25/11/2018

Oublions les juges !

 

Sur le vif - Dimanche 25.11.18 - 16.25h

 

Faire porter la question sur les juges a été une erreur. J'ai moi-même longtemps hésité, à cause de la CEDH (qui ne me pose aucun problème sur les recours individuels de justiciables suisses déboutés par le TF). Cette histoire de juges a semé le trouble, et a permis aux adversaires de l'initiative de faire porter le débat sur les droits de l'homme.

 

Fort bien.

 

Pour la prochaine fois, il faudra oublier les juges. Oublier les cas individuels. Et faire un peu de politique, entendez porter la querelle au niveau de la souveraineté législative nationale. Et à celui de la crédibilité de notre démocratie directe, qui doit être ultime dans ses décisions, ou n'être pas.

 

Avoir faire porter tout le débat sur une question de juges, au nom d'une référence au treizième siècle, constitue une faute stratégique majeure. Beaucoup plus que les erreurs de tonalité dans la campagne, certes réelles, mais pas à ce point décisives sur le résultat.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:34 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ben voilà un programme enthousiasmant !
Maintenant faudrait savoir le porter au-delà de la Sarine.

Écrit par : Pierre Jenni | 25/11/2018

Mais Monsieur Décaillet, ce sont les adversaires de l'initiative qui ont toujours mis en avant les risques de nuire aux droits de l'homme, et ça a été martelé jusqu'à la nausée, les merdias n'ayant jamais vraiment donné l'occasion d'avoir un débat serein sur le sujet. Et soyez certain que sur les blogs, les salauds s'en sont donné à coeur joie.

Mais bon, maintenant, nous allons voir à partir de quel moment nous devrons boire le calice jusqu'à la lie.

N'oublions pas que nous avons maintenant devant nous:
- l'accord-cadre avec l'UE qui nous imposera les OGM, l'utilisation du glyphosate, l'interdiction des armes et bien d'autres choses amusantes que nous ne nous imaginons pas
- la signature du pacte pour l'immigration de l'ONU
- l'acceptation de la chaaria vu que la critique de l'islam devient interdite
- etc...

Oui, ce jour, il y a eu 2 suisses sur trois qui ont été faits cocus, est-ce les mêmes qui ont voté contre l'initiative sur les bêtes à cornes?

Écrit par : Gilles Vuilliomenet | 25/11/2018

Dont acte.
Le score de l'initiative est loin d'être ridicule quand on sait que tous les partis sauf un ont milité contre l'initiative avec des arguments uniquement destinés à faire peur.

Écrit par : Daniel | 25/11/2018

"Oublions les juges"?
Nos juges n'étant pas tous droits il en faut d'autres pour les juger et si ces nouveaux n'étaient pas droits non plus il en faudrait encore d'autres, et d'autres… et ainsi de suite.
En final la chanson du duc de Bordeaux.

Notre civilisation s'effondre, là est le problème.

On parlait de notre pays peureux, frileux souhaitant, selon les uns, vivre comme sur une île déserte!

Les îles désertes accueillent parfois des naufragés.

En l'occurrence naufragée en perte de civilisation.
Pourquoi ou comment?

La banalisation, plongée en matérialité extrême, signe la fin d'une civilisation.
En cas de doute s'informer selon Paul Diel de la banalisation in Psychologie de la motivation chez Payot petite bibliothéque.

Bonsoir et bonne nuit.
Par temps gris annonciateur d'autres grisailles à force de surdité concernant les revendications des plus humbles d'entre nous.
Paul Diel était également philosophe.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/11/2018

J'avais pensé que le message de l'UDC avait manqué sa cible et manqué de sauvegarder nos institutions dit de démocratie directe en omettant de donner, au moins, un exemple précis pour donner au citoyen-lambda ce que veut dire les juges étrangers.
Par ailleurs, le peuple s'est privé d'une bonne question sur laquelle le débat désintéressé aurait pu nous alerter réellement sur la perte de droits issus de notre système démocratique semi-direct.

J'ai un commentaire et une question.

Le premier concerne les traités internationaux: il semble que la souveraineté, par l'initiative de l'UDC ou d'une autre formation, n'aurait pas invalidé les contrats signés librement (par notre gouvernement, puisqu'il recueille l'aval du peuple. En cas de désapprobation du peuple, celui-ci a la possibilité de lancer une consultation par référendum. S'il perd, cela vaut l'approbation).
La seule invalidation d'un traité serait que notre gouvernement, sous la volonté du peuple ou de ses représentants, retire sa signature.

L'argument de l'invalidation de tous les traités internationaux me semble être une escroquerie qualifiée car elle fourvoie le peuple pour ce qui concerne la nature des engagements par contrats et sur des sujets très précis.

La question est la suivante.
Un exemple par la fiction: supposons qu'un élu ou un haut fonctionnaire ait vendu un bien de l'état à une personne ou à une institution privée ou publique pour son compte personnel. Lorsque l'état s'aperçoit qu'il y a eu, à un moment qui lui a échappé, corruption, détournement, appropriation illicite et illégale, avec ou sans complice, il veut le récupérer. Quel moyen a-t-il pour recouvrer son bien volé?

Un exemple: un oligarque russe s'était approprié la société pétrolière appartenant à son état en temps de crise connu sous le nom de l'Union Soviétique. Cet oligarque a revendu cette société qu'il avait fait sienne avant de vendre actions et matière première à des entités étrangères sises à l'étranger. Lorsque le pays s'est relevé (Russie), le nouveau gouvernement a récupéré ce qui reste de son ancienne société.
L'oligarque crie à l'arnaque et lui fait un procès. Là ce fut la justice extra-territoriale de l'UE et des USA qui a fonctionné. Elle a réclamé à la Russie des indemnités pour manque à gagner et pour l'Oligarque-voleur et pour ses clients qui ont acheté des actions émises par ses propres sociétés. Au final, la justice étrangère avait donc tranché en faveur des possesseurs de titres et de l'oligarque: Elle impute à la Russie, une créance évaluée à hauteur de 50 milliards de dollars.

Ma question: ce cas d'espèce, peut-il illustrer une justice extra-territoriale plutôt que des juges étrangers?
Et si c'est le cas, quel pays ou quelle entité internationale peut- elle prétendre à devenir une justice étrangère ou extra-territoriale pour juger de pareils cas de Suisses, de sociétés ou d'institutions suisses?

A mon sens, l'initiative UDC était confuse, les autorités, obnubilées par ses prérogatives Européistes, étaient également confuses, à la limite de la malhonnêteté d'où un débat défaussé avec des arguments spéculatifs au lieu d'un véritable éclairage sur la signification et les limites de chaque acte volontaire comme l'adhésion à un traité, l'engagement dans un contrat.

Mais faut-il rechercher cet état de confusion ambiant dû aux émotions que soulève l'attitude de la Commission Européenne avec ses prérogatives quasi régaliennes, dans une négociation avec la Suisse qui ressemble plus à du chantage du puissant prêt à décapiter si on ne s'incline pas.
Certains pays colonisateurs n'avaient pas hésité à décapiter un pays en faisant tomber son gouvernement. Les temps ont changé. On fait décapiter le peuple par son propre gouvernement. Interdire toute velléité de contestation par référendum sur les signatures du gouvernement que l'UE aurait réussi à arracher: le gouvernement deviendrait souverain. Il n'aurait plus rien à demander ni à attendre du peuple. Le législateur pourrait prendre congé définitivement et tâcher de gérer au mieux l'enveloppe qui lui est octroyée pour sa commune, sa contrée ou sa périphérie.
C'est à ce que l'UE névrotique essaie de réduire, faisant de la Suisse un état semblable à tous les autres états de l'Union.

Qui et quel pays ou groupe de pays peut-il exercer une telle justice?
Les procès et sanctions iniques, les amandes faramineuses infligées aux banques suisses montrent à quel point la Suisse est désarmée. Ce n'était pas, pourtant, la CEDH ou l'OMC ou le FMI qui avait jugé! La Suisse qui a toujours voulu manger à tous les râteliers, il est évident qu'elle a oublié ou ignoré toute mesure prudentielle, tout législation ou toute force de lois pour protéger son économie domestique et se protéger de prédations.

J'ai l'impression que l'UDC fonctionne sur intuition et non pas sur des expériences factuelles qu'elle vit pourtant et qui lui permettent des analyses plus pertinentes et à froid. C'est là son défaut majeur. De dire que l'UDC est d'extrême droite, ne veut rien dire. Je dirait plutôt qu'elle accuse une certaine immaturité persistante, puisqu'elle fait preuve de décalage par rapport aux réalités contemporaines. Il existe des formations prétendûment démocratiques qui sont bien plus nocives parce qu'elles mettent la protection des grands investisseurs au-dessus de tout peuple et de tout gouvernement.

Macron est sur une rampe fasciste en marche. Sous la présidence Hollande déjà, en tant que haut fonctionnaire à Élysées, Il a mis le couteau sous la gorge des naufragés économiques pour réaliser des transactions frauduleuses (sans consultation ni débats parlementaires, pas davantage aux sénatoriales) Mais ce gouvernement et Macron le reconnaitront-il un jour?

Écrit par : Beatrix | 25/11/2018

"Oublions les juges !" (Pascal Décaillet)

Tout à fait.

Pensons aux militaires.

La marine ukrainienne est allée taquiner la marine russe dans le détroit de Kertch.

Aux dernières nouvelles, quelques coups de canon et l'éperonnage d'un navire ukrainien.

La loi martiale en Ukraine est au menu de demain du parlement.

Écrit par : Chuck Jones | 26/11/2018

Chuck est impayable! Avec lui, au moins ce n'est pas la pensée unique!

Écrit par : Mario Jelmini | 26/11/2018

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