30/05/2018

La Palestine, ça existe !

 

Sur le vif - Mercredi 30.05.18 - 09.11h

 

Ignazio Cassis se rend-il compte que ses déclarations, maintenues ce matin à la RSR, sur le Proche-Orient font de lui, en termes d'image en tout cas, l'allié objectif du colonialisme israélien dans les Territoires ?

 

Maladresse, méconnaissance de l'Orient compliqué, ou (pire) prise de parti consciente pour l'un des camps ? Pour m'être rendu plusieurs fois sur place, je puis attester que la réputation de la Suisse, là-bas, est excellente auprès de toutes les parties en conflit, pour peu justement que notre pays ne favorise aucune d'entre elles. Et accorde à chacun le même degré de reconnaissance.

 

Surtout, cela n'intervient pas à n'importe quel moment. Il existe un plan, entre les Etats-Unis et Israël, pour jeter au panier la question palestinienne. Et, dans la foulée, faire la guerre à l'Iran. Donald Trump, sur cette question, laisse les milieux évangéliques américains, alliés avec les traditionnels soutiens d'Israël aux Etats-Unis, exercer sur lui une profonde influence. Soucieux de sa réélection en 2020 ?

 

En attendant, la Suisse doit impérativement demeurer dans sa position de respect et d'amitié envers tous les antagonistes du conflit israélo-palestinien. Il existe des liens avec Israël. Il en existe aussi avec la Palestine, et les multiples composantes de ses aspirations à l'affranchissement. On sait à quel point, depuis 1948, Israël s'ingénie à monter les unes contre les autres. Par exemple, le Hamas contre les vieilles institutions du Fatah. Les ferments internes de dispersion ont toujours été les pires ennemis de la cause palestinienne.

 

Dans ces circonstances, les propos de M. Cassis sur les réfugiés palestiniens constituent une grave erreur politique. Au moment où la plus grande puissance de la planète œuvre, avec Israël, à une évacuation historique de ce dossier, les Palestiniens, plus affaiblis que jamais, aux confins du désespoir, ont besoin d'entendre de notre pays des mots de reconnaissance et d'amitié. Et non des mots qui vont dans le sens des puissants, des colons et des dominateurs.

 

Pascal Décaillet

 

12:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

"(...)dans le sens des puissants, des colons et des dominateurs..."le droit du plus fort, toujours!

Foyer national juif aux dépens des Palestiniens... autrefois.

Silence sioniste à propos de la présence de vieux arabes sur leurs propres terres à eux Arabes.

Le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël est-il le meilleur service à rendre aux fils d'Abraham ou, une fois de plus, en revenir à la source: l'élection divine d'Israël par on ne sait quelle divinité... (Une intelligence supraterrestre qui marquerait une préférence à un peuple plutôt qu'à un autre?) cette élection est-elle une illusion, laquelle, en ce cas, confère à ce peuple "élu" une confiance, un optimisme... certain face à ses ennemis

mais cette haine: coupable parce que né juif est-elle sans fondement?
De la part de ce peuple, orgueil, sentiment de supériorité?

Relire l'histoire biblique de Joseph et de ses frères, lui, semble-t-il, par une tunique différente, privilégié, "élu"

avec, par rage ou rancœur de ses frères, à part l'un d'eux, le dessein de le tuer, lui, Joseph?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/05/2018

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