11/12/2018

Gilets jaunes : tous cinéastes !

 

Sur le vif - Mardi 11.12.18 - 03.41h

 

Jusqu'à une période très récente, dans les manifs, il y avait deux sortes de personnes : les gens du cortège, qui défilaient en scandant des slogans et en brandissant des pancartes ; et puis, les journalistes, notamment les équipes TV qui filmaient.

 

Avec les gilets jaunes, ce duo acteur/observateur vole en éclats. Désintégré ! Presque chaque gilet jaune filme sa part de vérité, avec son portable. Chacun d'entre eux est Fabrice à Waterloo, dans la Chartreuse de Parme, le chef d'œuvre de Stendhal.

 

Des dizaines de milliers de réalités fragmentées. En les additionnant, comme un historien recoupe les témoignages, on aurait une idée infiniment plus précise de la situation qu'en se contentant de la machine de propagande gouvernementale de BFMTV.

 

Les gilets jaunes font voler en éclats les corps intermédiaires. Le Parlement est muet. Les partis, aux fraises. Et les médias, concurrencés par les acteurs eux-mêmes, sur le terrain.

 

Cette crise majeure est une crise sociale et institutionnelle, on l'a dit. Elle est aussi une crise profonde des médiateurs. En cela, elle préfigure une nouvelle sémiologie de la communication politique.

 

Pascal Décaillet

 

 

10:25 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Heureusement, il y a également quelques Henry Dunant qui parcourent le chaos de ce nouveau Solférino : là, non, ce ne sont pas des soldats blessés abandonnés sur le champ de bataille avec leurs tripes à l'air, mais tout un système qui agonise.

La communication politique ne sera plus celle des gens bien habillés, à la bouche lippue qui ont un discours bien coaché comme un road-book face à quelques gueux s'exprimant difficilement, tant ils sont impressionnés par les caméras et les projecteurs.

Le pouvoir est en dérive, les opportunistes qui ont à moult reprise tourné leurs vestes sont maintenant aux abois.

On voit en direct, le sang coule.

Écrit par : Omarcarni | 11/12/2018

J'adore en vous l'homme de culture.

C'est devenu si rare!

Très bonne observation, ceci dit.

Écrit par : Daniel | 11/12/2018

Les commentaires sont fermés.