04/01/2018

Des diamants moins éternels

 

Sur le vif - Jeudi 04.01.18 - 16.02h

 

Chaque fois qu'Emmanuel Macron s'exprime sur le métier de journaliste, dont il ne connaît rien, il sort une énormité.

 

La vérité, c'est que cet autocrate aux parfums orléanistes cultive fort peu le sens de la contradiction. Et ne souffre pas que son image, dûment mise au point, soit écornée par la moindre lecture critique. On a connu cela à Genève, au plus haut niveau.

 

Ce qu'il appelle "fake news", ce sont en fait les nouvelles qui le dérangent. Ou qui nuisent à la vision qu'il voudrait imposer, comme tout pouvoir tente de le faire.

 

Le prince charmant du printemps 2017 commence à laisser la place à la réalité des choses, parfaitement prévisible dès le début : un narcissisme solaire, autoritaire et galactique, en auto-pâmoison dans la galerie des glaces.

 

Imbu de perfection dans l'image qu'il veut donner.

 

Giscard. Avec des diamants moins éternels.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Après des siècles de dérive relativiste, voici que les modernes découvrent les "fake news", et voudraient revenir à la notion classique de vérité, comme correspondance d'un énoncé avec la réalité. C'est toute la pensée classique, tout le néo-thomisme du XXème siècle qui pourraient être mis ou remis à l'honneur. Ou pas, c'est juste un énième avatar du mensonge moderne qui continue de se tortiller comme un ver.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 05/01/2018

En même temps, chaque fois que Macron ouvre son clape-m... c'est pour sortir une énormité. "La Guyane est une île", "Dans les gares on y croise ceux qui ont tout, et ceux qui ne sont rien", "Allez travailler pour vous acheter un costume comme le mien" et j'en oublie très certainement.

Écrit par : Laurent Lefort | 05/01/2018

J'ai connu une des filles de sa majesté "l'empereur" Bokassa. Il avait beaucoup d'enfants, une vingtaine au moins, faits avec beaucoup d'épouses. Mais celle-là avait une boutique dans les rues basses de Genève.

Elle m'avait raconté comment ça s'est passé.

Giscard avait pourtant assisté au "couronnement" de l'ancien sergent de la coloniale. Il était bien le seul chef d'état. Le Gotha n'y était pas. Un riche marchand de saucisses qui avait écrit à Othon de Habsbourg pour lui proposer une forte contribution financière si l'archiduc consentait à lui conférer un titre de noblesse, avait reçu la réponse suivante: "Malheureusement depuis que notre maison ne règne plus, nous ne donnons plus de titres de noblesse. Nous vous conseillons de vous adresser à l'empereur Bokassa". Ca nous donne un peu l'image de marque du roi nègre parmi les têtes couronnées.

Donc Giscard ne dédaignait pas d'aller chasser en Centrafrique, et se faire offrir des cadeaux, et des femmes, à l'invitation de ce chef d'état pour rire, qu'il considérait comme un larbin. Moyennant quoi, il trouvait normal que le sergent Bokassa, de la coloniale, continue de livrer à la France de monsieur Giscard d'Estaing, son uranium à un prix ridicule, très en dessous du marché mondial. Ca permettait de doter la France, à bon compte, d'énergie nucléaire et de se payer, à bon compte, sa politique de puissance dans le monde.

Mais voilà, comme me l'a raconté mon amie, Bokassa avait reçu des offres d'entreprises internationales, et en particulier "une grande entreprise suisse" (malheureusement elle ne se rappelait pas le nom: Brown Boveri? Electrowatt? Motor Columbus? J'aimerais bien le savoir). C'était interessant car le prix était beaucoup plus élevé. Ça faisait donc plus à se mettre dans la poche, mais aussi plus pour des infrastructures en faveur du peuple centre-africain.

Giscard ayant eu vent de ces pourparlers, il avait décidé de se débarrasser de ce minable sergent qui osait demander le juste prix pour son uranium. Bokassa avait appris le danger, et un matin, au petit dejeûner, il avait confié à ses enfants: "Giscard veut me faire tomber. Mais moi je vous le dis, si je tombe, Giscard tombera avec moi."

Et c'est bien ce qui s'est passé. Bokassa a balancé cette affaire de diamants, et celà a suffi à faire perdre à Giscard quelques centaines de milliers de voix, qui ont fait la différence. Celà n'était pas la seule cause de la défaite de Giscard. Il y a eu aussi la vendetta de Chirac, prêt a tout pour arriver, qui après avoir fait tuer Robert Boulin qui aurait pu lui barrer la route, n'a pas hésité à faire voter pour Mitterrand.

Ainsi va le monde. Comme quoi on a parfois besoin d'un plus petit que soi et Giscard aurait été mieux inspiré de payer un peu plus cher pour l'uranium de ce brave sergent Bokassa. Il aurait pu être réélu et beaucoup de choses auraient été différentes.

Pour moi cette anecdote est une leçon.

Écrit par : Mallet du Pan | 07/01/2018

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