14/08/2018

Zigomar 1, zigomar 2

 

Sur le vif - Mardi 14.08.18 - 09.20h

 

Les hallucinés du bulbe qui remplacent les mots "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2", font plus pour la Révolution conservatrice que tous les discours, et toutes les plaidoiries.

 

Continuez, mes zigomars, et bonjour le retour de manivelle, d'ici quelques années.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Et une mesure urgente à prendre, pour se débarrasser des zigomars, devra consister à remettre le magnifique poème en prose de Ramuz dans le livret de famille:

Préface du Livret de famille vaudois.

Viens t'asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison, femme, tu en as bien le droit, voici quarante ans que nous sommes ensemble.
Cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, c'est aussi le soir de notre vie. Tu as bien mérité,vois-tu, un peu de repos.
Maintenant, les enfants sont placés. Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux, comme quand nous avons commencé.
Femme, te souviens-tu? Nous n'avions rien pour commencer, tout était à faire. Et nous nous sommes mis à l'ouvrage. Ça n'allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
Il nous en a fallu de l'amour, et l'amour n'est pas ce qu'on croit au commencement.
Se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser, se parler tout doux à l'oreille.
Ça, c'est bon pour le jour de la noce ! Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu'un jour. C'est seulement après, qu'a commencé la vie.
Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger, des vêtements et des souliers, ça n'a pas de fin. Il est aussi arrivé qu'ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller et moi, j'étais à l'ouvrage d'avant le jour jusqu'à la nuit tombée.
Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer. Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire, nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ? Mais nous sommes restés fidèles l'un à l'autre, et ainsi, j'ai pu m'appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
Nous avons eu de la chance d'être ensemble, les deux. On s'est mis à l'ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
Le véritable amour n'est pas pour un jour. C'est toute la vie que nous devons nous aimer, s'aider et se comprendre.
Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné. Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine. C'est pourquoi, cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, assieds-toi à côté de moi. On veut pas mparler, nous n'avons plus rien à nous dire.
Nous n'avons besoin que d'être les deux et laisser venir la nuit, bienheureux d'avoir bien rempli notre vie.

Écrit par : "Cisgenre" et fier de l'être | 15/08/2018

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