31/08/2018

Tout, sauf Cohn-Bendit !

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 19.09h

 

Appeler Daniel Cohn-Bendit pour devenir ministre de la République et de la nation françaises, constituerait l'ultime discrédit d'un Président en quête d'effets de mode, de cliquetis et de clinquant.

 

Je ne parle ici - et m'en tiens rigoureusement à cela - que du profil politique arboré depuis exactement un demi-siècle par ce personnage, son mépris pour les nations et pour les frontières, son aspiration à une Europe omnipotente, sa haine de tout ce qui s'apparente à un État organisé, régalien, avec des structures, des serviteurs, un rapport à l'Histoire et à la mémoire.

 

Pas de place pour cet asticot tutoyeur dans l'appareil d'Etat. Pas de place pour ce libertaire halluciné, égaré dans les choses de la politique. Qu'il rêve, et rêve encore, d'occuper la Sorbonne. Mais de grâce, qu'il laisse dormir la République.

 

Pascal Décaillet

 

22:32 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Clarté ? - Quelle clarté ?

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 17.02h

 

Insupportable question de la RSR à Albert Rösti, le président de l'UDC suisse, dans le flash de 17h ! Alors que ce parti présente aujourd'hui, avec l'ASIN, sa nouvelle initiative sur la régulation de l'immigration, on lui demande si les conditions d'application de ce texte seront "plus claires" que celles concernant l'immigration massive, acceptée par le peuple et les cantons le 9 février 2014 !

 

Mais, bon sang de bon sang, ce texte-là était PARFAITEMENT CLAIR ! Il réclamait, noir sur blanc, des quotas ! C'est le Parlement qui, pendant des années, a joué au plus fin, a temporisé, a joué la montre, a multiplié les arguties les plus sophistiquées pour surtout ne pas appliquer la volonté populaire !

 

Le texte du 9 février 2014 était PARFAITEMENT CLAIR ! L'obscurité est venue, dans les années qui ont suivi, de la part d'un Parlement qui a tout fait pour ne pas jouer le jeu !

 

Pascal Décaillet

 

17:11 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Le monde, vu de la fiole

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 07.27h

 

L'AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique, qu'on peut difficilement suspecter de passion cachée pour la Perse, annonce que l'Iran respecte en tous points l'Accord nucléaire de 2015.

 

Mais la doxa mondiale continue de s'aligner benoîtement sur la propagande américaine, digne de la petite fiole de Colin Powell, nourrie à coups de centaines de millions de dollars de publicité planétaire. L'argent de qui, d'ailleurs ?

 

La réalité, c'est que les États-Unis et leurs chers alliés du Proche-Orient entreprennent toute chose pour convaincre l'opinion publique mondiale du bien-fondé de leur future guerre contre l'Iran.

 

Pendant ce temps, Washington ferme les yeux sur ce qui se passe à Gaza. On ne va pas chipoter avec un allié si précieux.

 

Pascal Décaillet

 

16:45 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

Province, au milieu des provinces

 

Sur le vif - Vendredi 31.08.18 - 08.44h

 

Lorsqu'il est porté par Charles de Gaulle, celui du Discours de Brazzaville par exemple (1944), sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'universalisme français passe. Parce qu'il respire la grandeur et le dépassement de soi.

 

Lorsqu'il émane d'un orléaniste opportuniste sans culture historique, sans le moindre respect de la souveraineté d'autres peuples européens (l'Italie, l'Autriche, la Hongrie), il se met à suinter les pires divagations des Kouchner et des BHL. Pauvre France, dans ces moments de rabaissement, devenue province, au milieu des provinces.

 

Pascal Décaillet

 

 

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30/08/2018

Migrations : la posture tellement facile de Macron

 

Sur le vif - Jeudi 30.08.18 - 14.47h

 

En attaquant directement MM Orban et Salvini, qui sont, tout autant que lui, des élus légitimes de leurs nations, Emmanuel Macron confirme - au moins, ce sera clair - la vivacité du nouveau front politique qui s'ouvre en Europe. Césure cruelle, qui n'oppose pas la droite à la gauche, mais les souverainistes aux européistes. Macron a choisi son camp. Il en parfaitement le droit. Il en portera la responsabilité devant le peuple français. Et devant l'Histoire.

 

De quoi s'agit-il ? De l'incroyable violence des pressions migratoires sur des pays comme l'Italie ou la Hongrie. De la totale incurie dont a fait preuve, jusqu'ici, l'Union européenne pour tenter de trouver une solution. Comment voulez-vous, dans ces conditions d'inexistence politique de Bruxelles, que les premiers pays concernés, ceux du front, ne prennent pas des décisions nationales pour s'en sortir ? Il en va de leur sécurité, et aussi de leur cohésion sociale, menacée à terme par des flux trop puissants d'une immigration non contrôlée.

 

Face à ces urgences, Emmanuel Macron a-t-il la moindre légitimité pour venir faire la leçon aux autorités élues, dans des conditions parfaitement démocratiques, d'Italie ou de Hongrie ? Comment ose-t-il, à l'instant au Danemark, qualifier de "Discours de haine" (cette vieille antienne moralisante des immigrationnistes) les positions de MM Salvini et Orban ?

 

Que fait M. Macron, dans cette affaire ? Il s'invente un personnage, une posture. Il nous fait, dans le sillage des Kouchner et des BHL, le grand coup du message universaliste de la France, comme si nous en étions encore aux Soldats de l'An II et à leurs "clairons d'airain" (Victor Hugo). Cette mise en scène du Président français, donneur de leçons par dessus les frontières des peuples, et au mépris des mécanismes d'élections dans des nations souveraines d'Europe, respire l'arrogance la plus hautaine, celle du Prince dans son Palais des glaces.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Nations libres et papier glacé

 

Sur le vif - Jeudi 30.08.18 - 07.29h

 

L'Italie, l'Autriche, la Hongrie sont des nations souveraines. Elles élisent qui elles veulent pour les diriger. Elles sont totalement libres de leurs choix politiques, notamment dans la gestion de flux migratoires auxquels elles sont confrontées avec une violence inouïe. Elles n'ont de leçon à recevoir de personne. Et surtout pas de l'arrogance hautaine de M. Macron.

 

Qu'il s'occupe déjà de la France, de la souffrance de son peuple, avec ses millions de délaissés, qu'il s'occupe des paysans français, des ouvriers français, des travailleurs pauvres français, des chômeurs français, cet orléaniste sur papier glacé, avant de faire la leçon au monde !

 

Pascal Décaillet

 

09:08 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

29/08/2018

Entre le réel et l'illusoire : l'Allemagne et l'Europe

 

Sur le vif - Mercredi 29.08.18 - 16.55h

 

Quand on me dit "Union européenne", je ne vois rien, et n'entends rien. Tout au plus, une machine technocratique, n'ayant jamais réussi à s'imposer politiquement.

 

Une machine qui, à mes yeux, a commencé à dériver au moment de la chute du Mur. Parce que, très vite, dès le début des années 90, sous l'impulsion d'Helmut Kohl et avec (hélas) la complicité de François Mitterrand, ce qui devait être un réseau de concordances entre les nations est devenu, sous le paravent européen, un outil du renouveau politique de la puissance allemande. Ce fut le cas, de façon flagrante, dans les guerres balkaniques, entre 1990 et 1999. Dira-t-on jamais ce qui s'est VRAIMENT passé au Kosovo, en 1999, le rôle des services secrets allemands, leur aide à l'UCK, tout cela pour affaiblir la puissance slave sur son flanc Sud ?

 

Quand on me dit "Europe", je ne vois rien de précis, rien de palpable, juste des intentions, des mots jetés, mais le concret ne suit pas. Pas de défense européenne. Pas de politique étrangère européenne. Pas d'Europe politique, tout simplement.

 

En revanche, quand on me dit "Allemagne", alors là ça me parle. Parce que j'ai, comme vous savez, étudié à fond l'Histoire de ce pays depuis Martin Luther, et que je suis encore en plein dans cette étude. Parce que, à partir du grand Frédéric II de Prusse (1740-1786) et son Ostpolitik, jusqu'à aujourd'hui, en passant les guerres mondiales et par Willy Brandt, en passant par le Rhénan Kohl, jusqu'à la politique ukrainienne de Mme Merkel, je perçois, avec une incroyable précision, un fil continu. Je saisis le destin allemand, alors que je n'entends rien au fatras et au fracas de la machinerie bruxelloise.

 

En Histoire politique, entre le réel et l'illusoire, je conseille de toujours choisir le réel.

 

Pascal Décaillet

 

17:09 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Soutenons à fond les paysans suisses !

 

Commentaire publié dans GHI - 29.08.18

 

Il y a des votations, plus que d’autres, où la Suisse a rendez-vous avec son destin. Les deux initiatives agricoles sur lesquelles le peuple et les cantons sont appelés à se prononcer, le 23 septembre, en font partie. L’une, lancée par les Verts, nous propose des « denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques ». L’autre, qui nous vient d’Uniterre, se proclame « pour la souveraineté alimentaire ». Deux textes majeurs, à la fois pour l’avenir de notre paysannerie, mais aussi pour celui de notre alimentation, pour notre rapport à ce qui se trouve dans notre assiette. Capitaux, aussi, en termes de respect et de considération dus par le peuple suisse à un monde agricole de plus en malmené par le vent glacé de la concurrence mondiale.

 

Face à une votation, chacun est libre, et chaque vote doit être respecté. Pour ma part, j’annonce la couleur : je voterai oui à chacun de ces deux textes. Non qu’ils soient parfaits, ni exempts de complexité dans leur mise en application (ce sera le rôle du législateur, si c’est oui). Mais parce qu’ils sont habités, l’un et l’autre et en profondeur, par un esprit qui rejoint mes préoccupations de citoyen suisse, qui aime son pays : connaître les provenances de ce que nous mangeons, encourager les modes de production respectueux du monde animal et de l’environnement, lutter contre le gaspillage, tout cela pour la première initiative. Pour la seconde, affirmer le rôle de l’Etat dans un secteur véritablement jeté en pâture, ces dernières décennies, à la sauvagerie du libre-échange ; rétablir au besoin des droits de douane sur les importations ; maintenir en Suisse un nombre suffisant de paysans.

 

Que vous soyez pour ou contre, je vous prie de croire que nous ne sommes en rien dans des initiatives « techniques », même si les mots peuvent paraître compliqués. Le 23 septembre, c’est bel et bien à un choix politique de premier ordre que le peuple et les cantons sont conviés. Voulons-nous encore d’une agriculture suisse digne de ce nom ? Voulons-nous des producteurs respectueux de l’environnement, et des normes sociales en cours sous nos latitudes ? Voulons-nous continuer le petit jeu du libre-échange mondialisé, tout simplement mortifère en matière d’agriculture ? N’est-il pas temps, sans revenir au plan Wahlen (la souveraineté alimentaire pendant la Seconde Guerre mondiale), de réaffirmer haut et fort de rôle de l’Etat, de la solidarité nationale, face à un monde paysan en désarroi ? Vastes questions ! Chacun d’être nous est libre de répondre comme il veut, tous les choix sont respectables. Mais pour ma part, vous connaissez ma position.

 

Je terminerai par une pensée émue pour Jean-Pascal Delamuraz. Correspondant à Berne lorsqu’il avait présenté le Septième Rapport sur l’Agriculture, début 1992, je lui avais demandé s’il pensait le monde paysan capable de fournir les efforts écologiques attendus en contrepartie des paiements directs. Il m’avait répondu, en substance, qu’il fallait croire en l’avenir. Et qu’il fallait croire en la Suisse. Au-delà des divergences, au-delà de ce qui peut nous séparer, sans cet acte de foi, rien n’est possible.

 

Pascal Décaillet

 

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La nation existe, l'Europe feint d'exister

 

Sur le vif - Mercredi 29.08.18 - 09.11h

 

En Europe, voici que l'Italie, pays fondateur de la Communauté européenne en 1957, mais aussi l'Autriche, la Hongrie et le puissant Land de Bavière, n'en pouvant plus de la pression migratoire, entendent s'y attaquer par les moyens qui sont à leur disposition, des moyens nationaux.

 

Nationaux, bien sûr. En matière migratoire comme ailleurs, l'Union européenne n'existe pas. Elle n'est qu'un château de cartes, une fiction. L'UE n'a pas de politique migratoire, elle n'a pas de politique de défense, elle n'a pas de politique étrangère, elle n'a pas de politique économique cohérente. Et c'est parfaitement normal. Pour avoir, dans un quelconque domaine, une politique crédible, il faut d'abord EXISTER, de façon crédible, comme entité organisée. Les nations, avec leurs défauts, existent. L'Europe n'est qu'un paravent, une illusion.

 

Dès lors, comment oserions-nous reprocher à l'Italie, nation souveraine, directement exposée à l'incroyable pression des flux migratoires, facteur de mise en danger de sa propre cohésion sociale, de prendre les moyens là où ils sont : au niveau de la nation ? Comment oserions-nous adresser un reproche similaire à l’Autriche, à la Hongrie, au Land de Bavière, dirigé par l'excellent Horst Seehofer ?

 

Comment voulez-vous qu'ils fassent, ces pays ? Quels moyens, autres que nationaux, peuvent-ils utiliser ? Les moyens européens N'EXISTENT PAS ! Le "Commissaire européen aux Migrations", qui s'est permis ce week-end de faire la leçon aux autorités légitimes de l'Italie, n'est qu'une fiction. Jamais ce fantôme n'a fait avancer le moindre pion, sur le front migratoire. Alors, évidemment, les peuples souverains directement exposés, Italie, Autriche, Hongrie, Land de Bavière, se débrouillent comme ils peuvent. Avec les moyens du bord.

 

Il n'existe pas de politique migratoire européenne, pour la simple question qu'il n'existe pas d'Union européenne. C'est aussi simple que cela : n'en déplaise aux partisans des grands conglomérats, le seul échelon crédible d'action politique demeure, en 2018, celui de la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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28/08/2018

Macron : le sillage tranquille de la bourgeoisie

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 16.59h

 

En aucun cas, Emmanuel Macron ne vient de nulle part. En aucun cas, il n'incarne l'homme nouveau, comme il a tenté de le faire croire lors de la présidentielle 2017.

 

En politique, personne ne vient de nulle part. Et l'homme nouveau n'existe pas. Depuis la Révolution française, et à certains égards antérieurement déjà, l'ensemble de l'espace politique existant aujourd'hui a été occupé, de façon repérable et millimétrée, par des forces qui, sous divers noms, sont bien là en continu.

 

D'Emmanuel Macron, on peut dire par exemple, avec certitude, deux choses. Son engagement européen le rattache à une tradition française précise : celle du MRP, qui était sous la Quatrième République la démocratie chrétienne à la française. Parti issu de la Résistance, mais intellectuellement rattaché à des courants antérieurs, comme le Sillon d'Emmanuel Mounier ou la Doctrine sociale de Léon XIII, ce courant de pensée a joué un rôle capital dans les premières décennies de l'après-guerre.

 

Autre exemple : le rapport d'Emmanuel Macron au libéralisme économique. Là, c'est moins ancré dans la tradition française, mais c'est présent, depuis le 18ème siècle, de façon parfaitement traçable. Avec, notamment, une période très prospère, sous le Second Empire.

 

Emmanuel Macron est un européen, et un libéral. C'est son droit le plus strict (on peut juste se demander ce qu'il fabriquait au gouvernement sous François Hollande). Mais ces positions ne relèvent en rien d'une nouveauté, encore moins d'une Révolution. Elles s'inscrivent dans le sillage tranquille d'une partie de la bourgeoisie française, provinciale notamment. C'est passionnant. C'est parfaitement respectable. Mais ça ne vient pas de nulle part. En politique, tout a toujours déjà existé avant, sous d'autres noms. Il suffit de se pencher sur les livres d'Histoire.

 

Pascal Décaillet

 

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Ministre, c'est un métier

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 12.24h

 

De l'éminent cancérologue Léon Schwartzenberg à Nicolas Hulot, en passant par le vulcanologue Haroun Tazieff, je n'ai jamais cru, une seule seconde, au mythe providentiel des personnes issues de la "société civile" pour occuper des ministères. Non que ces personnes ne soient pas compétentes, chacune dans son domaine, mais parce que ministre, c'est un métier. Politicien, c'est un métier. Il a des règles internes. Il exige une connaissance, en profondeur, du terrain politique lui-même, avec ses failles, ses pièges. Cela ne s'improvise pas. Il faut connaître la politique, comme un musicien doit maîtriser le solfège, l'harmonie, le contrepoint.

 

Et puis, ne soyons pas dupes ! Lorsqu'un Président choisit l'une de ces stars, c'est évidemment pour dorer son propre blason. Cela donnera l'impression d'un gouvernement ouvert, humaniste, inventif, centré sur les compétences. Bref, avoir un Schwartzenberg dans un ministère, ça fait bien.

 

Le problème, c'est que la politique est un métier. Celui qui ne connaît pas, à fond, le champ de bataille, avance en terrain miné. Un jour ou l'autre, il explosera. On peut le regretter, rêver d'un personnel politique moins roublard et plus compétent, mais c'est ainsi. C'est la règle du jeu, la configuration du terrain. Un Maudet, un Darbellay, un Couchepin, connaissent admirablement, croyez-moi, la carte d'emplacement des mines. La connaître, ça fait partie du jeu, tout simplement.

 

Un homme, d'ailleurs, ne s'y était jamais trompé : député (ou sénateur) pendant 35 ans, de 1946 à 1981, également onze fois ministre sous la Quatrième (1946-1958), avant de traverser longuement le désert, puis enfin d'arriver au pouvoir (10 mai 1981), il connaissait sur le bout des doigts la carte des circonscriptions françaises. Il connaissait les hommes, leurs faiblesses, leurs limites, leurs qualités aussi. Il était un professionnel de la politique. Il s'appelait François Mitterrand.

 

Pascal Décaillet

 

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Danse autour d'un cadavre

 

Sur le vif - Mardi 28.08.18 - 07.25h

 

La RSR continue de se torturer l'esprit avec les "négociations d'un Accord cadre avec l'Union européenne". Pas un jour, pas un journal, sans que les ondes publiques ne remuent ciel et terre autour de ce cadavre thématique.

 

À part le PLR (et encore !) et la SSR, "l'Accord cadre institutionnel" n'intéresse personne en Suisse. Fruit de l'esprit tortueux de Didier Burkhalter, laissé en héritage comme un cadeau empoisonné, ne captant ni l'intérêt du peuple suisse, ni celui de Bruxelles, c'est un thème politique mort. Mais ce mort a ceci de singulier de n'être jamais né, n'avoir jamais vécu, ailleurs que dans les imaginations d'une clique d'europhiles.

 

Il y a pire : le cadavre divise et ridiculise le Conseil fédéral. Cassis dit blanc, Schneider-Ammann dit noir, Cassis dit qu'il est en Inde et qu'il laisse Schneider-Ammann s'en occuper, Berset regarde le match et compte les points, les quatre autres font l'autruche. Gouvernement lacéré, à l'interne, par un non-sujet, un cadavre sémantique, un oripeau de sens.

 

Il est temps de tirer la prise. Le débat sur l'Europe appartient à l'ensemble du peuple suisse. Vaste débat national, oui, entre les cinq millions de citoyennes ou citoyens de ce pays. Ce débat n'appartient ni aux partis, ni aux élus. Il doit être la chose du peuple. C'est de lui, de sa légitimité par le nombre et par les profondeurs, que surgira naturellement, un jour, la clarté qui, aujourd'hui, fait tant défaut.

 

Pascal Décaillet

 

 

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26/08/2018

Les votations sont supérieures aux élections

 

Sur le vif - Dimanche 26.08.18 - 13.39h

 

Citoyen, je milite pour une politique suisse centrée davantage sur les thèmes que sur les personnes. Davantage sur les votations que sur les élections. Davantage autour des idées, qu'autour de visages, sur des affiches.

 

Les thèmes, c'est par l'initiative populaire que le corps des citoyens, depuis 1891, peut les empoigner. Je tiens l'initiative pour supérieure au référendum. Ce dernier, tout nécessaire soit-il, se définit au fond négativement. Il est toujours là en réaction à une décision parlementaire qui déplaît. L'initiative, au contraire, appartient corps et âme au peuple : c'est de lui qu'elle surgit, oui d'un petit comité de citoyennes et citoyens, c'est au sein du peuple qu'elle est discutée, lors d'un grand débat national, c'est enfin par le peuple (et les cantons) qu'un beau dimanche, elle est tranchée.

 

Oui, l'initiative est la chose du peuple, qui est son alpha et son oméga. La chose du peuple, et pas celle du Conseil fédéral, ni même des Chambres fédérales. C'est une affaire du peuple avec le peuple, et c'est précisément cela qui exaspère tant les élus : ils voient se jouer, autour d'eux, une dramaturgie qu'ils n'ont ni écrite, ni voulue.

 

Le 23 septembre, nous voterons sur l'avenir de notre paysannerie suisse. Ca n'est pas rien ! Nous donnerons aussi un signal en faveur du vélo, et de la mobilité douce. Voilà, personnellement, qui m'intéresse beaucoup plus (comme d'ailleurs la votation de novembre sur la primauté du droit suisse) que de savoir si je vais voter pour Monsieur X, Madame Y, membre du parti A ou B, à telles élections.

 

Les votations sont d'un intérêt nettement supérieur aux élections !

 

Notre démocratie directe place chacun d'entre nous en lien de responsabilité directe avec l'avenir du pays. C'est un système absolument génial, que tant de voisins nous envient. Ne le modifions que pour en augmenter le périmètre. En aucun cas, pour le rétrécir !

 

Pascal Décaillet

 

 

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Nos paysans disent oui à l'environnement !

 

Sur le vif - Dimanche 26.08.18 - 09.51h

 

Correspondant à Berne, j'avais couvert à fond, début 1992, le Septième Rapport sur l'Agriculture. A Jean-Pascal Delamuraz, j'avais demandé si les paysans suisses étaient vraiment prêts à prendre le virage environnemental qui était attendu d'eux, en contrepartie des paiements directs. La question, à l'époque, se posait. La réponse, c'est le moins qu'on puisse dire, n'allait pas de soi.

 

En bien ce jeu, nos agriculteurs et éleveurs, je puis le dire 27 ans après, l'ont admirablement joué ! Perçus comme peu sensibles à l'écologie dans les années 70 ou 80, les paysans suisses ont orienté leur production vers un modèle résolument respectueux de l'environnement, soucieux de qualité. Ils ont joué la carte du terroir, ils se sont battus pour de beaux produits.

 

Cela, pourtant, relevait d'une contrainte intérieure, à laquelle on sait l'âme paysanne, par nature, plutôt rétive. Une condition-cadre fixée par la Confédération. Nos paysans ont joué le jeu. Sans doute perçoivent-ils les orientations venues de Berne comme plus naturelles, puisqu'elles fixent le cap d'une politique nationale, que l'ouverture au vent glacé de la concurrence mondiale, voulue par une clique de néo-libéraux furieux qui ont pris en otage, depuis un quart de siècle, la politique économique et commerciale de la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

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25/08/2018

Initiatives agricoles : l'erreur majeure de l'UDC

 

Sur le vif - Samedi 25.08.18 - 18.07h

 

Le refus des initiatives agricoles du 23 septembre constitue, de la part des délégués UDC, une erreur stratégique majeure.

 

Il y avait là l'occasion de donner un signal fort, sur le thème de la souveraineté. Et un autre signal, encore plus puissant, vers un monde agricole dont l'UDC, de plus en plus, s'éloigne.

 

En cas de victoire de ces initiatives, le 23 septembre, l'UDC sera assimilée au camp libéral, voire ultra, qui croit encore au libre-échange, en matière agricole, et à tous ces accords internationaux qui dévastent notre paysannerie suisse. Alors que ce secteur a tant besoin d'Etat, de protection, de solidarités nationales, en un mot de respect et d'attention, de la part du peuple suisse.

 

Seuls, apparemment, les Vaudois se montraient ouverts à ces deux textes. Nous reconnaissons bien là la vielle, la magnifique tradition agrarienne, PAI ou PAB, bien avant que le parti national ne fût dévoyé par des Zurichois ultra-libéraux.

 

Le thème, maintenant, qu'il s'agit de traiter, et qui me brûle les lèvres et la plume depuis des mois, des années : peut-on se proclamer "conservateur", dans le très beau sens de ce mot, celui qui invoque les valeurs de proximité humaine et de cohésion sociale, en étant, dans les choix économiques, ultra-libéral et libre-échangiste à souhait ?

 

A cette question, pour ma part, passionné d'Etat et de cohésion nationale, j'ai toujours férocement répondu NON.

 

Pascal Décaillet

 

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Le printemps des peuples ne fait que commencer

 

Sur le vif - Samedi 25.08.18 - 09.38h

 

Les peuples d'Europe éprouvent, en profondeur, le besoin d'être écoutés.

 

Non pas "écoutés", comme dans un sondage d'opinion. Mais "écoutés", comme décideurs de leurs destins nationaux. Ecoutés, non comme une doxa (l'opinion majoritaire, le Café du Commerce), mais comme un démos (le peuple institutionnel, le corps des citoyennes et citoyens, celui qui a voix au chapitre, celui qui vote, et tranche).

 

En Suisse, nous avons cette chance extraordinaire. Le peuple n'est pas une masse informe, qu'il s'agit juste de séduire pour se faire élire. Non, il constitue un collège électoral. Non pas de 246 personnes, mais de cinq millions ! Il faut être citoyenne ou citoyen suisse, et avoir 18 ans ou plus.

 

Ce collège n'est pas une fiction, ni un alibi. Quatre fois par an, il est appelé à voter, non pour élire des gens (cela, c'est tous les quatre ans), mais pour se prononcer sur des questions de fond. En Suisse, le suffrage universel décide sur des thèmes. En cela, il tisse et précise, au fil des décennies, le destin de la nation.

 

C'est une chance exceptionnelle que nous avons. Notre démocratie directe ne doit être touchée que pour augmenter son pouvoir, en aucun cas pour le réduire : n'écoutons pas la complainte grisâtre, jalouse, acariâtre, de la petite clique de professeurs de droit qui voudraient remplacer l'arbitrage universel par celui de commissions de Sages, autrement dit des cléricatures, des oligarchies.

 

Citoyen suisse, je ne prétends pas que le modèle de mon pays, fruit d'une Histoire idiomatique à nulle autre comparable, doive être reporté sur les autres. C'est à chaque peuple d'Europe, en fonction du génie propre de chaque nation, de faire le chemin vers davantage de démocratie. Et de se donner les moyens institutionnels d'y parvenir.

 

Mais c'est urgent. Les Français n'en peuvent plus du cirque politique parisien imposé, d'en haut, à l'ensemble du pays. Ils n'ont absolument pas digéré d'avoir, en mai 2005, été interrogés sur le Traité européen, d'avoir dit non, et qu'au final le oui fût imposé. Les Allemands veulent qu'on les écoute sur les flux migratoires. Les Italiens veulent reprendre en mains leur destin national, et notamment contrôler eux-mêmes leur immigration.

 

Oui, les peuples d'Europe se réveillent. C'est inéluctable. C'est un printemps de plusieurs années, voire plusieurs décennies. Cela passera par des hauts et des bas, des avancées, des reculs. Mais dans une vision macro-historique, celle qui tente d'apprécier les choses globalement, les peuples en ont assez que le pouvoir de décision leur soit confisqué. Alors, ils vont le conquérir. Cela ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

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24/08/2018

Le 23 septembre : une page d'Histoire suisse s'écrira !

 

Sur le vif - Vendredi 24.08.18 - 14.39h

 

Ne nous y trompons pas : les deux votations agricoles du 23 septembre ne concernent pas seulement le rapport du peuple suisse à sa paysannerie, même si cet enjeu est évidemment essentiel, et premier.

 

Non, il faut pousser plus loin l'analyse politique. Dans la lettre et l'esprit de ces textes, il y a toute la clarté d'un signal : celui d'une RUPTURE avec une vision libérale, et surtout libre-échangiste, dont le peuple suisse, peut-être (nous le saurons de 23 septembre), ne veut plus.

 

Le peuple suisse n'est pas partisan d'une économie dirigée. Ni même, en matière agricole, d'un retour au Plan Wahlen, qui poussa à fond la souveraineté alimentaire (que pouvait-il faire d'autre, toutes frontières fermées ?) lors de la dernière guerre.

 

Mais le peuple suisse, par son Histoire, son esprit de solidarité nationale, son attention constante à la subsidiarité, la mutualité, au respect des minorités et des plus faibles, n'a rien non plus d'un dragon ultra-libéral, à l'anglo-saxonne ou à l'asiatique. Nous avons une autre Histoire, une autre tradition !

 

Le peuple suisse aime et respecte ses paysans. Il ne s'agit pas de les idéaliser, ni d'en faire une caste à part, mais simplement de leur témoigner de la reconnaissance pour le travail capital qu'ils fournissent au pays. Les paysans travaillent la terre, c'est dur et ingrat. Ils nous nourrissent. Ils mettent l'accent sur la qualité. Ils entretiennent le terroir, vivent avec les animaux, configurent nos paysages.

 

Je suis personnellement fasciné par les paysages, ceux qui suivent mes activités photographiques en sont témoins. Mais savez-vous que ces véritables tableaux, d'harmonie et de beauté, en plaine comme jusqu'au plus profond de nos vallées, doivent au moins autant, sinon plus, au travail des hommes et des femmes, qu'à la beauté intrinsèque de la nature ? Comme l'ont montré de passionnants chercheurs sur notre pays au19ème siècle, début 20ème, le création d'un paysage suisse a été l'une des composantes majeures de notre identité nationale. Il y a 150 ans, la Vallée du Rhône, entre Sierre et Martigny, aujourd'hui si sublime par ses étagements de vignes, avait, en bien des endroits, les allures d'un marécage.

 

Le dimanche 23 septembre pourrait bien être une date importante dans notre Histoire suisse. Si le peuple et les cantons acceptent ces deux initiatives, ils feront un pas en direction du monde agricole. En direction, aussi, d'un modèle économique plus national, plus solidaire, plus souverain, et tout simplement plus humain. A quelques milliers de lieues marines des mirages libre-échangistes, qui n'enrichissent qu'une minorité, et où l'agriculture suisse, notre cohésion nationale aussi, ont tout à perdre.

 

Pascal Décaillet

 

 

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23/08/2018

Les initiatives agricoles devront être appliquées !

 

Sur le vif - Jeudi 23.08.18 - 09.52h

 

Un oui du peuple et des cantons, le 23 septembre, aux initiatives agricoles condamnerait sans appel l'actuelle (absence de) politique du Conseil fédéral face aux enjeux capitaux de la paysannerie suisse.

 

Johann Schneider-Ammann est un homme sympathique. Il vient de l'industrie d'exportation, et consacre beaucoup d'énergie à défendre ce domaine. Mais en matière d'agriculture, c'est la catastrophe. Aucune vision à terme. Aucune conscience des conséquences dramatiques d'une politique de libre-échange à laquelle, par idéologie, il s'accroche désespérément.

 

Le petit monde de M. Schneider-Ammann, c'est la promotion des exportations suisses dans le secteur industriel. Le monde de ces fameux "Accords de libre-échange", concoctés hors de tout contrôle démocratique, fruit d'une idéologie ultra-libérale, avec des rêves échevelés, du côté de Singapour ou Hong-Kong. Cette politique économique ne favorise pas l'ensemble du pays, mais quelques exportateurs malins.

 

Si c'est cela, "l'innovation", ce mot passe-partout, martelé en incantations, oui si c'est juste une prime à de débrouillards signataires de contrats, commis-voyageurs de l'aubaine, eh bien désolé : la politique économique d'un pays comme la Suisse, magnifique démocratie, où les citoyennes et les citoyens constituent le souverain, avec une riche et passionnante Histoire sociale, mérite vraiment mieux, c'est à pleurer de rage.

 

Si les initiatives passent, le 23 septembre, M. Schneider Ammann doit partir. En tout cas, quitter la direction politique de l'agriculture suisse. Son univers à lui, il le reconnaît d'ailleurs, est aux antipodes de l'esprit de ces initiatives. Comment, après un tel désaveu, pourrait-il rester dans ce Département ?

 

Au-delà de la personne du Conseiller fédéral, un oui aux initiatives constituerait, pour nos autorités à Berne, un ordre de virage à 180 degrés. Il s'agirait, sans jouer au plus fin comme dans la lamentable suite donnée au 9 février 2014, de METTRE EN APPLICATION des textes clairement en RUPTURE avec l'idéologie libérale en matière agricole. Sans temporiser ! Sans jouer la montre ! Sans jouer les "Accords internationaux" contre la volonté souveraine du peuple et des cantons.

 

Un deuxième 9 février 2014 provoquerait une rupture effrayante de la confiance des citoyennes et citoyens de ce pays, face à leurs autorités.

 

Pascal Décaillet

 

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21/08/2018

Le Conseil fédéral est contre - Et alors ?

 

Sur le vif - Mardi 21.08.18 - 15.15h

 

Je le redis pour la millième fois : l'avis du Conseil fédéral, lorsqu'une initiative populaire est soumise au peuple, est d'un intérêt parfaitement secondaire. Et ne mérite en tout cas pas les salves d'ouvertures systématiques, comme des orgues de Staline, dans les journaux SSR. Ainsi, aujourd'hui encore, parce que M. Schneider-Ammann a plaidé le non aux deux initiatives agricoles du 23 septembre.

 

Une initiative est une affaire du peuple avec le peuple. C'est justement parce que les élites politiques du pays en ont sous-estimé l'objet, qu'elle a été conçue, imaginée, lancée sur la place publique. Un comité de citoyennes et de citoyens a dû, au prix d'immenses efforts, exhumer un thème que les élus voulaient garder enfoui. Une initiative, c'est un pari civique, qui exige un courage considérable. Beaucoup de solitude, dans les premières semaines. Ces gens, qui sont la levure même de notre vie politique, méritent le respect qu'on doit aux combattants.

 

On se doute bien que le Conseil fédéral est contre ! Il est toujours contre ! Pour la bonne raison qu'une puissante idée, qui ne vient justement pas de lui, occupe pendant des semaines le débat national. Il est contre, parce qu'il se sent désavoué - il l'est - par toute cette sève citoyenne, qui monte des profondeurs du pays. Il est contre, par rancœur. Par jalousie. D'autres, à sa place, viennent dicter l'agenda !

 

Il est contre, parce qu'il assiste, impuissant, à la politique écrite, scénarisée, mise en scène, par d'autres forces que lui, autrement plus telluriques.

 

La démocratie directe suisse, et avant tout l'initiative populaire fédérale, constituent l'un des plus puissants leviers de contre-pouvoir au monde. N'écoutons surtout pas la petite clique de juristes et professeurs de droit qui veulent la limiter. Elle doit, tout au contraire, être encore étendue !

 

Pascal Décaillet

 

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Allemagne : l'autre gauche, celle qui monte

 

Sur le vif - Mardi 21.08.18 - 11.46h

 

En Allemagne, la gauche radicale combat à son tour l'immigration incontrôlée, et exige un contrôle drastique des flux migratoires.

 

Pourquoi le SPD, aujourd'hui totalement à terre suite aux dernières élections, n'a-t-il pas tenu ce discours ? Lui, l'héritier de la grande tradition sociale-démocrate allemande, qui remonte au moins à 1848, pourquoi n'a-t-il pas tiré la sonnette d'alarme, suite à l'ouverture inconsidérée des frontières par Mme Merkel, à l'automne 2015 ? Le sort de la classe ouvrière allemande n'intéresse-t-il plus le parti qui fut celui de Willy Brandt ?

 

La maladie héréditaire de la sociale-démocratie allemande, aujourd'hui comme en 1919, c'est sa prétention à l'internationalisme, et à quelque dimension universelle qui n'intéresse guère les Allemands les plus précaires. A cela s'ajoute une "gentrification" du parti, devenu celui des villes et des classes moyennes, voire supérieures, et plus du tout celui des travailleurs. Or, des usines, oui des bonnes vieilles machines keynésiennes de fabrication à la chaîne, il en existe encore beaucoup en Allemagne, c'est d'ailleurs l'une des raisons - avec la maîtrise de l'acier - de l'incroyable prospérité économique de ce pays.

 

Là où il y a des usines, ou des aciéries, il y a des ouvriers. Oui, cela existe encore ! En Allemagne, depuis Bismarck et ses premiers contrats collectifs, ses premières assurances sociales, le souci a été constant de maintenir un dialogue fructueux entre patronat et syndicats. Dans cette dialectique, le SPD a historiquement tenu un rôle majeur. Ce rôle, aujourd'hui, il l'a perdu.

 

Pendant ce temps, à la gauche du SPD, des formations plus radicales, avec un langage plus clair, plus proche du peuple, mais aussi avec des options plus tranchées, parfaitement identifiables, ont prospéré. Elles sont les héritières de cette autre gauche allemande, qui existait puissamment en 1918, 1919, plus percutante, plus offensive, et dont l'une des branches était franchement plus nationale. Pendant la République de Weimar, pendant les années d'opposition au Troisième Reich, puis dans les deux Allemagnes de 1949 à 1989, la dualité antagoniste de ces gauches a existé.

 

Aujourd'hui, la gauche radicale monte. Et la vielle sociale-démocratie, humaniste, s'effondre. Enlisée dans ses rêves internationalistes, dans ses chimères cosmopolites. Ce qui se passe dans la politique allemande, souvent, se retrouve chez nous quelques années plus tard. Le combat des gauches, entre préférence nationale et béatitude mondialiste, ne fait que commencer.

 

Pascal Décaillet

 

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