30/01/2017

Hamon et les lapereaux aux mines blanches

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Sur le vif - Lundi 30.01.17 - 07.06h

 

Benoît Hamon m'inspire beaucoup de respect. Je ne partage pas ses idées, mais il émane de cet homme la profondeur d'une conviction et d'une sincérité. Je répète ici que son débat face à Manuel Valls, il y a quelques jours, a été, grâce à l'un comme à l'autre, l'un des meilleurs de ces cinquante dernières années. Le socialisme français n'est pas mort. Ceux qui veulent l'enterrer, se trompent. Le parti d'Epinay (1971), en tant que structure, se meurt sans doute ces jours. Le parti, mais pas le socialisme.

 

Avec Hamon, voilà un homme dont le style rappelle la rigueur et l'austérité de l'une des plus grandes figures républicaines françaises, Pierre Mendès France. Oui, j'ai du respect pour Hamon.

 

Voilà un homme qui dégage d'autres valeurs que celles de l'Argent, du clinquant et de l'arrogance. Il ne cherche pas, lui, à faire moderne, et son archaïsme même pourrait un jour se retourner en sa faveur. La France n'aime ni les libéraux, ni les zombies, ni les modernistes, tout au plus leur donne-t-elle, comme en cyclisme, le rôle du lièvre. Les lapereaux aux mines blanches.

 

Laissons Hamon faire campagne, avant de déclarer en boucle sa mort clinique. Cet homme de valeur prend date pour tenir un rôle signalé, là où il sera, dans la prochaine législature.

 

Inutile de vous dire que le zombie Macron, chouchou des sondages et tutoyeur du Nirvana, ce Macron qui croit bon, comme Giscard en 74, de s'exprimer en anglais et se vautre dans l'européisme, ce libéral oui, ne m'inspire pas exactement les mêmes sentiments.

 

Pascal Décaillet

 

12:27 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Em 1974, j'avais 20 ans. Membre de l'UJP (jeunes gaullistes), j'ai fait campagne, activement, pour Chaban Delmas. Sa "Nouvelle Société" me faisait rêver. Les Français lui ont préféré Giscard. La permanence de l'UDR se trouvait juste au-dessus de celle de l'UJP, à Orléans où je vivais. Ulcéré d'y voir après la défaite de Chaban des paquets d'affiches avec la tête de Giscard, je n'ai pu m'empêcher d'écrire sur l'une d'elle: "Je me suis toujours fait une certaine idée...de la droite".

Écrit par : Philippe Le Bé | 30/01/2017

Au-delà de la sympathie et d'une grande estime pour un homme, l’enjeu.

Non! Hamon n'est pas cliniquement mort. Pour éviter de l'être bientôt, il ferait bien de vite quitter le parti socialiste qui n'est qu'une remorque du libéralisme sans frein ni moteur propre qui menace continuellement de faire des tête-à-queue à la gauche et d'aller se fracasser contre le mur néo-libéral.

En 2006, lorsque Mélenchon claqua la porte du PS, Hamon, son intuition aurait dû lui commander de s'en aller pour de bon en coupant le cordon ombilical d'avec ses pairs hypocrites. Ces chouchous de Mitterand n'attendaient qu'une reconnaissance de la part de la direction nationale, de l'élite gouvernementale du parti qu'elle les promût au rang des futurs ministrables. Pour cela, il fallait être patients et suffisamment stoïques pour supporter cette tyrannique élite... autocentrée.

Pourquoi tend-il la main à Mélenchon et à Jadot?
Même si on aime beaucoup Hamon, il ne représente que son parti. Il ne représente pas de la gauche.
Hamon, s'est-il soudain rendu compte qu'il aboutit à une impasse?
Croit-t-il vraiment que la gauche qui œuvre pour la VIè république va se rallier à lui? Donc se rallier au PS comme dans l'immense erreur de 2012?

Dans ce navrant feuilleton, ce n'est pas Hamon qui est en cause, c'est son parti fourre-tout qui pose problème. C'est aujourd'hui, un parti totalement décrédibilisé par les cinq années de destruction dans l'inconscience d'un président qui a démontré son immaturité patente pour la politique. Son parti est devenu un boulet insurmontable pour toute la gauche. Une évidence qui n'échappe pas à ses membres.

Il n'y a qu'une chose que je souhaite pour les Français qui se rassemblent en ce moment autour de Mélenchon, qu'ils ne se rallient jamais à Hamon - non pas parce que c'est Hamon - Hamon n'est que cet énième jocker d'un parti vampirisé par ses carnassiers papables. Le projet de la VIè république, même imparfait, ne doit pas s'égarer dans les profondes tranchées que le PS a toujours creusées à leurs pieds, ses artisans risqueront d'être enterrés vivants et de ne jamais voir naître cette nouvelle République. Hamon qui l'évoque doit en sentir la brûlure. A ma connaissance, il n'a jamais été l'un des leurs.

L'évocation de la VIè République, par Benoit Hamon dans son adresse à SON public, frise l'imposture. Pourquoi l'a-t-il proclamée à l'issue de sa victoire? Est-ce un hasard? Est-ce un cri de détresse? Un appel au secours?
Il devra clarifier.

La VIè République. Une refonte complète de la société et du système politique. Un gigantesque programme. Le "Revenu Universel" peut-il, à lui seul, être mise en balance?

2005(départ de Mélenchon) - 2017(victoire de Hamon à la primaire du PS)
Après plus de dix ans de bons et loyaux services, Hamon aperçoit l'impasse. Il est dans un cul de sac. Il est seul, le ciel au-dessus de lui...

Écrit par : Beatrix | 31/01/2017

Pascal! Je vous adore! Mais je crois que ce n'est pas à cette gauche là que vous êtes sensible. Je veux croire que vous préférez, tout de même, une gauche moins cléricale et plus critique.

Hamon pour président? vraiment?

Un homme au raisonnement qui procède d'analogies en tout et pour tout... Hamon a des modèles, Il transpose. Ce n'est pas de sa faute, c'est la faute à son église socialiste déclinée en mode "banlieues sensibles".

Voyons comment Hamon regarde le monde et quelle serait sa politique étrangère.

Petit extrait:
"Les zones tenues par les groupes takfiristes, pour M. Hamon, c’est un territoire indépendant, une commune libre où l’on applique gentiment les recettes de l’autogestion, comme dans le programme du PSU des années 70. C’est là, dans ces lieux idylliques où règne la démocratie, que se trouvent les « partenaires possibles » de la France. On les aime tant, chez les socialistes, ces bandes armées qui s’estiment dépositaires du destin de la Syrie ! Elles s’emploient à la détruire, elles ne vivent que de rapines, elles coupent les têtes et imposent la charia wahhabite. Mais peu importe. La bouche en cœur, M. Hamon veut y voir les amis de la France."...

Et plus ici:
http://www.mondialisation.ca/hamon-le-candidat-qui-prend-les-terroristes-pour-des-democrates/5572235

Ne nous indignons pas. Gauche et extrême gauche y voient des révolutionnaires et une révolution chaque jour au saut du lit!

Écrit par : Beatrix | 01/02/2017

Bonjour Pascal,

Permettez que je viennent enrichir votre page sur les tours de la primaire du PS France.

Il y a une suite pour la main de B. Hamon tendue à J-L Mélenchon.
On ne l'aura pas entendue sur les ondes ni on ne la lira dans la presse impériale de nos pays francophones. Et pourtant on en attendait une, au moins une, comme pour tout feuilleton aux multiples suspens.

Je suis ravie de la réponse très paternelle mais très réaliste et responsable de Mélenchon.
Qu'on adhère ou pas au programme de la France Insoumise et à son projet de la VIè République, il est intéressant de suivre presque en temps réel la victoire à la Pyrrhus du Beau Gosse de Trappes.
Benoit? Il fait la dure expérience du représentant des marginalisés attentistes du 3è cercle du PS. Il n'a peut-être, pas toujours, compris qu'il faut quitter le creuset qui l'a moulé. Si possible en courant.

http://melenchon.fr/2017/02/01/monsieur-hamon-choisissez/

Bonne journée Pascal, bien cordialement à vous
Beatrix

Écrit par : Beatrix | 04/02/2017

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