01/02/2018

Révolution permanente

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Commentaire publié dans GHI - 31.01.18

 

Le mépris avec lequel les médias traditionnels parlent des réseaux sociaux rappelle exactement celui des journaux et de la radio face à l’apparition de la télévision, il y a soixante ans, et celui des mêmes journaux lors de l’avènement de la radio, il y a presque cent ans. Tout comme il rappelle le mépris des écrivains pour les journalistes des premières gazettes à grand tirage, à l’époque de Balzac, et de ses « Illusions perdues ».

 

En gros, ce mépris camoufle une peur : celle de perdre un pouvoir. Se trouver dessaisi du monopole de la transmission de l’information, du droit à la mettre en forme, l’analyser, la commenter. De Théophraste Renaudot, l’inventeur de la première « Gazette » au dix-septième siècle, à ce titre le père du journalisme, jusqu’à nos jours, ce processus de dépossession est advenu maintes fois, du papier vers l’onde acoustique, de cette dernière vers l’onde visuelle, puis de tout ce beau monde vers l’ère numérique. Chaque fois, un maître-mot : la peur.

 

Eh bien, ils ont tort, les médias traditionnels. Les réseaux sociaux constituent un nouveau monde, que nul ne pourra effacer d’une chiquenaude. Une fois expurgés de leur maladie infantile, faite de bavardage et de vie privée, ils pourront devenir de vrais supports d’information, interactifs, fiables et vivants. Face à cela, les autres doivent se redéfinir. Il y a de place pour tous : la TV n’a pas tué la radio, qui n’a pas tué les journaux. Chacun peut survivre. A condition de constamment se réinventer. Ce métier n’est rien d’autre qu’une révolution permanente.

 

Pascal Décaillet

 

14:22 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je me rappellerai toujours de cette expression: "c'était sur Sottens". Il y avait Sottens pour nous les welsches et pour les Suisses allemands c'était Beromünster qui se prononçait Bèromunestre. Ah, comme le temps passe...Qui se souvient encore qu'il y avait des émetteurs de radio dans ces deux villages, un vaudois et un argovien? L'Henniez était "lithinée" et les "cornettes" Rollinette (fabriquées à Rolle) étaient les meilleures. Comme limonade on buvait de la Romanette, une boisson qui comme son nom l'indique était produite à Romanel. On allumait le feu avec des briquettes Union. Sous les semelles des soldats on mettait des tricounis et sur les fers des chevaux on mettait des mordax, sortes de crampons...

Fallait-il vraiment que tout cela change?

Écrit par : Passéiste | 01/02/2018

Il y avait aussi les dragons, le lait Guigoz, les caméras Bolex, les grills Melior, les platines Thorens, les piles Leclanché, l'Hermès Baby, Giovanola à Martigny, la raffinerie de Collombey, les éditions Rencontre, le Grand Passage, Suchard, les bas Iril, les skis Authier, le Vim, le Binaca, le Zyma Fluor, le Mercurochrome, l'Euceta, le Mexaform, le Vita Merfen, et pour les journalistes La Suisse, le Journal de Genève, la Gazette, le Nouveau quotidien et bientôt Le Temps, L'Hebdo, La Feuille d'Avis de Neuchatel, L'Impartial, la Correspondance Politique Suisse et bientôt l'Agence Télégraphique...

Tout à disparu... On nous a tout pris.

Même la Swissair, le secret bancaire, les éléphants du cirque Knie.

Mais où va-t-on? Qu'est-ce qui va nous rester?

Pas grand chose: l'Ovomaltine, le Cenovis, le Toblerone, les cigarettes Brunette... Et pour combien de temps encore?

C'est effrayant. On est foutus. Tout fout le camp!

Écrit par : Passéiste | 01/02/2018

@ Pascal.
Réseaux. Oui! Laissons tomber le mal qualificatif "sociaux" qui a démontré jusqu'à ce jour, plus son côté désastreux que bienheureux. Ce terme a leurré des populations qui ont assimilé le social à quelque chose de bien et de bienveillant. Comme je l'avais souligné, dans un autre commentaire, il faudrait dissocier les réseaux universels de travail d'avec les réseaux de bavardage avec leur juste libellé de Chatting ou Chat.

Information, éducation, recherche, investigation, analyse, prospective etc. en réseau, c'est bien si les réseaux bénéficient d'un cadre fiable et intelligible. Ce n'est pas le cas à l'heure actuelle ni dans les conditions qu'on connaît. Le plus grand, presque un monopole mondial, dépend d'un seul homme, de plus, lunatique, opportuniste et capricieux. Dépourvu de qualités humaines et sociales.

Même l'encadrement devra être sérieusement pensé pour qu'il ne soit pas l'instrument de quelques individus qui s'en enrichissent et qui, par leur appétit, menaceraient de prédation. Il faudrait, dans l'idéal, un collège représentatifs des communautés qui participent à la production des contenus, un comité d'éthique et de surveillance ainsi que des représentants de citoyens qui puissent faire remonter les observations importantes vers le conseil de direction et de gestion.
Cet encadrement devra être pro-actif, collaboratif et favoriser des actions coordonnées. Ce devra être un collège de représentants, comprenant bien l'importance de ce patrimoine intellectuel qui doit fonctionner et évoluer de manière démocratique et concertée, ceux là qui accepteront de répondre des charges et responsabilités qui leur sont confiées pour qu'enfin, les réseaux, dit sociaux, ne deviennent pas une data monayable et hautement spéculative.

Je crois que dans tout ce qui s'opère en réseau, il faut un minimum de règles de protocoles et de respect de la sphère privée des individus, qu'ils soient utilisateurs ou non. Tout comme dans la vie physique ou dans les publications restreintes ou large-public, Il faut pouvoir protéger les personnes aussi des effets collatéraux.

Il n'est pas interdit à la Suisse et aux pays d'Europe de créer leurs propres réseaux sociaux pour ne pas être à la merci d'un Face-Book tout puissant. La Chine et la Russie ont créé le leur. Ils ont aussi créé leur propre moteur de recherche. Pourquoi pas nous, petits Occidentaux retardataires?

Écrit par : Beatrix | 07/02/2018

Réseaux; Data; Applications; Objets connectés; Télésurveillance...
Attention de ne pas en être les polichinelles.

Je m'écarte un peu du sujet, en apparence seulement, car ce lien sur le stockage des données et à quoi elles ont pu et pourront servir ne quitte pas l'univers du numérique et du principe architectural de réseau.
A l'émerveillement devant l'espace sidéral en constante expansion, toutes les questions ne sont pas encore posées ou formulées alors qu'on procrastine ou on peine à répondre aux tout premières..."C'est quand qu'on va où...Pourquoi... Que va-t-il nous arriver? Pourra-t-on descendre du vaisseau comme on voudra? A-t-il des freins, une barre de direction et une boussole? Y-a-t-il des routes et des arrêts dans l'espace... dans le Cloud?"

Moi je dis oui, il faut se mettre au travail vite pour construire ces citadelles et ces grandes routes et ses noeuds d'échange qui vont nous conférer un début de mobilité et de souveraineté numérique. Nous avons laissé trop de vide et trop longtemps autour de nous si bien que d'autres l'occupent et l'exploitent à notre insu.

Des violations de la data et de l'irresponsable passivité politique.
https://lilianeheldkhawam.com/2018/02/09/vos-enfants-sont-fiches-des-la-maternelle-valerie-chenard/

Écrit par : Beatrix | 09/02/2018

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