13/12/2016

La trahison des clercs

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Sur le vif - Mardi 13.12.16 - 06.08h

 

Après des mois de travail de sape, où il a entrepris toutes choses pour dénaturer la volonté clairement exprimée, le 9 février 2014, par le peuple et les cantons, le Parlement est parvenu à ses fins.

 

Pour tous ceux, majoritaires, qui avaient voté cette initiative, parce qu'ils veulent une vraie régulation des flux migratoires sur la Suisse, il s'agira de s'en souvenir. Par une double défiance :

 

1) En octobre 2019, pas de réélection pour les responsables de cette dénaturation.

 

2) Défiance accrue envers l'institution parlementaire elle-même. En actionnant à fond les ressources de la démocratie directe, où les citoyennes et citoyens, délivrés de ces intermédiaires pesants et d'un autre âge, agissent directement, à l'issue de vastes débats populaires à l'échelle du pays tout entier, sur le destin national.

 

Le combat entre souveraineté populaire et système représentatif est clairement engagé en Suisse, pour de longues années. La cause de ce combat, c'est, au plus haut niveau du pays, pour reprendre le titre du chef d'œuvre publié en 1927 par Julien Benda, la trahison des clercs.

 

Pascal Décaillet

 

16:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Il ne faut plus dire le Conseil Fédéral et le Parlement, il faut dire la junte de Berne. La Suisse est désormais gouvernée par une junte.

Écrit par : Paul Bär | 13/12/2016

La trahison de la démocratie. Le mépris du peuple et de ses décisions.

Écrit par : Caramba! | 13/12/2016

Monsieur Décaillet,
Je crois que je suis un bon séminariste dans le petit amphithéâtre suisse. J'ai retenu les mots-clé et les points forts des sermons prononcés aussi bien par les clercs médiatiques que les clercs politiques.

Nous devions sans procrastiner réformer nos institutions.
Voilà que notre CF, dans sa lente et secrète gestation, nous a prémâché les solutions. L'UDC devrait se dire qu'il est inutile d'avoir de bonnes dents, elles seront limées jusqu'aux racines.

Nous devions aussi, et cela n'a été révélé qu'indirectement à travers nombre d'articles, que nous devions nous familiariser avec l'idée des fusions: fusion des villes, fusions des villages, fusion des communes, fusion des cantons et... fusion... On ne le prononcera pas. Mais des fusions pour devenir une région de l'Union Européenne.

Le Conseil Fédéral tient ses recettes pour concrétiser le Nouveau Siècle Helvétique dans un miracle économique que nul autre n'en serait capable.
Helvétie. Région prospère comme nulle part ailleurs, les clercs de tous les territoires frontaliers, du nord et du sud de la Suisse, de l'est et de l'ouest nous seront reconnaissants d'avoir joué le rôle moteur dans notre propre abstraction. Nous sommes "les facilitateurs" (j'aime ce terme parce qu'il vient de la bouche de notre ex-conseillère fédérale Calmy-Rey) de ce grand œuvre de transformation.

Dans un futur pas très lointain, il n'y aura plus besoin d'un parlement cantonal, encore moins d'un parlement communal ni d'aucun gouvernement - cette idée de doublure ou de double-emploi serait devenue tellement incongrue qu'on ne saurait accepter qu'ils s'y accrochent - nous n'aurons plus besoin d'un quelconque exécutif spécifiquement suisse. Ce sera la ville qui prédomine par sa plus forte attraction économique qui sera désignée par Bruxelles pour gérer La Région. Imaginons la Région Lémanique, la Région de Constance ou de Lugano. Il se pourrait que Genève devra s'effacer au profit de Lausanne ou d'Annemasse. Zuerich devra aussi s'incliner devant une ville allemande ou autrichienne etc.
L'aménagement des territoires communs révolutionnera notre régime politique dans l'action. L'impératif économique commun prévaudra sur toutes les philosophies politiques.

Voyez M. Décaillet, nos petites querelles provinciales ne feront aucun effet sur les élites européennes. A travers le bocal en verre à poissons rouges, elles ne risqueront pas de les éclabousser. Et nous? Nous serons bien trop heureux d'avoir été choisis pour gérer une enveloppe qu'on aura bien voulu nous concéder.
Par rapport à 2016 ou 2017, ce sera zéro souci pour confectionner un budget. Ce sera Economie 100% pour l'ex-canton Bidule.

Assidue lectrice des grands journaux de Tamédia et de Ringier qui font notre éducation, je suis persuadée, d'être un très bon perroquet. J'ai compris que nous sommes déjà assimilés voire intégrés très intimement à l'Union Européenne par des procédés indolores, incolores et insonores. Je me le répète pour ne pas l'oublier.
La BNS nous a déjà intégrés dans les préoccupations de l'Union Européenne, à savoir comment la Suisse, au côté de ses voisins doit être un bon sous-traitant pour les affaires d'Outre-Atlantiques et du royaume britannique avec son Commonwealth .
Nous avons déjà aidé l'Union Européenne en achetant ses euros à tours de bras, nous continuons d'aider les USA en écoulant leurs dollars, et l'épargne émargée sur notre force de travail, maintenant en zone négative, va pouvoir leur financer les grands travaux infra-structurels. On n'y songeait pas, mais monsieur Trump qui jouait au candide candidat maladroit y avait pensé à la place de l'Europe ou peut-être avec l'Europe. Le négatif deviendra puissamment positif quelque part ailleurs. Tant qu'il y a vie sur terre, un égalera toujours à un qui se déplace.

Jusque là, je fus docile élève. Ce n'est que lorsque les journaux commencèrent à parler de notre sécurité logée en Afghanistan ou dans le Moyen Orient que je commençai à m'inquiéter. Oui! Je crois que c'est le trio Juncker, Tusk et Stoltenberg qui leur avait soufflé cette confidence.

Angoisse! Que vont devenir nos petits enfants lorsqu'on les appellera à servir dans les armées de l'Otan, à l'autre bout la planète, pour défendre notre sécurité?
Aujourd'hui, nous sommes sains et saufs et en sursis, Daech, Al Nosra et autres armées bardés de la médaille confessionnelle et du redoutable titre du terrorisme font les guerres pour nous... Lorsque ceux là seront tous confits sur les champs de bataille, ou qu'ils refusent tout-à-coup de s'offrir à l'OTAN, serait-t-il alors le tour de nos enfants et petits enfants? Pour eux, a-t-on déjà pensé à une autre médaille avec un autre nom? Qui fasse plutôt aimer...

Mais faute d'argent gagné par nous-même, il nous faudra bien payer sur la bête. Nos chers enfants... des bêtes de chair à canons?

Alors, M. Décaillet, rêvez comme moi, cela fait du bien, rêvez de la "Souveraineté", d'un peuple depuis longtemps enseveli, un peuple artisan de ses institutions. Un peuple qui s'était battu pendant près de sept siècles pour devenir... Souverain!

A quoi bon la souveraineté?
Nourris sans devoir peiner, rejetés quand ils le veulent travailler, au chaud dans l'insouciante des communautés-quincaille à ce sucer l'orteil et à téter aux mamelles des clercs... Pardon! Je veux dire des Maires... Non! Des Mères!

Lorsque les Mères les auront repoussés, impuissantes et sans plus de ressources, que feront-ils?

Je vous laisse imaginer leur réaction. Souveraineté, si peu exercée fut devenue, au vingt et unième siècle, une fiction. Une hallucination. Une inconnue!

Merci M. Décaillet de nous avoir invités à faire un petit tour dans le monde Orwellien. Avec son prédécesseur Toffler, ils complètent, fort bien et en d'autres langues, l'exploration qu'on peut faire dans ce monument. Chaque humble péquin devrait l'entreprendre pour démystifier les élites et briser le plafond de glace.

je n'avais pas cessé de guetter ce tournant et cet accélération qu'Alvin Toffler nous annonçait depuis les années 60 dans "Les nouveaux leviers du pouvoir". Ce tournant était pourtant là, je l'aperçois enfin, liquide et globalisant, comme une progressive transfiguration. Une masse en mutation silencieuse.

Écrit par : Beatrix | 14/12/2016

" En octobre 2019, pas de réélection pour les responsables de cette dénaturation."

Mais pour qui votez ? Quand on voit Mauro Poggia, qui une fois élu renie les valeurs de son parti en combattant l'initiative du 9 février...

Pour ce qui est de la démocratie directe et des débats, au final il faut quand même bien que cela se traduise dans des lois. Or on voit bien avec le 9 février que les votations ne sont pas appliquées quand elles vont à l'encontre des intérêts des élites.

Écrit par : Philippe | 14/12/2016

Je vous parie qu'en octobre 2019, on ré élira les memes.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 14/12/2016

Je ne sais pas est-ce qu'il faut rire ou pleurer quand je vois sur sur le site smartvote qu'une élue PS écrit dans la rubrique profession: conseillère nationale ...

Écrit par : Alicja | 15/12/2016

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