14/11/2018

Macron face aux Serbes : innommable !

 

Sur le vif - Mercredi 14.11.18 - 13.51h

 

Le comportement de Macron face au Président serbe, le 11 novembre dernier, donne la nausée à tous ceux qui connaissent l'Histoire. Écarter un frère d'armes de la Grande Guerre, écarter un peuple qui s'est battu avec héroïsme contre l'occupation nazie de la Yougoslavie (là où d'autres collaboraient), entre 1941 et 1945, l'écarter le jour du centième de l'Armistice, est un acte innommable.

 

Mais ouvrez les livres d'Histoire, Monsieur le Président ! Relisez la prodigieuse épopée de l'Armée d'Orient, commandée par le Maréchal Franchet d’Esperey ! Et puis, renseignez-vous un peu, voulez-vous, sur la terrible Histoire des Balkans entre 1941 et 1945. Il y eut des gens, dans des pays aujourd'hui très bien vus de la mode internationale, pour trouver beaucoup d'avantages à l'occupation allemande. Et puis, il y eut des peuples qui résistèrent. Ce fut le cas des Serbes.

 

Ce qui manque à Emmanuel Macron, c'est un minimum de connaissances historiques. Il est le Président de la France ! Le Président d'une grande nation, qui s'est construite, au fil des siècles, par le sacrifice et par les armes. Une nation qui a refusé les Empires, pour s'affirmer elle-même, parfois seule contre tous, comme en 1792, lors de la levée en masse pour défendre la Révolution.

 

Cette nation, en Europe, a quelques amis fidèles. Pas beaucoup. La Serbie en fait partie.

 

Vous venez de commettre, Monsieur le Président, après celle de François Mitterrand au début des années 1990, la deuxième trahison de la France à l'égard de la Serbie.

 

Pascal Décaillet

 

14:10 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Les partis ne sont pas l'Alpha et l'Oméga

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.11.18

 

Nous accordons tous beaucoup trop d’importance aux partis politiques. De gauche ou de droite, nous avons tendance à les traiter comme s’ils étaient l’Alpha et l’Oméga de notre vie démocratique. Ils ne le sont pas ! Le personnage principal, dans notre système suisse, ça n’est pas le membre d’un parti, ni son président, ni même son élu. Non, le héros de la politique suisse, c’est le citoyen. Ce corps électoral, invisible, de quelque cinq millions d’hommes et de femmes qui, quatre fois par an, sont appelés à se prononcer sur le destin de la nation. Ce sont eux, les patrons. Pas les élus, ni législatifs ni exécutifs ! D’un parlementaire, on attend qu’il fasse des lois, c’est déjà très important. Mais la politique ne lui appartient pas. Encore moins, à son parti !

 

L’émergence des partis politiques est une conquête de la Révolution française. Après les siècles d’Ancien Régime, l’impérieux besoin d’user de la liberté d’association et de réunion fut une revendication capitale, les partis en sont nés. Après deux siècles, les étiquettes ont changé, Jacobins et Girondins ont laissé la place aux radicaux, socialistes, libéraux, puis plus tard démocrates-chrétiens, etc., mais au fond les fronts sont toujours les mêmes, et les masses tectoniques de nos paysages politiques, en Suisse, en France, en Allemagne, n’ont pas beaucoup bougé, pendant toutes ces décennies.

 

C’est bien, les partis ont joué leur rôle dans l’Histoire. Mais leur temps n’est pas infini. La prodigieuse évolution des techniques, la mise en réseau des connaissances, le partage immédiat de l’information, tout cela va faire évoluer la citoyenneté. La démocratie directe, ce bien si précieux de notre système suisse, doit trouver le moyen de se réinventer pour faire participer massivement le plus grand nombre, encore plus qu’aujourd’hui, aux grandes décisions touchant le pays. De plus en plus, des groupes de citoyens, ciblés sur un objectif précis, pourront mettre en marche une démocratie d’efficacité et de résultats, sans passer par les appareils lourdingues des partis, avec leur pesanteur de comités, d’assemblées générales, d’élections internes, de petit services rendus entre bons paroissiens.

 

Et puis, quoi ! Le but, face au destin du pays, n’est pas de se dire toute sa vie « Je suis radical, je suis PDC, je suis socialiste, c’est merveilleux », mais il est de servir l’intérêt général. La démocratie directe, qui met en avant les thèmes plutôt que les personnes, déterre les tabous, provoque dialogues et débats, met en œuvre le langage et l’esprit, sert autrement le pays que ces pronunciamientos d’apparatchiks et de comitards, avec leurs partages de prébendes dans les conseils d’administration des grandes régies, leurs barbichettes mutuellement tenues, en un mot leurs systèmes de copinages. La politique n’appartient pas aux partis, mais à l’ensemble des citoyennes et citoyens de ce pays. Et, s’il faut la faire un jour sans les partis, eh bien nous la ferons sans eux.

 

Pascal Décaillet

 

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12/11/2018

La démocratie passe par la connaissance

 

Sur le vif - Lundi 12.11.18 - 09.36h

 

Hérités du 19ème siècle, des structures de pensée du 19ème, des moyens de communication du 19ème, les partis politiques ne sont absolument pas l'Alpha et l'Oméga de notre vie démocratique. Ils n'ont d'ailleurs pas à l'être : dans notre système suisse, le personnage principal est le citoyen ; l'instance cardinale, c'est le corps des citoyens, constituant le suffrage universel.

 

Les partis sont des groupements d'intérêts. Des corporations. Officiellement, pour fédérer sous une même bannière ceux qui voient le monde avec des valeurs communes. En vérité, parce que l'être humain a besoin - beaucoup trop, je l'affirme ! - de s'agglutiner dans la chaleur des chapelles et des paroisses, pour se sentir plus sûr. Elles n'ont pas toutes la sainte géométrie de la phalange. Mais toutes dispensent l'encens, bénissent et maudissent, incorporent, proclament la bonne parole.

 

On parle beaucoup trop des partis politiques. On leur attache beaucoup trop d'importance. Le héros, en démocratie, c'est le citoyen, pas le membre d'un parti. La prodigieuse modification des modes de communication, l'avènement des réseaux et de la connaissance partagée, tout cela, petit à petit, va rendre caducs ces conglomérats d'intérêts, et de services rendus, qu'on appelle les partis. De plus en plus, au fil des décennies, les énergies citoyennes, regroupées autour d'objectifs thématiques ponctuels, comme aujourd'hui les initiatives populaires, feront à la place des partis, et cette fois de façon directe, la politique du pays.

 

C'est pourquoi notre démocratie directe est si précieuse. Non pour constituer une "dictature de la majorité", comme l'affirme fallacieusement un ancien conseiller fédéral, mais comme outil moderne, pertinent, adapté aux consciences d'aujourd'hui et de demain, pour faire vivre notre pays.

 

Non seulement il ne faut pas affaiblir notre démocratie directe. Mais il nous faut inventer ensemble, dans les décennies qui viennent, les moyens de la renforcer. Pas pour en faire une démocratie d'opinion, ni de clic, surtout pas ! Mais pour associer le plus grand nombre aux décisions, conférant ainsi à ces dernières ancrage et légitimité.

 

Cela passe, combien de fois l'ai-je répété, par une élévation du niveau de connaissances de l'ensemble de la population. En Histoire, principalement. En information citoyenne. En linguistique, et décorticage des actes de langage. Cela passe donc par l’École, sans laquelle rien n'est possible. L’École, au service de tous. La connaissance, acquise, discutée, partagée, pour améliorer la vie des hommes et des femmes, tout simplement.

 

Pascal Décaillet

 

 

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10/11/2018

Macron : la révélation photographique se précise

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 18.13h

 

En relançant l'idée d'une "armée européenne", Emmanuel Macron permet de préciser la révélation photographique, lente mais certaine, de sa vraie personnalité politique.

 

Plus le quinquennat avance, plus s'estompe la grande tromperie de "l'homme nouveau", celle de la campagne présidentielle 2017, et plus se précise la véritable silhouette du Président français. Économiquement, un libéral, voire ultra. Politiquement, un MRP, entendez un démocrate-chrétien de la Quatrième République, fou d'Europe, peu sensible à l'identité profonde de la nation française, ancrée dans le tragique de l'Histoire.

 

Il a parfaitement le droit d'être tout cela, il est juste dommage qu'il ne l'ait pas annoncé franco de port, dans ses meetings du printemps 2017. Cette comédie de l'homme nouveau, tellement archaïque, était insupportable. Alors que libéral et européen, c'est identifiable dans la continuité historique, ça prolonge l'Histoire au lieu de prétendre l'abolir.

 

La dernière fois qu'il fut, de façon farouche et furieuse, question d'une armée européenne, ce fut le débat passionnel de 1954 sur la CED, la Communauté européenne de défense, neuf ans seulement après la guerre. Les MRP et les libéraux étaient pour. Les gaullistes et les communistes étaient contre. Aujourd'hui, 64 ans après, les fronts demeurent, au millimètre, juste parfois sous d'autres étiquettes, les mêmes qu'en 1954. Je dis souvent que depuis la Convention, donc depuis la Révolution, les masses tectoniques composant la politique française n'ont pas beaucoup changé.

 

Pour ma part, je ne reproche pas à M. Macron d'être pro-Europe ni libéral, même si je suis moi-même, comme on sait, anti-Europe, partisan des nations souveraines, mais aussi d'un État fort, et d'un système de redistribution solidaire des richesses. Mais je lui reproche de nous avoir joué, en 2017, une comédie comparable à celle de Giscard en 1974 : celle de la jeunesse et du jeunisme, de l'Histoire abolie, de la table rase. Le vrai visage de Giscard, qui se prétendait "centriste", on l'a vite vu : un homme de la droite libérale. Celui de Macron, comme un cliché en lente révélation chimique, se précise de jour en jour. En 2022, les Français sauront exactement à qui ils auront eu affaire. Au moment de prendre congé de lui. Après cinq ans de répit pour l'Ancien Monde.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Erreurs en escadrilles

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 13.08h

 

D'où vient, mais de quelle étrange erreur de dépêche, ou de source première, cette hallucinante répétition en boucle, ce matin sur les radios francophones, de la phrase : "C'est la première fois depuis 1945 que les chefs d’État allemand et français se retrouvent en Forêt de Compiègne, dans le wagon de Rethondes" ?

 

Les plénipotentiaires français et allemands se sont retrouvés deux fois, face à face, dans le wagon de Rethondes :

 

1) Le 11 novembre 1918, pour la signature de l'Armistice, mettant fin à la Grande Guerre. Il n'y avait ni chef d’État allemand (le Kaiser avait été déposé l'avant-veille par la Révolution du 9 novembre), ni français (M. Poincaré), dans le wagon.

 

2) Le 22 juin 1940, pour la signature de l'Armistice, suite aux six semaines de Blitzkrieg de l'Allemagne contre la France. Le chef d’État français n'était pas là. Ni Lebrun, sortant. Ni Pétain, entrant. Le chef d’État allemand, lui, était bien là. Il s'appelait Adolf Hitler. Et il a esquissé, devant le wagon, une danse de victoire.

 

J'en viens au fait : en 1945, date avancée par toutes les radios ce matin, il ne s'est RIEN PASSE à Rethondes !

 

Comment une telle erreur factuelle peut-elle se reproduire en boucle, sans que personne ne réagisse ?

 

Pascal Décaillet

 

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Juges étrangers : la vraie question

 

Sur le vif - Samedi 10.11.18 - 10.12h

 

L'idée même de nation, dans sa racine qui est la France révolutionnaire de 1792 (celle qui, seule en Europe contre tous, lève en masse le peuple pour défendre le sol et les valeurs), implique la primauté du droit par elle-même édicté. Et la défense, à tout prix, contre vents et marées, de ce choix fondamental.

 

Si la France de 1792, celle de Valmy et des Soldats de l'An II, avait choisi l'ordre international, c'était le retour immédiat, imposé par tous ses voisins, à l'Ancien Régime, avec rétablissement des privilèges.

 

La question n'est donc pas "Voulons-nous la primauté du droit national ?". Mais, beaucoup plus en amont : "Voulons-nous constituer une nation souveraine ?". Ou voulons-nous, au contraire, devenir la partie d'un Empire ? Et, à terme, dans l'innocence d'une anesthésie, nous dissoudre dans ce dernier.

 

À cette question, la seule qui vaille, chacun est libre de répondre comme il l'entend. Ma réponse, à la fois personnelle, républicaine et nationale, vous la connaissez.

 

Pascal Décaillet

 

 

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08/11/2018

Manuel Tornare : un homme honnête et brillant

 

Sur le vif - Jeudi 08.11.18 - 09.47h

 

Manuel Tornare est un homme honnête. Il n'est pas un profiteur du système. Il a été, pendant de longues années, un remarquable Conseiller administratif, soucieux du bien public, plusieurs fois Maire, avec panache, réseau international, et volonté farouche de servir la Ville de Genève.

 

Fréquentant les puissants et les mécènes, il a souvent obtenu d'eux des dons très importants pour la collectivité genevoise. Il eût été exceptionnel, s'il avait hérité du dicastère de la Culture.

 

En aucun cas, ce serviteur de la Ville (l'échelon où il fut le meilleur) ne saurait, par contre-feux et amalgames concoctés dans les officines politiques, être mis à la même enseigne que certains autres, qui ont véritablement vacillé, peut-être même chaviré, face aux mirages de l'Argent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/11/2018

Et l'Oméga ?

 

Sur le vif - Mercredi 07.11.18 - 13.10h

 

Dans un titre de tête de page, la TG qualifie de "mâle alpha" l'un des candidats PLR au Conseil fédéral. Quelle eût été la vocifération d'aucunes, si une métaphore similaire avait été utilisée dans le sens inverse ?

 

Pascal Décaillet

 

15:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer |  Facebook | |

On parle trop des élus !

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.11.18

 

Voyages à Abu-Dhabi, notes de frais en Ville de Genève, voyage à Grenade d’une conseillère aux Etats vaudoise : on a l’impression, depuis quelques semaines, que l’horizon de l’analyse politique se réduit à donner son avis sur les faits et gestes, plus ou moins légaux, plus ou moins douteux, de nos élus. Tel magistrat a-t-il payé son voyage, qui le lui a offert, sa virée aux Emirats était-elle privée, ou au service du Canton, etc. Narrativement, c’est du pain bénit : ces historiettes se racontent merveilleusement, leurs rebondissements sont savoureux, un paradis pour les Revues, les dessins de presse, les caricatures. D’ailleurs qui d’entre nous, dès qu’il apprend un nouvel épisode, ne salive-t-il pas à l’idée d’immédiatement en informer ses amis et contacts de prédilection ?

 

Fort bien. Nous passons tous un bon moment. Dans ces traditionnels automnes genevois, où on attend Noël dans l’ivresse mesurée du stratus matinal, ce charivari fait du bien. Mais les passionnés de politique sont en droit, tout de même, d’attendre autre chose que cette réduction, digne des Jivaros, de la chose publique aux petites virées orientales, ou andalouses, de nos élus. A noter, juste en passant, que de Grenade aux Emirats, c’est toute une sensualité orientaliste, avec son lot de fantasmes, qui s’en vient squatter nos imaginaires : aurions-nous fait le même foin si nos édiles s’étaient rendus en week-end à Trondheim, ou à Düsseldorf ?

 

Donc, nous nous sommes fait plaisir. Avec des ingrédients que les principaux intéressés nous aurons livrés sur un plateau d’argent. Mais tout de même, et au risque de casser l’ambiance, rappelons que l’analyse politique, ça n’est pas cela. Une foi que tel éditorialiste, ou commentateur, aura signé son quinzième papier pour s’étrangler d’indignation, donner sa leçon de morale, ou nous remettre sur le tapis le sacro-saint « devoir d’exemplarité » des élus, il n’aura en vérité rien commencé, dans l’ordre de son métier. Ce dernier exige que les personnalités politiques soient jugées, non sur leurs petites déviances, mais sur leur efficacité dans les domaines où elles agissent. Tel ministre a-t-il réussi à faire avancer la République, par des réformes, ou a-t-il échoué ? Cette question est la seule, l’unique, celle qui doit prévaloir sur toutes les autres. C’est dans ce champ-là, et non dans l’improbable bosquet des péripéties, que les commentateurs de la vie politique doivent exercer leur esprit critique.

 

Pour ma part, j’attends d’un élu qu’il obtienne des résultats. Qu’il passe ses nuits dans d’odorants estaminets, à déguster du brut ou du demi-sec, ne m’intéresse pas. Le bien ou le mal que j’en dirai sera fonction de sa capacité à tenir la barre dans la République, s’imposer face à l’administration, faire avancer les choses. Pour le reste, parlons un peu moins des hommes et des femmes, et davantage des thèmes. Privilégions les votations sur les élections. Et surtout, utilisons à fond la démocratie directe : thématique et ciblée, elle est le fleuron de notre système politique suisse.

 

Pascal Décaillet

 

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06/11/2018

Il n'y a pas d'affaire Salerno

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 14.19h

 

D'abord Simon Brandt, puis d'autres : la ligne de contre-attaque de l'Entente municipale, en Ville de Genève, consiste à tomber sur Sandrine Salerno, sous prétexte qu'elle aurait mal géré le contrôle financier des notes de frais de l'exécutif.

 

Il s'agit, clairement, d'un dérivatif. On allume des contre-feux, pour faire oublier l'ampleur de l'ardoise Barazzone. L'opinion publique n'en sera pas dupe.

 

D'abord, Mme Salerno est une excellente gestionnaire des Finances municipales, des audits externes l'ont montré. Ensuite, sur l'affaire des notes de frais, elle est celle des cinq qui a le moins à se reprocher.

 

Surtout, prétendre le vide juridique responsable des errances dispendieuses de nos édiles, c'est présupposer que ces derniers auraient absolument besoin de codifications écrites, là où le minimum de rectitude devrait s'imposer naturellement.

 

Désolé, M. Brandt et consorts, il n'y a pas d'affaire Salerno.

 

Mais il y a, pour le moins, une affaire Barazzone.

 

Pascal Décaillet

 

 

14:29 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Il ira son destin

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 10.54h

 

Ce qui monte, un peu partout en Europe, ça n'est pas un nouveau système intellectuel. Non. C'est une part d'instinct et d'émotion, dans l'ordre de l'appartenance nationale.

 

Le sentiment, très fort, d'une communauté de destin, non à l'échelle mondiale, mais dans un périmètre géographique et une continuité historique bien précis. Ce que les mondialistes ont voulu abolir.

 

Ce retour de l'idée nationale, telle que les Français l'ont découverte au moment des guerres de la Révolution (1792), ou les Prussiens sous l'Occupation napoléonienne (1806-1813), ou les peuples d'Europe en 1848, est un courant puissant. Il ira son destin, quoi qu'il advienne.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Instinct et survie

 

Sur le vif - Mardi 06.11.18 - 08.51h

 

L'enjeu de la votation du 25 novembre est celui de la souveraineté de la nation. Nos lois doivent-elles être ultimes, ou non ?

 

C'est à ce niveau-là, à cette hauteur de vue, à la dimension de cette querelle, qu'il convient d'appréhender la question. Cette dernière interpelle à la fois le temps et l'Histoire, la nature même, depuis la Révolution française, de l'idée nationale.

 

Elle n'est pas sectorielle (les patrons, les syndicats, les "milieux académiques"), ni corporatiste. Elle est totale, indivisible, immédiate.

 

Elle met en jeu le sentiment profond, avec sa part d'instinct et de survie, que chacun d'entre nous, dans l'intimité de son for, entretient avec le pays.

 

Face au vote, chacun d'entre nous, jeté là comme fragment et poussière, assume la totalité de sa solitude, face au destin commun. Il est libre. Il n'a de comptes à rendre à personne. Surtout pas aux partis politiques, ces paroisses d'éternité confisquée.

 

Au regard de cette solitude vertigineuse et sacrée, les "mots d'ordre" des centaines de féodalités d'intérêts, associations, corporations, sont vaines comètes, depuis des millénaires éteintes.

 

Le reste, ce sont des mots, des dérivatifs, des récupérations, des gesticulations, du remplissage.

 

Pascal Décaillet

 

 

09:40 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

05/11/2018

Aux Jurassiens, mon amitié confédérale

 

Sur le vif - Lundi 05.11.18 - 12.05h

 

J'ai eu vingt ans en juin 1978, c'était à l'époque l'âge à partir duquel on pouvait voter. Mon tout premier vote, au niveau fédéral, et j'en suis tellement fier, fut de dire OUI, un OUI du fond du coeur, en septembre 1978, à la création du nouveau Canton du Jura.

 

J'avais suivi l'affaire bien avant, depuis les plébiscites du milieu des années 70, je n'avais pas encore lu les théoriciens de la Question jurassienne, mais je sentais très fort qu'il y avait, pour les gens de ces districts-là, en tout cas ceux d'entre eux qui le souhaiteraient, une anomalie de l'Histoire (elle date de 1815) à réparer. J'avais fait mon armée à 19 ans, en 1977, il y avait des Jurassiens (encore Bernois, à l'époque, mais autonomistes) dans ma compagnie, j'avais senti leur passion d'avoir un Canton à eux.

 

Je n'ai jamais connu Roland Béguelin, mais j'ai eu la chance, à Berne, de fréquenter et d'interviewer maintes fois François Lachat, l'un des Pères du Canton, un homme de chaleur, de culture et d'humour, celui qui, du balcon, avait crié "Citoyens, Victoire !".

 

Bref, j'ai toujours été favorable au Canton du Jura. En même temps, mon respect pour le Canton de Berne est total, y compris pour les districts du Sud, qui avaient choisi d'y demeurer. L'affaire est complexe, passionnante, les découpages de sympathies (PRO ou ANTI) sont ciselés au scalpel, district par district, commune par commune, famille par famille.

 

Aujourd'hui, je veux dire mon amitié confédérale aux gens de Moutier. Il me semblait que, le 18 juin 2017, ils avaient fait un choix politique clair, même s'il était serré. J'avoue comprendre difficilement les décisions de la Préfète. Surtout, je pense à cette ville où je me suis rendu souvent, notamment pour des décentralisés radio. Je pense à l'état d'esprit des gens qui pouvaient légitimement partir de l'idée que, la chose ayant été tranchée politiquement, on allait pouvoir aller de l'avant. La décision de ce matin remet tous les compteurs à zéro. Il y a de quoi avoir la boule au ventre.

 

Il y a, au fond de moi, une double appartenance. Je suis Genevois, né ici, profondément attaché à la Ville et au Canton de Genève. J'y ai passé toute ma vie, à part mes années à Berne, comme correspondant parlementaire, et de longues périodes en Allemagne, aussi. Et puis, je suis Valaisan. Par mes origines, mes deux parents, et toute l'ancestralité remontante, sur des siècles. Valaisan par le tempérament, le caractère, par toute l'intensité de mes liens familiaux.

 

Étant ces deux choses à la fois, je suis profondément Suisse. Attaché à la pluralité, la diversité, l'impérieuse nécessité des équilibres, tellement fragiles. En cela, je pense que nul Suisse, nulle Suissesse, ne peut demeurer indifférent à la Question jurassienne.

 

Aux gens du Jura, qu'ils soient de Berne ou du nouveau Canton, de Moutier ou d'ailleurs, je veux dire aujourd'hui la profondeur de mon amitié confédérale. Dans la déception d'un débat relancé, comme dans l'ivresse festive des jours de victoire, le citoyen suisse que je suis adresse sa sympathie à ses concitoyens de là-haut, dans ce Nord-Ouest où s'embrassent les cultures. La Suisse et la France. La langue de Verlaine et celle de Hölderlin.

 

Vive le Jura !

 

Pascal Décaillet

 

 

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04/11/2018

Une affaire de la nation avec la nation

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 14.03h

 

Juges étrangers : revoilà, comme dans la campagne du 9 février 2014, les "milieux académiques" qui nous promettent l'Apocalypse.

 

Soyons sérieux. L'enjeu de la votation du 25 novembre ne concerne au premier chef ni les "milieux académiques", ni le patronat, ni les syndicats.

 

L'enjeu est identitaire. Il concerne la relation profonde que chacune, chacun d'entre nous entretient avec son pays. Voulons-nous que nos lois soient ultimes, ou considérons-nous qu'en certains cas, des instances externes à l'appareil législatif suisse puissent intervenir ?

 

A cette question, chacun répondra selon son coeur. Selon son âme. Selon l'intimité du rapport qu'il aura noué, dans sa vie, avec l'idée nationale, l'idée de souveraineté, l'idée d'indépendance.

 

Cela n'est en rien une affaire des "milieux académiques". Ni du patronat. Ni des syndicats.

 

C'est une affaire du peuple avec le peuple. Une affaire de la nation avec la nation.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Contrôle politique, SVP !

 

Sur le vif - Dimanche 04.11.18 - 10.45h

 

Le fait que la justice enquête sur un magistrat n'exonère en rien le Parlement de sa mission de contrôle à lui, à travers la Commission de contrôle de gestion, ou toute autre commission ad hoc qu'il déciderait de créer. C'est cela, la séparation des pouvoirs.

 

Le Parlement n'a pas à calquer ses décisions sur le calendrier judiciaire. Ni l'inverse.

 

Son récent dessaisissement, par lui-même décidé (sous quelles pressions ?), est tout simplement inexplicable, en logique républicaine. À quoi servent les Commissions de contrôle si, au premier orage venu, elles renoncent à leur mission ?

 

À l'inverse, le délibératif de la Ville a su montrer, par son Bureau, une saine volonté d'indépendance et de mise en lumière des dysfonctionnements de l'exécutif municipal. Cela, sous l'impulsion d'un Président non-gouvernemental, réputé pour son intégrité, ne cherchant ni à faire carrière ni à plaire au pouvoir.

 

Pascal Décaillet

 

 

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03/11/2018

Démocratie totale

 

Sur le vif - Samedi 03.11.18 - 04.36h

 

La démocratie de mes vœux est une démocratie totale, dont la pierre angulaire est le corps des citoyens.

 

Dûment formés, informés, éduqués, par un système scolaire performant, notamment en Histoire, les citoyennes et citoyens prennent en charge le destin du pays. Ils en ont conscience. Ils se sentent profondément investis de cette mission.

 

Le Parlement demeure. Il fait les lois. Certaines sont corrigées par référendum, mais c'est rare. L'immense majorité des lois parlementaires entrent en vigueur.

 

Le parlementaire fait les lois, mais c'est tout. La politique ne lui appartient pas. Le débat politique appartient à l'ensemble des citoyens. Tous peuvent s'exprimer : les nouveaux outils de communication, la mise en réseau des connaissances, le permettent.

 

J'invite mes concitoyens à cesser de pleurnicher face à des élus qui les déçoivent. Qu'en attendaient-ils ? Qu'ils fussent parfaits ?

 

Nous avons beaucoup mieux à faire que nous plaindre constamment des élus : faisons la politique nous-mêmes. En utilisant à fond la démocratie directe. En inventant, ensemble, dans les décennies qui viennent, de nouvelles formes de démocratie directe, plus puissante, plus étendue qu'aujourd'hui.

 

Le plus compliqué, dans cette invention, sera de demeurer dans l'ordre du démos, et non de sombrer dans celui de la doxa. En clair, nulle extension de la démocratie directe ne pourra s'opérer sans un approfondissement, en parallèle, du niveau de connaissances des citoyens. LES NOUVEAUX OUTILS LE PERMETTENT, et le permettront davantage encore dans les temps qui viennent. Si le réseau social, par exemple, pouvait être utilisé un peu moins pour le bavardage, et davantage pour le partage de connaissances et d'arguments, la Cité serait gagnante. Le démos, c'est le vote comme institution, la doxa c'est le clic d'opinion.

 

Parlons moins des partis politiques, aussi. Il ne sont en aucun cas l'alpha et l'oméga. On peut parfaitement être une excellente citoyenne, un excellent citoyen, sans adhérer à ces paroisses où il faudrait rester à vie.

 

Privilégions les thèmes sur les personnes. Parlons moins des élections, et beaucoup plus des votations. Partageons nos connaissances, les nouveaux outils le permettent. Informons-nous mutuellement. Misons sur l'intelligence collective, au service du bien commun. Construisons ensemble le pays. C'est infiniment plus intéressant que de geindre et gémir, comportement infantile et aveu de dépendance, à la moindre incartade des élus.

 

Pascal Décaillet

 

 

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02/11/2018

Le personnage principal

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 18.47h

 

On parle beaucoup trop des élus. Le personnage principal, en démocratie, ça n'est pas l'élu. C'est le citoyen.

 

Pascal Décaillet

 

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Deux millions, c'est mieux que 246 !

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 13.09h

 

Le Parlement joue un rôle important dans notre vie politique suisse. Il fait des lois, ce qui n'est pas rien. Mais il ne constitue en aucun cas l'alpha et l’oméga de notre démocratie.

 

Non, la pierre angulaire, c'est le corps des citoyens, le suffrage universel. Par le référendum, il peut défaire les lois votées par le Parlement. Beaucoup mieux : par l'initiative populaire, il peut exhumer les sujets que la classe politique a volontairement laissé gésir dans les entrailles de la terre.

 

Ces sujets, par la voie de l'initiative, les citoyens peuvent en faire des thèmes majeurs de notre vie politique, d'envergure nationale, sur lesquels les cinq millions d'électeurs de notre pays prennent parti. Jusque dans les repas familiaux, on s'engueule, comme dans le fameux dessin de Caran d'Ache, sur l'Affaire Dreyfus.

 

Le Parlement chuchote et passe des compromis tactiques et soupesés, la peuple vit et s'exprime. Si 40% des cinq millions votent (c'est la moyenne), cela fait deux millions de personnes qui, quatre fois par an, dessinent ensemble le destin de la nation.

 

Deux millions, c'est tout de même un peu mieux, un peu plus ancré en légitimité tellurique, que 246 à Berne, non ?

 

Pascal Décaillet

 

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Le patron, c'est le citoyen

 

Sur le vif - Vendredi 02.11.18 - 09.03h

 

Je l'ai déjà dit : les citoyennes et citoyens suisses doivent entreprendre quelque chose, peut-être une initiative, pour un encadrement et un contrôle démocratique systématiques de ces fameux "Accords de libre-échange" que Berne signe à tour de bras, loin du regard du peuple.

 

Ces Accords, qui pullulent depuis les années soixante, sont beaucoup trop nombreux, ils embarquent la Suisse dans une forêt contractuelle d'une complexité inouïe, ils ont été préparés par l'administration, aux ordres d'une idéologie libérale, voire ultra, pour faciliter la vie des exportateurs. Le Commerce extérieur est considéré, à Berne, comme une Arche Sainte, inattaquable.

 

La possibilité de se retourner contre ces Accords par la voie démocratique, pas seulement le Parlement mais le suffrage universel, est au mieux théorique, au pire inexistante.

 

Un exemple : Berne se targue, en gonflant les pectoraux, d'avoir arraché un Accord avec l'Indonésie. La question de l'huile de palme, concurrente mortifère de notre colza suisse, n'est pas résolue, aucune garantie solide pour les paysans suisses n'ayant été obtenue.

 

Les Accords signés par la Suisse doivent être ratifiés par le suffrage universel. En tout cas, ceux d'entre eux qui posent problème, aux yeux du corps des citoyens. Il faut inventer, dans les années qui viennent, une possibilité simple et rapide de contrôle démocratique des Traités potentiellement dangereux pour la cohésion sociale, l'indépendance et la souveraineté de notre pays.

 

Cette possibilité doit être autre que le référendum. Ce dernier, qui conteste une loi votée par le Parlement, intervient beaucoup trop tard, une fois que la loi est achevée, tricotée. Du coup, on doit accepter ou refuser un paquet, dans son ensemble. Dans ce modèle, le Parlement demeure la référence centrale, celle qu'on approuve ou non. Or, la pierre angulaire, ça ne doit pas être le Parlement, mais le corps souverain des citoyens. C'est lui, dans les années qui viennent, qui doit enfin pouvoir en Suisse assumer toutes ses responsabilités politiques.

 

En démocratie, le patron c'est le citoyen.

 

Pascal Décaillet

 

 

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01/11/2018

Un monde sans notes de frais

 

Sur le vif - Jeudi 01.11.18 - 22.35h

 

Au lieu de constamment s'étrangler de déception face aux élus, demandons-nous plutôt si nous allons encore avoir éternellement besoin d'élus.

 

Née de la Révolution française (un peu avant, déjà, en Angleterre), la bonne vieille démocratie représentative date du temps des lampes à huile et des diligences. On envoyait, pour des "sessions", des notables siéger dans la capitale du pays.

 

Fort bien. Mais les temps ont changé. La Révolution numérique, le partage des connaissances, la mise en réseau du savoir, tout cela rend de moins en moins nécessaire la présence simultanée, pendant trois semaines, quatre fois par an (je prends le cas de la Suisse) d'élus pour pondre des lois.

 

Petit à petit, dans les décennies qui viennent, le processus de maturation des lois va changer. La démocratie directe, de plus en plus, va pouvoir agir directement, et peut-être plus seulement sur le plan constitutionnel.

 

Les nouvelles formes de citoyenneté sont à inventer. Les outils existent déjà, existeront de plus en plus, pour que le suffrage universel, dûment formé et informé, supplée progressivement ces assemblées de notables où le tutoiement consanguin remplace le glaive de la lutte des idées.

 

Un monde sans notes de frais. Un monde sans Nomenklatura. Un monde délivré des oligarques et des corps intermédiaires. Un monde où chaque citoyenne, chaque citoyen, à la fois fragment et totalité de la nation, participerait activement à dessiner le destin du pays.

 

Pascal Décaillet

 

 

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