01/11/2018

Personne n'est anti-suisse !

 

Sur le vif - Jeudi 01.11.18 - 15.36h

 

Juges étrangers : il n'y a nullement lieu de qualifier "d'anti-suisse" l'initiative. Pas plus que de qualifier "d'anti-suisses" les opposants au texte.

 

Ce langage, trop souvent utilisé de part et d'autre, n'a pas lieu d'être.

 

Nous, les quelque cinq millions de citoyennes et citoyens composant, au niveau fédéral, le corps électoral de notre pays, sommes tous des Suisses. Certains sont pour l'initiative, d'autres sont contre.

 

Nous sommes tous suisses. Nous sommes tous des démocrates. Tous, nous acceptons le jeu. Un texte nous est soumis. Une vaste campagne bat le pays pendant quelques semaines. Fraternellement, entre citoyens unis dans une communauté de destin, entre PRO et ANTI, nous nous engueulons.

 

Fort bien. C'est cela, la démocratie. Il n'est écrit nulle part qu'elle doive être discrète, encore moins silencieuse. Lorsque le peuple est appelé à se prononcer, il s'exprime, il discute, et certains, ma foi, le font avec le langage du peuple. Tous ne sont pas docteurs en droit, chuchoteurs de bibliothèques.

 

Mais de grâce, ne nous traitons pas mutuellement d'anti-Suisses. Notre magnifique démocratie directe mérite mieux.

 

Pascal Décaillet

 

 

15:46 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

En effet. Voici ce que m'inspire le billet de J-S Eggly :
"Certes, dans le pacte fédéral de 1291, est affirmé le refus de se soumettre aux juges étrangers ; qu’ils fussent autrichiens ou de l’Empire germanique.
Même à l’époque, il était question de traités avec l’Empereur." Et alors ? Voulez-vous signifier qu'après une acceptation de l'initiative UDC il n'y aurait plus d'accord avec l'empire franco-allemand ? Vous savez bien que ce n'est pas le cas et que telle n'est pas la question. Dans sa Constitution de 1848, les Suisses dans leur très grande sagesse ont refusé la création d'une Cour constitutionnelle. Vous pouvez admirer les dégâts que fait ce genre d'institution aux USA actuellement. Un seul juge peut faire la pluie et le beau temps pour plus de 200 millions de personnes...
Dans la construction des états démocratiques modernes, la relation du 3ème pouvoir avec les autres et la société reste un point de grande fragilité. Les juges ne sont absolument pas neutres politiquement et je pense que l'on peut affirmer sans trop de risque de se tromper qu'ils sont majoritairement nettement socialistes en Suisse romande.
En déléguant son pouvoir à une cour européenne, la CEDH, le peuple suisse et ses représentants perd tout contrôle sur son corpus juridique. En affirmant qu'il ne tiendrait plus compte des lois suisses contraires aux traités internationaux, le TF s'est pris pour une cour constitutionnelle. Il outrepasse largement ses compétences.

Il y a plusieurs sources de droit dont l'une très importante : la jurisprudence. Si les Européens en arrivent à décider que les minarets peuvent être construits partout sans restriction, la Suisse verra s'ériger des dizaines de milliers de minarets et n'aura aucun droit de s'y opposer. Pas besoin de lire Houellebecq pour voir que les temps sont à la soumission en Europe et que donc cette hypothèse n'a rien de ridicule.
Bien entendu, si les partis du centre-droit et du centre-gauche sont contre cette initiative, c'est pour de toutes autres raisons. L'acceptation du futur accord - cadre institutionnel avec l'Europe, où l'on verra la Suisse se diluer complétement dans l'UE. Ce sera la fin de l'aventure "Suisse".
Est-ce bien cela que vous défendez ?

Écrit par : Géo | 01/11/2018

Depuis près de 20 ans l'Europe de Bruxelles détruit peu à peu tous les acquis des travailleurs européens de l'Ouest! Sur France Culture "Les cours du Collège de France" 5h/6h du matin en ce moment, Alain Supiot (La gouvernance par le nombre), "les figures de l'allégeance"! Ce professeur est contre l'Europe de Bruxelles et il vous explique très clairement pourquoi!!!! j/s/eggly est pour le patronat, pour encore plus de profit pour les riches! Au dessus de la cour européenne des droits de l'homme il y a (la Cour de Justice de l'Union Européenne, elle n'est très clairement pas pour les droits humains des européens pauvres!! Quand le 90% des partis politiques de droite et de gauche vous demandent de voter la même chose, c'est la démocratie qui est en danger, parce qu'il n'y a plus de contre pouvoir!

Écrit par : Dominique Degoumois | 01/11/2018

Avant d'aller voter, lisez et écoutez ceci:
https://arretsurinfo.ch/attali-les-elus-nont-plus-de-pouvoir-et-voici-votre-avenir-effrayant/

et vous comprendrez très vite quel est votre intérêt.

Écrit par : Daniel | 01/11/2018

Carlo Sommaruga plaide en ce moment (La Première 7h40) pour le rôle de cour constitutionnelle de la CEDH, confirmant ce que j'ai écrit ci-dessus.

Écrit par : Géo | 02/11/2018

Au sujet de l'"antisuissitude", M. Décaillet a peut-être raison, en principe. On ne devrait peut-être pas excommunier des concitoyens en les taxant d'"antisuisses". Cela ne se fait pas. En fait cela se fait, et je ne m'en prive pas. Mais disons que selon les règles de la connivence, celà ne se fait pas. Il n'empêche que pour moi, certains sont objectivement "antisuisses".

Est antisuisse, selon moi, toute personne, groupe, organisation, parti politique, think tank, organe de presse, ou autre qui combat pour la mort de la Suisse. C'est à dire pour la disparition de la souveraineté de notre pays.

Ainsi je considère comme antisuisses tous les partisans d'un accord institutionnel avec l'Union Européenne, incluant la reprise automatique du droit européen. Car la Suisse n'aura jamais aucune prise sur l'élaboration du droit européen puisque la Suisse ne représente que deux pour-cent du nombre de citoyens européens.

Par conséquent, sont antisuisses des groupes de pression et think thanks comme AvenirSuisse, le Foraus, Opération Libero, etc., puisque ces organisations militent pour l'abrogation de la souveraineté législative de la Suisse.

Sont également antisuisses, à mon avis, les opposants à l'initiative d'autodétermination sur laquelle nous votons le 25 novembre. Car en proclamant la supériorité du droit international sur le droit suisse, issu de votations populaires, ils oeuvrent à anéantir nos libertés et nos droits populaires. C'est antisuisse. Comment peut-on le dire autrement?

Est très clairement antisuisse Communidade de los Estados Socialistas Latino Americanos (C.e.s.l.a) Amarelle, membre du gouvernement vaudois, ex professeur de droit constitutionnel et de droit international, qui a mené le bal pour que le parlement viole effrontément la Constitution fédérale en son article 121a, en décidant tout simplement de ne pas appliquer le résultat des votations du 9 février 2014.

Est antisuisse le professeur Thürer, professeur émérite de l'université de Zurich, qui a été consulté par le Conseil fédéral qui lui demandait comment faire pour que la Suisse devienne membre de l'Union Europeenne sans que les autorités soient obligées de demander l'avis du peuple, qui refuserait.

Le professeur Thürer a donc écrit un avis de droit de 80 pages à peu près avec comme conclusion qu'il suffisait de faire accepter par le peuple Suisse le principe de la supériorité du droit international. Ainsi en quelques années, par le seul fait de l'évolution de la jurisprudence de la cour européenne de justice, la Suisse serait de fait soumise à l'Union Européenne comme si elle en était membre. Et c'est exactement ce que font aujourd'hui tous les pro européens de la politique suisse. Scier à la base la souveraineté au moyen du soi disant droit international.

D'où l'importance d'accepter l'initiative d'autodétermination.

Par conséquent, on est bien obligés de dire aussi que la majorité du Conseil fédéral, hélas, est antisuisse. Sinon elle n'aurait pas mandaté le professeur Thürer pour savoir comment tuer plus facilement les libertés du peuple suisse.

De fait, je suis désolé cher monsieur Décaillet, mais il existe bel et bien des antisuisses, et il y en a beaucoup. Ils sont une minorité du peuple suisse, mais une majorité dans la classe politique.

Écrit par : Mallet du Pan | 02/11/2018

Dans toutes ces attaques contre cette initiative, il n'y a pas quelque chose qui vous choque? La reconnaissance de la violation de la Constitution de la part de nos négociateurs avec des pays ou des entreprises étrangères?

Écrit par : G. Vuilliomenet | 03/11/2018

@Mallet du Pan

Personnellement vous ne m’aprenez rien sur le Conseil fédéral qui vit sur le dos des contribuables et qui les trahi en catimini quand ils ne suivent pas ses conseils douteux. Nous en avons assez de le voir nous brandir le spectre de la peur à chaque votation concernant l’UE!
En revanche, ce que je lis sur le mandat au professeur Thürer est inacceptable! Qu’on se mobilise en nombre d’une manière ou une autre afin que cette minorité du Conseil fédéral nous respecte et respecte cette démocratie directe que certains nous envie, mais qui semble ne plus lui convenir, car une entrave pour les diktats de l’UE, ce tonneau des Danaïdes!

Écrit par : Patoucha | 03/11/2018

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.