12/08/2018

Combat des idées : le vrai front

 
Sur le vif - Dimanche 12.08.18 - 14.05h
 
A gauche, les journalistes, comme ne cessent de s'en plaindre les anti-gauche professionnels ?
 
Pas du tout !
 
Si seulement nous avions encore une bonne vieille presse de gauche, convaincue et fraternelle. A part quelques louables exceptions, qui tentent de survivre, cette presse est en voie de disparition.
 
La tendance dominante, écrasante même, dans nos médias, ça n'est pas la gauche. Et ça n'est évidemment pas non plus la droite conservatrice, ou anti-libérale, ou nationale.
 
Non, le rouleau compresseur majoritaire, c'est l'idéologie du libre échange, de l'ouverture des frontières, de la libre circulation des personnes, du libéralisme économique sans entraves, et surtout de la vision multilatérale des rapports entre États.
 
Tout, sauf la priorité aux nôtres. Tout, sauf le sentiment de communauté nationale. Surtout ne jamais parler de nation, mot tabou, honni, conspué, vilipendé, immédiatement associé (par un raccourci immonde autant qu'ignare) au nationalisme, en effet condamnable, celui des deux guerres mondiales de la première partie du vingtième siècle.
 
La vraie ligne de front, aujourd'hui, n'est pas vraiment entre la droite et la gauche. Elle se situe quelque part entre protectionnisme et libre échange, relations bilatérales et pieuvres multilatérales, adhésion à des conglomérats supranationaux, purement abstraits, et sentiment d'appartenance communautaire à une aventure commune, celle que depuis un peu plus de deux siècles, autour de la Révolution française, on appelle "nation".
 
Ma position, dans cette dualité antagoniste, vous la connaissez. Tout en souhaitant que mon pays entretienne les meilleures relations, oui les plus fraternelles et ouvertes, avec les peuples du monde, à commencer par ses voisins directs, je prétends qu'il ne pourra rien entreprendre vers l'Autre sans d'abord s'être occupé en profondeur de lui-même. A cet égard, la priorité nationale, loin d'être une coupure, ou une césure, ou un isolement, m'apparaît au contraire comme CONDITION SINE QUA NON de la possibilité d'un chemin vers l'Autre.
 
Chemin que je souhaite. Mais d'abord, il fait se connaître-soi même. Et respecter le périmètre de communauté de destin que l'Histoire nous a défini. Sinon, c'est l'errance, la construction intellectuelle abstraite, l'échafaudage en dehors des réalités.
 
 
Pascal Décaillet
 
 

14:28 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Une fois de plus, le christianisme est fondateur.
"Tu aimeras ton prochain somme toi-même."

Comme toi-même signifiant qu'il a fallu apprendre à s'aborder et s'entendre soi-même avant d'aborder ou d'entendre autrui.

Apprendre à se connaître soi-même avant de prétendre connaître ou tout savoir sur autrui.

Lugubres préjugements… ou danger de "préjugés inconditionnels positifs"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/08/2018

Je peine à vous suivre dans le dualisme manichéen de votre analyse : d'un côté l'idéologie du libre échange - je vous cite - et de l'autre, en gros, la nation. Comme si le libre échange constituait le mal absolu et la nation un tel degré de perfection qu'il n'est nul besoin d’imaginer qu'elle pourrait évoluer vers autre chose, figée pour l'éternité.
Il est cependant à craindre que la communauté de destin, comme vous l'appelez, ne serve qu'à renforcer les frontières territoriales et mentales et finisse par glisser vers un nationalisme sournois, parce qu'au delà de nos frontières, justement, il y a des gens qui n'appartiennent pas à notre communauté de destin.

L'Histoire se répéterait-elle ?

Écrit par : Michel Sommer | 13/08/2018

A propos de nation... nous habitons quelque part à commencer par une chambre, un appart, une rue, un quartier, une commune, un canton, un pays.
Rien de sournois.
En temps de calme, de paix et de vécu en bonne intelligence les uns les autres aussi ou tout d'abord parce que dépendant étroitement les uns des autres les "frontières territoriales" se passent allègrement.
La vie de qualité se travaille, s'ouvrage ou se raffine ou que l'on soit à commencer, pourquoi pas, par chez soi.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/08/2018

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