22/12/2017

La justice, pas le lynchage !

 

Sur le vif - Vendredi 22.12.17 - 11.02h

 

La parole victimaire n'est pas vraie, sous le seul prétexte qu'elle est victimaire.

 

Sa véracité doit être établie, ou non, à la suite d'une enquête dans les formes, par la seule instance habilitée à le faire, qui s'appelle la justice. Cela exige une investigation professionnelle, des confrontations, la parole donnée à toutes les parties. Cela doit s'exercer dans la sérénité, par des gens ayant prêté serment de rechercher la seule vérité. Cela prend du temps.

 

Tant qu'une condamnation n'a pas été prononcée, il ne saurait exister ni coupables, ni victimes.

 

Ainsi fonctionne notre État de droit. C'est un peu frustrant pour ceux qui voudraient des lynchages de rue, immédiatement. Mais c'est ainsi.

 

A cet égard, la précipitation de certains employeurs à rompre, séance tenante, des contrats, juste sous la pression de l'opinion, comme dans le cas du chef d'orchestre Charles Dutoit, est simplement hallucinante.

 

Là, oui, nous sommes au coeur d'une dérive, qu'il convient de désigner.

 

Pascal Décaillet

 

14:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Vous avez on ne peut plus raison ,le doute doit toujours profiter à l'accusé ,on ne le répétera jamais assez
Très belles Fêtes Monsieur Décaillet

Écrit par : lovejoie | 22/12/2017

Le "tout sociétal" fait sa justice.

Merci Pascal. J'espère que la horde va se ressaisir, qu'elle se dise que cela n'arrive pas qu'aux autres et qu'il s'agit d'une question d'ordre social, de sécurité pour chacun et pour toute la société que d'attendre de la justice (institution démocratique) qu'elle fasse d'abord son travail. Ensuite il sera toujours loisible à qui le veut de la critiquer et de commenter son jugement.

J'espère que votre rappel ne sera pas vain, notre pays et ses habitants prétendent être dans un état de droit, il faudra qu'ils le prouvent, premièrement en le respectant. La mission de l'état de droit est de garantir une égalité de traitement à tous ses habitants devant ses institutions qui fonctionnent avec des règles et des procédures pré-définies (les lois voulues par le législateur qui représente tous les citoyens).

Dans le cas de G. Buttet qui nous occupe actuellement, on assiste à une sorte de torture psychologique coordonnée dans le but de lui arracher des aveux. On veut obtenir des pièces à conviction à la place de la justice et non pas la manifestation de la vérité.
Que G. Buttet ait commis quelque(s) écart(s) aux règles de bonnes mœurs ou pas, on lui affuble déjà du délit de crime sans lui donner la possibilité de se défendre. Comme quoi, face à la justice, le droit à la défense est garanti. tout homme accusé a le droit de connaître les chefs d'accusation contre lui, il a le droit de s'expliquer et de s'exprimer. Cela ne le blanchira pas, pas plus que cela le ne noircira mais il sera entendu.

Est-ce le cas en ce moment?
Non! On veut sa destruction!

Nous assistons à un procès en sorcellerie!
Il n'y a que des populations sous-développées sans institutions pour que les plus forts s'octroient unilatéralement le droit de régler les comptes par une condamnation en initiant la vindicte populaire. Quitte à l'aider à grossir à grands coups de tam-tam.
Aux crieurs (journalistes) ensuite d'appeler les gens à la cérémonies et aux danses macabres des masques pour clore leur participation.

Tout ce tapage nous indique que notre société est en train de délaisser les vertus de l'état de droit qui doit encore progresser, corriger ses erreurs, proposer des remèdes, plus de solidarité et aider les moins privilégiés (pas forcément les plus pauvres économiquement).

C'est sans doute là le signe du premier pas vers des troubles fréquents dans une population, vers la révocation de ses institutions... Vers la subreptice déstabilisation de toute une nation... Des phénomènes qui vont donner raison à une certaine récusation de la démocratie directe à Suisse? Qui mènerait à de mauvais usages comme l'instauration du "mal-vivre" ensemble?

Écrit par : Beatrix | 22/12/2017

Bonjour,
Un "procès en sorcellerie", c'est bien de cela dont il s'agit. Nous ne sommes plus dans l'état de Droit sous l'empire de la Raison mais dans celui de la croyance, de l'affect débridé et de la délation en bandes organisées. Les lynchés n'ont aucune chance d'être même entendus. A ce propos, on remarque également que la réflexion et le débat d'idées n'ont plus cours sur le ouèbe et dans les médias mainstream; la croyance et la pensée magique ont tout phagocyté.
Serrons les rangs et sous les gros nuages noirs, passons un bon Noël.
Très cordialement

Écrit par : Malentraide | 23/12/2017

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