30/11/2017

L'honneur d'un homme

 

Sur le vif - Jeudi 30.11.17 - 08.18h

 

Jeter en pâture un conseiller national sur la seule base d'une plainte, avant même que cette dernière ne soit instruite, sans qu'il y ait le moindre procès, ni la moindre condamnation, dans une affaire n'ayant rien à voir avec la vie publique de l'intéressé.

 

Céder à l'ignoble climat de délation généralisée qui nous infeste depuis quelques semaines, et que pour ma part, je ne cesse de dénoncer.

 

Et la revue de presse RSR qui en surajoute en ouvrant avec ce sujet, avec cette pseudo-neutralité de ceux qui ne font que citer : "C'est pas moi qui le dis, c'est le journal !". Comme si le choix des sujets, dans une revue de presse, n'était pas un acte sémantique de première responsabilité. Et le feu, mis aux poudres.

 

Il est où, le pire des harcèlements ? Il est où, le tintamarre ? Ils sont où, les Tartuffes ? Elle est où, la plus dégueulasse des injustices ? Celle qui porte atteinte, en s'engouffrant dans cette mode si facile de la chasse aux sorcières, à l'honneur d'un homme ?

 

Désolé, mais les faits relatés n'ont aucune espèce d'intérêt public. Ils n'engagent en rien la capacité de l'homme à exercer ses fonctions de conseiller national, au service du pays, ce qui est d'une dimension hautement supérieure à ses éventuels écarts dans l'ordre de la bienséance, de la convenance, ou de la vague de morale ambiante, propice à l'immonde floraison des délations.

 

Que ce genre d'affaire, d'ordre strictement privé, se règle en privé ! Il n'y a strictement, de mon point de vue, aucun intérêt public à en faire état. Ensuite, si elle aboutit un jour à une condamnation définitive par les seuls habilités à statuer, les juges (et non les moralistes), nous verrons. Mais nous n'en sommes pas là.

 

La presse romande sécrète elle-même le poison qui finira par lui être fatal.

 

Pascal Décaillet

 

13:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Certes, c'est du domaine privé et cela ne devrait, normalement, pas nous intéresser. Mais voilà, quand un donneur de leçon, membre d'un parti dit chrétien et qui prône avant tout la famille, se fait prendre en flagrant délit, il faut aussi qu'il assume.

Je ne suis pas valaisan, je n'aurai donc pas mon mot à dire sur son avenir, mais personnellement, j'aurais un peu de peine à admettre que ce monsieur continue à me représenter ou représenter mon canton.

Mais bon, on l'a vu avec un autre élu du même canton, coupable d'avoir un enfant hors mariage, les valaisans n'ont pas l'air d'avoir la rancune tenace. En tout cas pour les affaires de c..

Écrit par : P. | 30/11/2017

Entièrement d'accord c'est honteux ni pus ni moins

Écrit par : lovejoie | 30/11/2017

Je vous trouve bien peu critique, pour une fois, M. Décaillet.

Pour moi, en tant que politicien, (ou islamologue, par exemple) il y a ce que l'on dit et ce que l'on fait.

MM. Ramadan et Buttet ne sont sans doute pas les premiers (et les derniers) à avoir "fauté", mais leur problème est que leur discours "pour les autres" ne correspond pas à leurs actes.

Ce faisant, il perdent toute crédibilité et, contrairement à ce que vous dites, leur capacité à exercer leur fonction.

Écrit par : A. Piller | 30/11/2017

Rendre public le privé, instagram. Privatiser le service public, soins aux personnes âgées.

Écrit par : suite | 01/12/2017

Monsieur Yannick Buttet a reconnu publiquement les faits qui lui sont reprochés. Il s'en est excusé en long et en large auprès de ses victimes, qu'il s'agisse de son ancienne maîtresse et des enfants de celle-ci, de ses collègues féminines au Parlement, des journalistes femmes accréditées au Palais fédéral ou encore de sa famille, à commencer par son épouse et ses enfants. En reconnaissant ses torts et en s'excusant de la sorte, il n'a pas seulement admis sa culpabilité mais il a mis un terme à la présomption d'innocence dont il aurait pu se prévaloir si, à l'image d'un Tariq Ramadan par exemple, il avait nié les faits. Par ailleurs, en demandant publiquement à son ancienne maîtresse, à son épouse et à ses enfants d'excuser ses écarts de conduite (dont, heureusement, il reconnaît la gravité), il a lui-même établi un lien entre sa vie publique et sa vie privée, prouvant par là que les deux sont intimement liés.

Un homme (ou une femme) politique qui prône des idées, des valeurs et des comportements et qui ne les respecte pas lui-même dans sa vie privée ne perd pas seulement toute crédibilité mais fait preuve d'une hypocrisie indigne de son statut de représentant du peuple. Voulons-nous être gouvernés par des hypocrites qui nous disent ce qu'il faut faire mais qui font eux-mêmes tout le contraire?

La décence impose à M. Buffet de démissionner.

Écrit par : Mario Jelmini | 01/12/2017

Désolée d'y revenir mais ce qui est déballé dans les médias représente un climat encore plus malsain que le pseudo réchauffement pour les anciennes victimes de violeurs ou pédophiles
Ce sujet devrait être débattu en vase clos et non jeté en pâture au tribunal populaire qui lui a déjà démontré son engouement pour condamner à mort et sans preuve comme ,le Major Davel
Bonne journée Monsieur Décaillet

Écrit par : lovejoie | 01/12/2017

Même si Monsieur Yannick Buttet a commis quelque écart, la mise à la question qu'il a subi dans l'émission Forum RTS du 1er décembre était indigne du journalisme. On se serait cru à un interrogatoire du KGB ou de la Gestapo, voulant faire avouer à tous prix l'accusé. Oui, l'honneur d'un homme a été bafoué !
Dommages qu'étant Vaudois, je ne puisse voter pour lui, l'un des meilleurs politicien conservateur.

Écrit par : Pierre-alain Tissot | 03/12/2017

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