Homme politique : un concept bientôt caduc !

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Sur le vif - Mercredi 16.01.19 - 14.15h

 

La politique appartient à tous les citoyens. Le concept même d'homme politique, apparu au début du 19ème siècle, au moment où Balzac rédige ses Illusions perdues, est promis à devenir caduc.

 

Il y aura encore, pendant quelques décennies, des "hommes politiques", ou des "femmes politiques". Mais, d'ici quelques générations, avec les progrès fulgurants de la mise en réseau des connaissances, le suffrage universel va s'affirmer comme outil normatif (et non, comme aujourd'hui, organe d'exception) pour statuer sur les grandes affaires touchant le destin d'un pays.

 

Ce jour-là, certes encore lointain, le concept "d'homme politique", né des décennies ayant suivi la Révolution française, né de la démocratie représentative, avec ses rites d'élections, ses nécessités de clientélisme et de démagogie, aura doucement disparu.

 

Lecteur vorace de biographies historiques depuis l'âge de 12 ans (j'en ai lues des centaines, peut-être même un ou deux milliers), héritier du personnalisme d'un Emmanuel Mounier, qui place l'humain au centre de tout, j'ai moi-même, en un demi-siècle de ma vie, joué le jeu de cette centralité de "l'homme politique" (si possible, l'homme d'Etat : de Gaulle, Mendès France, Willy Brandt, etc.) au coeur de mes attentions.

 

Mais l'affaire Maudet contribue (parmi d'autres facteurs) à me faire évoluer, à la vitesse grand V, vers l'absolue prédominance des thèmes sur les personnes. Infiniment sensible aux signaux délivrés par les gilets jaunes, j'admire ce mouvement sans le moindre leader, sans la moindre star. Juste des hommes et des femmes, qui bravent le froid, l'hiver, les CRS, pour réclamer une réinvention de leur démocratie. Exactement ce qu'ont fait les foules de France, en 1830 et 1848.

 

Idem, j'admire chez nous les Jeunes Verts. Chez eux également, pas la moindre star. Je ne connais que trois ou quatre d'entre eux. Mais grâce à eux, un sujet passionnant, essentiel, est jusqu'au 10 février sur la place publique : le mitage du territoire. On partage ou non leur point de vue, mais ces Jeunes Verts font de la politique en mettant l'accent sur un thème, et non en nous obsédant avec leurs problèmes internes.

 

Alors oui, vivent les thèmes ! Vivent les hommes et les femmes qui se battent pour le bien public. A côté de la beauté de ces énergies-là, l'affaire Maudet, le destin du PLR genevois, toute cette kremlinologie d'initiés, franchement, on s'en fout un peu.

 

Vive la politique, à vif, directe, délivrée des corps intermédiaires, proche de la vie, notre vie à tous, la vie qui va !

 

Pascal Décaillet

 

 

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