17/04/2018

Rhinocéros

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Sur le vif - Mardi 17.04.18 - 12.48h

 

A Genève, c'est le patronat qui pousse à fond, depuis des semaines, pour sécuriser l'élection des quatre candidats de l'Entente. Il lui est égal de savoir qui sera le quatrième élu, ce qui compte c'est de sauver le soldat, à tout prix. Si ce quatrième de l'Entente était un rhinocéros, le patronat le soutiendrait.

 

L'enjeu, c'est la réforme de l'imposition des entreprises. Garder le taux promis aux multinationales. Pour cela, il faut évidemment une majorité de l'Entente au Conseil d'Etat. Le reste passe loin derrière, jusqu'à la longueur de la corne du rhinocéros.

 

Rétrospectivement, on comprend mieux certaines attaques contre des magistrat(e)s sortant(e)s, dans la campagne du premier tour. L'enjeu n'a jamais été M. Ramadan, ni les affaires de plaintes contre lui, ni même l'histoire de la secrétaire du DIP. Tout cela est aussi indifférent que la peau épaisse du rhinocéros.

 

Non. Ce qui comptait, dans ces attaques, n'a jamais été le DIP. Mais affaiblir à tout prix la gauche, en tentant de faire tomber une sortante. Pour que l'Entente conserve la majorité. A cause de l'imposition des entreprises.

 

Même, au besoin, avec un rhinocéros.

 

Pascal Décaillet

 

12:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Peut-être, mais alors, pourquoi avoir attaqué également, sinon plus, et durant toute une législature, la crédibilité dudit rhinocéros? Ce n'est pas très cohérent. On espérait peut-être voir le camarade au balai bien placé dominer la bataille?

Le rhinocéros, lui, risque bien de tomber malheureusement, malgré un bilan non moins positif que celui de la magistrate sortante que l'on aura reconnue, et ce serait bien dommage. Car avec les gagnants que l'on nous promet, c'est routes barrées et feux rouges assurés, alors que la situation commençait enfin, lentement, à se détendre.

Mais le rhinocéros a péché par excès de naïveté. Il aura cru que les Genevois, et surtout ses camarades de bord, lui pardonneraient son style décalé. Il n'en est rien, les Genevois sont encore plus conservateurs que les Français, ce qui n'est pas peu dire. Le message n'est pas passé. Il en a même excédé quelques-uns. Et il n'est rien de pire que d'être attaqué, sournoisement, par ceux qui se prétendent vos amis. Sans compter que d'aucuns, vestiges des (trop) longues magistratures vertes qui ont sclérosé ce département, se seront sans aucun doute fait un devoir et un plaisir de lui savonner la planche.

L'erreur de stratégie pourrait avoir des conséquences dramatiques pour Genève, car avec un Grand Conseil déjà à majorité de gauche, le risque de voir Genève rater plusieurs réformes cruciales (CPEG, PF17) est énorme, et nous pourrions alors retomber dans une dépression pire encore que celle des années nonante, de sinistre mémoire.

Écrit par : mikhail | 17/04/2018

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