16/02/2018

Quorum : 7% c'est trop !

 

Sur le vif - Vendredi 16.02.18 - 16.29h

 

Pour moi, c'est très clair : il faut abaisser le quorum (actuellement 7%) à Genève. Cette barre, placée beaucoup trop haut, privilégie pour l'éternité les bons vieux partis, bien installés, avec leurs ancrages historiques dans les communes et les familles, leur clientélisme, leur implantation dans tous les réseaux de la République, leurs innombrables petits copains à la tête des régies du Grand État (HUG, SIG, TPG, etc.), leur immersion dans la multitude des Fondations, etc. Sans compter, bien sûr, leurs moyens financiers.

 

Il existe, à Genève, toutes tendances confondues, de gauche, de droite et d'ailleurs, de nouveaux partis, de nouvelles listes, riches d'énergie et de personnes, que ce quorum en forme de prime (bien imméritée) aux sortants empêchera d'accéder au Parlement cantonal. Il faudra bien, sans trop tarder, et même si la question s'est posée récemment à la Constituante, modifier les règles.

 

Parce que le statu quo, c'est l'éternité au pouvoir pour ceux qui, depuis la guerre, ont pignon sur rue. Ils ont certes, parmi eux, de brillants éléments. Mais il en existe aussi sur les listes nouvelles. Il faudrait mélanger tous ces talents. Pour cela, il faut donner organiquement une chance aux outsiders d'entrer au Grand Conseil. La seule solution, c'est l'abaissement du quorum.

 

Je plaide pour un quorum entre 3% et 5%.

 

Pascal Décaillet

 

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Classes moyennes

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Commentaire publié dans GHI - 14.02.18

 

Immergé comme jamais au milieu des candidats aux élections cantonales, je puis vous affirmer une chose : le souci numéro un, à Genève, est celui de la cohésion sociale. Il précède tous les autres, et doit nous occuper en priorité.

 

A Genève, l’économie ne se porte pas si mal, mais la répartition des richesses n’est pas assurée comme il le faudrait. Les classes moyennes, notamment, sont étranglées par les primes maladie, les loyers, et aussi la fiscalité. Les PME étouffent sous la paperasse. Les habitants sont surassurés. Les petits entrepreneurs ploient sous les charges. La différence entre chiffre d’affaires et bénéfice est immense : il conviendrait que tous la connaissent, ce qui ne semblait guère le cas, lors d’un débat récent à la RTS.

 

La justice sociale passe évidemment par l’aide aux plus démunis. Il n’est pas question de laisser des frères humains sur le bord du chemin. Mais elle passe aussi par les classes moyennes. Ce sont ces dernières, à Genève, qui payent le prix fort. Le pouvoir d’achat s'épuise, l’acquisition d’un logement devient une chimère. La paupérisation des ménages est une réalité.

 

A partir de là, lorsque vous voterez, songez, tous partis confondus, à envoyer au Grand Conseil des profils d’hommes et de femmes nourris de réflexion, non sur la seule réussite individuelle, mais sur ce qui cimente la communauté. Pour moi, cela passe par un mot : la solidarité. Hors de ce concept, point de salut. La politique exige une vision d’ensemble. Si le seul enrichissement vous intéresse, allez spéculer à New York. Ici, nous avons mieux à faire.

 

Pascal Décaillet

 

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15/02/2018

Elections : osez les nouvelles listes !

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Commentaire publié dans GHI - 14.02.18

 

Le dimanche 15 avril, le corps électoral genevois renouvellera, pour cinq ans, le Grand Conseil. Il s’agit du législatif de notre Canton, il compte 100 députés, qui font les lois, mais aussi doivent contrôler l’action du gouvernement et de l’administration. Dans un pays comme la Suisse, où les Parlements sont importants, ça n’est pas rien d’être un élu. Il y en a de bons, de moins bons, des actifs et des passifs, des calmes et des rugissants, ils sont le reflet de ce que nous sommes. Apparemment, ce job fait envie : à ce jour, le Service des votations compte 621 candidats (un record) sur 13 listes. Les sept partis déjà représentés au Grand Conseil, et six autres, dont certains parfaitement nouveaux. C’est de ces derniers que j’entends vous entretenir ici.

 

En commençant par une chose : rien de plus détestable que de ricaner face aux nouveaux. Une élection est une mise à zéro des compteurs, les citoyennes et citoyens votent pour qui ils veulent. S’ils entendent reconduire les sortants, c’est leur droit. S’ils veulent du sang nouveau, libre à eux. La plupart d’entre nous panachent : ils reconduisent les députés qui leur semblent le mériter, dégagent les paresseux, et mélangent tout ce beau monde avec une dose de nouveaux. Parce qu’on en prend pour cinq ans, et qu’il n’y a aucune raison d’envoyer toujours les mêmes pour nous représenter. Aucune, non plus, de maintenir pour l’éternité les partis sortants. Pour ma part, toutes formations confondues, je choisis soigneusement et sévèrement les gens pour qui je vote, sans hasard ni blanc-seing.

 

Comme vous le savez, en plus de mes émissions habituelles, je me livre à six minutes d’interview face à 104 candidats (8 par liste). Cela s’appelle « Visages de Campagne », c’est une immense opération citoyenne de Léman Bleu, je suis très fier d’y participer, et cela me permet d’approcher en profondeur la sociologie des candidats, de tous bords. Eh bien croyez-moi, je suis impressionné par l’enthousiasme civique des nouvelles listes. Que ce soit « La Liste pour Genève », républicaine, défendant la laïcité, ou encore « La Liste », avec uniquement des femmes, ou encore GEM, le PBD, les Verts libéraux, ou même « Egalité Equité », chacune de ces nouvelles formations mérite notre respect et notre attention. Ricaner, sous le seul prétexte qu’elles « n’y arriveront jamais », à cause du quorum (7%), et finalement se contenter des valeurs sûres, issues de partis hérités du 19ème siècle, c’est ne rien comprendre à l’essence même du renouvellement démocratique.

 

Car enfin, les libéraux ont bien commencé un jour, avec Benjamin Constant. Les radicaux, avec James Fazy. Les socialistes, avec la Révolution industrielle. La démocratie chrétienne, avec Léon XIII, le père de la Doctrine sociale de l’Eglise. Etc. Donc, il a bien fallu, un jour, que des citoyennes et des citoyens, parmi nos ancêtres, décident de rompre avec le train-train des installés. Et d’accorder leur confiance à des nouveaux. Choisissez en conscience. Et surtout, mes félicitations aux 621 qui osent l’aventure de se porter candidats.

 

Pascal Décaillet

 

   

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08/02/2018

Orgues de Staline

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Commentaire publié dans GHI - 07.02.18

 

Tirer à boulets rouges sur le conseiller d’Etat Mauro Poggia. Telle est, depuis quelques jours, l’occupation principale au PLR. Démolir le bilan du magistrat, principalement à la Santé, mais aussi dans l’Action sociale. Il aurait fait tout faux, se serait montré incapable de lutter contre la hausse des primes maladie, aurait éhontément favorisé les HUG, au détriment des cliniques privées.

 

A ces missiles, répétés comme des orgues de Staline, une seule clef de lecture, bien sûr : l’approche des élections. Quelques caciques, au PLR, un matin autour d’un café, tiens un vendredi par exemple, ou le soir autour d’un bon cigare, ont dû, dans la géométrique puissance de leurs cogitations, percevoir le ministre MCG comme un maillon faible, donc allez on l’attaque, on met le paquet.

 

Je veux bien. Et c’est de bonne guerre. Mais c’est mal amené, beaucoup trop visible, repérable comme un troupeau d’éléphants à l’entrée d’une loge de théâtre. Il y a sans doute plein de choses à dire sur le bilan de M. Poggia, comme par exemple sur ceux de MM Longchamp ou Maudet. Mais enfin, on permettra au profane que je suis, ne suivant que de très loin la politique genevoise, de voir en ce magistrat un homme compétent, intelligent, avec du sens politique, une rare capacité de travail. Et l’ambition, dans le domaine de la Santé, de placer l’Etat au-dessus des intérêts privés.

 

Quant au PLR, un esprit chagrin pourrait lui reprocher de trottiner un peu servilement derrière le lobby des cliniques privées. Voyez, à ce petit jeu, tout peut se retourner. La vie politique, décidément, n’est pas toujours facile.

 

Pascal Décaillet

 

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07/02/2018

Elections : faites confiance aux jeunes !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.02.18

 

Je n’ai, de toute ma vie, jamais articulé ma réflexion politique autour de l’axe des générations. Jamais, même à l’âge de dix ans, en mai 1968, je n’ai utilisé l’expression « Les jeunes sont comme ceci, comme cela… ». D’ailleurs, en ce printemps d’éruption libertaire, dont on va bientôt marquer le cinquantenaire, je me sentais paradoxalement moins jeune que mes aînés qui manifestaient dans les rues de Paris ! Ils détestaient de Gaulle, je l’adorais. Ils voulaient faire table rase du passé, j’étais déjà complètement tourné vers l’Histoire. Donc, j’invite le lecteur à se méfier de toute parole globale concernant les jeunes. Ni pour dire qu’ils sont géniaux. Ni pour affirmer le contraire, dans le mode « C’était mieux avant ». La vérité, c’est qu’il y a exactement, chez les jeunes, la même proportion de gens de valeur que chez les vieux, et c’est tant mieux. Tout au plus, dans l’immense entreprise qui m’amène, en cette période pré-électorale, à rencontrer un nombre considérable de candidats, je suis amené à percevoir, dans la nouvelle génération, quelques inflexions qui méritent d’être relevées.

 

Prenez Aude, Diane, Virna, Elena et Nicolas, cinq jeunes candidats, de cinq partis différents, qui étaient réunis, ce dimanche 4 février, sur le plateau du Grand Genève à chaud. Cinq visions, certes, avec des différences bien marquées, notamment un duel sur la propriété privée entre la candidate PLR et celle d’Ensemble à Gauche. Sur le fond, ce duel est le même que celui tenu il y a trente ou cinquante ans par leurs aînés. Il confirme la permanence d’un noyau dur, celui du choc idéologique autour de la lutte des classes. Mais ce qui change, infiniment, c’est la tonalité. Les jeunes d’aujourd’hui ont appris à s’affronter avec respect. Ils n’assènent pas, ils argumentent. Ils ne hurlent pas, ils calibrent la durée en fonction du timing imparti, et modulent la voix, en sachant très bien que le micro sature dès qu’on exagère le volume. Bref, bien mieux que certains de leurs aînés, ils maîtrisent les lois élémentaires de la communication politique.

 

Un autre élément me frappe : l’appartenance à un parti est de moins en moins perçue comme l’allégeance à vie à un clan, ou à une chapelle, qui exigerait de se tenir entre soi et de ne surtout pas frayer avec l’adversaire. Don Camillo et Peppone, c’est fini : aujourd’hui, les plus féroces antagonistes s’appréhendent, hors-débat, avec amitié et courtoisie. Ils font parfaitement la différence entre ring politique et vie de tous les jours. Ils partagent leurs préoccupations, discutent beaucoup, bref ne font pas de la bagarre idéologique l’alpha et l’oméga de leur existence. Pour avoir connu, dans la Genève des années 70, quelques moments assez violents dans les échanges, je puis vous assurer que la petite musique apaisée des jeunes fait du bien. D’autant qu’en matière de compétences, de qualité de formation, de connaissance des langues, nombre d’entre eux n’ont rien à nous envier. Bref, la relève est là. Avec ses armes, ses outils de compréhension du monde, elle sera en mesure d’affronter l’avenir. Je lui fais, pour ma part, pleine confiance.

 

Pascal Décaillet

 

*** Sur l'image, de gauche à droite : Elena (MCG), Virna (UDC), Diane (PLR), Aude (Ensemble à Gauche) et Nicolas (PDC). GRAND GAC du dimanche 04.02.18.

 

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01/02/2018

Révolution permanente

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Commentaire publié dans GHI - 31.01.18

 

Le mépris avec lequel les médias traditionnels parlent des réseaux sociaux rappelle exactement celui des journaux et de la radio face à l’apparition de la télévision, il y a soixante ans, et celui des mêmes journaux lors de l’avènement de la radio, il y a presque cent ans. Tout comme il rappelle le mépris des écrivains pour les journalistes des premières gazettes à grand tirage, à l’époque de Balzac, et de ses « Illusions perdues ».

 

En gros, ce mépris camoufle une peur : celle de perdre un pouvoir. Se trouver dessaisi du monopole de la transmission de l’information, du droit à la mettre en forme, l’analyser, la commenter. De Théophraste Renaudot, l’inventeur de la première « Gazette » au dix-septième siècle, à ce titre le père du journalisme, jusqu’à nos jours, ce processus de dépossession est advenu maintes fois, du papier vers l’onde acoustique, de cette dernière vers l’onde visuelle, puis de tout ce beau monde vers l’ère numérique. Chaque fois, un maître-mot : la peur.

 

Eh bien, ils ont tort, les médias traditionnels. Les réseaux sociaux constituent un nouveau monde, que nul ne pourra effacer d’une chiquenaude. Une fois expurgés de leur maladie infantile, faite de bavardage et de vie privée, ils pourront devenir de vrais supports d’information, interactifs, fiables et vivants. Face à cela, les autres doivent se redéfinir. Il y a de place pour tous : la TV n’a pas tué la radio, qui n’a pas tué les journaux. Chacun peut survivre. A condition de constamment se réinventer. Ce métier n’est rien d’autre qu’une révolution permanente.

 

Pascal Décaillet

 

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