25/09/2017

AfD : le Jugement dernier, c'est si facile !

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Sur le vif - Lundi 25.09.17 - 13.44h

 

Insupportables réflexes moralisateurs, dans la presse romande, face à la percée de l'AfD, en Allemagne. On ne cherche pas à comprendre, à décortiquer les causes : on pointe le doigt vengeur du Jugement dernier. Das jüngste Gericht !

 

Mais quand donc notre presse parviendra-t-elle à s'extraire de la position du prédicateur, en chaire, qui loue ce qui est juste et bon, voue à l'Enfer ce qui ne l'est pas ?

 

On partage ou non les thèses de l'AfD, là n'est pas la question. Mais il se trouve qu'un nombre important de citoyennes et citoyens allemands, habilités à voter et auxquelles nous n'avons aucune leçon à donner, ont accordé leurs voix à ce parti.

 

Je connais bien l'Allemagne. J'y ai passé beaucoup de temps, naguère. J'en connais l'Histoire à fond. Je me dis que, peut-être, avant de traiter en bloc de nazis les gens de l'AfD, on pourrait s'interroger sur les raisons de leur vote.

 

Désertification économique d'une partie de l'ex-DDR (là aussi, je connais). Laissés pour compte d'une réunification qui ne fut, en fait, rien d'autre qu'une absorption de la DDR par la BRD, à coups de milliards de capitaux, pour le profit financier plutôt que pour vraiment vitaliser le tissu industriel de la Saxe et de la Prusse. Regardez les chiffres : voyez les taux obtenus par l'AfD dans l'ex-DDR !

 

Et puis, comme déjà noté ce matin (et dénoncé ici même, au jour le jour, pendant tout l'automne 2015), la catastrophique politique migratoire de Mme Merkel, il y a deux ans.

 

Et encore, la fin d'un système, usé jusqu'à la moelle, omnipotent depuis 1949 : celui de cette démocratie chrétienne européiste, avec son clientélisme à l'intérieur, ses rêves de Saint-Empire à l'extérieur, ses réseaux de pouvoir, ses parfums de bénitier, depuis trois quarts de siècle. Le vote d'hier, c'est le glas du binôme CDU - SPD. D'autres acteurs surgissent sur la scène politique, ce qui est parfaitement normal.

 

Tout cela, et tant d'autres choses encore, j'aurais aimé le lire, ou l'entendre, dans la presse romande. C'est peut-être, me semble-t-il, un peu plus éclairant que les leçons de morale - et d'ignorance historique - sur le retour du nazisme.

 

Pascal Décaillet

 

14:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

"On peut s'interroger sur les raisons de leur.vote"

Faut croire que ceux qui ont voté pour Merkel, sont maso, pour Les violes des femmes, et pour l'atteinte de leurs valeurs et de leur liberté: Des consignes qui frisent la folie sont données aux femmes face aux immigrés !? Du jamais vu!
Si ce cas de figure se présentait en Suisse, je me demande comment réagirait la presse romande......

Écrit par : Patoucha | 25/09/2017

Ce qui caractérise ces donneurs de leçons c'est leur incapacité à comprendre ce qu'est un peuple, en allemand Volk. Un peuple n'est pas nationaliste, ni libéral, ni socialiste en soi. Il aspire simplement à pouvoir s'épanouir sur son territoire, si possible pacifiquement et dans des conditions raisonnables qui lui permettent de maintenir sa cohésion, son identité nationale, dans un certain climat de liberté et une certaine justice sociale. Ces différentes aspirations ne sont ni agressives ni blâmables. Elles sont naturelles et peuvent être satisfaites ensemble dans la mesure du possible si le pouvoir qui gouverne ce peuple s'attache au bien commun. Si un peuple est brimé gravement dans une ou plusieurs de ses aspirations vitales, il va se rebeller pour tenter de rétablir l'équilibre.

Par exemple si on lui dénie la liberté à laquelle il aspire, il va affirmer sa soif de liberté. C'est de qui s'est passé, en Allemagne, dans la période appelée le Vormärz, qui a précédé la révolution de 1848. Les aspirations libérales, et d'ailleurs aussi nationales du peuple allemand étaient brimées dans l'Europe de Metternich, cette "prison des peuples". L'aspiration libérale s'est combinée à l'aspiration nationale et celà a donné le courant "nations-libéral" qui sera le grand parti dominant quand l'Allemagne aura achevé son unité avec Bismarck. Quand les aspirations sociales du peuple allemand ont été brimées, celà a permis au mouvement socialiste, le futur SPD, de s'affirmer, au début sous une forme révolutionnaire, qui s'est modérée seulement beaucoup plus tard, après la deuxième guerre mondiale au fameux congrès de Bad Godesberg. Dans la détresse de la défaite amère, de l'humiliation nationale sans précédent et de la misère sociale atroce de la grande crise, les besoins nationaux et sociaux du peuple allemand etaient absolument en souffrance. Celà a permis à un parti nationaliste et socialiste de parvenir au pouvoir. On aurait pu l'éviter si on n'avait pas plongé ce peuple dans cette détresse affreuse.

Aujourd'hui il est clair que le peuple allemand est à nouveau en souffrance grave à cause d'une politique migratoire irresponsable, confinant clairement à la haute trahison et voulue par la puissance occupante, et qui se traduit au cœur du territoire allemand par une violence brutale des envahisseurs, incontrôlables par les autorités qui sont completement débordées, et fait craindre (pas par fantasme: la menace est réelle et imminente) la disparition pure et simple du grand peuple allemand.

Il existe d'ailleurs, dans l'ensemble de l'Union Européenne ce même projet tendanciellement génocidaire dont l'objectif secret est de briser et dissoudre une fois pour toutes les nations et les peuples, de manière que l'on veut irréversible, par la violence du remplacement démographiques des populations autochtones. Angela Merkel, comme Emmanuel Macron, se sont mis, par arrivisme et absence de scrupules, au service des force qui veulent ce projet criminel contre lesquels les peuples européens ne peuvent que se soulever.

Dans ces conditions il ne faut vraiment pas s'étonner si le peuple allemand se réveille et donne de la voix. Il aurait mieux valu réfléchir avant, ne pas tenter de prendre, par l'immigration de remplacement, une sorte de vengeance folle pour ce qui s'est passé sous Hitler (75 ans après le IIIème Reich), et veiller à maintenir un équilibre raisonnable, satisfaisant tant soit peu les aspirations légitimes du peuple allemand à vivre paisiblement sur son territoire sans être menacé dans son existence même.

La gauche morale est à la fois irresponsable et criminelle, car refusant de comprendre et de prendre en compte ces réalités de la vie, et se contentant de les nier en les considérant comme moralement répréhensibles, elle crée elle même les conditions de déséquilibres insupportables, qui en retour vont causer des bouleversements et des réactions inévitables, dont cette gauche morale est en réalité responsable par son aveuglement, mais qui vont, bien évidemment, apparaître comme de terribles régressions par rapport aux idéaux progressistes et humanistes de cett même gauche morale.

Pour décrire cette aberration la langue allemande a un proverbe très juste: "selber Schuld, kein Mitleid!"

Écrit par : Kornblume | 25/09/2017

gleiche Meinung..

Écrit par : grimaître | 25/09/2017

Ce qui est le plus triste, c'est que l'Allemagne et les pays européens sont menacés par deux fascismes, le fascisme de l'extrême-droite et le fascisme islamique. En effet, les musulmans n'aiment pas du tout qu'on le leur rappelle mais le Grand Mufti de Jérusalem était le grand copain d'Hitler pendant la 2e guerre mondiale et il a dit alors que les principes de l'islam et ceux du nazisme présentaient de remarquables ressemblances (voir Michel Onfray « Marx augmenté du Coran »). Or, l'immense majorité de la population ne veut ni de l'un, ni de l'autre mais ne sait plus pour qui voter puisque les politiciens européens, de gauche comme de droite, ont décidé de dérouler le tapis rouge à l'islamisme.

Écrit par : Catherine | 25/09/2017

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