25/01/2017

Naturalisations : le droit de dire non

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.01.17

 

Le 12 février, nous nous prononcerons sur la naturalisation facilitée des étrangers de la troisième génération. Il ne s’agit pas de l’octroyer de façon automatique : les jeunes concernés devront en faire la demande, avoir moins de 25 ans, être nés en Suisse, y avoir fait cinq ans d’école ; l’un des parents devra avoir passé au moins dix ans dans notre pays ; l’un des grands-parents, être né en Suisse ou y avoir obtenu un droit de séjour.

 

Sur cet objet, comme sur toute votation qui lui est soumise, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays a totalement le droit le dire oui. Et, tout aussi totalement, celui de dire non. Il n’appartient à personne de faire régner, dans un sens ou dans l’autre, un climat de pesanteur et de menace morale. Par exemple, en traitant de xénophobes les partisans du non. Les citoyens ne se laisseront pas impressionner par ce genre d’intimidations, d’ailleurs largement contre-productives : chacun d’entre nous, de Genève à Romanshorn, de Bâle à Chiasso, votera en conscience. Nul n’a de leçon à recevoir de quiconque.

 

Dans mon émission « Les Yeux dans les Yeux », sur Léman Bleu, j’ai donné la parole aux deux camps : la Verte Lisa Mazzone pour les partisans ; l’UDC Éric Bertinat pour les opposants. Chacun avait des arguments valables, méritant d’être pris en considération. Il nous appartient de les écouter, eux et les autres, puis, en totale liberté citoyenne, de faire notre choix. Les partisans nous disent que, de facto, par leur intégration, ces jeunes sont déjà quasiment des Suisses. Les opposants nous rappellent que la naturalisation doit se mériter, et qu’il n’y a pas de raison particulière de la « faciliter » pour une catégorie, plutôt qu’une autre. Fort bien. Encaissons tous ces arguments, brassons cela, réfléchissons, et… décidons.

 

Mais décidons souverainement. En nous demandant, chacun d’entre nous, quelle solution sera la meilleure pour notre pays, sa cohésion, son tissu social. Et non en nous laissant diaboliser par un camp, qui s’érige, on se demande bien en quel honneur, en défenseur du Bien et de la morale. On a le droit de dire oui. Et on a celui de dire non. Comme nous avions ces deux droits, en parfaite égalité, le 6 décembre 1992, sur l’Espace économique européen ; comme nous l’avions le 9 février 2014, sur l’immigration de masse. Nous sommes des citoyennes et des citoyens libres. Nous n’avons de mot d’ordre, ni de leçons de morale, à nous faire asséner par personne.

 

Quant aux petits prédicateurs de pacotille qui croient impressionner le citoyen en traitant de « xénophobes », voire de « racistes » les partisans du non, ils pourraient bien, au soir du 12 février, en être pour leurs frais : le corps électoral suisse, adulte, mûr et vacciné, rompu comme nul autre à l’exercice de la démocratie directe, déteste ce genre d’insultes et de pressions. On lui pose une question. Il a le droit de dire oui. Et il a le droit de dire non. C’est ainsi. Et c’est tout.

 

Pascal Décaillet

 

   

 

12:51 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

"On lui pose une question.(au corps électoral) Il a le droit de dire oui. Et il a le droit de dire non. C’est ainsi. Et c’est tout."

Il n'est tout de même pas interdit d'avoir un avis sur la signification du oui ou du non.
En outre je me demande ce qu'il faut penser de tous ces Suisses de souche ou naturalisés qui ne mettent jamais les pieds dans un bureau de vote. Suisses par filiation, est-ce vraiment suffisant pour s'octroyer le droit de dire qui peut ou qui ne peut pas devenir suisse. Ce n'est plus de la naturalisation, mais de la cooptation, procédé vraiment peu démocratique...

Écrit par : Michel Sommer | 25/01/2017

Excellent ! Merci.
Alicja

Écrit par : Alicja | 25/01/2017

C'est dommage pour les étrangers de 2è et 3è génération, car, à n'en pas douter, ils sont pétris de notre façon de vivre, de voir et de défendre notre patrimoine issu des luttes populaires. En bref, ils ont contribué et évolué avec nous et avec nos législations.

Mais l'alinéa b de la loi, (un gros point d'interrogation) accorde ces mêmes facilités aux apatrides.


Que définit-on et qu'appelle-t-on un apatride?
Qui est apatride?
Si un individu prétendant l'être en débarquant alors qu'il a abandonné ses papiers dans son périple, l'appelle-t-on aussi apatride?
Les criminels déchus de leur nationalité le seraient-ils aussi?
Les mercenaires (ou légionnaires) le seraient-ils?

A cause de cet flou artistique, je dirai non à cette loi.
Mais il me semble que la loi sur les naturalisations a été assouplies à plusieurs reprises depuis une quinzaine d'années.
N'était-ce pas suffisant?

Autrement, n'a-t-on pas intérêt à simplifier en déclarant Non Nationalité pour les Suisses et les non-Suisses vivant depuis un jour ou depuis toujours sur un même territoire qui ne porte plus de nom?

PS: le PS a intentionnellement informé les étrangers de cette votation en vue dans la langue arabe (dommage pas en chinois ni en russe ou en zoulou). Que cela veut-il dire? (illustration en lien ci-contre)

https://lilianeheldkhawam.com/2017/01/24/naturalisation-le-petit-alinea-quil-faut-decouvrir-avant-de-voter-liliane-held-khawam/

Écrit par : Beatrix | 25/01/2017

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