03/11/2017

L'agriculture, mère nourricière

 

Sur le vif - Vendredi 03.11.17 - 18.26h

 

18.26h - J'apprécie Philippe Nantermod, mais ses théories ultra-libérales sur l'agriculture ne tiennent pas la route.

 

Par exemple, oser affirmer (en reprenant bien sagement la vieille antienne des mondialistes dérégulateurs) que l'ouverture des marchés aurait fait avancer certains pays du Tiers-Monde.

 

En enrichissant qui ? Les producteurs, sur place ? Ou plutôt, les intermédiaires ? Ou encore, les spéculateurs sur le cours des denrées alimentaires ?

 

Les paysans du Sahel, les planteurs de cacao en Afrique tropicale ou équatoriale, les agriculteurs de montagne colombiens apprécieront.

 

Non, Philippe. L'agriculture n'est pas une activité économique comme une autre. Elle respire avec la Terre. Elle exige un respect profond de l'environnement, domaine dans lequel la Suisse a d'ailleurs accompli d'immenses progrès. Elle est maternelle et nourricière.

 

C'est un secteur d'intérêt public. Chaque nation a le droit - et même le devoir - d'élaborer une politique agricole au service de tous, avec rôle régulateur de l'Etat.

 

L'agriculture ne sera jamais libérale.

 

Pascal Décaillet

 

18:43 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Merci pour vos lignes M. Décaillet. Très bon billet.

La prestation de ce soir de M. Nantermod dans Forum était pathétique. Quel ramassis de stupidités, de comparaisons idiotes (l'agriculture et l'horlogerie, la Suisse exportatrice de café...) !

Quelles sont les marges dans l'horlogerie et chez Nespresso par rapport à l'agriculture ?

Croit-il seulement aux énormités qu'il dit avec une telle assurance ?

Est-il si naïf ou simplement stupide ?

Il y a peu il voulait libéraliser les transports par autocars sans avoir jamais parlé à un transporteur suisse, maintenant c'est la même chose pour l'agriculture !

Dogmatique et avec des oeillères épaisses comme deux livres blancs il représente, tel son idole Macron, le capitalisme sans foi ni loi, juste à la botte de ceux qui ont beaucoup et qui en veulent toujours plus, même s'il faut pour ceci écraser les petits, les faibles, jusqu'à qu'ils étouffent ou se donnent la mort.

Écrit par : A. Piller | 03/11/2017

Allez lui expliquer ça avec les taxis. Avec Fathi Derder il est à l'origine d'une motion validée par les deux chambres qui met le CF dans l'embarras puisque ce dernier a récemment refusé celle d'un député UDC qui voulait déjà supprimer les lecteurs de disques tachygraphes, garants de la sécurité des clients. Et tout ça pour quoi ? Pour favoriser une concurrence aussi déloyale qu'inexistante dans les faits car les clients du taxi sont captifs. Pour obtenir un service ils n'ont que trois possibilités sans véritable choix car ils sont en principe pressés :
- Soit on prend le taxi qui passe, au vol, et les applications pour smartphone sont des extensions qui permettent de voir un peu plus loi qui est le plus proche.
- Soit on appelle une centrale de diffusion et, bien que théoriquement il reste possible de comparer avec un autre prestataire, on risque de perdre la première offre dans l'intervalle.
- Soit on prend un taxi sur une station, et ici aussi il est théoriquement possible de choisir entre les véhicules disponibles, mais 9 fois sur 10 le client suit la coutume et prend le premier ou alors le taxi convoité ne peut sortir de la station, coincés par les autres véhicules.

Nos élus suivent aveuglément les mots d'ordres de leurs partis sans même essayer de comprendre la validité de leurs choix. La politique n'est plus qu'idéologie obsolète, elle prétend régler les conflits en votant à tour de bras des lois aussi inapplicables qu'inappliquées, tant par ses destinataires que par l'autorité alors que dans les faits, tout le monde s'en fout. Uber le premier et Flixbus. Mais bientôt tous les secteurs seront concernés grâce à la disruption à tous les étages, ce que M. Nantermod et ses pairs ne semblent pas avoir réalisé.

Je ne me réjouis pas de voir à quel montant va devoir monter le prix du billet de train qui est déjà subventionné par l'impôt à hauteur de 50%.
Ni de voir nos paysans vendre leurs exploitations à des promoteurs qui trouveront bien le moyen de contourner ces petits désagréments provisoires de la LAT et autres barrières artificielles puisqu'elles ne sont déjà plus rentables et aussi subventionnées sous prétexte d'entretien du paysage. Certes ils ne se suicideront pas comme en Inde, mais le mythe de l'autonomie alimentaire explosera jusqu'au jour où nous construirons des fermes en hauteur, complètement automatisées.
Je n'ai pas compris pourquoi les paysans ont accepté le contre-projet du CF qui lui ouvrait tout grand la porte aux mesures qu'il envisage. Et il me semble que le CF navigue à vue dans le grand courant du marché libre devenu religion planétaire incontournable alors qu'il ressemble à une fuite en avant désespérée et nous promet de foncer dans le mur.

Écrit par : PIerre Jenni | 04/11/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.