24/04/2017

Entrailles silencieuses

 

Sur le vif - Lundi 24.04.17 - 12.22h

 

Après des mois d'embrouilles, l'équation de la présidentielle française se simplifie enfin : il était temps ! On pensera ce qu'on voudra des deux finalistes, mais il se trouve qu'ils sont là, eux et pas les autres, c'est le corps électoral qui l'a voulu, c'est ainsi.

 

Et au moins, l'équation est claire. Les deux candidats du second tour représentent des univers politiques totalement antagonistes, ce qui est plutôt sain en démocratie. En parfaite connaissance de cause, les citoyens trancheront. Je n'ai fait aucun pronostic pour le premier tour, je n'en ferai pas pour le second, nous verrons bien.

 

Sur la souveraineté de la France, les deux finalistes sont en désaccord total. Sur l'Union européenne. Sur la monnaie qui doit être celle du pays. Sur les relations avec les États-Unis d'Amérique. Avec la Russie. Avec l'Allemagne. Sur la question ukrainienne. Sur la question syrienne. Sur la manière de traiter l'immigration. Sur le libre-échange. Sur la libre-circulation des personnes. Sur le rôle de l'Etat dans l'économie. Sur les relations entre partenaires sociaux. Sur le protectionnisme. Sur le destin de l'agriculture française. Pour ne prendre que quelques éléments.

 

A quoi s'associent des clivages, clairement repérables. Entre l'Est et l'Ouest du pays. Entre les villes et les campagnes. Entre régions nanties et délaissées. C'est sur la base de cette nouvelle carte de la France que s'articuleront les grands débats politiques des prochaines années. Autour de ces axes d'antagonismes, qui en effet pulvérisent les frontalités des soixante dernières années.

 

Bref, une nouvelle ère, quel que soit le résultat du 7 mai. Si M. Macron est élu, il devra considérer, pendant cinq ans, sa rivale du deuxième tour comme la cheffe de l'opposition. Non à l'Assemblée, à cause du mode de scrutin, mais dans les entrailles, jusqu'ici silencieuses, du pays profond. Les prochaines années seront passionnantes. Ce pays n'a pas fini de nous étonner.

 

Pascal Décaillet

 

12:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Lumineux !

Écrit par : Gorgui | 24/04/2017

"A quoi s'associent des clivages, clairement repérables."

Une carte très instructive...

http://lachute.over-blog.com/2017/04/les-resultats-des-elections.html

... on vote FN dans les zones "diversifiées"; on peut se permettre de voter "bien-pensant" quand la réalité du Grand Remplacement n'est pas encore à côté de votre maison.

Écrit par : Paul Bär | 24/04/2017

Excellent analyse de Charles Gave ici...

http://institutdeslibertes.org/commentaire-a-chaud-le-plus-dangereux-des-resultats/

... avec un com. non moins intéressant sur le fil de discussion:

+++++++++++++++++++++
Quatre grands-frères de mon arrière-grand-mère ont donné leur vie pour la France lors de la seconde guerre. Le cinquième avait été envoyé sur la ligne Maginot et donc il en revenut vivant (il fut prisonnier et envoyer dans une ferme de travail en Pologne, où il fut bien traité – les autres étaient dans la marine et ont été tué par Albion – dans la famille, c’est Albion que nous n’aimons pas, et non les Teutons). Son cinquième gand-frère est revenu fou de la guerre d’Algérie. Seul son petit-frère a véritablement survécu du fait de son jeune âge.
Et tout ça pour quoi? Pour nous dire que la France n’existe pas?
Le projet jacobin explicité par Robespierre à la Convention arrive à son terme. Ils ont bientôt gagné. L’acte de décès de la France Éternelle arrive dans deux semaines. Ainsi que l’acte de naissance de la France Nouvelle, de la France Ectoplasmique, et du peuple nouveau, déraciné, multiculturel et mondialiste.
Le pire est que la France était un rempart contre la véritable menace du monde (libre ou pas): la classe dirigeante américaine (qui est de nature ploutocratique). Et nous avions (avons?) un devoir de nous lever contre elle. D’être et représenter un espoir, comme elle l’a toujours été. D’être l’étendard de la liberté, de la bienveillance, et de l’exigeance envers soi-même. La fille aînée de l’Église. Mais son cancer vient de l’emporter.
Hope?… Where?
+++++++++++++++++++++

Dans deux semaines, la France est morte.
Et ce que vous croirez voir bouger, ce ne seront que les chairs sans vie sous la poussée des gaz de putréfaction.

Écrit par : Paul Bär | 24/04/2017

Ceci également très intéressant:

"Mais le score de macron est pour l’instant ridicule : 3-ième sauf dans les villes avec des immigrés."

Voilà pourquoi la démocratie ne doit pas être une valeur en soi, mais simplement un outil. Cela peut être un bon outil, mais s'il devient inutile ou même dangereux, ne pas hésiter à le jeter.

Écrit par : Paul Bär | 24/04/2017

Certes, pour les gens de droite bien mis, Daniel Conversano n'est pas "fréquentable", mais son jugement implacable sur le récent tour de scrutin et notre avenir proche est malheureusement réaliste:

https://youtu.be/egf_AJFv5ZE

Écrit par : Paul Bär | 25/04/2017

Et le non moins pertinent Aldo Stérone:

https://youtu.be/HDAucwP6sRo

Écrit par : Paul Bär | 25/04/2017

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