29/07/2018

Europe : l'imposture libérale

 

Sur le vif - Samedi 28.07.18 - 13.12h

 

La prise en otage de l'idée européenne, dès la chute du Mur (1989), par les idéologues du libre-échange, est la cause majeure de l'effondrement, aujourd'hui, de l'Union européenne.

 

Depuis trois décennies, on nous décrète que l'Europe serait ontologiquement libérale, qu'il n'y aurait d'autre voie de salut que l'ouverture des frontières, le grand bazar de la libre circulation des marchandises et des personnes.

 

Eh bien non. L'Europe continentale n'est en rien libérale par nature. J'ai étudié à fond l'Histoire des deux principaux pays de ce continent, la France et l'Allemagne. Ils ne sont libéraux ni l'un, ni l'autre !

 

Pour la France, c'est chose connue de tous. À part un épisode de libéralisme sous le Second Empire, la France a toujours été un pays dirigiste et planificateur. Déjà bien avant la Révolution jacobine !

 

Quant à l'Allemagne, c'est bien mal connaître les profondeurs de son Histoire que de la tenir pour libérale. C'est Bismarck, oui le grand Bismarck, qui est à l'origine de toutes les grandes lois sociales allemandes, des premières conventions collectives, de la première protection des travailleurs, digne de ce nom, en Europe. Cette tradition sociale a perduré dans la mentalité collective allemande.

 

La grande imposture n'est pas que des libéraux soient libéraux, ils ont évidemment le droit le plus total à défendre le modèle de leur choix.

 

Non. La grande imposture nous vient de la petite clique d'ultras, dérégulateurs, casseurs de services publics nationaux et de cohésion sociale, qui ont imposé, depuis trois décennies, la sauvagerie de leurs vues comme prétendu modèle unique d'organisation de l'Europe.

 

Ces gens-là ont lamentablement échoué. Leur responsabilité, dans la destruction du lien social, est immense. Il faut maintenant, dans tous les pays de notre continent, repartir sur d'autres bases. Respecter l'échelon de la nation. Écouter VRAIMENT les peuples.

 

Vaste programme, mais passionnant défi, sur les décombres de l'ultra-libéralisme, pour lequel l'Europe n'est pas faite. Ni historiquement. Ni philosophiquement. Ni politiquement.

 

Pascal Décaillet

 

20:03 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Oui mais comment repartir sur d'autres bases?
Admettre que non seulement nous ne naissons pas égaux mais également inégalement doués¨... que les privilégiés bien nés et fortunés non seulement devraient éprouver de la gratitude mais en leur âme et conscience s'entendre appeler non à creuser de plus en plus les fossés des inégalités mais, si peu que ce soit, ces fossés, à les combler.

Consoler, réconforter, encourager, épauler, inviter et soutenir "activement" (le Dalaï lama) les moins bien nantis de nos sociétés s'apprend dès la crèche pour les plus grands puis à l'école.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29/07/2018

P.S. Quant aux bases, celles d'après-Seconde guerre mondiale, elles furent celles qui sont à la source de la schizophrénie aux données de base erronées en l'occurrence un mensonge flagrant de volonté de paix alors qu'il s'agissait d'acier et de charbon.
Un raisonnement a beau être impeccable si le socle sur lequel il se fonde est faux il y a risque de défaillance mentale.

Raison pour laquelle il faudra veiller à la mentalité de nos futurs dirigeants ainsi qu'au sens qu'ils donnent au mot honnêteté.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 30/07/2018

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