08/02/2018

Orgues de Staline

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Commentaire publié dans GHI - 07.02.18

 

Tirer à boulets rouges sur le conseiller d’Etat Mauro Poggia. Telle est, depuis quelques jours, l’occupation principale au PLR. Démolir le bilan du magistrat, principalement à la Santé, mais aussi dans l’Action sociale. Il aurait fait tout faux, se serait montré incapable de lutter contre la hausse des primes maladie, aurait éhontément favorisé les HUG, au détriment des cliniques privées.

 

A ces missiles, répétés comme des orgues de Staline, une seule clef de lecture, bien sûr : l’approche des élections. Quelques caciques, au PLR, un matin autour d’un café, tiens un vendredi par exemple, ou le soir autour d’un bon cigare, ont dû, dans la géométrique puissance de leurs cogitations, percevoir le ministre MCG comme un maillon faible, donc allez on l’attaque, on met le paquet.

 

Je veux bien. Et c’est de bonne guerre. Mais c’est mal amené, beaucoup trop visible, repérable comme un troupeau d’éléphants à l’entrée d’une loge de théâtre. Il y a sans doute plein de choses à dire sur le bilan de M. Poggia, comme par exemple sur ceux de MM Longchamp ou Maudet. Mais enfin, on permettra au profane que je suis, ne suivant que de très loin la politique genevoise, de voir en ce magistrat un homme compétent, intelligent, avec du sens politique, une rare capacité de travail. Et l’ambition, dans le domaine de la Santé, de placer l’Etat au-dessus des intérêts privés.

 

Quant au PLR, un esprit chagrin pourrait lui reprocher de trottiner un peu servilement derrière le lobby des cliniques privées. Voyez, à ce petit jeu, tout peut se retourner. La vie politique, décidément, n’est pas toujours facile.

 

Pascal Décaillet

 

13:42 Publié dans Commentaires GHI | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

... ne suivant que de très loin la politique genevoise.
C'est cela.
Mauro Poggia vient juste derrière Yves Nidegger sur ma liste.

Écrit par : Pierre Jenni | 08/02/2018

ouais ouais mais épouvantablement démagogique en lançant le "chirurgien à 1 million"

Écrit par : paul Roth | 08/02/2018

Excellente observation Pascal. Je crois avoir chaussé les mêmes lunettes que vous.

En tout cas, sans hésiter, je donnerai ma voix à Mauro Poggia. C'est un homme, non seulement bosseur et compétent mais encore très humain. Son humilité et son honnêteté nous font du bien.

Avec Mauro Poggia, je voterai aussi pour Luc Barthassat au Conseil d’État. Tous les deux ont donné vraiment le meilleur d'eux-même. A n'en pas douter, ils continueront d'en donner le meilleur. Si la république va mal, ce n'est pas de leur faute. Mais cette République n'a jamais été le paradis pour personne. Ceux qui en sont heureux, n'habitent pas notre village international. A une exception près, ils viennent juste pour se faire servir mais ne partagent pas leur immense fortune ni nos noires peines.

Le vrais libéraux des lumières du 19 et 20ième ont tous disparu. Et le soleil radieux de la Macro-techno finance venait de se lever n'est-ce pas...?!

Écrit par : Beatrix | 08/02/2018

Je suis une femme de gauche, mais à mes chouchous naturels, j'ajouterai les deux mêmes que Beatrix, l'un pour sa compétence et son combat toujours renouvelé contre la toute-puissance des caisses-maladies, l'autre pour ses qualités humaines qui font du bien, même (surtout ?) à ce niveau !

Écrit par : Mathilde Lavenex | 09/02/2018

Le profane que vous êtes voit juste dans les raisonnements géométriques des initiés.

De fait il existe une solidarité transpartis entre tous les initiés du PLR, du PS, du PDC et des Verts. Ce qui leur importe n'est ni le bien commun ni une idéologie particulière, à part un vague humanisme progressiste auquel tous se réfèrent. ll s'agit avant tout de garder le pouvoir entre quelques mains, sélectionnées précisément par les initiés.

Cela ne veut pas dire que tous les élus sont des intitiés. Par exemple, est-ce que Barthassat l'est? Peut-être pas, mais son parti a été coopté depuis très longtemps, peut-être depuis l'époque de Guy Fontanet, et selon les accords en vigueur, il a droit à sa part du gâteau. Donc on ne fera pas donner les orgues de Staline contre Barthassat. Est-ce que le petit Hodgers l'est? Peut-être pas. ll est simplement gauchiste. Tout ce folklore rituel et ces simagrées avec des tabliers et des maillets n'appartient pas à sa culture juvénile de gauchiste sud américain. Mais contre lui non plus on ne fera pas donner les orgues de Staline, tout simplement parce que le grand principe initiatique, s'énonce: pas d'ennemi à gauche.

Ce qui dérange essentiellement les initiés ce sont les troubles fêtes qui ne jouent pas leur jeu et qui ne se sont pas soumis préalablement à leur cooptation. C'est le cas de l'UDC et du MCG. Ces partis dérangent parce qu'ils sont en désaccord sur l'essentiel de ce que veulent les initiés, c'est à dire sur la volonté de brader la Suisse à l'Union Européenne. Et parce que les personnalités qui représentent ces partis ne plaisent pas aux initiés.

Contre l'UDC et le MCG à Genève, la classe politique initiée fait l'union sacrée, sans hésiter à sacrifier délibérément les intérêts des partis nationaux. C'est ainsi qu'à cause du refus de s'entendre avec l'UDC et le MCG le PLR et le PDC genevois ont chosi de perdre les dernières élections qu'elles pouvaient pourtant gagner facilement et ont délibérément donné le pouvoir à un gouvernement de gauche qui est minoritaire électoralement. C'était fait en application du mot d'ordre initiatique: A nous les enfants de la Veuve, la République est en danger!

Le cas le plus flagrant de ces manoeuvres initiatiques de détresse a été celui d'Oskar Freysinger contre lequel les initiés ont fait l'union sacrée. Tous les coups ont été permis pour dézinguer Freysinger, y compris des fraudes électorales massives, avérées, et sur lesquelles il n'y a eu aucune enquête.

Mauro Poggia est moins fondamentalement dangereux qu'Oskar Freysinger pour les initiés, car il est plus flou. Un italien musulman, ca brouille un peu les lignes. Mais c'est égal. ll gêne la répartition de prébendes négociées sous le maillet. ll faut donc se débarrasser de lui. On sort les orgues de Staline.

Tant qu'il n'y aura pas une prise de conscience générale dans le public, de tous ces arrangements occultes qui corrompent la démocratie et faussent le jeu politique, et tant qu'il n'y aura pas un rejet massif par un électorat ayant enfin ouvert les yeux, de tous les participants à ces combines, on sera toujours aussi mal gouvernés et on ne sortira pas de la panade.

Écrit par : Mallet du Pan | 09/02/2018

Barthassat, je le trouve assez sympathique. Il incarne bien le charme des communes réunies. La seule chose qu'on puisse lui reprocher, c'est qu'à Berne il avait trempé dans le putsch anti Blocher du 12 décembre 2012 (12.12.12, facile à retenir comme date, comme celle de Marignan). Mais bon, c'est déjà vieux et on peut lui pardonner. En politique genevoise avec cette bande de gauchistes qu'on subit, et des falots beaux parleurs comme Maudet, c'est encore un des plus moins pires.

Écrit par : James Fazy | 09/02/2018

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