16/06/2018

De Delphes à Tübingen

 

Sur le vif - Samedi 16.06.18 - 07.38h

 

L'Europe n'est pas libérale par essence. Mais seulement parce que certains dirigeants, à un certain moment, lui ont imposé la tyrannie des marchés libéraux. C'est le péché originel, porteur de tous les maux de l'Union européenne, aujourd'hui.

 

Notre vieux continent n'est pas un dominion hors-taxes de la jungle anglo-saxonne. Il est, tout au contraire, le produit d'une immense Histoire où les communautés humaines, au fil des générations, ont tissé des liens de reconnaissance, de solidarité, de mutualité.

 

Cela, pendant des siècles, s'est construit autour des grands Ordres chrétiens. Mais aussi, dans le registre temporel, autour de la notion d'Etat, autour de la loi et de la chose écrite. L'Europe est un lien, une mise en partage des cultures. La réduire à un marché relève d'une conception vulgaire, inachevée, de la mission de notre continent dans le monde.

 

Le jour où les pays d'Europe mettront en commun l'intime richesse de ce qui les unit, de Weimar à Cluny, de Delphes à Tübingen, de Dresde à Sénanque, de Sienne à Nuremberg, là oui, s'élèvera quelque chose dans nos âmes. Pour l'heure et pour de nombreuses générations, je n'entrevois que la permanence des nations.

 

Pascal Décaillet

 

15:48 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

On en prend pas le chemin avec l'islamisation galopante.

Écrit par : norbert maendly | 16/06/2018

Par une autre voie, Valérie Bugault, Dr en droit, illustre vos propos lors d'une conférence très pédagogique où elle explique comment la monnaie, qui ne devrait être qu'une mesure, est devenue une marchandise. Et comment les états, qui devraient être souverains sont devenus des instruments pour les banques :
http://www.medias-presse.info/letat-peut-il-resister-aux-banques-videos-de-lintervention-de-valerie-bugault/93282/

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16/06/2018

En théorie je suis d'accord avec vous et pourtant on est obligé d'admettre que l'âge d'or de l'Europe Unie a été celle du Marché Commun après le Traité de Rome, rien qu'un marché ! C'est vrai qu'il y avait l'enthousiasme de la reconstruction et il y avait eu l'argent du Plan Marshall, mais ça fonctionnait bien.
Après on a construit une maison en commençant par le toit, la monnaie unique ! Pas d'harmonisation fiscale, ni judiciaire, ni des systèmes électoraux, pas de politique extérieure unique, pas de force militaires communes, RIEN!, sauf la monnaie unique. Il fallait faciliter le commerce en évitant tous les problèmes d'échange des monnaies... pour le reste "on verra après" !
Puis, cerise sur le gâteau, en 2004 on a passé de 15 Pays à 25 d'un coup et tous, sauf peut-être Malte, des Pays pas riches et qui avaient besoin de beaucoup de subventions. La machine bureaucratique s'est alourdie et j'ai l'impression que c'est à ce moment-là que l'Europe a commencé à mettre la pression sur la Suisse : il y avait besoin d'un Pays riche qui donne plus que ce qu'il pouvait recevoir.
Donc, vous voyez, un marché peut être une conception vulgaire mais ce qui est pire ce sont les idéologies grandiloquentes avec des projets inachevés, comme vous dites, et des comptes d'épicier derrière, tout de même !

Écrit par : Laura Ferrentino | 17/06/2018

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