Le Ying et le Yang

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Commentaire publié dans GHI - 19.12.18

 

Ce vendredi 14 décembre, le Grand Conseil genevois a fait très fort. Dans son immense sagesse, il a accepté deux projets de loi, sur l’avenir de la CPEG (Caisse de pension des employés de l’Etat de Genève), parfaitement contradictoires ! Il a dit noir et il a dit blanc, il a dit une chose et son contraire, il a dit oui au Ying, a dit oui au Yang.

 

Nos députés ont, à la fois, accepté le projet de la gauche et du MCG, qui conserve, pour les rentiers, la primauté des prestations, et celui du Conseil d’Etat qui, avec la droite, introduit la primauté des cotisations. Pour ne prendre que l’une des différences majeures qui font de ces deux projets de loi des éléments antagonistes, inconciliables.

 

Comment les élus en sont-ils arrivés là ? Quel rôle a joué l’abstention des Verts, sur le projet du Conseil d’Etat ? Surtout, comment le Canton va-t-il trouver une issue à cet imbroglio, sans faire perdre la face à l’une des parties ?

 

Cette gesticulation parlementaire donne, de la part de la démocratie représentative genevoise, un signal d’impuissance. Si les autorités, récemment élues pour cinq ans, ne sont pas capables de trouver une solution, en début de législature, à une question aussi majeure que celle des retraites des fonctionnaires, alors il faudra que Genève songe à étendre et approfondir ses mécanismes de démocratie directe. De façon à donner au peuple la voix prépondérante. Pas seulement pour réagir à ce qu’on lui propose (référendums). Mais pour inventer par lui-même (initiatives) la possibilité du salut.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Certains n'ont toujours pas compris le principal effet de la nouvelle loi fédérale sur la prévoyance professionnelle : celle-ci oblige à distinguer clairement l'autorité qui décide du financement (ici le Grand Conseil) et celle qui décide du plan de prévoyance (ici le comité de la CPEG). Tout manquement sur le financement - avec les paliers (sur le degré de couverture) imposés par la loi aux diverses échéances - DEVRA OBLIGATOIREMENT avoir comme pendant la diminution des prestations (déjà décidée par le comité de la caisse) sous le contrôle de l'autorité de surveillance. Si on ajoute à cela le fait que le niveau de la rente est DEFINITIF à l'ouverture de celle-ci, on pourrait assister, dû à l'incurie de Grand Conseil, à voir gravement pénalisées un certain nombre de personnes, qui prendraient leur retraite dans la suite immédiate des mesures votées par le comité de la caisse et cela sans espoir aucun de pouvoir compenser le manque par la suite.
    Le jeu politique - indigne - vécu ici est incompatible avec la loi fédérale et il est grand temps que décision soit prise : pourquoi ne pas soumettre les deux projets en votation populaire ? et ensuite appliquer la décision votée par le souverain. L'indécision peut se comprendre pour la construction d'un pont, l'aménagement d'une route mais PAS quand on s'occupe de décider le revenu futur des fonctionnaires.

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