21/04/2017

Mon échelle, mes valeurs

 

Sur le vif - Vendredi 21.04.17 - 15.58h

 

D'un bout à l'autre de cette campagne où tout aura été entrepris pour avoir sa peau, François Fillon m'a impressionné. Non par son idéologie (j'ai déjà dit maintes fois mon opposition à son libéralisme économique), mais par son caractère. Contre vents et marées, cet homme a tenu. Je ne l'oublierai pas. J'aime tellement cette solitude de ceux qui se battent, vous ne pouvez imaginer à quel point ça me touche, ce que ça va chercher au fond de moi.

 

Il y a quelques mois encore, ma considération pour François Fillon était limitée. Il avait été cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy, ce qui ne constitue pas, à mes yeux, la carte de visite la plus éblouissante.

 

Et puis, il y a eu cette campagne. Toutes ces "affaires", comme par hasard montées contre lui, et lui seul. Autour de lui, toute l’écœurante immensité de la trahison, ce qu'a également dû vivre Benoît Hamon, autre candidat que je respecte pour son cran et sa résistance.

 

Malgré l'extrême violence de ces vents contraires, François Fillon a tenu. Rien que pour cela, je l'admire. Parce que chez moi, l'échelle des valeurs fait de loin primer le caractère sur l'idéologie. Hier encore, au débat, je l'ai trouvé excellent. Ce matin encore, dans sa déclaration.

 

Alors voilà, je ne suis pas Français, je n'aurai donc pas à me prononcer dans cette campagne. Mais je tenais à dire, à deux jours du verdict du premier tour, mon admiration pour la ténacité de François Fillon. Ainsi que pour celle de Benoît Hamon, qui lui est pourtant diamétralement opposé, sur le plan des idées. Hamon, un homme que tous, ou presque, ont lamentablement trahi. Un homme seul. Un homme qui sait qu'il risque, dimanche soir, une cuisante défaite pour son camp, sans doute l'une des pires depuis la prise du parti par Mitterrand à Epinay en juin 1971. Il risque le rejet, le grincement des rires, la noirceur humide des rodomontades. Mais jusqu'au bout, il se sera battu. Je lui dis bravo. Il y a, chez cet homme austère et peu taillé pour les effets tribunitiens, une rigueur mendésiste qui ne m'a pas échappé.

 

Les hommes, les femmes, les événements, les périmètres d'idéologie, sachons les lire et les décrypter à l'aune de l'Histoire, dans la patience de la diachronie, et non dans la seule émotion, la seule émulsion du moment. Bref, lisons Michelet, Tocqueville et Marc Bloch. Et continuons d'aimer la France.

 

 

 

Pascal Décaillet

 

16:23 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

"Hamon, un homme que tous, ou presque, ont lamentablement trahi."
Pourquoi laisser de côté le fait qu'il ne fait que recevoir la monnaie de sa pièce, lui qui a trahi le PS durant 5 ans de présidence Hollande ?

Écrit par : Géo | 21/04/2017

D'accord avec vous pour le "cran" et la résistance de Fillon. Mais comme vous le dites aussi, son programme ne me convainc pas du tout.

Je viens de revoir en replay le dernier "débat" d'Antenne 2: "15 minutes pour convaincre". À vrai dire, j'ai été impressionné par Dupont Aignan, Asselineau et... Lassalle. Certainement qu'aucun de ces trois candidats ne franchira le 1er tour. Mais l'intérêt, c'est qu'en terme de "dissipation" des suffrages, ils ont la possibilité de faire trébucher Macron. C'est tout ce que j'espère.

Écrit par : petard | 21/04/2017

Hamon m'inspire du chagrin, du sentiment tragique. Dans cette saga présidentielle, les portes de la citadelles se sont successivement refermées derrière lui après son passage vers le grand public. C'était, comme dans la flûte enchantée de Mozart, l'épreuve du feu. Il l'a donc bravée avec succès, mais c'est sans compter avec la faune de la jungle qui l'attendait de l'autre côté. Lui Hamon, enfant protégé de la maison socialiste tant qu'il n'en sortait pas et tant qu'il ne contrariait pas, il va devoir faire sa première expérience d'homme en solitaire.

Hamon que tous, de son camp ont trahi... d'une trahison verticale, mais Hamon lui, avait trahi les siens d'une trahison transversale. Mais ses trahisons n'étaient flagrantes, elles n'étaient pas puliques,

Écrit par : Beatrix | 22/04/2017

"Mais l'intérêt, c'est qu'en terme de "dissipation" des suffrages, ils ont la possibilité de faire trébucher Macron."
Il est beaucoup plus probable que c'est Fillon qui va souffrir de leur concurrence. Macron est dans un autre registre que tous ceux là...

Écrit par : Géo | 22/04/2017

Le seul souvenir que j'ai de la campagne de Fillon, c'est lorsqu'il est venu avec son épouse Penelope le 29 janvier 2017 à la Villette. Tout, selon moi, dans l'expression du visage de Penelope que montre les images, indique la culpabilité et la gêne, et dans le visage de Fillon, la suffisance. Le mari qui force ou convainc son épouse de faire bonne figure, pour sa petite carrière de petit personnage et qui n'hésite pas à jeter son épouse en pâture en public. Et le public, qui ne sait plus à quel saint se vouer, jouant la comédie de l'union. Pauvre Penelope, qui a surtout l'air d'avoir envie d'être ailleurs, mais son mari l'en a décidé autrement, car il veut être président. Interdiction de parler à la presse pour la Penelope, elle n'a rien à déclarer, vu qu'elle risque de mettre les pieds dans le plat, laisse-moi gérer cela, qu'a probablement déclaré son cher et tendre époux Fillon. Mieux vaut que cette histoire soit gérée par le politicien Fillon, rompu à l'exercice et qui a l'habitude des médias. Fillon, qui se croit au-dessus de tout, comme l'est souvent les politiciens.

Quant à Benoit Hamon, je lis dans les commentaires le mot trahison, mais il est fidèle aux valeurs de la gauche, contrairement à ceux qui l'on trahi, qui eux ont déjà trahi les valeurs de la gauche, à commencer par Mitterrand, qui a lancé la mode en France. Malheureusement, Benoit Hamon, va peut-être faire obstacle à Mélenchon, qui a l'air mieux placé que lui pour accéder au deuxième tour, et va faire probablement faire perdre la gauche, en ne s'étant pas retiré de la campagne. L'image de l'obstiné qu'il partage avec Fillon.

Dommage pour Mélenchon si cela arrive, c'est le seul qui apporte quelque chose de nouveau avec sa sixième république, avec plus de pouvoir au peuple, comme vous le rappelez régulièrement M. Décaillet dans vos commentaires sur la politique suisse. Il est curieux et contradictoire, que vous admiriez la démocratie directe, avec ses nombreux référendum et initiatives populaires, pour le peuple, et un certain cadre pour les élites dans les décisions, quand il s'agit de la Suisse, et que vous vouez un culte à l'homme (ou femme) providentiel, seul au commande, quand il s'agit de la France ou autres pays.

Il ne suffit pas d'avoir des tempes grisonnantes comme Fillon, comme le "dos argenté" du gorille dominant, pour diriger un pays. Entre la jungle et un État, il y a quand même eu une évolution dans les rapports humains.

Écrit par : Lucignolo | 23/04/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.