19/10/2018

Conseil d'Etat : la liste, SVP !

 

Sur le vif - Vendredi 19.10.18 - 09.39h

 

La question n'est pas de nier le réchauffement climatique. Ce dernier est un fait, mesurable.

 

Non, la question est de savoir si on est obligé, par le gouvernement, de tenir pour dogme intangible, sur les causes de ce réchauffement, les thèses d'un groupe d'experts.

 

Dans cette seconde hypothèse, merci au Conseil d’État genevois de bien vouloir établir, en noir, la liste exhaustive des thèmes où peut encore s'exercer l'esprit critique. Et, en rouge, ceux auxquels la liberté de pensée ne saurait s'exercer.

 

Ce rouge et ce noir, non en fonction de la loi, que nous devons assurément tous respecter. Mais en fonction d'une idéologie imposée par l'exécutif. Parce qu'elle correspondrait, par exemple, à la doxa dominante d'un moment.

 

Nous nous réjouissons de prendre connaissance de ce précieux document.

 

Pascal Décaillet

 

10:09 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Vous filez un mauvais coton. Si vous commencez à douter de certaines vérités pharisiennes obligatoires, pire, à demander que la liberté de penser et de s'exprimer existe à nouveau, cela peut vous mener loin. Faites attention, c'est très dangereux. On commence avec le réchauffement climatique, et après pourquoi ne pas s'interroger sur la démolition contrôlée de la troisième tour du World Trade Center à New York? De là à aborder des sujets où tout questionnement est pénalement réprimé, il n'y a qu'un pas. Prenez garde à vous, nous sommes beaucoup à qui vous manqueriez beaucoup si vous étiez subitement mis sur la liste noire des pharisiens, réprouvé, pestiféré, interdit de parole.

Écrit par : John Longeole | 19/10/2018

Bonjour,
Un petit message en réaction à votre post au sujet de l'enseignant climatosceptique et de son enquête. Votre dénonciation de la chasse au sorcière ne me dérange pas, cependant je tiens à réagir sur le fait que vous dénoncez l'absence de débat. Sous-entendu l'absence de débat au sujet du réchauffement climatique et de son origine.

Étant diplômé en géosciences et passionné par la question climatique, ces propos m'obligent à réagir. Un enseignant se doit de transmettre une information scientifiquement juste aux élèves et je ne pense pas que vous défendriez un enseignant qui contredirait la théorie de l'évolution ou un autre sujet de ce genre. Je sais que l'analogie peut sembler choquante et digne d'une tentative de jeter l'anathème mais pourtant je vous assure qu'elle est justifiée. Pour vous convaincre laissez-moi vous expliquer brièvement vous raconter l'histoire de la découverte du réchauffement climatique et de l'effet de serre.

Joseph Fourier en 1820 et John Tyndall en 1859 démontrent l'existence de l'effet de serre, c'est à dire le fait que certains gaz bloquent le rayonnement infrarouge de la Terre. Ce rayonnement infrarouge est simplement le rayonnement thermique que la Terre émet naturellement comme le fait tout autre objet de notre environnement. On découvre à cette époque que la surface terrestre doit une bonne partie de sa chaleur à cet effet de serre qui est décrit par métaphore comme une couverture invisible qui empêche une partie de la chaleur de partir vers l'espace. Le principal responsable est assez vite découvert: la vapeur d'eau.

En 1896, Svante Arrhenius s'intéresse à un autre gaz de l'atmosphère qui provoque l'effet de serre, le CO2. La raison de son intérêt est celui de vouloir expliquer l'histoire géologique de la Terre et plus particulièrement les glaciations. Comme il est chimiste, il s'intéresse à un gaz qui fluctue au cours des temps géologiques car il est en équilibre avec les bicarbonates de l'océan et les roches calcaires. Son génie allait émerger dans une simple approche en prenant compte ce qu'on appelle les boucles de rétroaction (effets feedbacks en anglais). Le CO2 n'avait jamais été considéré à cause de sa faible concentration dans l'atmosphère mais Arrhenius réalise que même le petit effet du CO2 avait un effet sur la vapeur d'eau. Doubler la concentration de CO2 dans l'atmosphère provoquait directement qu'un réchauffement de quelques dixièmes de degrés mais il démontre par calcul qu'indirectement l'effet serait bien plus grand à travers l'augmentation de la vapeur d'eau. Celle-ci dépend de la température, un air chaud pouvant supporter plus de vapeur. Ce que les autres scientifiques avaient oubliés à l'époque c'est que même quelques dixièmes de degrés avait un impact majeur sur la quantité de vapeur de la troposphère, soit à peu près une couche de 10 km. A l'époque sa théorie n'intéresse pas grand monde, surtout qu'en 1901 Herr Koch et Knut Angström réalisèrent une expérience de laboratoire avec une concentration de CO2 de départ et une concentration doublée et ils ne trouvèrent aucune différence d'absorbance de l'infrarouge.

Il faut attendre E. O. Hulburt en 1931 et Guy Callendar en 1938 pour que d'autres se réintéressent à la théorie d'Arrhenius. Ils découvrent que Koch et Angström avaient plantés les conditions de leur expérience en y laissant de la vapeur d'eau et en prenant une concentration de départ en CO2 déjà à saturation. Ils ne trouvaient rien car le rayonnement infrarouge était déjà entièrement absorbé dès le départ. Leurs publications se nomment:
- Hulburt, E.O. (1931). "The Temperature of the Lower Atmosphere of the Earth."
- Callendar, G.S. (1938). "The Artificial Production of Carbon Dioxide and Its Influence on Climate." Quarterly J. Royal Meteorological Society 64: 223-40.

Callendar passera presque 30 années de sa vie à étudier le mécanisme de l'effet de serre à travers le CO2. Il produira les premiers modèles qui indiqueront une augmentation de la température à la fin du siècle avec les émissions de cO2. Son travail attire l'attention d'autres scientifiques tel que Gilbert Plass qui publiera une série d'articles en 1956 sur ses propres expériences et calculs confirmant tous la théorie de Callendar et Arrhenius. Ses calculs étaient déjà assez bons car il a prédit à près de 7% l'accroissement réel de la température pour la fin du XXe siècle. D'autres scientifiques comme Lewis D. Kaplan, Charles D. Keeling et Wallace Smith Broecker rajouteront leurs pierres à l'édifice jusqu'au jour où le "President's Science Advisory Committee" dépose un rapport alertant le président Lyndon Baines Johnson de se préoccuper de la situation climatique future. C'est-à-dire qu'en 1965, le comité des conseillers scientifiques du président américain acceptaient déjà une forme de consensus sur l'effet de serre et le CO2.

Les évidences et les publications se sont multipliées et depuis 1988, toutes les grandes institutions scientifiques ont pris position pour reconnaître la validité de la théorie de l'effet de serre, sur l'implication du CO2 et sur la cause anthropique de son accroissement dans l'atmosphère. Je vous invite à regarder le site climate.nasa.gov et vous pourrez voir une liste de prises de position d'institutions très sérieuses. Pour la Suisse, je vous recommande la publication "Coup de projecteur sur le climat suisse".

Conclusion, il s'agit de plus d'un siècle de littérature scientifique! C'est pour cela que je pense que mon analogie avec ceux qui réfutent la théorie de l'évolution est justifiée. La théorie du réchauffement climatique est même plus vieille que la théorie de la tectonique des plaques. L'enseignant climatosceptique mérite d'être mis sous enquête et la société n'a pas à créer de sempiternelles débats avec des personnes qui ne prennent même pas le temps d'écouter.

Cordialement,

Écrit par : Luiset Alexandre | 22/10/2018

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