15/09/2018

Affaire Maudet : le vent noir de l'hypocrisie

 

Sur le vif - Samedi 15.09.18 - 18.13h

 

"Il a menti, il a menti, il a menti !". La gauche genevoise n'en peut plus, dans l'Affaire Maudet, de s'étrangler, en feignant de découvrir que le monde politique ne dit pas toujours la vérité.

 

Pierre Maudet a commis une faute POLITIQUE. Majeure, et peut-être fatale, nous verrons. S'il doit partir, c'est parce qu'il n'aura plus la marge de manœuvre POLITIQUE pour demeurer au gouvernement. Parce qu'il aurait ruiné son crédit, par exemple justement en mentant.

 

Le mensonge en politique, en cela, est une faute. Parce qu'il est de nature dévastatrice pour la crédibilité. En cela, et en cela seulement. Il appartient à un gouvernant d'assurer sa réputation, non parce qu'elle est une réputation, mais parce qu'elle est un outil nécessaire à l'exercice du pouvoir. Cette considération-là n'est pas d'essence morale, mais POLITIQUE.

 

Or, la gauche genevoise, avec ses cris d'orfraies, que fait-elle ? Elle insiste, à n'en plus finir, sur une prétendue faute morale. Parce que mentir, ça n'est pas bien. Comme si nous étions, dans notre République, entre pasteurs, ou entre prêtres, ou entre moralistes.

 

Non. Nous sommes entre citoyens. Nous confions des missions à des élus pour qu'ils mettent en application une POLITIQUE, au service de la Cité. Nous attendons d'eux qu'il soient compétents, anticipateurs, lucides, combatifs.

 

Nous n'attendons pas d'eux qu'ils soient des saints.

 

Pour ma part, je n'ai jamais attendu d'un élu qu'il soit exemplaire sur le plan moral, je dirais même que cela m'indiffère totalement. Bien plus graves m'apparaissent l'incompétence, la cécité face aux enjeux.

 

Mais notre gauche genevoise, que veut-elle ? Réponse : une démission, donc une élection complémentaire, gagner un siège au Conseil d'Etat, y obtenir ainsi, pour quatre ans et demi (l'enjeu est de taille), une majorité. Ainsi, pouvoir, à son tour, placer les siens un peu partout, par exemple dans les Conseils de fondation, les régies publiques, etc.

 

La gauche veut cela. Elle ne veut que cela. Le reste, derrière le paravent de la morale, vieux comme le monde, c'est le vent noir de l'hypocrisie.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:34 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

La "gauche" dans le canton est minoritaire, moins de 40% des voix. Comment pourrait-elle ambitionner d'élire un candidat lors d'une élection partielle?

Ainsi donc nous apprenons aussi que la droite majoritaire place les siens un peu partout. C'est écrit, c'est dit.

Écrit par : Daniel | 15/09/2018

Mentir n'est pas seulement une affaire de crédibilité.
C'est tromper.
Pas besoin d'être prédicateur, directeur de conscience ou donneur de leçons.
Il s'agit d'un manque de respect de ou des autres.
L'Evangile dénoncerait une faute d'amour du prochain (prochain:il n'est pas précisé lequel!)

Mais ce qui choque tellement, vous le soulignez, Pascal Décaillet, c'est la comédie de la gauche genevoise qui "feint de découvrir que le monde politique ne dit pas toujours la vérité"... pas plus, précisait Madame Lagarde "qu'on entre en politique pour faire du sentiment"!
Féministe suisses des années septante certaines d'entre nous pensions que les femmes entrant en politique... l'humaniserait.
Las!

je ne crois pas que les évangiles "sans intermédiaire" nous parlant au fond de l'être comme le fait aussi bien Mozart (à l'heure de sa Petite musique de nuit ré sol la si do… la si sol la sol - fa - mi - ré - mi - fa - sol

soient nocifs.

La "mauvaise foi" mettait le personnage central des évangiles hors de lui ("Gens de mauvaise foi!(…)

Les personnes qui n'ont pas la foi tout en cultivent la "bonne foi" sont encourageantes

en vérité

Écrit par : Myriam Belakovsky | 16/09/2018

Mentir, c'est tromper.
Avant de parler de crédibilité.

Mais ce qui frappe, en l'occurrence, c'est la mauvaise foi de la gauche genevoise.

Il y en a parmi nous, Pascal Décaillet, qui attendaient de leurs élus qu'ils soient droits et désintéressés au service non de leurs intérêts mais de ceux du pays ainsi qu'attentifs à la qualité de vie de ses habitants… en premier.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 16/09/2018

Monsieur Maudet ment comme beaucoup de POLITICARDS....le petit problème que vous semblez oublier chez lui c'est qu'il a construit une vérité...fausse ,pour la servir à tout le monde. Ceci ne s'appelle plus du mensonge mais de la manipulation et de la lâcheté face à la vérité. Il n'est donc plus digne de rester en poste. Si il y a un hypocrite dans cette histoire, Monsieur Maudet est bien placé pour décrocher le titre.

Écrit par : alladin | 16/09/2018

Et si nous parlions de "voyages" payés par les contribuables dans des dictatures dont les grands timoniers possèdent des comptes à Genève ?

Écrit par : Laurent Barre | 16/09/2018

Personnellement ce qui est reproché à Maudet me paraît assez véniel. C'est POLITIQUEMENT une bonne chose de lui voir des talons, car il est un dangereux euroturbo antisuisse. Voila tout. Maintenant, évidemment que cette gauche qui joue au parangon de moralité n'est qu'une bande de tartuffes. On sait bien que la seule chose qui l'intéresse, c'est le siège, et de pouvoir placer ses gens à elle et distribuer les prébendes à ses clients à elle: la gauche, au lieu de ces confréries d'inspiration radicale dont P. Décaillet nous entretenait et qui régentaient paraît-il ce qu'il appelle la "République radicale" genevoise, qui aurait fonctionné de 2012 à 2018, stupéfiante révélation! Et ce, bien que le grand vieux parti radical n'avait que deux, puis un seul élu à l'exécutif.
La question est de savoir si pour éviter une domination de la gauche, cela vaudrait la peine de soutenir une nuisance comme Maudet, "sauver le soldat Maudet". Je ne le pense pas.
Il n'y a aucune raison que le départ de Maudet profite à la gauche. La droite est majoritaire à Genève, dans l'électorat. Ce n'est qu'à cause de la stupidité sans nom de la direction actuelle du PLR -qui a littéralement offert la majorité à la gauche- que la gauche a tant de pouvoir. Ces messieurs dames ressentiraient une alliance de droite franche avec le MCG et l'UDC comme une faute morale ou une faute de goût, on ne sait. Où va se nicher la morale? Et le bon goût?
Si la droite genevoise continue à se comporter comme la droite la plus bête du monde, et à suivre le principe "pas d'ennemis à gauche", alors oui, les fromages de Maudet et de ses frangins tomberont dans le bec avide de la gauche. Mais il suffirait que cette droite fasse preuve enfin d'un minimum d'intelligence et d'instinct de survie et qu'elle s'entende avec ceux que P. Décaillet appelle les "gueux", et elle pourrait sauver une bonne partie du fromage.
Il y a des fois où quelques vieux principes de "géométrie" (toujours pour employer des mots du langage codé décailletien, géométrie non euclidienne bien entendu) comme celui qui s'énonce : "pas d'ennemis à gauche" deviennent nettement contre productifs.
Les "géomètres" sauront-ils le comprendre? Où resteront-ils obtus et sectaires, contrairement à leurs intérêts? Après 6 ans de République radicale, pourquoi ne pas tenter l'expérience d'une alliance radicale avec les gueux, disons une république radicalo-populiste ou simplement un peu plus proche du peuple. James Fazy ne se retournerait pas dans sa tombe, les radicaux en ont fait de pires depuis 170 ans qu'on les connaît.
A moins que les "fatigues patriciennes" de la "rue des Granges" (toujours selon la science politique décailletienne) ne poussent à la politique du pire et ne fassent tout rater.
Décidément ces "welsches" et leurs Genferei...!

Écrit par : John Longeole | 16/09/2018

J'aurais dû ajouter la subtile science politique et sociologie décailletienne, très subtile même et renversante par moments, dans ses analyses des arcanes alchimiques de la République et Canton. Ce qui ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'elle soit fausse.

Écrit par : John Longeole | 16/09/2018

Depuis le mois de mai que cette affaire est sur le tapis... On en a pas autant parlé sur le 11 septembre.... Sauf le Johann, aujourd'hui sous le pseudo de Daniel qui nous vient, comme à son habitude, en "justicier" vomissant... Les "justiciers" de ce 21ème siècle, c'est connu, sont toujours dans la projection pour cacher leur misérable mentalité!

Clic!

Écrit par : Patoucha | 17/09/2018

@John, nous avons vu ce que la droite française fait et à fait de la banlieue genevoise.

Il suffit de voir également ce que certains républicains concoctent à Trump pour comprendre que c'est la chienlit et cela déjà bien avant que le de Gaulle en chef se trompe d'amis.

Tandis que Macron et ses sponsors a été très malin, en surfant sur la vague Trump il ont installé la totale désillusion. La France va sombrer et Genève sera aspiré avec l'eau du bain, l'affaire Maudet n'en est qu'un pré-symptôme, l'hiver sera chaud.

Écrit par : Laurent Barre | 17/09/2018

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