25/10/2018

A MM Maudet et Barazzone - Conseils de voyages

 

Sur le vif - Jeudi 25.10.18 - 17.41h

 

Que certains de nos édiles éprouvent une fascination pour l'Orient compliqué, je ne saurais - en soi - la leur reprocher. Moi aussi, le monde arabe me fascine, depuis ma première visite au Proche-Orient, à l'âge de huit ans. Il y en eut beaucoup d'autres. J'aime ces pays, j'aime leurs langues, leurs cultures, c'est ainsi.

 

Seulement voilà. En laissant parfaitement de côté (c'est mon principe d'action) les aspect moraux ou juridiques de ces petites virées où le rêve orientaliste semble jouer un rôle cardinal, il y a tout de même un élément que je désapprouve : la faute de goût.

 

Des rives océanes du Maroc jusqu'aux confins de l'Indus, l'univers de langue et de culture arabes, avec SES religions (eh oui, au pluriel, il y a par exemple des Arabes chrétiens), passionnant de diversité, mérite, à mes yeux, une autre attention, y compris ministérielle, que la seule fréquentation des potentats richissimes du Golfe.

 

Ainsi, MM Maudet et Barazzone auraient pu, au hasard, aller visiter le site exceptionnel de Kairouan, en Tunisie, l'un des lieux saints de l'Islam. Ou encore, les vestiges romains de Libye. Ou encore, les villes égyptiennes du Caire, d'Alexandrie, ou plus au Sud, Assouan, avec ses mélanges de peuples et ses cataractes. Ils auraient pu s'enfoncer dans les profondeurs de l'Algérie, de la Mitidja jusqu'à Tamanrasset.

 

Ils eussent pu aussi, ces deux Messieurs, aller se promener dans Gaza, ville assiégée, ville bloquée, ville où le champ des possibles, celui de la vie tout simplement, se voit comme verrouillé : jusqu'à quand ? Non loin, je leur aurais conseillé Jérusalem, ville arabe, ville juive, ville chrétienne, trois fois Sainte, tant fois sources, ombilicale. Et puis, Damas, que je rêve de revoir. Et puis, la Jordanie, l'Irak, Bagdad. Et puis, hors du monde arabe, mais si capital pour la région, si central dans l'échiquier du Moyen-Orient, l'Iran. Oui, la Perse, millénaire, fascinante, inventive.

 

Dans tous ces pays, sans compter la captivante Turquie, non-arabe également, mais d'une telle puissance dans l'ordre de la langue, des croisements, de la culture, avec aussi bien sûr le Kurdistan, nos deux éminents globe-trotters auraient découvert la chaleur humaine des populations, l'amitié, la rencontre.

 

MM Maudet et Barazzone, vous me décevez. Non dans l'ordre juridique, ni moral. Mais dans celui du goût et des priorités. Vous aimez l'Orient ? Vous avez raison ! Mais allez le voir où palpite l'humain, avec ses rêves de fraternité. Et pas nécessairement où miroitent l'arrogance et l'opulence des tout-puissants.

 

Pascal Décaillet

 

 

18:07 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Est-ce que par hasard Maudet et Barrazone suivraient les filets de l'odeur du Fric ? Ce serait tellement étonnant de la part de politiciens genevois, mais sait-on jamais ?

Écrit par : Géo | 25/10/2018

On pourra ajouter qu'avec leurs rémunérations, ces deux élus ont largement de quoi se payer leurs billets d'avion, même en classe affaires - pour eux et leurs familles.

Pour ma part, je n'éprouve pas de déception, mais un certain dégoût.

Écrit par : Nicolas D. Chauvet | 25/10/2018

Ma foi bravo Monsieur Décaillet...

Voici qui est dit, et bien dit :-)

Écrit par : absolom | 25/10/2018

Le goût, cela ne s'achète pas.

Écrit par : UnOurs | 26/10/2018

Rien n'est gratuit ! Si ils ont reçus, ils ont donnés ! Faire passer cela pour des "vacances offerte" est au mieux prendre les gens pour des cons...

Écrit par : Peter Bishop | 26/10/2018

Ah mais, Monsieur Décaillet, un détail vous aurait-il échappé? Dans laquelle des destinations que vous citez, auraient-ils été invités tous frais payés?

Écrit par : olivier levasseur | 26/10/2018

Finalement pourquoi devrait-on s'étonner que les deux se retrouvent pris dans la nasse ?

Guillaume Barazzone n'est-il pas le clone de M. Maudet, la taille en moins, les joues en plus ?

Un avocat peu expérimenté entré à son corps défendant au Conseil Administratif et qui ensuite joue au "cumulard" avec le siège au Conseil national ! (A-t-il si peu à faire en ville ?)...

Le petit essaie de marcher dans les traces du grand et de copier son parcours politique...

Pourquoi être surpris ou déçu qu'il soit également attiré par les pétrodollars et les mauvaises fréquentations ?

Messieurs Barazzone et Maudet, vous discréditez vos fonctions, vos partis et finalement toute la classe politique. A force de vouloir manger à tous les râteliers (... comme si vos traitements étaient insuffisants !!) vous ne savez même plus reconnaître une corruption passive grosse comme une maison, pauvres de vous... !

Écrit par : A. Piller | 27/10/2018

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