07/04/2018

La Galerie des Glaces

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Sur le vif - Samedi 07.04.18 - 10.58h

 

Dès qu'un humain dispose de pouvoir, il a tendance à en abuser. C'est valable pour tous, y compris pour un Président du Conseil d'Etat.

 

A propos du titulaire sortant de cette fonction, une remarque : c'est quand il émerge, et qu'il est en phase ascendante de son appétit de pouvoir, qu'il faut signaler publiquement l'arrogance d'un puissant, plutôt que de trottiner derrière lui comme des lapereaux.

 

En clair, je trouve assez lamentable de voir tant d'âmes critiques de la 25ème heure se lâcher aujourd'hui sur François Longchamp, alors qu'ils avaient douze ans et demi pour le faire. Dès la fin de sa première législature, en 2009, et assurément pendant toute la détestable année 2010, les signaux, flagrants, étaient là. A cette époque, les plumes incendiaires d'aujourd'hui faisaient la roue, dans la Cour du Prince.

 

Aujourd'hui, je vais le dire franco de port, un autre personnage s'en vient poindre avec, pour la législature à venir, de véritables risques d'autocratie et de pouvoir personnel : il s'agit de Pierre Maudet.

 

Oh, il sera brillamment réélu, et se taillera une belle part dans la répartition des Départements. Osera-t-il briguer l'Instruction publique ? L'homme est très intelligent, vif, rapide, malicieux, il a de l'humour, c'est toujours un plaisir de discuter avec lui. Il a tout pour réussir. Tout, sauf qu'il a cette démesure dans l'appétit de pouvoir.

 

Et puis, il y a cette hyper-communication. Cette volonté de tout contrôler, au millimètre, dans l'image qu'on donne de soi. Ces relais, dans les médias, où le jeu de sources et de révélations est tellement facile, quand on connaît un peu la musique, à reconstituer. Oui, dans certaines rédactions, à Genève et à Lausanne, Pierre Maudet dispose d'une aimable batterie de perroquets et de perruches pour reproduire son discours.

 

Ceux qui, aujourd'hui, tombent sur François Longchamp après l'avoir encensé dans les heures de gloire, lâcheront aussi, le jour venu, Pierre Maudet. Mais pour l'heure, ils se taisent. Parce que le Phénix est encore dans sa phase ascendante, voire tout en haut. Parce qu'il se profile comme l'homme fort de la prochaine législature. Et parce qu'il est plus confortable de critiquer un astre en déclin que le Roi Soleil en majesté, au milieu de la Galerie des Glaces.

 

Pour ma part, je suis un homme seul. Je dis les choses telles que je les analyse et les pense, telles que je les perçois. Et je puis déjà vous affirmer que la voracité démesurée de pouvoir de Pierre Maudet constituera le problème no 1 de la future équipe gouvernementale. Après quelques mois d'état de grâce, les signaux de pouvoir autocratique resurgiront. En allant vers 2023, ils ne feront que croître.

 

Pascal Décaillet

 

15:36 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Vous jouez les oiseaux de mauvais augure. Que serait aujourd'hui son département s'il ne l'avait "repris" ?

Écrit par : norbert maendly | 07/04/2018

Je peine à comprendre qu'un type aussi brillant ne semble pas capable de réaliser que son autoritarisme a été, et sera, le défaut qui lui empêche d'atteindre la dernière marche.
Il s'est grillé avec la police, les taxis, dont je suis une des victimes, et les gardiens de prisons. Et il n'a rien appris. Il continue, comme si de rien n'était. Et il en semble fier. C'est pour moi incompréhensible. Car lorsqu'on est ambitieux et avide de contrôle, on se donne les moyens de parvenir à ses fins.
Je vous encourage à discuter avec un de ces professionnels. Vous serez sidéré par l'unanimité des critiques qui ne semblent pas même l'effleurer. Dure sera la chute lorsqu'il terminera son dernier mandat.
Et je plains celui qui devra faire le boulot pour retrouver la confiance de ces acteurs.
J'ai un seul regret. Que les diverses procédures lancées au TF n'aient toujours pas été traitées après plus de huit mois. Car la sanction aurait permis de mettre en lumière son bilan et surtout ses travers.
Et je crains qu'à la présidence, il insiste à nous pourrir l'existence par son besoin de diriger ses collègues et foutre le souk dans le collège.

Écrit par : Pierre Jenni | 07/04/2018

@ Pascal Décaillet : très bon papier, analyse lucide, bravo et merci.

@ Norbert Maendly : incroyable votre naïveté : P. Maudet s'est toujours profilé comme un "homme fort" mais dans la réalité il est celui qui cède face à son département (grève des policiers), qui fait sauter un fusible (Cudré-Mauroux), qui régularise à tour de bras des illégaux (Papyrus), qui fait retarder la publication du rapport des responsabilités dans l'affaire "Adeline" après les élections.... Fervent promoteur des bilatérales il "pousse" en sous-marin pour une adhésion à l'UE... Mais vous avez raison, en matière de communication il est indiscutablement supérieur à ses prédécesseurs....

Écrit par : A. Piller | 07/04/2018

Peut-être Monsieur Décaillet a-t-il porté PM sur sa liste dont il nous parlait l'autre jour ? Pour ma part ce ne sera plus le cas. Il y aura un Pierre Maudet au Conseil d'Etat, heureusement il n'y en aura qu'un. Je ne pense pas que sa soif de pouvoir soit compatible avec un gouvernement collégial et une administration qu'il faut savoir écouter. Une carrière militaire lui aurait mieux convenu. Ses futurs collègues ont du soucis à se faire !

Écrit par : alladin | 08/04/2018

Chère M. Décaillet,

Je vous remercie largement pour la qualité tenace de chaque publication, car au fil de temps malgré la généreuse clarté de votre plume je me sense éloigné du monde réelle au mesure de vous comprendre mieux. Un sentiment assez genevois, un meilleur comprehension de l'histoire? Un besoin urgent de s'en sortir de moi et apprendre de vivre mieux sur terre.

Je serais à l'avenir en fort manque de la grandeur de vos lectures aussi bien communiqué qui devront faire lourde critique au cohort entrant comme noté ci-dessus, souffrant du défaut inverse. Je ne peut que citer mon grand-mère, 'il en faut tout pour faire une monde' aima-t-elle. Vous en faites preuve! Bravo.

Écrit par : Stephen A. | 08/04/2018

@ A Piller : Je suis peut être naïf mais je n'ai pas de problème avec "l'autorité".

Écrit par : norbert maendly | 08/04/2018

Autorité et autoritarisme sont deux mondes à part Norbert. Ils sont presque contradictoires car un être doué d'autorité naturelle n'éprouve pas le besoin d'en rajouter.

Écrit par : Pierre Jenni | 09/04/2018

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