France : démocratie directe oui, mais sur les thèmes !

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Sur le vif - Lundi 10.12.18 - 12.10h

 

Depuis des années, à vrai dire depuis le refus du Traité européen (2005), j'écris des textes sur le déficit démocratique dont souffre, à mes yeux, la France. Je les écris en toute amitié pour ce pays voisin et ami, à qui je dois tant dans l'ordre de la culture, et dont j'étudie l'Histoire depuis des décennies. Je n'écris pas par paternalisme suisse, je ne préconise en rien la projection du système suisse sur la France, ce serait absurde : chaque pays a son Histoire, de même que chaque espèce végétale a son bagage génétique.

 

Depuis des années toujours, j'écris que la France a un besoin profond de s'inventer, selon son génie propre, une forme de ce que nous appelons chez nous "démocratie directe". Ce processus, je crois, va advenir dans les années qui viennent, il faut laisser les Français en inventer la forme, en fonction de leurs besoins.

 

Mais une chose est sûre : la France n'a nullement besoin, en termes de renouveau démocratique, d'inventer un processus électif supplémentaire. Des élus, en France, à tous les niveaux (y compris certains échelons totalement artificiels, mais somptuaires dans leurs dépenses), il y en a déjà beaucoup trop ! La France n'a pas besoin d'élire encore plus de gens ! Au contraire : dans nos pays d'Europe, c'est justement la bonne vieille démocratie représentative, issue du dix-huitième siècle, qui doit céder du terrain à des mécanismes accrus de démocratie directe. Si vous lisez mes textes, depuis des années, je ne dis que cela.

 

A l'heure des réseaux sociaux, et du partage des connaissances, nos sociétés doivent adapter leurs institutions à cette extraordinaire horizontalité générée par les nouveaux outils de la communication, cette intelligence collective entre gens de bonne volonté, où nul n'est gourou, et où chacun apporte sa pierre à l'édifice.

 

Ce que la France doit inventer, c'est une démocratie directe agissant directement sur les thèmes. A l'instar de notre droit d'initiative populaire. Ce qui m'impressionne le plus dans le mouvement des Gilets jaunes, c'est son aspiration citoyenne. Le peuple de France veut reprendre la main, ou plus exactement la prendre, sur les leviers de son destin. Ca n'est certainement pas en remplissant un nouvel échelon d'élus qu'il y parviendra. Mais en inventant, dans les années qui viennent, un mécanisme de décisions directes du suffrage universel sur les thèmes. Pas sur le choix des personnes.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • La démocratie directe n'a de sens qu'avec une presse libre, non subventionnée et, surtout, *diversifiée*. On le voit en Suisse : les gens votent ce que les merdias leur disent de voter, en particulier selon la propagande de la RTS, monopolistique et toute puissante au service de l'oligarchie globaliste. Et depuis que le peuple a pris quelques libertés sur quelques sujets importants malgré le lavage de cerveau merdiatique (1992, 9 février, marché de l'électricité, etc.), non seulement les gouvernants ignorent ou contournent ces décisions populaires mais, en plus, la RTS met le turbo en matière de propagande et manipulation.

  • Juste ! Les médias sont anti-UDC et influencent le peuple ! Les médias sont gauchistes ... MERCI Mr Décaillet de votre audace réaliste ! Quand faites vous un : Journal de centre droite ä Genève ? (votre tendence il me semble ? Moi aussi et beaucoup qui ne veulent pas la pensée unique !)

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