement ce magazine et j'a apprends beaucoup de choses très intéressantes.

Voici l'article:

http://www.tabletmag.com/jewish-news-and-politics/218712/spencer-gottfried-alt-right?utm_source=tabletmagazinelist&utm_campaign=774c5f942f-EMAIL_CAMPAIGN_2016_11_30&utm_medium=email&utm_term=0_c308bf8edb-774c5f942f-207344669

C'est très intéressant et même, je dirais, renversant. Il s'agit de ce dénommé Richard Spencer, dont les propos racistes, suprémacistes blancs, et les saluts nazis de ses supporters vous ont tellement choqué.

Jacob Siegel, l'auteur de l'article, nous révèle que le premier inspirateur intellectuel de cette nouvelle droite radicale américaine appelée aussi "alt right", droite alternative, est un intellectuel juif appelé Paul Gottfried. Richard Spencer, dont les propos vous terrifient, est un disciple de Paul Gottfried. Jacob Siegel dit même de lui qu'il était son "protégé". Ensemble ils ont inventé les concepts de la alt right.

Ca laisse songeur, vous ne trouvez pas?

Les choses ne sont décidément pas simples.

Écrit par : Nuance... | 01/12/2016

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