11/12/2018

Macron : la tiède pénombre du confessionnal

 

Sur le vif - Mardi 11.12.18 - 16.14h

 

Le problème no 1 de Macron n'est pas qu'il soit gentil ou méchant, hautain ou empathique, ni même qu'il ait compris les Français. Il y a, dans cette exigence d'être "compris" par le monarque, quelque chose d'infantile : on ramène tout au père, dans le bien comme dans le mal. Non, le problème de Macron ne réside pas dans ce qu'il est, même si cela joue un rôle.

 

Le problème no 1, que j'ai maintes fois souligné ici depuis le printemps 2017, époque de son élection, c'est qu'il est un Président à contresens. Non qu'il faille caresser l'opinion dans le sens du poil, surtout pas ! Mais comprendre l'époque. Saisir les grands enjeux. Avoir la culture politique et historique pour projeter ces éléments de connaissance comme moteurs de l'avenir à construire.

 

"Seule la tradition est révolutionnaire" : l'une des plus belles phrases de Péguy, qui n'en est pas avare, surtout dans les Cahiers de la Quinzaine. Je l'entends, depuis l'adolescence, comme une absolue nécessité d'aller quérir dans les racines - et non dans une abstraite géométrie - la puissance d'action pour réinventer la vie. Cela, il me semble que Macron ne l'a pas compris.

 

Il ne rêve que d'Union européenne, alors que, de partout, revient puissamment l'idée de nation. Il construit des rêves orléanistes, jusqu'au délire ultra-libéral, là où tous les peuples d'Europe réclament un retour de l'Etat, de la dimension humaine du travail, de la solidarité sociale, de la redistribution. Il peine à saisir (malgré une très légère concession, dans le discours d'hier) le besoin immense des peuples de contrôler les flux migratoires. A l'Assemblée, il n'a que des députés godillots, portant le nom d'un parti venu de nulle part, juste créé, au printemps 2017, comme écurie de soutien au nouveau Président. Écueil du quinquennat, erreur majeure !

 

Hier, on nous annonçait le Discours d'un Roi. Nous eûmes droit, tout au plus, au chuchotement de l'enfant pris en faute, dans la tiède pénombre du confessionnal.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:33 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Il croit qu'il va s'en sortir avec deux "notre père" et trois "je vous salue Marie" en pénitente.
Le curé Europe lui a d'ailleurs déjà donné l'absolution puisqu'il a promis de lui continuer à lui obéir mais les gilets jaunes veulent être entendus par Dieu directement sans passer par cet "enfant de cœur" qui en manque cruellement pour ses frères ni par ce clergé Bruxellois qui préfère le tronc des églises à l'âme des peuples.

Écrit par : norbert maendly | 11/12/2018

"A l'Assemblée, il n'a que des députés godillots, portant le nom d'un parti venu de nulle part, juste créé, au printemps 2017, comme écurie de soutien au nouveau Président."
Des "députés" soumis, voix de leur maître, c'est-à-dire sans amour propre, sans idée propre. Des moutons et donc non pas une écurie, mais une bergerie.
http://www.cnrtl.fr/definition/bergerie

A noter:
"Loc. proverbiale et fam. Enfermer le loup dans la bergerie. ,,Mettre, laisser quelqu'un dans un lieu, dans un poste où il peut faire aisément beaucoup de mal`` (Ac. 1835-1932)."

Écrit par : Daniel | 11/12/2018

Au confessionnal l'enfant, comme l'adulte, commence non par attaquer les autres, comme Macron au tout début de son discours à propos des casseurs, mais par se reconnaître coupable lui-même: "Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché en pensée, en parole et en action" puis il confesse ses fautes.
S'en suit un entretien avec le prêtre enfin l'annonce d'une "pénitence" suivie d'un pardon accordé par le prêtre avec une bénédiction.

Peu au courant du marxisme il me semble malgré tout que la démarche de cet homme intelligent, Macron, parvenant à blesser et léser les classes moyennes et populaires pourrait correspondre à la stratégie du marxisme selon laquelle il faut stresser et déprimer au maximum les foules afin qu'explosant elles se soulèvent et luttent…

Est-ce, en l'occurrence, Pascal Décaillet, hors de question?

Bien comprise l'annonce de la hausse des cent euros par mois, par exemple, qui, en réalité, sera "assumée par la Sécu autrement dit pas ses cotisants eux- mêmes" parviendra-t-elle réellement à démobiliser les gilets jaunes?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/12/2018

merci de corriger que

la hausse des cent euros sera assumée "par" la Sécu autrement dit "par" ses cotisants eux-mêmes (selon infos officielles)

merci

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/12/2018

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