19/07/2018

Plouc ou Messie ?

 

Sur le vif - Jeudi 19.07.18 - 09.58h

 

Tout miser sur la libre circulation, donc l'apport fantasmé de l'altérité, figurée comme la Voie du Salut, c'est faire bien peu de cas des sédentaires. Ceux qui sont déjà là. Ceux qui, pendant des générations, après leurs parents, leurs aïeux, ont choisi de demeurer dans le pays qu'ils aiment. Chacun apportant sa pierre, petite ou grande, pour le construire.

 

Dans la Suisse de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, encore bien pauvre, beaucoup de nos compatriotes ont émigré. En Algérie, en Argentine, au Brésil, etc. Mais beaucoup, aussi, ont fait le choix de rester. Ils ont travaillé dur, gratté des sols arides, accepté les boulots les plus modestes. Il faut aussi penser à eux. De l'intérieur, ils ont fait avancer le pays.

 

Il y a, dans l'idéologie ultra-libérale du flux continu des personnes, chacune interchangeable, comme une funeste négation de la vertu de sédentarité. Celui qui reste serait un plouc. Celui qui transite, un Messie.

 

C'est aussi contre cela que les peuples d'Europe commencent à se révolter, contre cette vision méprisante. Cette sacralisation du mouvement, ce mépris de l'attachement.

 

Non l'attachement du serf, celui qui n'aurait pas le droit de quitter sa terre. Mais l'enracinement de l'homme ou de la femme libre, celui ou celle qui, en toute connaissance de cause, ayant le choix, a opté pour la sédentarité à l'intérieur du pays. Parce qu'il veut participer à l'aventure collective de ce pays-là.

 

Les ultra-libéraux subliment le mouvement perpétuel, le nomadisme. Pour mieux brasser leurs équations de profit. De leur hauteur cosmopolite, ils méprisent l'émotion d'appartenance nationale. Le sédentaire creuse et contemple. Il participe, souvent sans bruit ni fracas, à la qualité de vie améliorée, là où il est.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

"Mais l'enracinement de l'homme ou de la femme libre, celui ou celle qui, en toute connaissance de cause, ayant le choix, a opté pour la sédentarité à l'intérieur du pays."
Jacques Debronckart, qui n'est vraiment pas qqn de droite : Adélaïde, à lire attentivement...

Qu'ils soient d'ici où de n'importe quel parage
Moi j'aime bien les gens qui sont de quelque part
Et portent dans leur cœur une ville ou un village
Où ils pourraient trouver leur chemin dans le noir
Voilà pourquoi Jean de Bordeaux, François de Nantes
Voilà pourquoi Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
J'aime tant vous entendre parler de chez vous.

[Refrain] :
Quand le dernier verre se vide
Dans les bars d'Adélaïde
On a le cœur qui se vide aussi
Lorsque l'on pense au pays !

Chaque premier janvier on dit c'est la dernière
La dernière année que je passe en Australie
Et le premier janvier suivant nous voit refaire
Même serment qui sombre à son tour dans l'oubli
Ça serait pourtant le moment de revoir nos plages
Car les pays se ressemblent de plus en plus
Et dans dix ans nous trouverons dans nos villages
Des distributeurs de hot-dog au coin des rues !

Le whisky parait acide
Dans les bars d'Adélaïde
Lorsque l'on garde au palais
Le souvenir du Beaujolais

Et dans vingt ans sans avoir revu nos falaises
Citoyens d'Australie conscients de leurs devoirs
A nos enfants nous apprendrons la langue française
Mais leur accent ne sera pas celui du terroir
Alors dis-moi de nos vingt ans François de Nantes
De nos vingt ans Laurent le gars du Canigou
Pierre le Normand et toi Joël de la Charente
Nos vingt ans d'aujourd'hui vous en souviendrez-vous ?

Écrit par : Géo | 19/07/2018

Sahaja yoga signifie yoga d'union spontanée avec le Divin.

On pense qu'encore faut-il croire au Divin mais l'énergie sexuelle toute puissante touche également au Divin par sa jumelle, l'énergie spirituelle.

Pour la sexualité le chakra concerné comprend l'élément de l'eau, le sens du goût
l'émotion la créativité le plaisir.

Le plaisir, de nos jours, est but mais sans plaisir comment avoir envie de recommencer l'acte de procréation, la pénétration?

Or, bien souvent, sans s'y prendre à plusieurs fois comment procréer?

Compris du point de vue de la procréation le plaisir n'est pas but mais moyen.

Si le plaisir n'est qu'un moyen où dénicher le but, le sens de nos vies?

Écrit par : larigot | 19/07/2018

ll n'y a pas eu uniquement des petites gens qui ont été sédentaires et se sont dédiées à leur pays, car elles ne pouvaient pas être nomades, n'en ayant pas les moyens. ll y a eu aussi des élites, aristocratiques, bourgeoises, dirigeantes, gouvernementales, militaires, commerçantes, industrielles, intellectuelles, etc., qui auraient peut-être eu les moyens de la vie cosmopolite et nomade d'élite, mais qui étaient pourtant attachées à leur pays: la Suisse. Parce qu'elles l’aimaient et voulaient le servir. Parce qu’elles y trouvaient leur intérêt aussi, bien entendu, ne nous leurrons pas. Les puissants et les riches, comme tout le monde, comme les pauvres diables attachés à la glèbe, poursuivent leur intérêt. Tout le monde poursuit son intérêt, c’est bien naturel. Seulement il y a tout de même une différence par rapport à l’idéologie du nomadisme de l’hyperclasse dorée, chantée avec impudeur par un Jacques Attali qui n’en rate pas une pour jouer avec le feu par ses déclarations: Les élites traditionnelles se concevaient dans un cadre, même pas national, on ne peut pas vraiment dire que la Suisse avant le XIXe siècle ait été une nation au sens moderne, mais dans le cadre de communautés historiques, territoriales, avec leurs intérêts à défendre et un bien commun à défendre.

Les "gros", appelons les ainsi, dominaient les petits. Bien entendu. lls les exploitaient même, si vous voulez. Ne le nions pas. En Suisse, quelques douzaines de familles concentraient dans leurs mains l’industrie de la guerre, c’est-à-dire les services militaires à l’étranger, qui étaient à la fois une source de pouvoir pour ces familles, des carrières pour les jeunes gens de l’élite de cette époque, un gagne-pain pour les bouches à nourrir surnuméraires d’un "peuple de bergers" faméliques, et un instrument de la politique étrangère du pays, par ses alliances avec le roi de France, avec la Savoie, puis le Piémont Sardaigne, le royaume de Naples, le Pape, l’Espagne et différents souverains et états étrangers. Les mêmes élites oligarchiques, dans les cantons catholiques et protestants (malgré toutes les oppositions entre eux et tout ce qui les séparaient les patriciens catholiques et protestants se sont toujours entendus entre eux) tenaient également le gouvernements des cantons, le grand négoce, la proto industrie à Zurich, Genève et à Bâle. Les mêmes, toujours, produisaient les penseurs, les littérateurs, les gens d’Eglise. C’était ainsi. Ce n’étaient pas des messies, c’étaient des sédentaires et des enracinés, même si, pour les militaires ils voyaient du pays, guerroyant dans toute l’Europe et souvent se couvrant de gloire.

Prenons un exemple d’un grand aristocrate auquel la Suisse doit beaucoup: Charles Pictet de Rochemont. C’était un homme qui avait du quitter sa patrie, qui avait vécu presque toujours à l’étranger, qui avait élevé des moutons en Crimée, c’était un homme riche et cosmopolite. Mais il était resté genevois et suisse et patriote. Ét quand il s’est trouvé en situation, au congrès de Vienne, grâce à sa connaissance du monde, de rendre service à sa patrie, eh bien il l’a fait. Il a fait reconnaître par les puissances l’indépendance et la souveraineté de la Suisse ainsi que sa neutralité perpétuelle. Ceci juste pour dire qu’il n’y a pas qu’une dichotomie entre les pauvres gens condamnés à rester accrochés à leur terre et les nomades. ll y a aussi parfois des grands seigneurs, nomades en un certain sens, mais qui sont pourtant d’un pays et qui ont une patrie.

Au XIXe siècle il y a eu un grand changement parce que la bourgeoisie industrielle a fait son apparition, à la faveur du libéralisme et des progrès de la technique. De grands familles d’industriels sont apparues, qui ont détenu un pouvoir brutal sur une masse d’ouvriers, pas beaucoup mieux traités que ne l’étaient les pauvres soldats dans les régiments suisses d’autrefois. La grande industrie et le grand commerce exigeaient certes, un certain libre échange puisque ces entreprises avaient besoin du marché mondial. Pourtant on n’avait pas encore à l’époque cet esprit sans-frontiériste que vous combattez avec raison. La bourgeoisie d’affaires radicale du XIXe siècle et encore celle du XXe siècle était patriote, attachée à l’armée, très suissarde même.

Le changement que vous dénoncez est un phénomène extrêmement récent. Il est du au consensus de Washington, à l’esprit EEE (Espace Economique Européen) dont Jean-Pascal Delamuraz et son porte coton David de Pury, que vous avez connus tous deux, étaient les thuriféraires, et dont depuis lors la classe politique suisse majoritairement n’a pas réussi à se déprendre, raison pour laquelle elle n’a jamais pardonné au peuple d’avoir brisé son rêve internationaliste un certain dimanche noir du 6 décembre 1992.

Là il y a eu un changement de paradigme. On a eu pour la première fois dans l’histoire une élite qui a cru qu’elle pouvait dominer et diriger en étant hors sol. C’est-à-dire sans tirer sa légitimité du fait de représenter les intérêts d’un territoire et d’une population donnée dont cette élite était issue. C’est ça qui était nouveau.

Toutes les élites antérieures avaient toujours su que pour avoir le pouvoir et se maintenir au pouvoir, même en étant cyniques - et vous aurez remarqué que je n’ai pas idéalisé les élites du passé – il fallait quand même se soucier un peu des intérêts du pays et du peuple que l’on prétendait diriger, dominer, etc.

Là ce qu’il y a eu de nouveau c’est que des élites financières oligarchiques mondialisées extraordinairement puissantes, porteuses, elles, d’un projet messianique, et vous avez raison d’employer ce mot, ont cru qu’elle pourraient cette fois réellement faire un hold up sur la planète entière. Et c’est ça qui a tout changé. Car les élus du peuple, les parlementaires fédéraux, les diplomates suisses, les conseillers fédéraux, à la seule exception de ceux qu’on a appelé les "blochériens" ont été littéralement achetées par ces élites mondialisées multilatéralistes, sans frontièristes, droit-de-l’hommistes, financières, métisseuses, antiracistes, multiculturalistes, immigrationistes, partisanes du gouvernement mondial post moderne LGBT, etc.

Et le plus sidérant c’est de voir à quel point ces élites de l’hyperclasse attalienne ont réussi à hypnotiser littéralement des braves parlementaires fédéraux au point de leur faire croire que désormais leur rôle, le rôle des responsables politiques, ne consistait plus à défendre les intérêts de leurs électeurs, mais bien à travailler contre l’intérêt de ces électeurs en persuadant lesdits électeurs de se soumettre aux diktats de cette super élite mondialisée dont les politiciens et politiciennes en question ne connaissaient même pas personnellement les représentants réels, ne les avaient jamais rencontrés en chair et en os, même pas Maudet, qui lui pourtant a réussi à se pousser un jour à la réunion des Bilderberg.

Ainsi les membres de la classe politique ont pensé que désormais leurs carrières ne dépendaient plus du peuple qui les élit, ni du pays qui les fait vivre, mais bien de ces forces occultes internationales, de ces lobbies des multinationales, avec leur idéologie frelatée. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui il existe le FORAUS, l’Operation Libero, tous ces think tanks qui ne sont que des représentants de groupes d’intérêts financiers mondialistes, comme le sont aussi Economiesuisse et Avenir Suisse, ces organisations aux noms prétentieux, toutes à la soldes des multinationales et de leur idéologie délétère et qui toutes prétendent faire de la pédagogie pour tenter d’inculquer u peuple suisse la nécessité de se soumettre à des politiques directement contraires à ses intérêts, comme par exemple d’accepter un "accord cadre" avec l’union Européenne.

C’est ça qui est écoeurant.

C’est cela la véritable raison pour laquelle on constate cette atmosphère idéologique irrespirable qui, selon le principe "si tu veux tuer ton chien dit qu’il a la rage", entend forcer la main au peuple suisse récalcitrant, qui rechigne à se suicider politiquement en se soumettant à l’Union Européenne.

Nous devons être très vigilants car la Suisse est un enjeu. Le pouvoir mondial veut sa mort, la mort de la Suisse indépendante et neutre. Il veut la mettre au pas, car la Suisse avec sa démocratie directe est un mauvais élément, trop turbulent, dans la gouvernance mondiale. Il y a toujours le risque que par un référendum la Suisse fasse avorter une volonté du pouvoir européen c’est-à-dire mondial hors sol.

Et c’est pourquoi on n’est plus dans un contexte démocratique. On commence à voir apparaître dans les campagnes politiques en Suisse des spin doctors professionnels, pilotés de l’étranger. C’est à dire des professionnels du retournement rapide de l’opinion publique par des manipulations et des trucs de propagande vite faits. Ils ont été à la manœuvre pour faire passer le "Concept Armée 21", qui était de fait un alignement sur l’OTAN. Ils ont été à l’œuvre avec cette organisation très louche Opération Libero, pour faire échouer l’initiative de mise en œuvre de l’UDC. lls vont se déchaîner contre l’initiative d’autodétermination contre les juges étrangers et, bien entendu, ils vont mettre le paquet pour tenter de faire ingurgiter de force par les Suissesses et les Suisses leur arrêt de mort collectif (en tant que peuple libre) que serait un accord institutionnel avec l’UE.

J’ai été un peu long mais je voulais vous dire que c’est peu trop raccourci d’opposer les nomades post nationaux, messianiques, et les sédentaires, qui ne pourraient être que les gueux, les manants, les serfs. ll ne faut pas oublier de dire que toutes les élites n’ont pas toujours été comme celle qui aujourd’hui a parasité toute la vie politique dans tous les pays, disons, de l’OCDE, et qui en effet sont messianiques et hors sol.

J’ai juste tenté de démontrer que si, certes, aucune élite n’est jamais désintéressée, il y en a eu, pendant très longtemps, qui se souciaient malgré tout de leur pays et de leur peuple, même si parfois elles l’exploitaient. Les élites complètement antipopulaires, qui font la guerre à leur peuple et à leur propre pays parce qu’elles ont été achetées par des élites transnationales hors sol qui veulent faire entrer de force tous les peuples dans une gouvernance mondiale contraire aux intérêts du pays et du peuple, c’est cela et cela seulement, qui est nouveau.

Écrit par : Mallet du Pan | 20/07/2018

Formidable message, Mallet du Pan !

Écrit par : Paul Bär | 20/07/2018

"Les élites complètement antipopulaires, qui font la guerre à leur peuple et à leur propre pays parce qu’elles ont été achetées par des élites transnationales hors sol qui veulent faire entrer de force tous les peuples dans une gouvernance mondiale contraire aux intérêts du pays et du peuple, c’est cela et cela seulement, qui est nouveau."
Magnifique conclusion!
Nous avons changé de monde. La presse pourrie est à fond dans la propagande en faveur de cette élite, et dézingue tous ceux qui s'opposent à son projet mortifère. Le petit nombre de dirigeants qui s'opposent à cet ordre mondial et multinational se font traiter de "dictateurs" ou d'"autocrates" quand bien même ils ont été élus avec la majorité absolue des votants.
Toutes ces magouilles et coups fourrés pour enrichir toujours davantage les plus riches sont des crimes contre l'humanité. Ils espèrent quoi ces barbares? Emporter leur magot dans leur tombe? La seule explication est que ce sont des sociopathes.

Écrit par : Daniel | 20/07/2018

Un messie est un chef de guerre (voir la Bible) qui pourrait provoquer une mobilisation générale contre le mercantilisme, l'indécente cupidité, les délocalisations conduisant au "nomadisme", pour un, aux migrations en en "nuançant" les raisons... pour deux

mais on ne transforme ou on ne métamorphose rien sans commencer par se regarder en face.

Il y a quelques années on voyait venir la société de marché sauvage sans égards ni éthique contemporaine.

On recommandait, simple mesure non violente, d'acheter le moins possible.

S'agissant des nantis ou classes moyennes supérieures qui a daigné tenir compte de cette demande avisée?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20/07/2018

J'allais écrire un commentaire dans le même sens que Daniel. Il n'y a pas que la Suisse qui dérange les mondialistes, mais surtout Poutine, qui a levé la résistance contre les mondialistes (de façade, ne l'oublions pas) américains...

Écrit par : Géo | 21/07/2018

Merci à Mallet du Pan pour son magnifique texte qui explique le changement de paradigme de nos élites.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 21/07/2018

Merci pour ce billet, l'à-propos de M. Decaillet, la pertinence et les nuances de Mallet du Pan, un réel plaisir de vous lire MM. J'adhère.

Écrit par : Jean | 21/07/2018

Merci à Jean et G. Vuillomenet pour leurs compliments. Cela me fait plaisir car je craignais d'avoir été trop long et un peu confus. Mais j'avais essayé de montrer ce mécanisme de pouvoir que nous subissons et que généralement le public ne comprend pas. En effet il est vraiment difficile pour les gens, qui croient encore dans le "narrative" démocratique qui leur a été inculqué, de comprendre comment ça se fait que des dirigeants élus trahissent de manière aussi évidente les peuples qui les ont élus. Je me réjouis que mes explications semblent avoir été comprises au moins par quelques personnes.

ll faut remercier aussi monsieur Décaillet pour ses prises de position anticonformistes. On espère que beaucoup de gens ouvrent les yeux grâce à lui et s'en souviendront le jour ou notre peuple jouera sa survie dans un référendum sur le traité d'abdication de notre démocratie et de sujétion à cette UE en plein naufrage, qu'on essaie de nous vendre comme une nécessité sous le nom de "traité d'amitié", "traité d'accès au marché unique", "accord institutionnel", etc., etc. On invente toutes sortes de noms bidon pour masquer qu'il s'agit de la plus abjecte trahison du peuple et de la démocratie depuis sept siècles.

Écrit par : Mallet du Pan | 21/07/2018

Ah je vois que j'aurais du remercier aussi Paul Bär et Daniel, qui ont aussi compris ma pensée. Ca fait plaisir d'être encore compris deux siècles après sa mort.

Mais pour Daniel je voudrais lui dire qu'il n'a pas entièrement raison au sujet de la presse pourrie. Effectivement la presse est pourrie, et elle appartient à cette élite traitreuse. Mais justement, ce que l'on constate c'est la révolte du grand public contre cette presse pourrie et cette élite. Et le résultat c'est la crise de la presse.

On nous dit que c'est du à l'internet, à la baisse de la publicité etc. Ca joue un rôle évidemment. Mais on oublie soigneusement de nous dire que les lecteurs vomissent les commentateurs dans la tradition pilétiste rogerdeweckiste & Cie qui prétendent nous cathéchiser dans l'esprit Union Européenne et mondialiste, primauté du droit international, refus d'appliquer les initiatives de l'UDC etc.

C'est vrai que dans les années 1970 à 90, il y a eu une génération qu'on pourrait appeler la génération L'Hebdo qui s'est identifiée au talent d'un Jacques Pilet, et qui a cru un peu bêtement et naïvement que nous devrions nous débarrasser de la Suisse indépendante et neutre, de la démocratie directe, etc., parce que tout celà permettait trop souvent au fond conservateur du peuple suisse d'envoyer valdinguer des rêveries humanistes et internationalistes comme l'ONU et l'Union (anti) Européenne. Il y a eu un désir réel pour une frange de la génération des baby boomers post soixante-huitards de brader la souveraineté de la Suisse car la Suisse leur apparaissait comme un carcan.

C'est cela qui a fait le succès de L'Hebdo, du Nouveau Quotidien, etc., et c'est ce flambeau que Le Temps essaie de maintenir, hélas tout à fait sans le talent de Pilet et c'est pourquoi cela n'a aucun succès. Et de toute façon cela n'intéresse vraiment plus les gens, car entretemps l'Union Européenne a fait la démonstration qu'elle est totalement antidémocratique, antisociale et un échec complet sur toute la ligne et dans tous les domaines. Elle est devenue un repoussoir absolu et donc forcément les Suissesses et les Suisses ne sont plus, mais alors plus du tout, du tout, d'accord de bazarder la Suisse.

Moi je pose la question suivante: ne croyez-vous pas que si la presse était du côté de l'opinion publique, c'est à dire vent debout contre tous ces salauds qui essaient de vendre la Suisse pour un plat de lentilles sous prétexte d'accord institutionnel, ne croyez vous pas que la presse dans ce cas garderait ses lecteurs?

Personnellement j'en suis convaincu.

Economiquement la presse écrite souffre de deux problèmes:

Problème numéro 1: la baisse des recettes publicitaires et la concurrence d'internet.

Problème numéro 2: le dégoût profond des deux tiers de la population pour l'agenda politique des journalistes qui s'acharnent à être euroturtbos.

En fait le problème purement économique pourrait être résolu par des mesures de restructuration. Peut-être qu'il faudrait diminuer un peu les frais de personnel. Ou même augmenter le prix de l'abonnement mais les gens seraient d'accord si on défendait la Suisse dans les pages politiques. Mais ce ne sont pas les salaires des journalistes qui coûtent trop cher, c'est leur dévotion aberrante à la cause antisuisse pro européenne qui révolte les lecteurs et dans ces conditions les lecteurs se disent: pas un sou pour ces gens là! Et donc ils se désabonnent, ils refusent d'acheter le journal au kiosque etc. Ou alors ils ne le lisent qu'au bistrot pour être certains que pas un centime ne tombe par leur faute dans les caisses de l'éditeur de ce torchon.

C'est en tout cas mon état d'esprit personnel que je viens de décrire ici. Depuis 25 ams au moins je boycotte totalement la presse Lamunière, Ringier et Tamedia - à cause de son contenu politique notamment sur la question européenne - en refusant obstinément de m'abonner et en ne lisant jamais ces journaux ailleurs qu'au café parce que je sais qu'au café il y a cinq exemplaires de chaque journal et qu'ils sont la plupart du temps envoyés grtauitement par l'éditeur pour maintenir le tirage. Donc par mon comportement individuel je coupe les vivres à ces rédactions dont la ligne éditoriale me fait vomir.

Je suis absolument convaincu qu'en Suisse romande il y a au moins 100'000 mais plutôt 200'000 ou 300'000 lecteurs de journaux qui ont adopté le même comportement que moi pour les mêmes raisons et que cet énorme réservoir de lectorat suffirait à transformer en grand succès le premier canard qui aurait une ligne éditoriale selon mon coeur. J'ai dit un jour à un journaliste sympathique ex Le Temps, que j'aimerais tellement qu'il y ait en Suisse romande au moins un quotidien défendant mes idées et que si ce quotidien existait il pourrait facilement écraser le Temps, L'Hebdo, Le Matin, La Tribune, La Liberté, le Nouvelliste, La FAN L'Express, L'Impartial & Cie etc. et gagner beaucoup d'argent y compris grâce à la publicité car il atteindrait très facilement un tirage de 100'000 exemplaires au moins, peut-être même beaucoup plus, 200'000 exemplaires et 100'000 abonnés.

Le journaliste en question m'avait répondu: "Je doute qu'il y ait de la place en Suisse romande pour un organe aussi profilé que ce que vous souhaiteriez".

Je reste convaincu que ce journaliste avait tort et que j'avais raison. J'avais d'ailleurs cité comme exemple au dit journaliste la Kronen Zeitung qui en Autriche tire à plus d'un million d'exemplaires avec une ligne éditoriale violemment euroseptique beaucoup plus à droite que la Weltwoche, et un contenu idéologique un peu dans le style du Minute des années 1970.

Je n'aimerais pas être journaliste car ce métier est sacrifié actuellement. La mort de L'Hebdo, qui ne saurait manquer d'être suivie à brève échéance par celle du Temps montre juste une chose: ces entreprises privées appartenant à des éditeurs milliardaires membres de l'élite antipopulaire susmentionnée, s'acharnent dans leur ligne éditoriale antipopulaire parce qu'ils font partie d'une superstructure de pouvoir qui veut contraindre la Suisse à se soumettre à l'Union Européenne.

ET C'EST CELA LA CAUSE DE LA CHUTE DE CES JOURNAUX QUI SONT BOYCOTTES PAR LEURS LECTEURS.

Alors comme ces messieurs de la famille Ringier ou Supino ne veulent pour rien au monde changer leur ligne éditoriale, qui est pour eux un article de foi et une quasi obligation dans leur milieu oligarchique, ces éditeurs préfèrent carrément fermer boutique et investir leurs capitaux dans autre chose.

Prenons Le Matin, si l'éditeur avait décidé de suivre les opinions de son lectorat, il aurait fallu nommer une rédaction menée par quelqu'un du genre Pascal Décaillet c'est à dire à fond pour la Suisse et contre l'Union Européenne. Il aurait fallu aussi intégrer Uli Windisch et sa bande, pour animer le débat en tapant du poing sur la table contre la bien-pensance que tout le monde rejette. Personnellement je mettrais ma main au feu qu'avec cette politique Le Matin pouvait devenir un titre tirant à 200'000 exemplaires en Suisse romande. Et l'éditeur aurait été très content. Les recettes publicitaires seraient revenues et on aurait eu un vrai journal populaire qui s'en serait brillamment sorti économiquement.

Pour cela il aurait fallu un changement d'orientation rédactionnel à 180 degrés. Mais non, ces messieurs ont préféré continuer à aller contre leurs lecteurs vers l'Union Européenne et comme le résultat c'était l'échec, il ont préféré couler cet organe de presse.

Périsse Le Matin plutôt que l'idéologie euroturbo!

C'est à pleurer!

En définitive je ne vois pas d'autre solution que de laisser le processus aller à son terme. Ces journaux vont tous disparaître. Le Temps c'est pour bientôt et ce sera un bon débarras. On sera débarrassés de ces éditeurs euroturbos et de ces rédactions méprisantes avec des nullissimes comme ce Benoît-Godet le nain de jardin euroturbo, le valet de ses maîtres, le vide journalistique sidéral, suffisant et insuffisant, sans aucun talent.

Et un jour ou l'autre il y aura un André Luisier de la presse populaire qui apparaîtra et qui fera quelque chose dans le sens de l'opinion, laquelle est effectivement populiste par les temps qui courent.

Écrit par : Mallet du Pan | 22/07/2018

Effectivement Mallet du Pan, Monsieur Décaillet nous a offert quelques magnifiques billets sur l'UE ces derniers temps, ce, au grand dam des maquerelles aigries et autres vieilles catins europhiles à qui je conseille la lecture de ce qui semble être un excellent essai de politique et d'économie. En tout cas, la recension de "La fin de l'Union européenne"(David Cayla, Coralie Delaume) faite par Michel Drac donne cette impression:

https://www.youtube.com/watch?v=ys_1FDutUlo

Écrit par : G. Vuilliomenet | 22/07/2018

M. Mallet du Pan, un des meilleurs messages jamais lu sur un site web. Sauvegardé car à relire et transmettre. Merci !
(Evidemment un grand merci à Pascal Décaillet, l'Honneur du journalisme en Suisse romande.)

Écrit par : Kacil | 22/07/2018

Mes félicitations et mes encouragements à MM. Décaillet et Mallet du Pan. Vous nous aidez à comprendre ce qui se passe.
Sur la presse, vivement un journal conservateur romand, beaucoup de déçus s'y abonnerait avec enthousiasme !

Écrit par : Pierre-Alain Tissot | 22/07/2018

Zut ! Pardonnez ma faute de grammaire : au pluriel, " beaucoup s'y abonneraient ".

Écrit par : Pierre-Alain Tissot | 22/07/2018

Merci à Kacil aussi. Je suis étonné du succès de mes petites réflexions mais ça fait plaisir. Parfois le dévoilement d'une vérité cachée a un effet bœuf. Je reste néanmoins à l'abri de ce sympathique vieil écrivain genevois conservateur du XVIIIe siècle, auquel j'ai emprunté son nom. Je ne peux tout de même pas avouer publiquement que mon vrai nom est Micheline Calmy-Rey. Tous mes amis politiques seraient choqués de connaître mes véritables opinions. J'ai si bien caché mon jeu pour faire carrière. Ach Ich bin froh daß niemand weiss daß ich Micheline Calmy heiss....

Écrit par : Rumpelstilchen Mallet du Pan etc. | 22/07/2018

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