• La vie qui va

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    Publié sur mon site FB - Vendredi 30.11.18 - 16.35h

     

    Que vaut un "manifeste d'intellectuels" ?

     

    Dans une démocratie, il n'y a que des citoyens. Chacun, au même titre qu'un autre, a le droit d'exprimer son point de vue.

     

    En quoi le fait d'être "un intellectuel", ou un artiste, ou une vedette de cinéma, ou même un Prix Nobel, constitue-t-il, a priori, une quelconque valeur ajoutée pour émettre un avis signalé sur la bonne marche de la Cité ?

     

    Et l'aide-soignante, dans un hôpital public ? Et le nettoyeur ? Et l'ouvrier ? Et le chômeur ? Et l'oublié de tous ? Ils n'auraient pas droit, eux, à donner leur opinion ?

     

    Comme ils n'ont pas droit de cité dans les "manifestes d'intellectuels", à côté de la chemise immaculée d'un BHL, ils s'expriment ici. Oui, ici ! Là où nous sommes. Là où j'écris, à l'instant. Cela s'appelle un réseau social.

     

    Ces même réseaux sociaux que les "intellectuels", du plus profond de leur arrogance, méprisent souverainement.

     

    Pour ma part, il m'est arrivé, parfois, de lire l'un ou l'autre livre. Eh bien voyez-vous, les réseaux sociaux, je n'en ai jamais dit le moindre mal. J'y suis moi-même, depuis quelques années, je n'oblige personne à me lire, encore moins à aimer ce que j'écris. Chacun est libre.

     

    Les réseaux sociaux, les "intellectuels" en parlent exactement comme ils parlaient de la télévision, au début des années soixante. Ou de la radio, au début des années vingt. Ils en parlent avec mépris. Ils vitupèrent l'instrument - qui apparemment leur échappe - sans le moindre discernement entre le bon grain et l'ivraie.

     

    Et leurs livres ? Combien d'entre eux survivront au temps qui passe ? Combien de millions de tonnes de papier, de forêts dévastées, pour des constructions intellectuelles, des foires aux vanités, dépourvues de tout intérêt vital pour l'humain, sur la terre !

     

    Je suis très heureux d'être ici, loin des "intellectuels", au milieu des gens, dans la vie. Oui, la vie simplement. La vie qui va.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'Allemagne au bal masqué de l'Europe

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    Sur le vif - Vendredi 30.11.18 - 10.17h

     

    Il n'existe pas d'Europe politique. L'Europe, ça ne veut rien dire.

     

    L'Europe, c'est notre continent, celui que nous aimons. J'en ai, pour ma part, quasiment visité tous les pays. Avec une immense proximité pour nos trois voisins immédiats : l'Allemagne, la France, l'Italie. L'Histoire des deux premiers, ainsi que celle de la Suisse, constituent chez moi une passion totale, viscérale.

     

    Il n'existe pas d'Europe politique, c'est un leurre. Il y a eu une collaboration économique, dès les années d'après-guerre, surtout pour permettre à la France d'obtenir à bon prix du charbon et de l'acier allemands. C'est ça, l'origine de la Communauté. Ça n'est en aucun cas cette structure qui a "évité une nouvelle guerre", mais l'équilibre des forces entre Russes et Américains.

     

    Depuis 1992, avec Maastricht, c'est l'Europe de la spéculation. On a lancé l'Euro, qui est juste le nouveau nom du Deutschmark, on a créé un espace économique, commercial et financier permettant à la Grande Allemagne, ou tout au moins à un Saint Empire de l'Argent, de déployer ses ailes, comme un Aigle a besoin de voler, pour exister.

     

    On a cousu cette nouvelle "Europe", depuis 25 ans, sur mesure pour la nouvelle Allemagne. Depuis la chute du Mur, la DDR a été phagocytée par l'Ogre Kohl, avec une vulgarité inouïe. L'Allemagne a cessé d'être le nain politique de l'après-guerre, elle est redevenue un acteur majeur, elle a joué un rôle capital dans le démantèlement de la Yougoslavie, sanctifiant les uns, diabolisant les autres, recréant ses zones d'influence. En Pologne, dans les Pays Baltes, et maintenant jusqu'en Ukraine, elle mène la même politique.

     

    Tout cela, elle ne le fait pas sous le nom de "l'Allemagne". Mais sous le paravent de "l'Europe". Avec la bénédiction générale ! Tout ce que l'Allemagne entreprend, depuis des années, dans l'ordre du réarmement, y compris celui de sa Marine en Baltique et en mer du Nord, personne n'en parle, jamais.

     

    Et c'est ainsi, tout naturellement, dans l'indifférence générale, que l'Allemagne vient, très gentiment, de demander à la France de bien vouloir quitter son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. En lieu et place, il y aurait un siège "européen". Entendez le siège d'une Europe qui n'existe ni sur le plan politique, ni sur le plan stratégique et militaire ! Le siège d'une fiction !

     

    Ce que veut, de facto, l'Allemagne, ça n'est pas un "siège européen". Mais un siège allemand. Le siège d'une "Europe" cousue sur mesure, depuis un quart de siècle, autour de la stature allemande. Du coup, peu importerait la nationalité du titulaire du siège "européen", pourvu qu'il applique la politique décidée, à l'interne du Saint Empire "européen", par l'Allemagne.

     

    Il n'existe pas d'Europe. Il n'existe que des intérêts nationaux. Il existe une Allemagne, au sommet de sa forme, qui, sous le paravent européen, avance masquée. Prétendant faire avancer "l'Europe", ce concept flasque et imprécis, elle roule en fait, consciemment ou non, pour l'accomplissement d'un destin national allemand. Celui-là même qu'avait lancé l'immense Frédéric II de Prusse (1740-1786), un siècle seulement après l'anéantissement des Allemagnes, en 1648, suite à la Guerre de Trente Ans.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Ils se croient tout permis !

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    Sur le vif - Jeudi 29.11.18 - 13.41h

     

    En quelques jours, dans la foulée de la votation de dimanche, nous aurons eu droit aux ukases des internationalistes pour signer quand même le "Pacte de l'ONU sur les migrations" ; au "milliard de cohésion" pour l'Union européenne, institution dont la Suisse n'est même pas membre ; demain, à "l'Accord-cadre institutionnel" avec l'UE.

     

    La voilà, en plein dans la figure, la conséquence du vote de dimanche : dans le camp des multilatéralistes et des européistes, elle libère adrénaline et testostérone. Depuis quatre jours, ILS SE CROIENT TOUT PERMIS !

     

    Quel que fût votre vote de dimanche (je peux comprendre que, sur l'affaire des recours individuels de justiciables suisses à la CEDH, on ait pu voter non), j'appelle les citoyennes et citoyens de ce pays qui veulent croire à l'idée de nation, à ne pas se laisser faire. La votation de dimanche ne constitue en aucun cas un blanc-seing pour une politique pro-UE débridée, et déconnectée de la volonté du peuple suisse.

     

    Ces gens, à Berne et dans les partis, qui foncent vers Bruxelles en se disant que désormais, rien ne les arrêtera, doivent avoir une réponse cinglante de ceux des Suisses qui ne veulent pas de cette politique.

     

    La votation de dimanche, pour les partisans de la souveraineté nationale, est une défaite d'étape. Entre souverainistes et internationalistes, en Suisse, les fronts vont singulièrement se durcir, dans les mois et les années qui viennent. L'incroyable arrogance des vainqueurs de dimanche en aura été la cause première.

     

    Le combat sera long et difficile. Il y aura d'autres défaites. Et puis, un jour, une victoire. Le combat ne fait que commencer.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Résister

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    Sur le vif - Mercredi 28.11.18 - 07.28h

     

    Et voilà que l'éditorialiste RSR exige que le Conseil fédéral signe le Pacte de l'ONU sur les migrations. Dans la foulée, il se réjouit déjà du départ d'Ignazio Cassis du DFAE et de l'arrivée d'Alain Berset à la tête des Affaires étrangères. Tout cela, au nom de la défaite de l'UDC, dimanche, qui produit chez notre prédicateur une miraculeuse saillie de jouissance matinale.

     

    Vous commencez à comprendre ?

     

    Je le disais dès dimanche après-midi : les fronts, en Suisse, entre souverainistes et internationalistes, vont singulièrement se durcir. L'arrogance des vainqueurs de dimanche, comme ce héraut sulpicien de la génuflexion, y sera pour beaucoup.

     

    Face à la prosternation, soyons simplement debout. J'appelle tous ceux qui croient en la nation comme unité de référence de la vie politique, avec sa capacité de rassemblement dans l'ordre de la mémoire, de l'émotion, du souvenir des morts, de l'invention commune d'un destin, de cohésion sociale à l'interne, à RÉSISTER, oui simplement RÉSISTER, à cette idéologie visant à la dilution de notre indépendance et de notre souveraineté.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Voyons, M. Levrat !

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    Sur le vif - Mardi 27.11.18 - 13.38h

     

    "Notre politique extérieure est dictée par la droite conservatrice".

     

    Mais si seulement, M. Levrat ! Si seulement !

     

    Vous prenez mes désirs pour des réalités. C'est aimable, je vous en remercie. Mais vous faites fausse route.

     

    Notre politique extérieure est hélas dictée par la droite ultra-libérale. Celle des marchands, du libre-échange, de la libre-circulation, et de la primauté du Capital sur la cohésion sociale et sur l'humain.

     

    Ces deux droites, M. Levrat, ne sont pas exactement les mêmes. Eh oui : de même que la gauche est plurielle, il existe plusieurs droites.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'ordre de marche au Capitaine Maudet

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    Sur le vif - Mardi 27.11.18 - 12.52h

     

    A la place de Pierre Maudet (où, Dieu merci, je ne suis pas !), j'aurais également décliné sèchement la "convocation" de Petra Gössi.

     

    Quoi qu'on pense de l'affaire Maudet, qu'on souhaite ou non sa démission, je suis désolé, mais une présidente nationale de parti n'a absolument pas à envoyer publiquement, à la face de toute la Suisse, comme l'a fait Mme Gössi, un ordre de marche à un conseiller d'Etat en place, fût-il en déliquescence généralisée. Qu'elle le fasse, de surcroît, un mercredi, jour de séance du Conseil d'Etat, ajoute à l'incongruité.

     

    D'une manière générale, nous accordons tous (je m'inclus dans le paquet) beaucoup trop d'importance aux relations de Pierre Maudet avec son parti. Nous accordons d'ailleurs beaucoup trop d'importance aux partis, en général. Ils seront de moins en moins, dans les décennies qui viennent, les moteurs de notre vie politique.

     

    Je ne dis pas que Pierre Maudet doive rester. Je dis que la seule question de confiance, de nature à trancher le Noeud Gordien, est à poser au suffrage universel des citoyennes et citoyens de Genève.

     

    En clair, je pense que Pierre Maudet doit choisir de partir. Et, s'il le souhaite, se représenter immédiatement derrière.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Souverainistes du 21ème, pas du 13ème !

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    Sur le vif - Lundi 26.11.18 - 13.52h

     

    On peut parfaitement être un intransigeant de la souveraineté nationale, sans puiser ses références dans la Suisse de 1291. C'est mon cas.

     

    Vous pouvez reprendre tous mes écrits, depuis des décennies. Je ne fais JAMAIS allusion à la Suisse du treizième siècle. Non que j'en nie l'importance. Mais le champ historique que j'ai vraiment creusé, c'est la période de 1798 à nos jours, en passant bien sûr par 1848, la Suisse fédérale.

     

    C'est ce qui m'a chiffonné dès le début, dans l'intitulé de cette initiative : "Juges étrangers", c'est une référence au Pacte fédéral. Je respecte, bien sûr, mais c'est très lointain pour mon horizon d'analyse. Et puis surtout, je sais à quel point la Suisse du 19ème siècle a joué sur les mythes fondateurs de celle du 13ème, en les instrumentalisant. A la même époque, les Frères Grimm révolutionnaient les consciences allemandes avec leur Dictionnaire. Et Michelet, en France, écrivait sur Jeanne d'Arc.

     

    Je respecte les mythes. Mais mon attachement aux valeurs nationales date de la Révolution française, et à la conception que cette dernière, seule face aux têtes couronnées d'Europe, a eue de la Nation (1792).

     

    Mon univers de références personnel est donc très éloigné de celui, remueur de mythes, d'un Christoph Blocher, même si nous en arrivons aux mêmes conclusions sur l'absolue nécessité d'indépendance nationale, face aux conglomérats cosmopolites et aux Empires.

     

    Pour ma part, mon seul combat est celui de la souveraineté nationale. Je n'ai nul besoin de le faire remonter à un Pacte du 13ème siècle, pour asseoir mon argumentation. Je plaide pour une relation à la nation qui soit d'aujourd'hui, totalement moderne, inventive, à la fois fraternelle et sociale, hors des puissances de l'Argent, du libéralisme et des pièges du libre-échange. Cela aussi m'éloigne d'une certaine idéologie zurichoise en la matière.

     

    Peut-être les Romands qui partagent mon point de vue (il doit bien y en avoir deux ou trois, allez disons cinq), à la fois national, solidaire et social, pourraient-ils remuer leurs réflexions dans un sens que je pourrais être amené à partager.

     

    En clair et en bref, il serait peut-être temps que les souverainistes suisses, en Suisse romande, articulent leurs réflexions sur d'autres références que l'omniprésence de l'UDC zurichoise.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Courage !

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    Sur le vif - Lundi 26.11.18 - 08.02h

     

    À ceux qui parsèment l'espace public de pierres tombales "Démocratie directe suisse, 1848-2018", je dis : "Ne perdez pas courage. En politique suisse, rien n'est jamais perdu définitivement. Notre démocratie directe n'est pas morte. Si nous l'aimons, nous devons décupler nos énergies et nous battre pour elle, et pour la souveraineté nationale, avec plus de force, encore, que par le passé. Ceux qui ont dit non hier peuvent dire oui demain : le contexte européen, avec la résurgence de l'idée nationale, va dans votre sens, pas du tout dans le leur. Tenez bon. Ne faites aucun cas des quolibets triomphalistes des vainqueurs d'hier. Le combat pour la démocratie directe et la souveraineté suisses ne fait que commencer. Il exige du caractère et, en chacun, une puissance intérieure de solitude. Ne reniez rien de vos convictions. Courage !"

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Oublions les juges !

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    Sur le vif - Dimanche 25.11.18 - 16.25h

     

    Faire porter la question sur les juges a été une erreur. J'ai moi-même longtemps hésité, à cause de la CEDH (qui ne me pose aucun problème sur les recours individuels de justiciables suisses déboutés par le TF). Cette histoire de juges a semé le trouble, et a permis aux adversaires de l'initiative de faire porter le débat sur les droits de l'homme.

     

    Fort bien.

     

    Pour la prochaine fois, il faudra oublier les juges. Oublier les cas individuels. Et faire un peu de politique, entendez porter la querelle au niveau de la souveraineté législative nationale. Et à celui de la crédibilité de notre démocratie directe, qui doit être ultime dans ses décisions, ou n'être pas.

     

    Avoir faire porter tout le débat sur une question de juges, au nom d'une référence au treizième siècle, constitue une faute stratégique majeure. Beaucoup plus que les erreurs de tonalité dans la campagne, certes réelles, mais pas à ce point décisives sur le résultat.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Défaite d'étape

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    Sur le vif - Dimanche 25.11.18 - 13.35h

     

    Pour les partisans de la souveraineté suisse, ce dimanche est assurément une défaite. Dans une démocratie directe, aussi fréquente et vivace que la nôtre, il y a des moments où l'on perd. Il faut savoir les accepter.

     

    Mais c'est une défaite d'étape. La question de la souveraineté nationale, celle de la Suisse comme de n'importe quel autre pays, demeure cruciale dans notre dialectique politique. Le château de cartes de l'Union européenne, autour de nous, est en voie d'effondrement. Partout sur notre continent, la question nationale resurgit. En France. En Allemagne. Au Royaume-Uni. En Italie. En Autriche. En Hongrie. En Pologne. C'est cela, le contexte d'aujourd'hui.

     

    Un jour ou l'autre, et au fond déjà en 2020, la question de la primauté nationale sera reposée au peuple et aux cantons de notre pays. Il y aura d'autres échecs, et puis un jour, il y aura une victoire. Notre démocratie directe n'avance pas d'un coup, linéairement, on l'a vu avec des assurances sociales qui ont mis plusieurs votations, depuis la guerre, avant de s'imposer. Non, sa démarche est celle du crabe, pragmatique, hésitante, un pas contredisant le précédent.

     

    Pour ma part, tout en respectant bien sûr la décision d'aujourd'hui, je ne renoncerai à strictement aucune de mes options en matière de lien, intime et profond, à l'idée nationale, et de primauté de cette dernière face aux constructions cosmopolites. Perdre est une chose. Renoncer à ses valeurs, ancrées dans toute une vie d'étude de l'Histoire et de la philosophie politiques, en est une autre, que je n'accepterai jamais. Je dis bien jamais.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le pays oublié

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    Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 22.56h

     

    Gilets jaunes : première colère populaire contre une "taxe écologique", plus soucieuse de l'image de la France dans le jeu de miroirs cosmopolite, étymologiquement spéculatif, que de la baisse vertigineuse du pouvoir d'achat dans les provinces et les périphéries. Comme si les Français grillaient de l'essence par plaisir, ou par vice.

     

    Il y en aura d'autres, de ces fureurs et jacqueries, face à un système où le libéral et le libertaire ne font qu'un, et où les privilégiés des métropoles méprisent le pays oublié.

     

    M. Macron, MM Cohn-Bendit et BHL, vous pouvez compter les jours, les semaines ou les mois. Vous êtes le répit de l'Ancien Monde. Votre temps touche à sa fin.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Jouir avec entraves

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    Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 15.41h
     

    "Oh, shocking !", murmura le soixante-huitard vieillissant, remuant sa tisane face aux images du Paris des gilets jaunes, assis dans son salon, entre son portrait de Cohn-Bendit, ses livres de BHL, son pavé arraché au Quartier latin, son atlas des Balkans dédicacé par Kouchner, et les ultimes reliques, lacérées, de ses rêves libertaires.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pierre Maudet : Retour de l'île d'Elbe

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    Sur le vif - Samedi 24.11.18 - 07.04h

     

    Le coup de poker de Pierre Maudet, bonapartiste dans l'âme, a des accents de Retour de l'île d'Elbe : une prise de risque inouïe, couronnée de succès, mais sans lendemain possible.

     

    Lorsque l'Empereur débarque à Golfe-Juan, le 1er mars 1815, avec une poignée de fidèles, il n'est rien face à la masse des forces royalistes. Mais il sait une chose : Louis XVIII n'est rien, lui, face à l'Histoire, et rien non plus dans le cœur des Français.

     

    Alors, il tente la folle aventure. Avec ses quelques grognards, ses Simon Brandt à lui, il s'enfonce dans les montagnes, direction Grenoble, et remonte vers Paris. Et là, le miracle se produit : les populations l'acclament, "l'Aigle vole, de clocher en clocher".

     

    En moins de trois semaines, il est à Paris. Il reprend sa couronne. Mais hélas pour lui, plus rien n'est comme avant. Les Français voulaient bien voir surgir une dernière fois l'Aigle noir, mais les rêves d'Empire et de gloire sont déjà dévorés par les mites de la Restauration. À l'extérieur, la Coalition, très vite, se reforme. Et cette fois, l'Aigle aura face à lui le Duc de Wellington. Ce sera Waterloo. Ce sera la vraie fin.

     

    Avec son coup de maître (que nous annoncions lundi soir), en appeler à la base pour tétaniser le Comité directeur, Pierre Maudet réussit un retour qui rappelle à la fois celui de l'île d'Elbe ou, pour prendre une comparaison plus récente, la contre-attaque allemande dans les Ardennes, fulgurante mais brève, en décembre 1944.

     

    Voilà qui lui accorde un répit. Mais c'est sans lendemain. La confiance est entamée. Le réseau, déchiré. La remontée des renseignements, tronquée. Et, si la base de son parti a plus de légitimité que les 31 membres d'un Comité directeur, ce que nous croyons volontiers, alors l'Aigle devrait poursuivre sa logique jusqu'au bout : solliciter sans tarder la seule onction qui vaille pour lui, celle du suffrage universel.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Démocratie directe !

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    Sur le vif - Jeudi 22.11.18 - 14.37h

     

    La grande ligne de fracture, dans la politique suisse, ce ne sont pas les thèmes des initiatives populaires. Certaines sont de droite, d'autres de gauche, d'autres encore sont proprement inclassables. Et c'est très bien ainsi.

     

    Non, le clivage se situe entre ceux qui croient à fond à la démocratie directe, à ses fondements en philosophie politique, veulent l'étendre en l'adaptant aux prodigieux progrès de la technique comme la mise en réseau des connaissances... et d'autre part, les défenseurs de la démocratie représentative.

     

    Les deux options ne sont d'ailleurs pas exclusives l'une de l'autre. On peut continuer de vouloir envoyer des députés siéger dans des Parlements, pour faire les lois, en soupeser les virgules, tout en souhaitant ardemment l'extension et la modernisation de nos droits populaires. D'ailleurs, les grands moments de notre vie politique sont souvent ceux d'une rude dialectique entre décisions du peuple et des cantons, et travaux parlementaires.

     

    Pour ma part, j'ai choisi. Je veux, pour mon pays, davantage de démocratie directe. Cela ne signifie en aucune manière l'avènement d'une démocratie de sondages, d'opinions éruptives, de simples clics. Non, l'extension des droits populaires s'accompagnera impérativement d'une ÉLÉVATION DU DEGRÉ DE CONNAISSANCES des gens sur les affaires politiques. C'est une immense entreprise, qui prendra des générations, passe par l’École, par une passion partagée de la connaissance, par des médias qui privilégient les affaires de la Cité sur le futile, ou l'accessoire.

     

    Vaste programme ! Mais j'y crois, de toutes mes forces ! D'ailleurs, depuis que je suis entré en journalisme professionnel, il y a 33 ans, je n'ai travaillé que dans le domaine politique ou culturel. J'ai lancé des émissions d'intérêt général, elles vivent encore, se portent fort bien, et c'est tant mieux. Comme citoyen, je veux une démocratie directe renforcée. Je n'appelle nullement à la disparition des Parlements, ni des corps intermédiaires, mais ces derniers ne doivent JAMAIS avoir le dernier mot, en cas de conflit, face au suffrage universel.

     

    Je ne dis jamais "Le peuple a toujours raison", bien entendu qu'il lui arrive d'avoir tort, et de commettre face à l'Histoire de graves erreurs. Mais je dis : "Le peuple décide". En bien comme en mal, c'est le corps des citoyennes et des citoyens, réunis sous le suffrage universel, qui doit avoir le dernier mot. C'est l'essence même de notre démocratie. Assurément, vous entendrez mille voix, celles des partis, des corporations, des cléricatures, des féodalités d'intérêts, des juges, des professeurs de droit, des anciens conseillers fédéraux octoduriens, pour vous dire le contraire. Je vous encourage à faire la part des choses. Et privilégier l'intérêt supérieur du pays, qui passe par une relation unique et sacrée entre l'individu et la totalité nationale.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Marrakech n'est pas la capitale de la Suisse

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    Sur le vif - Jeudi 22.11.18 - 09.52h

     

    La politique migratoire de la Suisse n'appartient, en voix ultime, ni au Conseil fédéral, ni au Parlement. Elle appartient au corps des citoyennes et citoyens, qu'on appelle en raccourci "le peuple".

     

    Les grandes lignes de cette politique, celles qui engagent le destin national, doivent impérativement être du ressort du suffrage universel. Cela signifie référendum obligatoire. Et mise en action continuelle d'initiatives populaires par des comités citoyens. Nous devons, beaucoup plus encore qu'aujourd'hui, sortir la politique suisse de ses rouages pépères et consanguins du circuit fédéral bernois. Je suis très bien placé pour dire cela : ce circuit, je le connais à fond, ayant passé plusieurs années à Berne.

     

    Le politique migratoire doit être tranchée par le peuple. Quant au "Pacte de l'ONU sur les migrations", cette abstraction multilatérale, le Conseil fédéral a eu mille fois raison d'en prendre ses distances. La politique suisse ne se décide ni à Marrakech, ni à New York, ni dans la "Genève internationale". Elle se joue dans l'intime conviction, face à l'urne, de chaque citoyenne, chaque citoyen de ce pays.

     

    C'est cela, la puissance de notre démocratie. Un acte puissant, sacré, de chaque individu vers la totalité indivisible du pays.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La citoyenneté, ça s'apprend !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.11.8

     

    L’affaire des gilets jaunes, en France, doit nous faire réfléchir. Nos voisins aiment manifester, la rue est l’un de leurs théâtres préférés pour exprimer leurs colères. Parfois, ils défilent sur les grands boulevards parisiens, parfois ils étendent leur toile sur l’ensemble du pays, bloquant les routes, paralysant les chemins de fer : la première victime de la foule française en fureur, c’est le Français lui-même ! Ce qui devrait s’adresser au pouvoir se retourne contre le brave quidam : on l’arrête au carrefour, on lui empoisonne la vie, pendant ce temps le décideur vit tranquillement la sienne, ailleurs, loin des barrages. C’est le principe même de la jacquerie : aveugle, indifférenciée, sonore, souvent inefficace.

     

    Face à ce système un peu désespérant, nous avons en Suisse une chance exceptionnelle : la démocratie directe. Grâce aux référendums, et surtout aux initiatives, le peuple ne se contente pas de subir ce qui vient d’en haut ; au contraire, il devient lui-même acteur du destin national. C’est lui qui façonne la Constitution, avec les Cantons, et qui tous les trois mois la corrige, par petites touches. Du coup, les gens au pouvoir sont moins perçus comme une oligarchie lointaine, devant laquelle il faudrait soit plier l’échine, soit hurler dans la rue. Le patron, chez nous, c’est le peuple : on l’imagine mal se révolter contre lui-même.

     

    Ce système est responsabilisant. Bien vécu par chaque citoyenne, chaque citoyen, il amène ces derniers à se percevoir eux-mêmes, non comme des sujets à la merci du Prince, mais comme un fragment de la souveraineté nationale. Ce sentiment d’autorité de chaque individu sur le destin de l’ensemble, il convient absolument de le cultiver dès l’école. Il n’est pas admissible, aujourd’hui, qu’un garçon ou une fille de 18 ans, donc entrant dans l’âge de voter, débarque dans ce monde comme un parfait néophyte, n’y comprenant rien, pestant contre la complexité des brochures, conspuant la classe politique sur la petite musique, si facile, du « tous pourris ! ».

     

    Non, non et non. La citoyenneté s’apprend. Elle s’éduque et s’aiguise dès l’enfance. D’abord, par un enseignement de l’Histoire politique, autrement solide que celui d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas de tout savoir, ni de remplir des têtes avec des dates, mais d’avoir suffisamment pratiqué cette discipline majeure pour éveiller chez l’élève le sens de la diachronie, entendez celui de la durée. Exactement comme un dessinateur acquiert celui de la perspective et de la vision dans l’espace. En clair, se forger les outils pour saisir que les événements historiques ne surgissent jamais tout seuls, par hasard, mais comme maillons d’une longue chaîne de causes et de conséquences, ce que nous enseigne admirablement l’immense historien grec Thucydide (465-395 av. J.-C.), dans sa Guerre du Péloponnèse.

     

    Ayant ainsi grandi en sagesse dans l’étude critique et dialectique de l’Histoire, le jeune homme ou la jeune femme de 18 ans n’arrivera pas au seuil de la citoyenneté en se lamentant : « Voilà ce que je vais subir », mais en se réjouissant de son rôle d’acteur : « Voilà ce que moi, j’entends faire pour mon pays ».

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le frisson du cocktail planétaire

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    Sur le vif - Mercredi 21.11.18 - 14.29h

     

    La politique étrangère de la Suisse doit être au service des intérêts supérieurs du peuple suisse. Elle doit viser à garantir l'indépendance du pays, sa souveraineté.

     

    Elle ne saurait avoir pour objectif principal de ne pas froisser le petit monde de la "Genève internationale", sous prétexte que ce dernier aurait laissé entendre, dans des cocktails, que nos signes de "repli nationaliste" les inquiétaient.

     

    Qu'ils s'inquiètent déjà pour leurs pays, ces braves gens. Tiens, par exemple, qu'ils œuvrent à donner à leurs citoyens des droits populaires comparables aux nôtres.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'intimité d'appartenance

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    Sur le vif - Mercredi 21.11.18 - 07.54h

     

    L'appartenance nationale n'est en aucun cas un "repli". Elle est un chemin d'accomplissement de l'individu vers le collectif, à l'intérieur d'un périmètre buriné par l'Histoire.

     

    Elle est une mémoire partagée, une émotion commune, un rapport aux morts et au souvenir, une ardente pulsion d'avenir et de réinvention.

     

    Ne laissons jamais les cosmopolites et les mondialistes pérorer sur le "repli nationaliste", sans leur rappeler cela. À ces cérébraux planétaires, opposons la chaleur et l'intimité de notre émotion d'appartenance locale.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Grand Vieux Parti

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.11.18

     

    Il manque, à Genève, un parti radical. Eh oui : un bon vieux parti radical ! Pas juste une officine d'état-major personnelle pour la carrière de deux hommes, enfin disons un, enfin disons bientôt zéro.

     

    Non ! Un parti ! Avec sens de l'Histoire, souche populaire, parfum de cassoulet, effluves de nostalgie, envie de construire ensemble.

     

    Pas juste une amicale du jeudi soir, ou du lundi matin. Non ! Un projet politique, ancré dans le passé, projeté sur l'avenir, passionné par la connaissance, la culture, la transmission, l’École. Un parti des petits entrepreneurs, des indépendants, pas des banquiers privés : d'autres se chargent fort bien de leur servir de relais.

     

    Il manque à Genève un part radical. Affranchi des fatigues patriciennes, et de l'imprécision politique de ses alliés. Un parti à la fois conservateur, fraternel et révolutionnaire. Avec l'humain au centre.

     

    L'humain, la connaissance, la mise en réseau du savoir. Le travail, acharné parfois. La volonté de s'affranchir de la matière brute qui constitue inévitablement la nature humaine. Et de mettre cette libération au service de tous.

     

    Un parti habité, non par une conjonction d’ambitions individuelles, mais par le souci de l’intérêt commun. Un parti passionnément habité par l’État. Et par la République.

     

    Ce parti, s’il renaît, ne manquera pas un jour de mourir. Tous les partis sont appelés à mourir. Mais lui, au moins, sera revenu, un moment. Dans un immense frisson d’être.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les Gueux, le Prince

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    Sur le vif - Mardi 20.11.18 - 22.27h

     

    Dans l'affaire des gilets jaunes, il y a le chœur, comme dans la tragédie grecque, face au Prince. Le choeur d'Antigone, face à Créon. La masse des Gueux, face au Maire du Palais.

     

    Il n'y a même pas de coryphée. Pas de porte-parole.

     

    Préfiguration de la politique nouvelle ! Liquéfaction des corps intermédiaires, Parlement ou syndicats.

     

    Juste la masse, face au pouvoir.

     

    Cette jacquerie n'a rien de médiéval, rien d'archaïque. Elle préfigure l'ultra-moderne.

     

    Je ne m'en plains pas.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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