10/12/2016

Trump aux enfants ? - Tout simple !

 

Sur le vif - Samedi 10.12.16 - 17.33h

 

"Comment expliquer Trump à mes enfants ?", se demande, torturé, mon confrère Stéphane Bussard, qui vient de passer cinq ans aux États-Unis comme correspondant. A lire le libellé de sa question, on dirait qu'il doit leur raconter un génocide, des horreurs, des abominations.

C'est tout simple, Cher Confrère. Il suffit de dire la vérité des choses, en demeurant factuel. En tenant, à peu près, ce langage :

 

" Chers enfants,

La grande démocratie américaine, en vigueur depuis 1776, avec des Présidents depuis 1789 (George Washington), a procédé cet automne, en fonction de ses règles, à l'élection du Président, qui se déroule tous les quatre ans, dans les premiers jours de novembre. C'est un poste très important, parce que le Président américain dirige l'une des plus grandes puissances du monde.

A l'issue d'un combat certes dur, mais parfaitement régulier, où chacun a pu s'exprimer, le candidat républicain, Donald Trump, a remporté l'élection, face à sa rivale démocrate, Hillary Clinton. Le vote doit être confirmé par les grands électeurs le 19 décembre. Et le 20 janvier, M. Trump entrera en fonction, pour quatre ans, jusqu'au 20 janvier 2021. Peut-être huit ans, s'il est réélu.

M. Trump profite de cette période de transition, comme l'ont toujours fait les présidents élus, pour nommer les ministres de son cabinet et définir les premières grandes orientations de son mandat. Ces dernières seront conformes à ses engagements de campagne, et non à ceux de sa rivale, puisque c'est lui, et non elle, qui a été élu.

Son programme est protectionniste sur le plan économique, isolationniste quant au déploiement américain dans le monde. Il vise à réguler l'immigration, notamment celle qui vient du Mexique, sur la frontière Sud. Il entend s'occuper prioritairement de l’intérieur du pays, par exemple en rénovant des infrastructures (routières, ferroviaires) vieillissantes, qui datent du New Deal, le puissant programme de relance de son lointain prédécesseur, le très grand Président Franklin Delano Roosevelt (1933-1945). Toutes choses qui ont été parfaitement annoncées pendant la campagne, et sur lesquelles l'électorat américain a voté en totale connaissance de cause. La moindre des choses, quand on obtient la confiance du peuple, c'est de respecter et d'appliquer ses engagements de campagne. Si on est élu, ça n'est pas pour faire la politique de son adversaire, battu.

Je sais, chers enfants, j'ai utilisé ici des mots un peu compliqués, comme "grands électeurs", "protectionnisme", "isolationnisme", "New Deal". Je reviendrai sur tout cela demain soir, et les soirées suivantes, c'est très facile à comprendre, vous verrez. Maintenant, il est l'heure d'aller au lit ! Comment ? Vous voulez encore une histoire ? De cow-boys et d'Indiens ? Bon OK, mais d'abord tout le monde va se brosser les dents ! "

 

Et toc, Cher Confrère. Simple, factuel, juste, vérifiable. Rien de dramatique. Rien d'apocalyptique. Rien qui relève de la morale. Juste des faits.

 

Pascal Décaillet

 

18:37 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ouhla, vous allez blesser la bobosphère qui depuis longtemps préfère vivre dans sa bulle plutôt que considérer des faits simples et vérifiables sans filtre idéologique.

Écrit par : Eastwood | 10/12/2016

La simplicité et l'honnêteté tout simplement. Bravo! Mais pourquoi diable les "perdants" sont de si mauvaise foi? Est-ce donc cela qu'ils veulent inculquer à leurs enfants; le déni de la démocratie, le mensonge ou les masques sur la vérité!
Comment les dits-enfants vont comprendre que l'on dénigre un des siens, quelques soient ses idées, et que l'on vénère l'étranger que souvent on ne comprend pas mais qu'il faut par dessus tout lui pardonner d'avance tout ses travers et ses manquements futurs?
C'est un peu donner un Nobel de la paix avant d'avoir fait une quelconque action dans ce sens!

Écrit par : Corélande | 11/12/2016

"Mais pourquoi diable les "perdants" sont de si mauvaise foi?"
Les politiciens, parce qu'ils suivent l'adage selon lequel il ne faut jamais avouer une erreur ni reconnaître une faiblesse. Ils ont bien compris que, de plus, l'honnêté et la sincérité ne paient pas, car ...
Le peuple, ou la population en général, si l'on préfère, parce que ceux qui en sont issus et ont "réussi", ont appliqué le même adage. Les autres, les "gens honnêtes", sont restés à leur place et continuent à gober les mensonges qu'on leur sert, finissant d'ailleurs par les oublier assez vite.
Sur un ton plus léger et à propos du verbe "gober", vous aurez peut-être lus que la doyenne du monde qui vient de fêter ses 117 ans, mange depuis sa jeunesse 2-3 oeufs par jour. Vu son âge, et probablement le milieu où elle vit, elle a échappé à la vague de la dénonciation du maudit cholestérol, qui a fait la fortune pendant deux décennies au moins, d'innombrables pourvoyeurs de régimes et autres modes de vie selon lesquels il était très dangereux de manger plus d'un ou deux oeufs par semaine.
Sur un ton plus grave, je ne résiste pas à la tentation d'inclure dans cette dénonciation de certains aspects du comportement humain, celui qui touche à l'emprise qu'ont sur les êtres humains des drogues tout aussi puissantes que la croyance ou la soumission aux messages de la politique ou de la publicité. Contre elles d'innombrables agences et programmes luttent inutilement depuis toujours, à grands frais et en produisant encore plus de dégâts que leur prise elle-même. Je pense évidemment à celles qui vont de la fumée à l'héroïne en passant par l'alcool, le haschich, le cocaïne et bien d'autres, parfois plus exotiques.
L'une d'entre elles, son nom du moins, a retrouvé sa célébrité d'antan (sous un usage que les croyants trouvent évidemment perverti) dans l'expression "opium du peuple". Dénoncé comme la plus puissante, et donc la pire, par le marxisme et la plupart de ceux qui n'y goûtent pas, ou plus, elle se montre vivace et prenante que plus aucun régime politique n'ose plus la dénoncer. Même chez nous, les partis de gauche qui ont lutté avec acharnement contre son message lorsqu'il était porté par le christianisme se sont apparemment résigné à reconnaître l'impossibilité de l'éradiquer, ou même de la dénoncer, comme elle le faisaient autrefois.
Ils se sont apparemment résigné à reconnaître, ou à imagier, que les êtres humains en ont besoin (ou qu'ils en ont le "désir" pour utiliser le vocabulaire des psychanalystes qui en parlent), au point même que toute tentative de lutter pour s'en débarrasser ne peut qu'aboutir au renforcement d'une autre version du même. Seuls les formes les plus extrêmes méritent d'être dénoncées ou combattues, semblent-ils penser. Encore sont-il oubliés de s'incliner lorsqu'elles sont portées par des régimes avec lesquels les impératifs commerciaux et les nécessités géo-stratégiques du moment le leur commandent.

Écrit par : Mère-Grand | 11/12/2016

Pour les enfants ça ira, pour les parents, faudra repasser.

Écrit par : McMulhan | 12/12/2016

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