05/12/2017

La lyre d'Orphée

 

Sur le vif - Mardi 05.12.17 - 14.30h

 

Il y avait tout de même, avec Jean d'Ormesson, quelque chose de singulier.

 

Tout le monde le connaissait. Tout le monde l'adorait. Tout le monde l'écoutait - je dis bien "l'écoutait" - avec enchantement. Il faut dire qu'il parlait merveilleusement. Je dis bien "il parlait".

 

Bref, tout le monde reconnaît comme "écrivain" (et je ne nie pas, une seule seconde, qu'il le fût), un homme que l'on connaissait principalement pour... le son de sa voix.

 

Sur tous ces gens, combien ont-ils vraiment lu ses livres ?

 

Certains, bien sûr. Ou même beaucoup, je veux bien. Mais évidemment pas tous.

 

Voilà donc un diable d'homme qui écrivait des livres. Et auquel tous donnaient quittance d'être "un grand écrivain". Non pour avoir lu ses ouvrages... Mais pour avoir été envoûtés par le son de sa voix.

 

Il y a, dans ce destin, comme un hommage lointain à la lyre d'Orphée.

 

Pascal Décaillet

 

14:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Jean d'Ormesson - paix à son âme - était un "grantécrivain" si cher aux animateurs de talk show français. La faconde de ce très bon "client" résonnait sur les plateaux et dans les studios mais je n'ai jamais réussi à achever la lecture d'un seul de ses livres.

Écrit par : Malentraide | 08/12/2017

Plus prosaïquement et pour ceux que ce genre de choses intéressent, Jean d'Ormesson avait fait un bon mariage, qui n'a pas été pour rien dans son succès. Par ce mariage il avait des attaches dans notre pays. En effet il avait épousé une demoiselle Beghin, fille de Ferdinand Beghin de la célèbre dynastie sucrière et repreneur de l'autre grande maison sucrière, Say, c'est à dire créateur du groupe Beghin-Say. Son beau père était aussi dans l'industrie du papier et un grand patron de presse: Télé 7 jours, Le Figaro. Ce n'est donc pas uniquement à cause de son talent littéraire que Jean d'Ormesson à été directeur du Figaro. L'épouse de Ferdinand Beghin, donc la Bell mère de Jean d'Ormeson était fribourgeoise, née Simone de Lenzbourg, d'une famille anoblie en son temps comme d'autres familles fribourgeoises au service de France. (Rien à voir avec les grands dynastes médiévaux de Lenzburg). Par la famille de sa femme, Jean d'Ormesson était propriétaire du très joli château de Vogelshaus à Bösingen, propriété des Lenzbourg depuis le XVIIe siècle et dont l'architecte était le même que celui de l'abbaye d'Hauterive. Quelqu'un m'avait raconté une fois que lors du mariage de Jean d'Ormesson les mauvaises langues avaient dit que c'était le "mariage du sucre et de la confiture". Mais je ne comprends pas bien ce qu'on avait voulu dire là parce que rien n'indique que la famille d'Ormesson, des diplomates, avait des intérêts dans l'industrie sucrière. C'était peut-être une façon de se moquer du marié en comparant sa littérature, ou sa culture, à de la confiture.

Écrit par : Pipelette | 09/12/2017

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