27/06/2017

Protectionnisme en Suisse : de quoi se mêle l'UE ?

 

Sur le vif - Mardi 27.06.17 - 13.39h

 

Il paraît que la Commission européenne dénonce une "montée du protectionnisme en Suisse".

 

Eh bien nous, les Suisses, demeurons parfaitement sereins, et dénonçons l'obligation de pensée libérale qui sévit, depuis un bon quart de siècle, au sein de l'Union européenne.

 

Comme si le libéralisme, le culte du libre-échange, l'abolition de toute préférence à la production locale, dans les pays-membres, étaient consubstantiels à l'idée européenne.

 

Comme si cette idée d'Europe ne pouvait pas, aussi, se construire sur d'autres bases. Respect des nations, de leurs souverainetés, de leurs frontières. Faciliter les échanges, oui bien sûr, c'est de cela qu'est née la Communauté européenne, à l'époque de la CECA : il s'agissait d'échanger le charbon et l'acier, dans l'immédiate après-guerre, à l'époque des économies fragiles, avec des populations mal nourries, mal chauffées. Pour être très clair, il s'agissait surtout d'aller piquer à vil prix le charbon des Allemands : Vae Victis !

 

Nous, Suisses, avons assurément une tradition d'exportations et de Commerce extérieur. Mais nous avons aussi, au moins depuis 1848, lentement forgé notre pays sur la cohésion sociale, la subsidiarité, la mutualité, la répartition des richesses, la plus vive attention aux fragilités. Cela, en certaines périodes - et nous y sommes, là, en plein - nous amène, oui, à restaurer des protectionnismes. Quitte à lâcher la bride, quelques années plus tard.

 

Décider ou non d'une dose de protectionnisme, notamment pour l'agriculture, mais pas seulement, relève, et doit continuer de relever, de NOTRE SEULE SOUVERAINETÉ NATIONALE. Nulle instance externe, et surtout pas l'Union européenne, n'a à nous imposer notre politique, en la matière.

 

Tout cela, nous Suisses, expliquons-le, très gentiment, très poliment, à nos amis européens. Nous sommes un pays souverain. Nous ne sommes pas membres de l'Union européenne. Nous n'avons aucun compte à lui rendre sur notre organisation interne. Nous souhaitons entretenir avec eux les meilleurs rapports, mais ils doivent juste comprendre qu'ils ne sont pas le bailli. Ni nous, leur sujet.

 

C'est aussi simple que cela. Et c'est non-négociable. Et, au cas où ils ne comprendraient pas, nous pourrions alors, peut-être, devenir un peu moins polis. En leur suggérant, puisque la question hellénique semble jouer un rôle important dans leurs équilibres internes, d'aller se faire voir chez les Grecs.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Entièrement d'accord surtout quand on sait les nombreuses contrefaçons dans certains domaines comme l'habillement
A Bruxelles on doit aimer chipoter pour des nèfles car la Suisse d'après l'enseignement scolaire fait partie intégrante de l'Europe et depuis très longtemps
Bel après midi pour Vous Monsieur Décaillet

Écrit par : lovejoie | 27/06/2017

L’UE dénonce la montée du protectionnisme helvétique, autant dire que Bruxelles n’a plus peur d’être grotesque.

Dans son rapport de juin, les trois mesures nouvelles que la Commission européenne décrit comme des obstacles helvétiques sont en résumé : la prise en compte du chiffre d’affaire désormais global d’une entreprise étrangère pour savoir si elle doit s’inscrire à la TVA helvétique lorsqu’elle veut offrir des services en Suisse, l’obligation désormais faite par le Tessin d’exiger des travailleurs détachés des casiers judiciaires vierges pour pouvoir travailler en Suisse, et une reclassification des tarifs douaniers relatifs aux «viandes assaisonnées»… ! et qui en fait légèrement monter le tarif d’importation…

Les Suisses qui voudraient qu’on ne les prenne plus pour des idiots liront avec avantage le chapitre intitulé : La question du protectionnisme et de l’impérialisme juridique européen.

Qui est désormais gratuitement accessible sur le site du MOUVEMENT DU 9 FÉVRIER.

Voir sous Documents/ La croissance économique de la Suisse, un drame politique caché/p.72/1.c

Numérotation des pages à gauche.

Le site est ici : mouvement-9fevrier.org

Écrit par : mouvement-9fevrier.org | 28/06/2017

Exact : de quoi se mêle-t-elle ?

Excellent texte !

Écrit par : Marie | 28/06/2017

Et si, pour une seule fois, on cessait de plastronner et de ramener notre souveraineté (qui n’est discutée et contestée par personne) à tort et à travers, on pourrait alors prendre cette petite manifestation de l’UE pour ce qu’elle est réellement, c’est à dire un petit rappel amical. Car l'Union Européenne et ses membres sont des amis, pas des ennemis, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.

Et la Suisse, toute souveraine, neutre et anti Union Européenne qu’elle soit aujourd’hui, est un petit territoire situé au cœur d’un ensemble beaucoup plus grand. Elle y est arrimée, ne serait-ce que géographiquement; et elle en est dépendante, que cela plaise ou non.

Pour autant, devrait-il être impossible à des amis de nous rappeler quelques vérités? Car, il est vrai quand même, que l’on assiste dans notre pays à une recrudescence d’une forme de nationalisme qui prêche le repli, la fermeture et que la Suisse pourrait faire tout toute seule… Au contraire de beaucoup de pays de l’Union, un débat démocratique a lieu en Suisse sur sa place dans l’Europe. Il y a les pour, il y a les contre, et chacun a voix au chapitre. Ca, c’est différent, et tant mieux, finalement.

Mais invoquer la souveraineté et l’indépendance du pays à chaque petit vent soufflant de l’extérieur, ça ne sert à rien d'autre qu'attiser l'irrédentisme et la vindicte. Les commentaires déposés ci-dessous en sont la preuve.

Écrit par : Nicolas D. Chauvet | 29/06/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.