13/06/2017

Brumaire démocratique

 

Sur le vif - Mardi 13.06.17 - 09.26h

 

Toute l'opération Macron est celle d'une gigantesque captation d'héritages par un illusionniste exploitant la candeur des gens, comme l'avait fait Giscard en 1974, sur les thèmes de la jeunesse, du changement, de la "rénovation".

 

Il est en train de tout gagner, rafler toutes les mises. Il réussit son Brumaire démocratique, au-delà de toutes ses propres espérances. C'est vrai.

 

Il n'y a pourtant ni révolution, ni monde nouveau. Il y a juste un petit malin, soutenu par de redoutables puissances financières, en France et à l'étranger, qui a repeint à neuf une voiture d'occasion. La voilà lustrée, rutilante. Éblouissante.

 

Brumaire parfaitement démocratique. Rien à dire sur la légalité, ni la légitimité de l'élection. S'il faut changer le système, ce sera pour la prochaine fois, et je gage que ce pouvoir-là ne se pressera pas de le faire.

 

Aujourd'hui, on se perd en pâmoison face à des paroles, des promesses, des postures rénovatrices, un style (dont je ne nie pas l'élégance), une fascination faustienne pour la jeunesse. Bref, on se laisse envoûter par une FORME.

 

Mais de concret, rien encore. Je le dis et le répète, laissons passer l'été. Laissons le thaumaturge rénovateur savourer son état de grâce. "Le Bien Aimé", disait-on de Louis XV dans les premières années de son règne. A sa mort, en 1774, il faudra l'enterrer de nuit, furtivement, en cachette.

 

Les choses sérieuses commenceront cet automne. La Chambre étant aux ordres, l'opposition sera dans la rue. Les vieilles passions françaises, avec l'archaïque noirceur des colères, tout cela resurgira au fil de la législature. On se rendra compte, comme avec Giscard, que le gentleman rénovateur des débuts n'est qu'un homme de pouvoir comme un autre. Son impopularité grandira. Il éprouvera, comme les autres, le tragique de l'Histoire.

 

Alors, les onze millions d'électeurs qui n'avaient pas voté pour lui, au second tour, se rappelleront à notre bon souvenir. D'autres chocs, d'autres fracas. Parce que l'Histoire est ainsi, simplement. Sa démarche n'est pas celle du progrès, mais du crabe.

 

Un Brumaire démocratique. Et cinq ans de répit pour l'Ancien Monde.

 

Ah oui, un détail encore. Ceux qui, dès le début, roulent pour Macron, méritent le respect. Ceux qui, au fil de ses tours de prestidigitation, se rallient à lui comme on plie devant le pouvoir et la fortune, méritent le plus glaçant des mépris.

 

Pascal Décaillet

 

12:12 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Macron n'est pas le seul et unique prestidigitateur de la République. Qui n'a pas vu cette video de bout en bout ne comprendra jamais comment l'UE a été imposée aux peuples par ruse et contrainte à coups de mirages et de promesses qui rendent les fous joyeux. Cette leçon d'europologie a pour titre: "Le jour où la France est mourue..." Vos journaux télévisés se gardent bien d'enquêter sur ce sujet car il est tabou. Seule la plus vieille démocratie du monde occidental, l'Angleterre, a osé dire: "Le roi est nu !" comme dans le conte de "La tunique de l'Empereur". Accrochez vos ceintures ! https://www.youtube.com/watch?v=JnklnGk4yKM

Écrit par : Jacques-Andre WIDMER | 14/06/2017

Du moment que la gauche française est laminée..

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 14/06/2017

Merci Monsieur.

Dans le cas où vous ne l'auriez pas remarqué, La TdG invite régulièrement un certain Nicolas B. qu'elle nous présente innocemment comme un "éditorialiste pour le quotidien «Le Figaro»," donc en d'autres termes, comme un journaliste "éclairé et neutre," alors que cette personne n'est en fait rien de moins qu'un membre du comité dire cteur du gro upe B, comme l'indique d'ailleurs sa page wiki pedia, mais ça ce "cher" P. Ruet schi et sa clique se gardent bien de le dire à leurs très naïfs lecteurs. Mes amis et moi pensons donc que cette manipu lation mériterait au moins un billet votre part et, bien cher monsieur, nous comptons tous beaucoup sur vous. En voici l'exemple le plus récent:

http://www.tdg.ch/reflexions/royaumeuni-ravages-populisme/story/19797039

Écrit par : Anzévui | 14/06/2017

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