01/11/2018

Un monde sans notes de frais

 

Sur le vif - Jeudi 01.11.18 - 22.35h

 

Au lieu de constamment s'étrangler de déception face aux élus, demandons-nous plutôt si nous allons encore avoir éternellement besoin d'élus.

 

Née de la Révolution française (un peu avant, déjà, en Angleterre), la bonne vieille démocratie représentative date du temps des lampes à huile et des diligences. On envoyait, pour des "sessions", des notables siéger dans la capitale du pays.

 

Fort bien. Mais les temps ont changé. La Révolution numérique, le partage des connaissances, la mise en réseau du savoir, tout cela rend de moins en moins nécessaire la présence simultanée, pendant trois semaines, quatre fois par an (je prends le cas de la Suisse) d'élus pour pondre des lois.

 

Petit à petit, dans les décennies qui viennent, le processus de maturation des lois va changer. La démocratie directe, de plus en plus, va pouvoir agir directement, et peut-être plus seulement sur le plan constitutionnel.

 

Les nouvelles formes de citoyenneté sont à inventer. Les outils existent déjà, existeront de plus en plus, pour que le suffrage universel, dûment formé et informé, supplée progressivement ces assemblées de notables où le tutoiement consanguin remplace le glaive de la lutte des idées.

 

Un monde sans notes de frais. Un monde sans Nomenklatura. Un monde délivré des oligarques et des corps intermédiaires. Un monde où chaque citoyenne, chaque citoyen, à la fois fragment et totalité de la nation, participerait activement à dessiner le destin du pays.

 

Pascal Décaillet

 

 

22:59 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Lamentable ... certains élus vaudois et genevois s'entendent très bien sur le plan financier ... mais pas dans le bon sens du terme avec des excuses bidons !

Écrit par : M.A. | 02/11/2018

C'est le moment ! Depuis le temps que je dénonce ce gaspillage. Mais votre conception républicaine du débat politique va radicalement changer et se rapprocher des citoyens. Vous aurez certes une vaste palette de gens prêts à défendre des causes sur vos plateaux, mais la discussion deviendra beaucoup plus technique et pointue.
Je me réjouis de vous faire un jour la démonstration de la calamité des travaux parlementaires sur les diverses loi sur les taxis, tant en commissions qu'en séances plénières. Vous comprendrez alors à quel point nous devons nous débarrasser rapidement de cet échelon parasite et ruineux.
Et je suis convaincu qu'il en est de même dans tous les domaines.

Écrit par : Pierre Jenni | 02/11/2018

Il ne s`agit pas seulement de "gaspillage", Pierre Jenni. Le détournement de l`argent public vaut pour les petites sommes comme pour les grandes. C`est une question de d`éthique morale et de citoyenneté.

Écrit par : Jean Jarogh | 02/11/2018

Très juste, votre billet

Écrit par : Alain | 03/11/2018

Vous écrivez "les nouvelles formes de citoyenneté sont à inventer". Oui, mais comment ? J'adhère au constat mais je parviens mal à imaginer les formes du changement. Certain jour, quand le gros chien noir quitte sa niche, je remarque que les moyens numériques ne renforcent qu'une chose : l'illusion d'être ensemble. La partie se joue ailleurs, sur la Côte Ouest des Etats-Unis (et en Chine), où sont rassemblés les maisons-mères des maîtres multimilliardaires du monde numérique à qui nous avons confié, un peu vite, les clés leur ouvrant nos données. Devant ce pouvoir aux moyens financiers sans limite ou presque, le monde politique parait obsolète. Il n'a rien compris aux nouvelles règles du jeu mais persiste à faire semblant, à mimer les attitudes du pouvoir, tapant au passage dans le gros pot de confiture (ou le fromage genevois.)
bien cordialement

Écrit par : Malentraide | 03/11/2018

Un monde sans nous.
Les jeux sont faits, adieu les illusions, bonjour la silicon valley !
Ce qui reste à inventer c'est comment tirer son épingle du jeux, les plus malins les plus chanceux nageront dans l'opulence, les autres survivront dans l'indifférence.
Notre destin c'est l'échec programmé.
On ne va pas se débarrasser des parasites, c'est nous les parasites.

Écrit par : ubicus | 03/11/2018

"La Révolution numérique"

Là, ... je partage pas votre optimisme.

Si je prend l'exemple des Hueee-Esssee-AAaaahhh, les figures de proue des partis ne sont plus des "produits" de leur parti, mais des vedettes de cirque, clounes menteurs, dont le talent est de produire un spectacle servant à cacher les vraies décisions pendant 4 ans.

Écrit par : Chuck Jones | 03/11/2018

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