L'Europe, "avec choeurs" !

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Sur le vif - Jeudi 03.01.19 - 06.05h

 

Vous voulez faire l'Europe ? Commencez par apprendre les langues continentales européennes !

 

L'allemand. L'italien. Le grec. Le russe. Imprégnons-nous de nos millénaires d'Histoire et de culture. Enthousiasmons-nous pour notre continent ! Visitons-le. Laissons venir à nous ses langues, ses musiques.

 

Valorisons l'allemand, l'italien, dans nos écoles suisses. Valorisons le romanche, aux sonorités si belles, oui le romanche, langue nationale, partie intégrante de notre pays.

 

N'ayons pas peur d'être Européens. Pas la machinerie technocratique de Bruxelles. Non : l'Europe des peuples ! L'Europe des langues. L'Europe des cultures. L'Europe de Bela Bartok, de Dvorak, de Grieg, de Sibelius. L'Europe des cœurs. L'Europe de Schiller et celle de Beethoven, réunies dans un Hymne, qui touche au sublime.

 

Après 35 premières années plutôt réussies (1957-1992), l'Europe de Bruxelles nous a donné un dernier quart de siècle catastrophique : idéologie ultra-libérale, mépris des peuples et des nations, incapacité de régler la question balkanique, prédominance excessive de l'Allemagne, inexistence politique totale, inefficacité, primat de la technocratie.

 

Cette Europe-là est un échec. Elle ne survivra pas au réveil des peuples. Il faudra, dans les générations qui viennent, construire autre chose. En partant de la souveraineté reconnue de chaque nation, et surtout pas en la gommant. En plaçant, au centre de tout, les valeurs humanistes de l'éducation et de la connaissance partagée.

 

Cette Europe-là ne viendra pas du sommet, mais de la base. Elle ne procédera pas d'un modèle unique, mais d'une reconnaissance des pluralités. Elle sera une Europe des cœurs, plutôt qu'une construction cérébrale. Une Europe des langues continentales, plutôt que de l'uniformisation par l'anglais. Une Europe de l'exigence culturelle, qui placera la connaissance et l'intelligence collective au plus haut niveau.

 

L'Europe de Beethoven et de Schiller est devant nous. Elle est notre accomplissement, notre destin. Quand j'entends M. Juncker, je n'ai envie de rien. Quand j'écoute, pour la dix-millième fois, le final de la Neuvième Symphonie, "avec chœurs", alors mon âme bouleversée dit oui à l'Europe. À cette Europe-là.

 

PaD

 

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Commentaires

  • Oui... mais Beethoven avait un coeur avec des convictions.

    En écoutant des fragments de ses sonates "parfois" semble surgir quelque trait de Mozart qui fonde momentanément la musique de ce romantique sur la musique classique "charpente" parlant...

    Une admiratrice du pianiste Dinu Lipatti après concert vint lui dire à quel point elle avait apprécié l'interprétation avec tant de sentiment des oeuvres présentées.

    Dinu Lipatti, qui jouait avec autant d'âme que de virtuosité, se prit la tête dans les mains en répondant que c'"est ici que cela se passe"!

    Devenons polyglottes... apprenons et apprenons toujours plus: si nous ne changeons pas de mentalité la future Europe sera fille de la précédente (un atroce bourreau des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale pleurait en écoutant un chant d'oiseau!)

    Raoul Follereau s'exprima sur l'atroce misère des deux tiers de l'humanité.
    Egoïsme, narcissisme, vénalité, lâchetés… pas que des dirigeants...

  • Nous sommes habitués à entendre qu’il faut croire (en l’Europe, au multilatéralisme, à plus de fonctionnaires pour assurer la solidarité transfrontalière, les transferts et la redistribution des richesses…) et dans le cas inverse ce sera l’enfer. Une manière très laïque de ramener les moutons.

    Il y a détestation et destruction de la notion de nation. Or, l’Europe n’est pas une nation, mais une civilisation. La nation – et, en Suisse, les cantons ou les communes – est l’ensemble au sein de laquelle s’exercent liberté, responsabilité et solidarité au travers d’institutions démocratiques. Nous sous-estimons, en outre, le lien ou la convergence entre monnaie et nation, la dette «nationale» ayant en contrepartie les impôts que la population paiera pour l’honorer, d’où la réussite helvétique. Personne ne relève le fait que, parmi les pays au niveau de vie les plus élevés, huit se trouvent dans des nations de moins de dix millions d’habitants; ce qui contredit la loi des grands ensembles…

    Pourquoi les grands intellectuels ou philosophes – H.-F. Amiel, J. Burkhardt, B. Constant, C.G. Jung, C. Spitteler, H. Saner, A. de Tocqueville, A. Camus, C. Péguy – ont-ils été supplantés par d’assez médiocres élites, qui ne cherchent qu’à dire «quoi» penser plutôt qu’à développer l’esprit critique du «comment» penser? Ou qui tapent sur le même tambour avec allégresse et synchronisation pour nous inculquer le conformisme et l’uniformité.

    Plus un corps social est restreint, plus est garantie l’individualité de ses membres et plus sont grandes leur liberté relative et les possibilités d’une responsabilité consciemment assumée. Cherche-t-on à fondre l’individu dans la société et à le libérer de sa responsabilité personnelle et à effacer du même coup toute conception de la moralité qui repose sur le sentiment éthique de chacun? Ce «progressisme» sans frontières, favorisant les qualités collectives superficielles, creuse le sillon de toutes les médiocrités et cultive tout ce qui est en passe de végéter de façon irresponsable: dès lors, l’oppression des valeurs et des facteurs individuels est inéluctable.

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