19/12/2017

Trop tard, Doris

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Sur le vif - Mardi 19.12.17 - 18.39h

 

Le projet de nouvelle concession de la SSR, lancé aujourd'hui par Doris Leuthard, avec au moins la moitié des moyens alloués à l'information, va dans le bon sens. Depuis une éternité, y compris, à l'époque, à l'interne, je plaide pour l'information avant tout. Pro domo ? Ben oui, je suis journaliste. Soucieux d'intérêt public. Soucieux du pays. De sa cohésion.

 

Le problème, c'est que ce projet arrive beaucoup trop tard. Il suinte la précipitation, pour orienter les esprits à voter non, le 4 mars. Comme l'abaissement de la redevance à 365 francs. Ces mesures de dernière minute, imbibées de panique aux plus hauts étages, ne trompent personne : les gens ne sont pas idiots, ils ne sont pas dupes de ces gesticulations.

 

Dommage, Mme Leuthard. Vous êtes en retard d'au moins une décennie. Dans ce domaine, vous n'avez pas vu venir la tempête. Vos mesures trop tardives ne changeront rien aux métamorphoses apocalyptiques que nous prépare l'année 2018.

 

Pascal Décaillet

 

18:47 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

J'espère que vous avez raison Monsieur Décaillet.

Les citoyens voteront contre No Billag car ils auront la trouille de ne pas pouvoir regarder ces séries qui n'en finissent plus ou ces télé-réalités débilitantes.

Ils auront peur de ne plus avoir d'émissions comme Passe-moi les jumelles. Ils seront malheureux de ne plus assister à la messe du 19:30 avec Rochebin.

Dites-vous que les vieux sont majoritaires, c'est eux qui empêcheront No Billag de passer.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 19/12/2017

Bon, c'est vrai qu'on l'apprécie ce Darius Rochebin. Quel bon professionel. Et jamais un faux pas. Il sait toujours exactement ce qu'il est permis de dire et ce qui ne l'est pas. Ce n'est pas lui qui aurait risqué de se faire virer, comme d'autres qui ruaient dans les brancards. Je ne sais pas si No Billag va passer ou pas. En tous cas je voterai pour cette initiative. Si elle passe, quelque part ce sera injuste pour les bons petits soldats comme notre Darius Rochebin national, qui avaient cru pouvoir compter sur cette promesse qu'il y aurait toujours une sécurité de l'emploi comme pour un conducteur de locomotive. Eh oui, c'est ainsi. Plus rien de stable. C'est la mondialisation. La société liquide. Il y a aussi des clients des banques qui pensaient que la Suisse défendrait le secret bancaire. Il y a aussi des employés de banque qui l'ont cru. Et qui maintenant font partie de charrettes de licenciements individuels collectifs. C'est ainsi. Nous vivons dans un pays où les autorités ne défendent plus le peuple. Alors les journalistes, même les bons comme Darius, on ne va pas s'attendrir sur leur sort. Le Darius on va le regretter. Mais il ne pourra pas passer entre les gouttes si le peuple veut punir les Roger de Weck et les Jacques Pilet.

Écrit par : Goguenard | 19/12/2017

Pour faire émerger un autre type de journalisme télévisuel, n'ayons pas peur de dire OUI à No Billag.

Vous avez raison Pascal, notre Conseil Fédéral est toujours en retard pour tout. A croire qu'ils sont accaparés par ailleurs. Tout sacrifié à ce petit club bruxellois!?.

Très vite après la révolution technologique dans les télécommunications (chez Télécom Suisse-Swisscom), avec les fibres optiques, auto-routes des data, et avec la densification de la toile qui progressait (net), c'est à dire au début des années 90, la Télévision suisse aurait dû entamer rapidement une réflexion quant à son adaptation des moyens, à son organisation, ses styles, ses contenus et à la cosmétique du journal.

On a vécu une cinquantaine d'année de passivité devant un bocal chaque soir et les élites étaient très satisfaites de ce type de moyen pour pacifier le bon peuple. Mais la circulation toujours plus rapide et toujours plus dense de publications de toutes sortes, allait immanquablement détourner la population de ce modèle statique et immuable de comédie faite aux heures des "nouvelles". Par paressse, on a meublé le temps en l'abreuvent de séries et des divertissements importés souvent au rabais...
Ce qui arrive aujourd'hui est la preuve que les décideurs ont eu une longueur (peut-être même plusieurs) de retard par rapport à leurs administrés, à force de les mépriser.

Personnellement, je n'ai pas peur de l'écran noir après No Billag, selon l'expression du directeur de la TSR (je ne l'ai plus regardé depuis plus de trente ans). Je suis aussi persuadée que l'écran ne restera pas longtemps noir, il y verra émerger d'autres acteurs, plus jeunes, plus exigeants qui ne manquent pas de talent pour faire renaître un autre audio-visuel, moins addictifs aux subventions et plus travailleurs. Cette nouvelle génération travaille déjà de pied ferme de manière honnête sans compter ses heures, quasiment sans revenus généré, avec de maigres moyens matériels, prenant toutes les responsabilités sur elle, on apprécie la qualité et le volume de son travail, on s'y abonne volontiers, il n'y aura donc rien à craindre si elle peut se faire un place et il serait opportun de la lui faire sans attendre encore une décennie ou deux, Ce sera pour le plus grand bonheur des auditeurs-spectateurs... Ne serait-ce que pour y apprendre notre sort et les cachotteries de notre gouvernement sur ses vains marchandages avec le Goulag Européen.

Au lieu de censurer ceux qui disent la vérité comme le Décodex de l'éditeur Le Monde, la confédération serait bien audacieusement inspirée d'en être les précurseurs sur le continent en les promouvant, ces derniers pourraient, dans certaines circonstances, lui tirer quelques méchantes épines du pied diplomatique posé dans la broussaille Européenne.

Je pense qu'il faut leur concéder un lieu et une antenne de diffusion nationale, de refonder une administration, une charte, des règles et des missions qui n'excluent pas les associations d'écrivains chercheurs et les communautés du journalisme d'investigation.

Et pourquoi pas la création d'un ensemble de pools diversifiés d'écrivains, de journalistes et de reporters associés?

Il faut garder les moyens matériels et les murs de la maison, y faire entrer d'autres acteurs en nombre et en compétences sans y réserver des exclusivités, à nouveau, former les personnels aux technologies récentes au journalisme et non en refaire de serviles propagandistes.

Les petites stars du bocal auto-centrées sur leur corporel et sur leurs amours personnelles, ça suffit!!!

Écrit par : Beatrix | 20/12/2017

Doris Leuthard tombe le masque, l'illustration éclatante de ce jeu de dupes.
Que de temps perdu mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.
L'arnaque est systémique, reprenons la main sur nos entreprises fédérales, sur la caisse maladie, les coûts de la santé etc...

Écrit par : populiste | 20/12/2017

Vous avez raison de dire que la Confédération a bien dix ans de retard. Elle ne s’est pas rendue compte et n’a pas tiré les conséquences de l’évolution de la technique. Cette évolution conduit, logiquement et implacablement, à l’abolition de l’audiovisuel d’Etat.

Hormis dans la diffusion d’ondes hertziennes, l’audiovisuel n’a pas à remplir de mission de service public. La référence au service public se justifie par le fait que les ondes hertziennes utilisent, pour leur diffusion, un bien public, une ressource naturelle, que l’on appelle l’éther. C’est parce que les fréquences disponibles sont peu nombreuses que l’exploitation de l’éther doit être organisée par la collectivité (l’Etat), et que l’Etat confie cette exploitation à un petit nombre de concessionnaires, à charge pour ceux-ci de mener cette exploitation de façon conforme à un mandat de prestation défini par l’Etat (d’où l’idée de service public). C’est cette particularité dans l’exploitation de l’éther qui explique pourquoi on parle de service public pour la radio et la tv, mais pas pour les journaux (qui, pourtant, rendent aussi des services au public, et depuis bien plus longtemps que la radio ou la tv…), et qui explique aussi pourquoi le recours à la notion de service public n’a aucun sens sur internet. Contrairement à une station d’émission hertzienne radio ou tv (qui sont forcément limitées en nombre), tout le monde peut créer un journal papier ou lancer un site d’information sur internet. L’Etat n’a donc pas de raison d’organiser ce monde-là, ni de décider des contenus. Suivant leurs contenus, ces journaux et sites d’information pourront bien être jugés utiles, ils pourront bien œuvrer pour le bien commun, mais ils n’ont pas à remplir de mission de service public, car ils n’agissent pas à la place ou au nom de l’Etat.

La perception d’une redevance forfaitaire est, elle aussi, liée à la nature des ondes hertziennes : il a longtemps été impossible, et il reste très difficile, de quantifier l’usage d’un appareil de réception. C’est pour cela que chaque possesseur d’un appareil de réception paie une redevance forfaitaire. Nul besoin de préciser que sur internet, on peut très facilement quantifier l’usage de chacun, et protéger les contenus en les réservant à ses clients.
Dans une société libre, sans propagande médiatique officielle, la redevance Billag est une anomalie, liée à l’épopée de la diffusion hertzienne. Rien de tel n’existait avant la radio/tv, et rien ne justifie qu’elle perdure au-delà de l’époque hertzienne, dans le monde numérique. Il n’y aurait jamais eu de redevance si internet avait été inventé avant la radio.

Y a-t-il encore de la place pour de l’audiovisuel d’Etat ? Oui, certes, mais dans une proportion qui relève sans doute de quelques pourcents de la diffusion actuelle, de l’ordre de ce que l’Etat peut financer sur son budget existant. De l’information ? oui, mais de l’information brute, sans commentaires, car si les journalistes doivent avoir une distance critique par rapport au pouvoir, il est anormal – et même complètement absurde – que l’on attende d’une entité étatique (financée par un impôt, et dont les chefs sont choisis par le politique) qu’elle soit la garante de la qualité de l’information, et de la distance critique. Cette réflexion théorique a son pendant dans la réalité observable : si la SSR n’a rien vu venir sur la déroute démocrate aux USA, ou sur le Brexit, c’est par absence de distance critique par rapport au pouvoir en place chez nous. Exemple : pourquoi n’avoir jamais, même en passant, relevé que les plaintes d’Obama (sur une atteinte russe à l’intégrité du processus démocratique américain) tombaient assez mal, s’agissant d’une fuite démontrant que les dés du parti démocrate avaient été pipés en faveur de Mme Clinton… ? Parce que Mme Clinton était perçue (à tort, d’ailleurs) comme le seul rempart contre Trump, que le pouvoir en place, chez nous, associe vaguement à quelque chose de pas bien. Il était donc préférable de ne pas la critiquer. Autre exemple : La SSR s'est égosillée, pendant la campagne, quand M. Trump disait qu'il n'allait pas nécessairement respecter le résultat ("atteinte à l'Etat de droit, scandale"), alors qu'elle avait beaucoup de sympathie, après les résultats, pour les partisans de Mme Clinton qui s'emportaient contre le système fédéral et appelaient à une modification de la procédure des grands électeurs. Distance critique.

On nous dit que la Suisse romande serait particulièrement touchée en cas d’acceptation de No Billag – ce sera le désert médiatique, la fin de l’information de qualité. Et pourquoi la Suisse romande serait-elle particulièrement touchée ? Parce qu’elle bénéficie davantage que la Suisse alémanique de la manne de la redevance. Tiens, tiens. Et comme par hasard, alors que la SSR est louée comme garante de la diversité et de la qualité, les médias non étatiques de Suisse romande (là où la SSR est particulièrement forte) sont bien plus mal en point que ceux de Suisse alémanique… Ne serait-ce pas, par hasard, précisément à cause de la SSR, qui a ignoré, ces dix dernières années, les fondements hertziens de sa mission (pour faire allègrement concurrence aux privés sur internet) ? La Suisse romande est une région qui "bénéficie" davantage de la redevance que la Suisse alémanique, c’est-à-dire une région où les médias non étatiques subissent, encore plus qu'ailleurs, la concurrence de la RTS, et où ils crèvent donc les uns après les autres.

Osons parier que No Billag produira exactement l’inverse d’un désert médiatique. Le 4 mars 2018 donnera le coup d’envoi du Printemps du journalisme.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 20/12/2017

"...avec au moins la moitié des moyens alloués à l'information..."

Donc encore plus de propagande "multikulti-centregauchiste-sorosocompatible" avec une double ration supplémentaire de "rochebinade".

Non merci.

Que tous ces kapos du Camp du Bien aillent chercher un vrai travail et que les vrais journalistes puissent avoir enfin accès aux médias de masse.

Écrit par : Paul Bär | 20/12/2017

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