07/12/2017

La meute

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.12.17

 

L’une des fonctions essentielles du journalisme, c’est de faire apparaître, au mieux de ce qu’on peut, quelques parcelles de vérité. Contre quoi ? Mais contre le mensonge, pardi ! Ou, tout au moins, la dissimulation, l’omission, les petites cachotteries, pratiquées par le pouvoir.

 

Le pouvoir politique, seulement ? Non : tous les pouvoirs du monde ! Dès qu’une personne commence à en disposer, elle est naturellement amenée à en abuser. Et à dissimuler ces abus, sous le tapis. Face à cela, dire les choses, telles qu’elles sont, est salutaire. C’est l’une des missions de la presse.

 

Mais cela, en aucun cas, ne justifie l’esprit de meute. L’acharnement. Le piétinement d’un élu, pour des motifs externes à son action politique, pour le faire craquer. C’est, hélas, exactement ce qui se produit dans l’affaire Buttet.

 

Du côté de certains médias, dits de « service public », il y a eu un moment où on a cessé d’informer, pour pratiquer la chasse. En sonnant l’hallali. Contre un élu, on a lancé la meute. Une fois lâchée, plus possible de l’arrêter. Elle se nourrit de ses propres hurlements. Tant qu’elle n’a pas sa proie, elle est incontrôlable.

 

Avec le recul, en analysant cette affaire, on établira la façon dont elle aura été montée en épingle. Scénarisée. Comme une partie de chasse, oui. Je ne suis pas sûr que cette conception du journalisme rende service à ses auteurs. Dans une période, si j’ai bien compris, où on s’apprête à leur demander des comptes sur leur pratique du métier.

 

Pascal Décaillet

 

15:18 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Comme d'habitude billet toujours aussi réaliste
Bonne soirée Monsieur Décaillet

Écrit par : lovejoie | 07/12/2017

Ne pas oublier que Buttet s'y est mis lui-même, dans cette situation. Et qu'il n'a pas un problème, mais deux : excès d'alcool, comportement (relation) douteux avec les dames.

Écrit par : Géo | 07/12/2017

C'est, bien sûr, le lieu de relever la grande diversité/pluralité des médias de Suisse romande. Que de positions différenciées, d'analyses sous divers angles, que nous a values cette affaire, et tant d'autres avant elle. Quelle belle qualité de débat public, notamment de la part de ceux qui se targuent de faire du "service public". Et dire, hélas, que toutes ces merveilleuses fleurs de l'esprit pourraient se faner après No Billag. Il y aura un désert médiatique, nous dit-on. Mais, par rapport à une décharge, c'est beau, un désert, non?

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 07/12/2017

S'il y a excès d'alcool et comportem4ent douteux (relation) avec les femmes c'est qu'il a y un ou plusieurs traumatismes anciens que l'alcool et le comportement douteux (relation) avec les femmes renvoient au plus profond de l'inconscient de M. Buttet.

Ce n'est pas en l'accablant que l'on reconnectera cet homme à ces traumatismes afin que ces traumatismes "avec leur ressenti d'alors revécus" il en soit délivré.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 07/12/2017

Une question : et si cela avait été un conseiller national de gauche, bien installé, surpris et dénoncé pour harcèlement ? Quelle aurait été la réaction de cette meute de journalistes bien-pensants (et passablement à gauche, il faut le dire) ?
Quelle magnifique cible à abattre et quelle chance pour cette majorité " progressiste " incluant un féminisme castrateur : voilà un élu influent, chrétien conservateur, défenseur de la famille traditionnelle, d'une armée forte et contre l'adoption pour les couples homosexuels, tout ce que ce quatrième pouvoir, trop orienté à gauche, déteste…
Merci, Monsieur Décaillet, de ne pas suivre la meute !

Écrit par : Pierre-alain Tissot | 07/12/2017

Chasse à la sorcière: Guerre sociale, guerre identitaire.
Que le mis en cause subisse les châtiments s'il le mérite, qu'il rende ses comptes à ceux qui s'en sont plaints...
Que la justice arbitre et condamne seulement à l'issue des procédures régulières prévues par la loi. Mais que la foule s'élance dans le lynchage et que les journaux attisent et échauffent la foule, il n'y a là que du malsain pour la santé publique. C'est de la confiscation du droit élémentaire du mis en cause d'être entendu dans la sérénité, de la tentative d'éviction du juge ou de l'exercice d'influence sur la justice dans l'instruction du dossier.

En tant que simples lecteurs du journal, on se sent spectateurs pris en otage, préventivement culpabilisés et muselés. Qui n'a jamais vécu directement ou indirectement une scène pareille? J'illustre le phénomène ainsi:

Dans une assemblée d'hommes et de femmes, d'ordinaire conviviale et amicale, un homme se lève dans un silence soudain et prononce solennellement ces mots: "Nous" (il inclut toute l'assemblée) décidons que Tartempion est exclu (on ne sait pas de quoi et pourquoi) dès aujourd'hui ... Il peut rester membre passif s'il le désire, il y a toute sa place (...) L'assemblée est unanimement décidée ( il revient sur le mode inclusif en continuant au nom de l'assemblée). Nous (pas "je" tout seul ou "l'assemblée") lui retirons toutes ses fonctions au sein de l'assemblée et tous ses mandats électifs, Il n'a plus le droit de nous représenter à l'extérieur.

Vote: QUE CEUX QUI NE SONT PAS D'ACCORD avec cette décision LEVENT LE DOIGT!

Évidemment, aucun doigt ne se lève - et l'officiant fait durer ce moment fatidique pour que chacun en prenne bien acte.
En faisant l'auguste geste de lever ses deux bras vers le ciel, il dit:"JE LÈVE LA SÉANCE, (il met un terme à son scénario) VOUS ÊTES LIBÉRÉS"(dans cette scène finale, il prononce le "je" de manière affirmée et autorisée. Le "Je" qui libère l'assemblée, (non pas de ses mains, mais d'un mal invisible. Fictionnel).

Fin de l'office.
Fin de la liturgie..
Triomphe!
L'auto-sacrement est réalisé,

la transaction a été un succès.
Maître et Prince, en sa communauté, cette dernière devient sa possession personnelle. Asservie à souhait, elle va lui servir de tremplin pour d'autres conquêtes.

Le but est atteint (tous les gros risques ont été écartés).
la suite pour le banni ne sera pas difficile à imaginer. Il ne ressuscitera pas.


Je vous comprends Pascal, ce sont les méthodes et procédés qui sont détestables et répréhensibles. Ils musellent les gens pour précisément les empêcher d'émettre une quelconque probable protestation sur la question. La justice en tant qu'institution démocratique sera mise à mal dans sa fonction habituelle.

l'individu, symboliquement condamné, sera jeté en pâture. A la meute ensuite de le poursuivre et de le mordre jusqu'à mort s'en suive. Plus cruellement encore, l'assemblée pourrait le traîner jusque sur la place des supplices pour le faire mutiler et brûler: Expiation et jubilation dans les jappements!

Écrit par : Beatrix | 07/12/2017

Mais vous voulez rire M. Décaillet! cette nouvelle affaire Buttet fait partie d'un tout PDC d'un mode de faire, de pratiques sous couvert de toute puissance d'un parti dans ce canton.

Le fraude électorale qui bute hors du champ un Conseiller d'Etat, un ponte qui prône les droits et valeurs de la famille et qui fait un enfant hors de son nid. Un élu qui lors de réunion plus ou moins importante se montrait d'une arrogante insolence envers ceux et bien plus encore celles qui ne partageaient pas ses points de vue.

Le PDC-VS ayant perdu sa suprématie avec l'arrivée de l'UDC s'est tourné vers un PLR en déliquescence et ces 2 frères ennemis se sont permis toutes les astuces et autres manipulations pour arriver à leurs fins se sachant quasi couvert par une justice cantonale à leurs bottes.

La presse ne va même pas assez loin, elle pourrait investiguer, faire un vrai travail de fond et là les immondices viendraient à la surface et cela sentirait vraiment pas bon pour les sections cantonales de ces 2 partis.

Écrit par : Corélande | 08/12/2017

La conclusion de cet article est brillante. En effet c'est très inintelligent de lyncher ainsi un politicien, qui doit quand même bien avoir quelques supporters, alors qu'on s'apprête à demander des comptes aux journalistes sur leur pratique du métier.

Très bien vu!

Avec les déclarations arrogantes de Gilles Marchand, ne faisant aucune autocritique et ne proposant pas le moindre changement de cap, après les attitudes irritantes et la partialité scandaleuse de Roger de Weck dans les débats politiques, les médias dits de "service public" accumulent les faux pas et font tout pour susciter contre eux le maximum de rancœurs dans tous les milieux.

Écrit par : No Billag | 09/12/2017

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