05/02/2019

Laissons les obscurs obscurcir les ténèbres !

 

Sur le vif - Mardi 05.02.19 - 10.13h

 

Un référendum contre une initiative, c'était, jusqu'ici, impossible dans le système suisse. Maintenant, c'est possible, lorsqu'il s'agit d'une initiative législative, devenant loi si le Grand Conseil l'accepte. On peut attaquer toute loi par référendum.

 

Voilà donc, à Genève, la droite qui attaque par référendum l'initiative législative de la gauche "Sauvegarder les rentes en créant des logements", acceptée la semaine dernière par le Grand Conseil. Donc devenue loi. Donc, attaquable par référendum.

 

Tout cela, alors que nous votons déjà le 19 mai sur deux projets contradictoires concernant l'avenir de la retraite des fonctionnaires (CPEG), avec petite croix subsidiaire pour les départager ! Avec, en plus, une votation complexe sur la réforme de l'imposition des entreprises (RFFA), volet cantonal et volet fédéral.

 

La classe politique genevoise, à commencer par le Grand Conseil, est devenue une machine à sécréter de la complexité. Ce qu'elle n'arrive pas à trouver comme issue dans l'enceinte du Parlement, elle le reporte sur le peuple. Tel quel, comme une patate chaude.

 

L'une de mes passions professionnelles est d'expliquer et de simplifier, infatigablement, pour le grand public, la complexité souvent fumeuse de la mécanique parlementaire. Mais là, avec cette utilisation du référendum à seules fins de compensation vengeresse par les partis, l'usine à gaz devient honteuse.

 

La politique, ça doit être la clarté. Dieu sait si je suis un partisan acharné de la démocratie directe, mais là, avec le petit jeu pervers des partis, nous sommes dans le dévoiement le plus total du système.

 

Si vraiment tous les sujets du Parlement doivent revenir, tels quels, au peuple, parce que les partis jouent à la démocratie directe comme au ping pong, alors laissons tomber l'échelon parlementaire. Et laissons le peuple faire la politique, d'un bout à l'autre, comme dans les initiatives. Et laissons les obscurs obscurcir les ténèbres.

 

Pascal Décaillet

 

 

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