27/09/2017

UDC - PLR : le ton monte !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.09.17

 

Il y a eu Thomas Bläsi, sur le plateau de Genève à chaud, en peine campagne de Pierre Maudet pour le Conseil fédéral. Et puis, dans les mêmes circonstances, il y a eu deux fois Marc Fuhrmann, président de l’UDC genevoise, face à son homologue PLR Alexandre de Senarclens. Tout cela, à quelques jours d’intervalle, seulement. Que s’est-il passé ? Des flèches au curare, décochées par l’UDC, contre le PLR à Genève. Que les tireurs fussent, au civil, des gentlemen aussi courtois que le débonnaire pharmacien Bläsi ou le très civil Fuhrmann, ne change rien à l’affaire. Il y a, clairement, une rogne de l’UDC contre le PLR, au bout du lac. Comme si, une goutte d’eau ayant fait déborder le vase, tout devait maintenant sortir, s’écouler, s’épancher. Comme si les esprits, trop longtemps contenus, avaient maintenant besoin de fulminer. Crever l’abcès.

 

La goutte d’eau, c’est la campagne Maudet pour la plus haute marche du podium, en Suisse. On sait à quel point le candidat genevois a été accueilli froidement, lors des auditions, par le groupe UDC des Chambres fédérales : près d’un tiers de l’Assemblée fédérale, et une seule voix pour le candidat de Genève ! C’est le tournant de la campagne, l’irruption de la Statue du Commandeur, celle d’une Vieille Suisse, chargée d’Histoire, conservatrice, attachée à des traditions locales, nationales et populaires, qui n’est pas nécessairement très sensible aux accents d’urbanité, d’Europe, d’incantations numériques et d’armée réduite à sa portion congrue de la campagne Maudet. Le choc de deux univers. Avec, à la clef, une sanction.

 

Alors, ce rejet du candidat Maudet par l’UDC, aux Chambres fédérales, on en parle à Genève, on en débat. Et c’est là que le gentil apothicaire et le placide président décident de passer à l’attaque. Face au numéro 1 du PLR genevois, ils évoquent le comportement méprisant de ce parti à leur endroit. Pierre Maudet, sur divers projets discutés au Grand Conseil, ne leur accorderait aucune place, aucune écoute, comme s’ils n’existaient pas. Du coup, on voudra bien comprendre qu’ils ne soient pas surexcités d’envie à le voir devenir conseiller fédéral. Tout cela, chacun avec ses mots, MM Bläsi et Fuhrmann le disent. En face, Alexandre de Senarclens, maître de lui-même, encaisse, avec juste la crispation d’un demi-sourire. Plus qu’il n’en faut pour faire éclater aux yeux du public un état de tension – pour user d’un mot poli – entre ces deux partis de la droite genevoise.

 

Le discours tenu au PLR par l’UDC, c’est celui d’une humiliation ressentie. Il est survenu en double période électorale, celle de la campagne Maudet pour Berne (désormais terminée, comme on sait), mais surtout celle de la pré-campagne pour les élections cantonales du printemps 2018. Il a des accents de théâtre, au mieux le surgissement d’Elvire dans Dom Juan, au pire le soupir éconduit d’une soubrette de boulevard, mais son enjeu est réel. Il démasque une face longtemps cachée. Il révèle. Pour l’heure, rien n’est réglé. Peut-être, l’amorce d’un affranchissement. Et puis, peut-être pas. Comme au théâtre, décidément. A suivre, dès le prochain épisode.

 

Pascal Décaillet

 

12:05 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Oui, comme au théâtre, qui semble être votre second dada. Vous auriez fait un excellent metteur en scène si je m'en réfère à votre magistrale autorité dans l'animation de débats politiques qui ressemblent ma foi à du spectacle plutôt distrayant.

L'UDC est diabolisée dans notre canton. Le PLR n'a visiblement pas compris les avantages qu'il pourrait retirer d'une armistice ou d'une amnistie. Il surfe sur cette vague nauséabonde de dénigrement généralisé de son frère politique le plus proche en reniant ses propres valeurs. C'est petit, minable et il est bon que cela sorte au grand jour.

Thomas Bläsi est bien placé pour illustrer le mépris de Pierre Maudet et des siens envers la formation UDC qui est la seule à avoir pris au sérieux les propositions d'amendements à la loi sur les taxis par les milieux professionnels. Il a fait un travail remarquable pour comprendre le sujet relativement complexe qui a été balayé par l'ensemble des formations du parlement genevois avec un dédain qui cache mal leur ignorance et les divers rapports de force d'une politique politicienne qui contribuent largement à la désaffectation, à la perte de crédit envers les institutions et, in fine, au retrait du souverain, qui, à terme, rendront justice à ces mal aimés qui prennent encore à coeur leur mission de service public.

J'attends impatiemment la sanction du tribunal fédéral dans nos divers recours contre sa "lex Uber" qui sera le début de la fin pour Pierre Maudet après ce premier revers sérieux qui ne lui permettra vraisemblablement pas de faire son mea culpa et envisager une remise en question de son autoritarisme, travers qui lui empêchera définitivement l'accès au dernier échelon tant rêvé.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/09/2017

Genève vit de l'internationalisme. Celui dit humanitaire (mais de luxe, il serait bon de le préciser...) et surtout financier. Qui consiste à capter les fortunes des étrangers voisins pour échapper aux fiscs trop gourmands. Le PLR représente cette glorieuse face du pouvoir bancaire (attractif, le pouvoir...), l'UDC représente la classe moyenne qui souffre du trop-plein de tout...
Maudet-petit Macron, l'Europe avant tout. L'UDC qui cherche désespérément le moyen de rester encore un peu suisse...
Difficile évidemment de trouver un terrain d'entente.

Écrit par : Géo | 27/09/2017

"Mesdames et Messieurs les députés, en quittant son poste, mon prédécesseur Pierre-François Unger m'a livré un certain nombre de dossiers chauds en me disant: «S'il y en a bien un qui te fera particulièrement plaisir et animera tes soirées de réflexion et de commission, c'est celui sur les taxis: une vraie charrue à chiens !» Il aurait pu ajouter: à chiens méchants, dans certaines circonstances - mais je n'irai pas jusque-là."

Voici les premiers mots de Monsieur Maudet lors de la 1ère séance du Grand-Conseil et la loi sur les taxis le 23 septembre 2016 à 18.54.http://ge.ch/grandconseil/memorial/seances/010307/42/

Il terminera son speech avant le vote final le 13 octobre à 21.53 par une menace envers ceux qui saisiraient les outils démocratiques et oseraient déposer recours en justice contre sa loi en les excluant des travaux sur le règlement d'exécution. http://ge.ch/grandconseil/memorial/seances/010308/44/

"...je prends l'engagement solennel de les associer au travail que nous allons mettre en place - pour peu naturellement qu'on ne les retrouve pas contre nous au Tribunal fédéral dans une volonté de sape - afin qu'ils puissent prendre part à l'élaboration du règlement d'application."

Écrit par : Pierre Jenni | 27/09/2017

Le clivage dont parle Géo est déjà bien présent au sein même de l'UDC qui doit gérer la schizophrénie de ses ailes économique et agrarienne, libérale et conservatrice. Yves Nidegger est, comme à son habitude, très clair à ce sujet.
Notamment lors de votre dernier yeux dans les yeux d'hier.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/09/2017

Ayant nommément salué le travail de Thomas Bläsi, je tiens à rendre justice à Pascal Florey qui a aussi donné de sa personne pour comprendre l'activité du taxi et l'expliquer à ses troupes.
Et comme je suis un fan absolu de Yves Nidegger, je ne vous dis pas à quel point je suis heureux de ce ticket à trois pour le CE.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/09/2017

Oups... Stephane Florey.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/09/2017

je vous ai compris.

Écrit par : grimaître | 27/09/2017

On se réjouit que Maudet ramasse ses billes. On espère que ce sera la curée, et la fin de sa carrière, ce qui débarrassera notre pays de ce funeste grimpion.

Écrit par : John Longeole | 28/09/2017

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