17/06/2018

Berlin, 17 juin 1953

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Sur le vif - Dimanche 17.06.18 - 06.25h

 

Il y a 65 ans aujourd'hui, l'insurrection à Berlin-Est. Un moment majeur d'une Histoire de la DDR qui reste à écrire, tant elle est méconnue, passionnante, essentielle.

 

Sur cette insurrection du 17 juin 1953, trois mois et douze jours après la mort de Staline, à lire absolument, une pièce de Günter Grass, éblouissante. Elle représente Brecht, faisant jouer le Coriolan de Shakespeare, au Berliner Ensemble. Lorsque, tout à coup, les ouvriers insurgés envahissent son théâtre !

 

Cette pièce s'appelle "Die Plebejer proben den Aufstand", "Les plébéiens répètent l'insurrection". Elle y transforme le plus grand dramaturge du vingtième siècle en victime d'acte révolutionnaire !

 

Ce texte, que tout prof d'allemand devrait lire avec ses élèves (après les avoir invités à lire l'œuvre, géniale, de Brecht lui-même, bien sûr), est publiée, en français, aux Editions du Seuil.

 

Et, si la grandeur tragique du mythe de Coriolan vous intéresse, et que la fréquentation du sublime ne vous effraye pas, il y a évidemment l'Ouverture en do mineur, Opus 62, composée en 1807 par un certain Ludwig van Beethoven.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

L'écrivain genevois René-Louis Piachaud a fait la meilleure traduction de Coriolan en français. Elle a été montée à Paris 9 décembre 1933 à la Comédie-Française; dans une mise en scène d'Émile Fabre, avec des décors d'André Boll, des costumes de Charles Bétout, et une musique de Raymond Charpentier. De cette excellente traduction madame Colette, qui avait assisté à la première, a écrit : «...À qui n'a lu, comme moi, que la traduction compassée de Guizot, celle de Piachaud ragaillardit le cœur. L'emploi du vers blanc que le traducteur réserve à la tirade, aux scènes où le ton s'élève, selon que la situation approche du tragique ou du tendre, fait office de clavier colorant, si j'ose écrire. Le poète vigoureux veille constamment sur le texte qu'il adapte, tantôt enfle, tantôt étouffe sa propre musique, use avec goût de certaines formes empruntées au dix-septième siècle : un démon plein d'ennui, enfin laisse voir tout l'amour lucide qu'il porte à Shakespeare et à la langue française...» Colette, Journal du 24 décembre 1933.

Écrit par : Mallet du Pan | 18/06/2018

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