11/09/2018

GAC d'hier soir : Jean Romain sur Pierre Maudet

 

Sur le vif - Mardi 11.09.18 - 05.37h

 

Hier soir à GAC, une bonne dizaine de minutes d'interview de Jean Romain, Président du Grand Conseil, sur l'affaire Maudet.

 

Plus je repense à ce qu'il a dit, plus je me dis que cette intervention a constitué une étape dans la prise de distance du Président du Conseil d'Etat par ses propres troupes.

 

Pourquoi ? Parce qu'entre Jean Romain et Pierre Maudet, on est dans le même monde. Les deux sont radicaux. Les deux, d'un canal historique du radicalisme romand, passionné d'institutions, de service de l'Etat, d'inscription de l'acte politique dans une continuité historique. James Fazy pour l'un, Joseph Barman pour l'autre. Pierre Mendès France, pour l'un et l'autre.

 

Chez Pierre Maudet comme chez Jean Romain, il y a une très grande proximité avec le radicalisme d'un Pascal Couchepin, ou plus exactement avec la personne de l'homme de Martigny. Il y a comme un souffle d'Etat, avec aussi ses raideurs régaliennes.

 

La prise de distance, hier à GAC, de Jean Romain face à Pierre Maudet, parce qu'il a dissimulé la vérité au Parlement, est véritablement d'ordre institutionnel, et pas d'ordre personnel. Parce que chez ces gens-là, Monsieur, l'institution précède la personne. Comme chez d'autres, paraît-il, l'existence précède l'essence.

 

Pascal Décaillet

 

06:00 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Oui mais qui nous dira jamais ce que signifie "GAC" ?

Écrit par : Géo | 11/09/2018

MDA = Marre des abréviations !

Écrit par : Mère-Grand | 11/09/2018

GAC, Géo et Mère-Grand?

Genève à chaud: http://www.lemanbleu.ch/fr/Emissions/Information/Geneve-a-chaud/Geneve-a-Chaud.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 11/09/2018

@Hélène Richard-Favre
Merci de votre traduction.
Mais comment ai-je osé poser une telle question sur ce blog?

Écrit par : Mère-Grand | 11/09/2018

Plutôt GACh! Si vous désirez vous faire mieux connaître Pascal Décaillet! J'ai regardé par mal de vos interviews.

Écrit par : Patoucha | 11/09/2018

Jean Romain ne m'a fait pas fait une grosse impression dans cette interview. Il a été excessivement pondéré et sans doute prudent, faisant le service minimum dans la loyauté au chef Maudet en mauvaise posture, sans non plus l'enfoncer. Ni pour ni contre bien au contraire. Est-ce du radicalisme, du catholicisme valaisan, est-ce régalien? J'ai trouvé curieux chez ce vieux jeune homme ce blouson de cuir de motard, à la fois faussement décontracté tout en restant bien coincé, peigné et cravaté comme un notaire.

En revanche je suis obligé de faire un vif compliment à l'abbé Décaillet pour l'art inégalable dont il a fait montre en confessant le pénitent Maudet (dans une autre émission GAC), avec une componction parfaite, amène, souriant, bienveillant, morigénant le pécheur avec douceur, sans d'ailleurs lui donner l'absolution mais en faisant preuve de charité chrétienne et par dessus le marché d'une certaine désinvolture.

Quel talent!

Là on sent le grand métier de prêtre, pardon de journaliste. Du très grand art et un morceau d'anthologie avec beaucoup de culture en filigrane. On comprend mieux comment vous avez pu acquérir cette position très particulière dans la République qui vous permet de dire son fait à chacun, sans rien celer de vos pensées, et pourtant sans que personne ne puisse jamais vous reprocher vos coups de griffe tant vous avez su vous rendre incontournable.

Écrit par : Mallet du Pan | 12/09/2018

Êtes-vous bien sûr, Monsieur Décaillet, de ce que vous avancez sur l’origine politique du Président actuel du Grand Conseil de la République et Canton de J’ai fait une grande partie de mon école classique au Collège de la Royale Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, en Valais, de 1964 à juin 1972, passage de la maturité classique type A latin-sciences. Monsieur Jean Putallaz y a suivi les mêmes cours à cette même période en tant qu’interne, car ses parents de Conthey habitaient à Sion, distance trop importante pour être externe ! Mais il était bien une jeune conservateur, ou vers la fin du collège démocrate chrétien. Les étudiants radicaux n’étaient pas si nombreux alors et on se connaissait tous, même si certains étaient plus ou trop actifs contre les conservateurs, à l’instar d’un Philippe Bender de Fully, maturité en été 1970. D’où tirez-vous une ascendance radicale de ce philosophe ? J’aimerais bien la connaître !

Écrit par : Marc Luisier | 14/09/2018

@Marc Luisier

Ce que vous dites de l'appartenance conservatrice de la famille Putallaz est très intéressant. Il n'en reste pas moins que celui qui a choisi le non de plume Jean Romain fait de la politique à Genève dans les rangs du parti radical. Et même si son action politique est plutôt "conservatrice" d'esprit, notamment en matière scolaire, il n'en reste pas moins que Jean Romain a toujours une phraséologie "républicaine" étrange, pleine de termes codés, vieillis, qui sentent le radicalisme 48ard à plein nez. Je me demande si Jean Romain n'a pas été initié comme le fut un autre valaisan de Genève: Pierre Courthion, qui était d'ailleurs un merveilleux écrivain.

Tout cela fait partie du folklore politique du Bas Valais et des Dranses où le souvenir de la bataille du Trient est toujours vivant. Dans chaque village il y a deux cafés: la Croix fédérale pour les conservateurs et le Café du Progrès pour les radicaux "Jeune Suisse". Il y a aussi deux fanfares, avec des noms typiques: par exemple la Concordia sera une fanfare conservatrice et l'Avenir une fanfare radicale. Tous ces gens oscillent entre ces deux pôles, mais quand ils débarquent à Genève, ils se retrouvent entre Valaisans et fraternisent entre eux, alors les clans se mélangent. C'est la seule explication que je vois à l'énigme Jean Romain.

La famille Bender incarne un clan anticlérical très typé. Mais Pascal Couchepin, qui a le soutien des mêmes milieux est un radical qui va à la messe. J'ai même entendu dire qu'il avait une soeur religieuse. Où se situe exactement Jean Romain Putallaz dans tout ça reste pour moi un mystère... Ce qui est sûr c'est que Jean Romain n'est pas un conservateur de la nuance noire, comme Guy Genoud, Roger Lovey ou René Berthod Rembarre. Jean Romain est peut-être né conservateur mais il est devenu un radical de synthèse dans l'esprit Pascal Couchepin. Il a un frère qui est aussi philosophe, tout ce qu'il y a de plus thomiste. Avec Jean Romain, on perd son latin.

Écrit par : Mallet du Pan | 14/09/2018

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